Environs de Vilnius, au coeur du Pays, Kaunas

Le week-end venu, les citadins amoureux de la nature repeuplent les forêts et les lacs qui environnent Vilnius pour prendre une profonde bouffée d’oxygène. En hiver, les lacs gelés se couvrent de patients pêcheurs qui jettent leur ligne sous la glace.

Au nord de Vilnius 
A une dizaine de kilomètres de Vilnius, on n’entend déjà plus le lituanien, mais le dialecte slave des « tutajszi », les gens d’ici. Les épaisses forêts qui bordent Vilnius dissimulent une infinité de villages et de fermes isolées. En hiver, le gel et la boue qui envahissent les routes peuvent couper leurs habitants du reste du monde pendant plusieurs semaines.

Verkiu rumai (palais Verkiai) 
Sur la route de Moletai, sortir par Kalvarii vers le nord en direction d’Utena. Bus n° 35 et 36 depuis le sud de Kalvariji gatve.
L’ancien palais épiscopal d’été est niché dans un bois touffu. L’institut botanique lituanien s’est installé dans l’une des ailes néoclassiques. L’autre, ornée de plafonds à glaçures du XVIIe siècle, héberge des expositions temporaires.
Europos parkas (centre géographique de l’Europe) 
A 25 km de Vilnius sur la route de Moletai, quitter la ville par la rue Kalvarii. Musée du Centre de l’Europe. Ouvert tlj de 9 h jusqu’au coucher du Soleil (17 h ou 21 h suivant la saison). Entrée payante.
En 1989, les ingénieurs de l’Institut géographique national de Paris établirent le centre de l’Europe à 25° 19’ de longitude et 54° 54’ de latitude. Depuis l’adhésion de la Lituanie à l’Union Européenne, le musée de sculptures en plein air qui se trouve sur ce site forestier fait la fierté des partisans de l’intégration européenne.

Kernave
A 30 km au nord-est de Vilnius, par l’autoroute Vilnius-Panevežys ou en bus à partir de la gare routière. Attention, jusqu’à l’automne 2009, l’exposition du musée archéologique et historique est fermée pour travaux de reconstruction. Néanmoins, des excursions sont organisées chaque jour sur la réserve de Kernavé. Renseignements et inscriptions par téléphone au (370) 382 47385. Entrée payante. 
Mindaugas établit le centre administratif et militaire de son Etat sur la colline de Kernav?. Couverte de fortins, elle fut abandonnée au XIVe siècle après les pillages des Teutoniques. Le site archéologique se parcourt grâce à des escaliers en bois. Chaque année, les cérémonies païennes du solstice d’été et le Festival d’archéologie expérimentale animent les lieux.

Trakai, Lithuania: chateau de l'ile © cangaroojack

Trakai, Lithuania: chateau de l’ile © cangaroojack

Trakai 
A 25 km de Vilnius par la route de Kaunas.
Promenade dominicale favorite des familles de Vilnius, les rives de la forteresse de Trakai, emblème du pays, constituent un lieu de baignade et de pêche populaire. Petits et grands profitent de l’hiver pour effectuer des balades en traîneau sur les eaux gelées des lacs. La forteresse de Trakai est au cœur du pays. A partir du XIVe siècle, elle forme la pièce maîtresse de l’échiquier défensif du grand-duché de Lituanie. Créée par K?stutis, le fils de Gédiminas, elle reste le centre décisionnel du pays jusqu’au XVIe siècle. La vieille ville est installée sur une presqu’île, étendue entre les lacs Bernardin? (est), Totorišku (ouest) et Galv? (nord). Les vestiges du château de la Péninsule, première forteresse de Trakai – distincte de celle de l’île -, forment le rempart oriental de la ville.

Salos pilis (château de l’île) 
De mai à septembre, ouvert du lundi au dimanche de 10 h à 19 h. En mars, avril et octobre, ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 18 h. De novembre à février, ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 17 h.
A 500 m du rivage, le célèbre château du lac Galv? a été entièrement reconstruit en 1962. De tour en tour, ses murailles de brique rouge courent autour d’un donjon. Le musée retrace à la fois l’histoire et l’ethnographie locales. En été, un petit bateau à vapeur conduit à la rive nord du lac, où se dresse la résidence d’été de la famille Tyszkiewicz, le palais Užtrakis. Le bâtiment ne se visite pas mais le parc reste reposant. Le pédalo est l’un des meilleurs moyens d’admirer le château sous toutes les coutures.

Senieji Trakai 
A 3 km au sud-est de Trakai.
La forteresse de Senieji Trakai (« Vieux Trakai ») abritait le quartier général de Gédiminas avant la fondation de Vilnius. Son petit-fils, le mythique souverain Vytautas, y aurait vu le jour.

Le cœur du pays

Aux confins de l’Europe, la Lituanie centre-orientale offre un paysage sauvage où les forêts denses et les parcs naturels jouxtent de vastes terres agricoles et des villages isolés. Très peu peuplée, l’Aukštaitija se confond à l’est avec les forêts denses de la frontière biélorusse. Salos-I et II, Ginu?iai, Vaišiunai et Stripeikai constituent ses plus pittoresques villages. Leurs maisons sont principalement construites en bois.
Ce « bout du monde » est dominé par le grand centre urbain de Kaunas, autour duquel gravitent de petites villes attractives comme Šiauliai et Druskininkai. 

Aukštaitijos nacionalinis parkas (parc national d’Aukštaitija) 
Avec ses 126 lacs et sa forêt de résineux peuplée de cerfs, de sangliers et d’aigles dorés (900 km2), le parc national d’Aukštaitija est une merveille naturelle intacte, propice au tourisme vert et sportif, notamment en canoë. La cueillette des baies est autorisée sur certains sentiers de randonnée.

Paluše 
A 150 km au nord de Vilnius, par la route de Visagina. Centre de tourisme de Paluše (Turismo centras), ouvert du lundi au jeudi de 9 h à 17 h, vendredi et samedi de 9 h à 19 h et le dimanche de 9 h à 12 h de juin à septembre. Ouvert tlj sauf samedi et dimanche de 9 h à 17 h de septembre à mai.
Principal point de départ des explorations du parc, le village de Paluše est environné par plusieurs sites d’intérêt. A 9 km à l’ouest du village émerge la colline de Ladakalnis, un site privilégié du paganisme ancien. La crête au nord mène à la colline du château de Ginu?iai, un fort du Xe siècle.

La secte des Karaïtes 
Le village de Trakai est célèbre pour la présence traditionnelle de la communauté des Karaïtes. Née au VIIIe siècle au sein de la communauté juive de Perse, cette croyance se fonde strictement sur l’Ancien Testament et rejette le Talmud. Lorsqu’il conquiert la Crimée, grand foyer karaïte, en 1397, Vytautas encourage l’émigration vers la Lituanie. Les Karaïtes s’installent à Trakai. Parlant hébreu, ils refusent d’être confondus avec les Juifs ashkénazes. En 1863, un gouvernement karaïte voit même le jour. La société soviétique aidant, ils s’assimilent progressivement à la population locale. Sur les 270 Karaïtes de Lituanie, moins d’une centaine vit aujourd’hui à Trakai. Leur kenessa (maison de culte) est l’une des dernières d’ex-URSS. La communauté devrait s’éteindre d’ici 2030.

Anykšciai 
A 110 km au nord-ouest de Vilnius par la route de Panevežys.
Célébrée dans le poème Anykš?iu Šilelis (« La Forêt d’Anykš?iai ») du prêtre Antanas Baranauskas (1835-1902), cette région occupe une place de choix dans le cœur des Lituaniens. Le musée de Baranauskas et de Vielunolis-žukauskas – connu pour les romans qu’il publie sous le pseudonyme du « Moine » – rend hommage aux deux poètes nationaux (Barausko ir Vienuolio-Žukausko memorialinis muziejus, Venuolis 4. Ouvert tlj de 8 h à 17 h. Entrée payante).

Kaunas et ses environs

Deuxième ville des Etats baltes, Kaunas (420 000 habitants) est un centre d’affaires majeur depuis le XIVe siècle. Capitale « provisoire » de la Lituanie de 1920 à 1940, elle est à la pointe des tendances européennes. Malgré la diminution de son influence politique, elle reste encore aujourd’hui un bastion du nationalisme. 

Vieille ville 
Autour de la place de l’Hôtel-de-Ville (Rotu?se?s aikšt?).
La ville médiévale et ses impressionnantes églises s’organisent autour d’un élégant Hôtel-de-Ville coiffé d’un clocher de 53 m, le « cygne blanc ». Ses caves voûtées contiennent un petit musée de la céramique. L’église baroque de la Sainte-Trinité et l’austère cathédrale évoquent la profonde imprégnation ecclésiastique de la ville. A quelques mètres de là, les fortifications restaurées rappellent la lutte antiteutonique au cours de laquelle la forteresse de Kaunas fut érigée.

Perkuno namas (maison de Perkunas) 
Aleksotas gatve 6. Ouvert tlj de 10 h ou 11 h à 16 h. Entrée payante.
Cette curieuse maison rouge servait de halle aux marchands du XVIe siècle.
Jadis, un temple de Perkunas s’élevait sur le site. En direction de la Nemunas, la rue mène à l’église de Vytautas, bâtie par le grand-duc après sa victoire contre les Tatars. De l’autre côté du pont, un funiculaire conduit à un point de vue imprenable sur la ville.

Ville nouvelle 
L’avenue de la Liberté (Laisves aleja) forme la principale rue piétonne de la ville. A l’ouest, la résidence présidentielle des années 1930 héberge aujourd’hui un musée d’Histoire. A 10 min à pied de Nepriklausomybis gatve, un funiculaire des années 1930 grimpe sur la colline résidentielle de žaliakalnis.

Vytauto Didžiojo karo muziejus (musée militaire Vytautas le Grand) 
K. Donelaicio gatve 64. De mai à septembre, ouvert du mardi au dimanche de 11 h à 17 h. D’octobre à avril, ouvert du mercredi au dimanche de 10 h à 17 h (caisse ouverte jusqu’à 16 h 30). Fermé le dernier jeudi du mois. Entrée payante.
Le musée contient aussi bien des épées et des pieux médiévaux que des uniformes et des armes de la première guerre d’Indépendance. Dans une énorme vitrine du premier étage, la carcasse du « Lituanica »constitue la pièce maîtresse du musée.

La plus grande centrale nucléaire d’Europe 
La centrale nucléaire d’Ignalina est constituée des deux plus grands réacteurs RMBK (type Tchernobyl) du monde. Après la catastrophe ukrainienne de 1986, la construction du troisième réacteur fut stoppée, sous la pression de l’opinion publique. Aujourd’hui, Ignalina produit 80 % de l’énergie lituanienne, ce qui en fait le pays le plus dépendant du nucléaire du monde. Son sort est néanmoins fixé : le processus d’adhésion à l’Union européenne prévoit l’arrêt définitif du deuxième réacteur en 2009. Le premier est d’ores et déjà fermé et les ingénieurs chargés de la déconstruction sont arrivés. La ville de Visagina, peuplée de familles russes arrivées dans les années 1970, liée aux activités de la centrale, est menacée par un sinistre social et économique.

M.K. Ciurlionio dailes muziejus (musée M.K.-Ciurlionis) 
V. Putvinskio gatve 55. Ouvert tlj sauf lundi de 11 h à 17 h. Entrée payante.
Ce musée donne une idée de l’œuvre du célèbre peintre dont les toiles réinterprètent des sujets religieux sous l’influence du symbolisme. Des peintres lituaniens des années 1930, comme Viktoras Vizgirdas (1904-1993), sont également exposés.

Velniu muziejus (musée des Démons) 
Putvinskio gatve 64. D’octobre à mai, ouvert du mardi au dimanche de 11 h à 17 h. De juin à septembre, ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 17 h. Entrée payante.
Le lieu doit son surnom à la collection de masques rituels portés le jour de mardi gras pour éloigner l’esprit de l’hiver, réunis par l’artiste Antanas Žmuidzinav?ius (1876-1966).

Mykolo Žilinsko dailes galerija (galerie Mykolas-Žilinskas) 
Nepriklausomybes gatve 12. D’octobre à mai, ouvert du mardi au dimanche de 11 h à 17 h. De juin à septembre, ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 17 h. Entrée payante.
Des amulettes égyptiennes aux vases Ming en passant par les céramiques de Catherine II et la vaisselle Art déco, cette galerie regorgeant d’œuvres d’art expose également le seul Rubens du pays, « La Crucifixion », et un « Portrait de jeune fille » de Gustave Courbet.

Faubourgs 
A l’ouest de la Neris, Vilijampol?, l’ancien quartier juif de Kaunas hébergeait en 1940 6 000 des 35 000 Juifs de Kaunas. Un ghetto fermé fut créé par les nazis en 1941. Le quartier est connu sous le nom russe de Slobodka et conserve la mémoire de la Shoah en plusieurs endroits. Au coin de Linkuvos et de Krišiiukaijio, un obélisque signale l’emplacement des portes du ghetto. L’ancien cimetière juif (Senosios žydu kapines) se trouve à flanc de colline, au nord-ouest du faubourg.

Musée-maison de Chiune Sugihara 
Vaizganto gatve 30. D’octobre à mai, ouvert du lundi au vendredi de 12 h à 16 h. De juin à septembre, ouvert du lundi au vendredi de 10 h à 17 h. Samedi et dimanche : de 11 h à 16 h. Entrée payante.
A l’est du centre, cette résidence hébergea le « Schindler japonais », le consul Chiune Sugihara qui accorda des milliers de visas aux réfugiés Juifs lors de l’invasion nazie. Le courageux diplomate fut déclaré « Justes parmi les nations » en 1984.

L’épopée tragique du « Lituanica » 
Le 15 juillet 1933, Steponas Darius et Stanislas « Stasys » Gir?nas décollent de New York à bord du Lituanica pour battre le record mondial du vol transatlantique sans escale (7 186 km). Deux jours plus tard, 25 000 personnes attendent les héros à l’aéroport de Kaunas. En vain. A moins de 775 km du but, l’avion s’écrase en Allemagne dans des circonstances mystérieuses. La nation est en deuil. Un cortège funèbre de 50 000 personnes suit les funérailles des pilotes. Leurs corps embaumés reposent depuis 1964 dans le cimetière militaire Aukštieji Šan?iai de Kaunas et leurs portraits sont imprimés sur les billets de 10 LTL.

Devintas fortas (Neuvième Fort) 
Žemaiciu plentas 73. D’avril à octobre, ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 18 h. De novembre à mars, ouvert du mercredi au dimanche de 10 h à 16 h. Entrée payante.
A 4 km au nord-ouest du centre, cette forteresse tire son nom du chapelet de fortifications bâties par les Russes au XIXe siècle. Prison politique dans les années 1930, utilisée par le NKVD en 1940, elle fut le théâtre de l’extermination de 50 000 Juifs de Kaunas, mais aussi de France. Sur le mur d’une cellule, un certain Abraham Wechsler de Limoges grava : « nous sommes 500 Français ».

Pažaislio vienuolynas (monastère de Pažaislis) 
A 7 km à l’est du centre. En principe, ouvert tlj sauf le lundi de 11 h à 17 h.
Ce monastère est situé dans un bois de pins au bord de la « mer de Kaunas », un lac artificiel créé dans les années 1950 pour approvisionner une centrale hydroélectrique. Bâti en 1667 par l’aristocrate Kryztof Zygmunt Pac, il fut restitué aux religieuses en 1992. L’église contient d’exquises fresques des Italiens Michelangelo Palloni et Guiseppe Rossi, dont le Couronnement de la Vierge orne la coupole. L’été, des concerts philharmoniques y ont lieu.

Kedainiai 
A 50 km de Kaunas, sur la route de Šiauliai et de Panevežys.
Le prix Nobel de littérature Czeslaw Milosz naquit en 1911 dans le village de Šetenai, à 15 km du gros bourg marchand de Kedainiai. Le centre historique de cette ville de 35 000 habitants porte la griffe de la famille Radvila. Dans un ancien couvent carmélite, le musée du district de Kedainiai (Didžioji gatv? 19. Ouvert tlj sauf dimanche et lundi de 9 h à 17 h. Entrée payante) évoque ces glorieuses origines. L’église réformée (XVIIe siècle) et le grand marché (Didžioji rinka) sont bordés par d’anciennes maisons de marchands cossues. Au bout de Senoji gatv?, le vieux marché (Senoji rinka) était le fief des commerçants juifs.