Vilnius : Gedimino Kalnas, centre médiéval, université

Vilnius

Au confluent de la Neris et de la Vilnia, Vilnius intrigue par son identité à la fois polonaise, juive et nationale. Des cafés décorés de souvenirs soviétiques aux églises plus baroques qu’en Italie, la capitale lituanienne ne cesse de surprendre.
Oubliés pendant cinquante ans, les 1 500 édifices gothiques, rococo et classiques de cette ville classée par l’Unesco ont été soigneusement restaurés. Fiers de leur héritage, ses 542 809 habitants témoignent également d’un attachement à la nature puissante qui les entoure. En 2009, Vilnius sera la « Capitale européenne de la culture » et verra se dérouler de multiples manifestations musicales, théâtrales ou cinématographiques.

Gedimino kalnas (autour de la colline de Gédiminas)

La légende raconte qu’au cours d’une halte dans les forêts de Šventaragis, le grand-duc Gédiminas vit dans son sommeil un loup de fer au sommet d’une colline. Bouleversé par ce présage, il consulta le grand prêtre et bâtit une ville.

Vilnius Lithuania (7) © www.guigo.eu

Vilnius Lithuania (7) © www.guigo.eu

Gedimino bokštas (tour de Gédiminas) 
Arsenalo gatve 5. Ouvert tlj de 10 h à 19 h de mai à septembre et tlj sauf lundi de 10 h à 17 h d’octobre à avril. Entrée payante.
Au sommet des 48 m de la tour flotte le drapeau lituanien. C’est là que Vilnius fut fondée au XIVe siècle. La plate-forme offre un très bon panorama : la vieille ville (sud) ; Gedimino prospektas (ouest) ; la colline des Trois-Croix (est) ; la Vilnia (nord). Un petit musée y retrace l’histoire de la ville. Au pied de la tour, le parc Kaln? est le royaume des joueurs d’échecs et de dominos, des étudiants des Beaux-Arts et des skieurs de fond en hiver.

Šv. Stanislovo Katedra (cathédrale Saint-Stanislas) 
Katedros aiške. Au pied de la tour de Gédiminas.
Symbole de la nation (regardez sur vos billets de 50 LTL !), la cathédrale fut construite en bois au XIIe siècle et restaurée en 1801. Saccagées par les Soviétiques, les statues de cuivre blanc de sainte Hélène, saint Stanislas et saint Casimir, fondues par les Soviétiques, ressuscitèrent en 1996. A l’intérieur brillent l’autel d’argent et les fresques de la chapelle de Saint-Casimir, saint patron du pays. Des concerts d’orgue y ont fréquemment lieu. Jadis consacrée au dieu du tonnerre Perkunas, la place de la Cathédrale héberge également un ancien campanile du XIIIe siècle (57 m de haut), distinct de la cathédrale, lieu de rencontre habituel des habitants de Vilnius, à deux pas de la statue en bronze du grand-duc Gédiminas.

Lietuvos nacionalinis muziejus (Musée national lituanien) 
Ouvert tlj sauf lundi de 10 h à 17 h et dimanche jusqu’à 15 h de mai à septembre et tlj sauf lundi et mardi de 10 h à 17 h d’octobre à avril. Entrée payante.
Installé dans un ancien bâtiment de l’arsenal, le musée retrace l’histoire du pays de l’âge de pierre à 1940, avec une riche section sur l’entre-deux-guerres.

Centre médiéval

Ruelles au tracé anarchique, cours dérobées et clochers imprévisibles confèrent au centre historique le plus étendu d’Europe (269 ha) un charme unique. 

Suivez le guide ! 
L’opéra est une passion locale, très populaire et bon marché. Le chocolat servi pendant les entractes reste inégalé à ce jour (Vienuolio gatve 1).

Pilies gatve (rue du Château) 
Au pied de la colline du château, la rue la plus animée de la ville possède de nombreux cafés aux caves voûtées (pour l’hiver) et aux terrasses accueillantes (l’été). Les soirs de matchs, on y croise des supporters de basket-ball, attablés devant un verre de vodka (degtin?), de bière ou de cidre, boisson plus féminine. Antiquaires et brocanteurs ont également élu domicile dans les cours bucoliques de la rue.
Au n° 26, on distingue le balcon de la maison des Sénateurs d’où fut proclamée l’Indépendance en 1918.

Didžioji gatve (Grand-Rue) 
Dans le prolongement de Pilies, la Grand-Rue débute avec l’ancien marché aux poissons, aujourd’hui occupé par les étals des artisans. Les deux petites églises orthodoxes qui l’encadrent semblent tout droit sorties d’un conte. Avec sa chapelle octogonale bariolée, l’église Saint-Nicolas appartient aux Russes, tandis que dans l’église uniate Piatnickaja (XIVe siècle) se retrouvent les Biélorusses et les Ukrainiens, appartenant à une branche de l’église orthodoxe reconnaissant l’autorité de Rome. Au n° 1 de la Grand-Rue, une plaque indique que l’officier Henri Beyle, dit « Stendhal », séjourna dans le futur centre culturel français Oscar-Milosz.

Suivez le guide ! 
Sport national, la cueillette des baies et des champignons pousse chaque été des centaines de citadins, armés de sacs et de cabas, dans les forêts environnantes.

Rotušes aikšte (place de l’Hôtel-de-Ville) 
Ses restaurants chics et ses cafés branchés attirent le public cosmopolite des concerts de la Philarmonie et des grandes expositions de la Galerie d’art moderne. La municipalité a déménagé au bord de la Neris, mais le bâtiment classique accueille désormais des congrès internationaux.

Chodkeviciu rumai (palais Chokevicius) 
Didžioji gatve 4. Ouvert tlj sauf lundi de 12 h à 18 h, le dimanche de 12 h à 17 h. Fermé les jours de fête. Entrée payante.
Le musée national de la Peinture, dont les collections couvrent principalement la période du XVIe au XXe siècle, s’est installé dans un coquet hôtel particulier de la fin du XVIIe siècle, meublé dans le style second Empire. Le XXe siècle s’illustre avec Ferdynand Ruszczycz, dont la postimpressionniste Chambre dorée (1913) détonne parmi les sujets bibliques de Franciszek Smugliewicz (1745-1807), chef de file des néoclassiques de Vilnius.

Šv. Kazimiero bažnycia (église Saint-Casimir) 
Didžioji gatve 34.
La plus ancienne église baroque de Vilnius (1604) fut fondée par les jésuites en l’honneur du prince Kazimieras, petit-fils de Jogaila, canonisé en 1602. Russifiée en 1832, passée aux luthériens pendant les guerres, elle fut transformée en musée de l’Athéisme par les Soviétiques et restituée aux catholiques en 1988. La couronne bleue et or, le maître-autel et les fresques de la crypte furent restaurés par ses nouveaux propriétaires.

Adomo Mickeviciaus Memorialinis butas (maison-musée Mickiewicz) 
Bernardinu gatve 11. Ouvert du mardi au vendredi de 10 h à 17 h et samedi et dimanche de 10 h à 14 h. Entrée payante.
Le poète romantique Adam Mickiewicz grandit et étudia à Vilnius jusqu’en 1824. Il composa ses premières œuvres dans ce petit appartement qui restitue l’atmosphère des intérieurs bourgeois polonais du XIXe siècle.

Šv. Mykolo bažnycia Architekturos muziejus (église Saint-Michel / musée d’Architecture) 
Šv. Mykolo gatve 9. Ouvert le lundi de 10 h à 17 h et du mercredi au dimanche de 11 h à 18 h. Entrée payante.
Mausolée monumental de la famille du Biélorusse Leo Sapieha (1557-1633), dont les corps gisent dans la crypte, l’église Saint-Michel contient non seulement des cénotaphes de granite baroques à leur mémoire, mais aussi un musée d’architecture dédié à la capitale. Une collection exhaustive de photographies détaille la construction des principaux projets de Lituanie depuis la fin du XIXe siècle.

Šv. Onos bažnycia (église Sainte-Anne) 
Maironio gatve.
Séduit par cette petite église gothique aux savants entrelacs de brique, Napoléon aurait voulu la ramener en France, « dans le creux de sa main ».
Après sa destruction par un incendie, elle avait été entièrement reconstruite en 1581 avec 30 types de briques différents. A droite, la statue de Mickiewicz assista aux manifestations anti-soviétiques de 1987.

Vilniaus Universitetas (université de Vilnius) 
Universiteto gatve (entrée principale). Ouvert tlj sauf dimanche de 8 h à 20 h. Entrée payante.
La plus influente université d’Europe médiane de l’époque moderne occupe le quart de la vieille ville. Fondée par les jésuites en pleine Contre-Réforme (1579), elle instruisit pendant plus de deux siècles toute l’élite de culture polonaise. Au 1er janvier 2008, l’université comptait 22 865 étudiants.

Šv. Jono bažnycia (église Saint-Jean) 
Universiteto gatve. Cour principale de l’université.
Utilisée pour les cérémonies, les commémorations et même les enterrements du personnel enseignant, l’église de l’université est en réalité antérieure à l’université elle-même (1387). Remodelée au XVIIIe siècle, elle abrite la tombe de Mickiewicz (à droite). « Musée de la Pensée scientifique » à l’époque soviétique, l’église revient aux catholiques en 1991. Son clocher est le plus haut de Vilnius.

Palais Jasinski 
Universiteto gatve. Cour principale de l’université.
La cafétéria des étudiants a élu domicile dans un petit édifice baroque. Les jeunes gens occupent ses banquettes de moleskine le temps d’un thé brûlant.

Cours intérieures 
Les anciens élèves affectionnent particulièrement les 12 cours intérieures de l’université et il n’est pas rare de croiser quelques nostalgiques se promenant là avec femmes et enfants. Ces cours communiquent entre elles par de nombreux passages et accèdent parfois directement à la rue. En face de l’église, la cour de l’Observatoire est décorée de signes du zodiaque (1753).

Bibliothèque 
Rien que pour son plafond à caissons en trompe-l’œil, l’aula de l’université vaut le détour. A la Renaissance, elle abritait la plus importante bibliothèque d’Europe médiane. 5 millions d’ouvrages, 180 000 manuscrits, cartes et atlas du XIIIe au XVIe siècle dorment encore aujourd’hui sur ses rayonnages.

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