Je sens à ce moment que je suis dans un endroit incroyable.

PAR JENNIFER DUQUESNE

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Il est 8 heures, l’air est chaud, très chaud, humide comme je n’ai jamais fait l’expérience. Je suis enfin en Amazonie. De la forêt à perte de vue autour de l’aéroport.
Je souris.

Je sens à ce moment que je suis dans un endroit incroyable.

La sensation de devoir se mouiller toutes les heures pour supporter les 40 degrés et les 80 % d’humidité contribue à la beauté des lieux.

Après une courte nuit, nous partons en bateau au cœur de la forêt. L’eau est marron et douce. Tout est différent ici. La forêt est luxuriante, les oiseaux rares. Des cabanes sur pilotis surplombent la rivière et me laissent apercevoir la vie de leurs habitants : leurs enfants jouant dans la rivière, que j’envie, ou encore leur manière de cuisiner, que j’admire.

Le moteur du petit bateau s’arrête enfin. Il existe là un petit restaurant « touristique » en bord de rivière. On m’y sert un crabe entier, moi qui suis plutôt habituée aux petits bâtonnets.

 

Au milieu du repas, mon amie brésilienne me dit «  déshabille toi, on plonge ». J’en reste sans voix. Je pensais que le maillot de bain était pour prévenir d’éventuelles éclaboussures sur le bateau, je n’ai donc pris que le bas du maillot. Sa sœur se sacrifie et me donne son bikini.

Je me change au bout d’une allée, dans une pièce faite de planche de bois, encerclée par la forêt, avec le bruit des animaux rampants qui brise le silence assourdissant.
À ce moment, j’ignore si je ne me sentirais pas plus en sécurité en dehors de cette cabane. Je préfère voir le danger plutôt que de l’imaginer.

Je retourne d’un pas rapide vers le restaurant où tout le monde m’attend et me regarde.
Sans un mot, avec juste un regard d’invitation, mon amie se dirige vers la rivière. Elle plonge. J’ai chaud. Je plonge.
L’eau est tellement douce et propre, ça contraste avec cette couleur de boue.

Je dis « il n’y a pas de danger ? Et les serpents ? ». Elle me répond « je préfère ne pas y penser. Et ne t’inquiere pas, les caïmans ne viennent pas sur cette partie de la rivière».
Ma gorge se sert mais je ne peux me résoudre à sortir. L’eau est bien trop bonne et c’est une expérience beaucoup trop belle.

C’est magique et inoubliable. J’y retourne l’année prochaine.