Vilnius : autres quartiers

Prezidentura (Palais présidentiel)

Daukanto gatve 1. Ouvert tlj de 10 h à 14 h. Entrée payante, sur rendez-vous.
A côté de l’université, l’ancien évêché héberge la présidence de la République.
Ce bâtiment classique aux massives colonnes blanches accueillit le général Koutouzov et le tsar Alexandre Ier. Leur ennemi, Napoléon, y séjourna lors de l’avancée sur Moscou et de la retraite de Russie. L’été, des concerts ont lieu dans la cour. 

Vilnius Lithuania © Jesus Corrius

Vilnius Lithuania © Jesus Corrius

Sanctuaires de la porte sud

Chefs-d’œuvre du baroque, les vieilles églises qui bordent la longue rue Aušros Vart? n’ont pas toujours été restaurées. Il faut parfois s’aventurer dans les cours pour en faire le tour et découvrir au passage leurs fresques délavées. 

Aušros Vartai (porte de l’Aurore) 
Ausros Vartu. Entrée libre.
Au-dessus de la plus ancienne porte de la ville, une chapelle vitrée attire les pèlerins de Lituanie et de Pologne depuis le XIXe siècle. Le site est dédié à une émouvante icône miraculeuse dont seuls le visage et les mains apparaissent sous une épaisse couche d’or. Il s’agirait à l’origine du portrait d’une princesse ukrainienne ramené à Vilnius par le grand-duc Vytautas. En bas des marches, à droite, l’intérieur rococo de l’église Sainte-Thérèse mérite le coup d’œil. Sur la porte de l’Aurore, Vytis à cheval est entouré de griffons.

Napoléon à Vilnius 
Dans les pâtisseries de Vilnius, Napoléon est aujourd’hui le nom d’un feuilleté à la crème. Mais le conquérant a aussi laissé des traces tragiques. 40 000 soldats de la Grande Armée rescapés du siège de Moscou (1812) s’arrêtèrent à Vilnius. Ils furent des milliers à agoniser dans l’église de l’Assomption (Trak? gatv? 9/11) transformée en hôpital. 3 000 d’entre eux, morts de faim et de froid, ont été découverts au cours de la construction d’un supermarché en 2001. Leurs dépouilles ont été inhumées en 2003 dans le cimetière d’Antakalnis (Kari? Kap? 11), auprès des grands hommes du pays, lors d’une cérémonie franco-lituanienne. 20 000 grognards pourraient encore dormir dans les fosses communes de Vilnius.

Šv. Dvasios Cerkve (monastère du Saint-Esprit) 
Aušros Vartu, 10. Entrée libre.
L’archevêché orthodoxe de Lituanie est installé dans ce monastère masculin. A l’époque soviétique, c’était l’un des rares lieux de culte de la ville en activité.
L’église contient une iconostase baroque tardif (1750) illustrant l’influence du baroque sur l’orthodoxie. Au milieu de la nef, les reliques de saint Antoine, saint Ivan et saint Eustache, martyrisés au XIVe siècle, sont enveloppées de blanc à Noël, de noir au printemps et de rouge le reste du temps.

Artilerijos basteja (bastion d’Artillerie) 
Bokšto gatve, 20. Ouvert tlj sauf lundi de 10 h à 17 h. Fermé le mardi d’octobre à mai.
Par le nord de Šv. Dvasios gatve, les fortifications de la porte de l’Aurore mènent à une forteresse du XVIIe siècle. Ce bastion contient une collection d’armes et d’armures anciennes. Les amoureux viennent y contempler le coucher du soleil.

Ouest de la vieille ville

Les crémeuses tours jumelles roses qui dépassent au-dessus de Vilniaus gatve, principal axe de l’ouest du centre, appartiennent à l’ancien monastère bénédictin de Sainte-Catherine. 

Šv. Dvasios bažnycia (église du Saint-Esprit) 
Šv. Ignoto gatve.
L’église polonaise de Vilnius (1679) est un dédale d’autels, de chapelles funéraires et de statues miraculeuses, ponctué d’angelots. Au milieu de la nef, un portrait du Christ s’inspire des visions de la sœur Faustyna Helena Kowalska (1934) canonisée en 1993.

Šv. Mikalojaus bažnycia (église Saint-Nicolas) 
Mikalojaus gatve.
Erigée par les marchands allemands avant la conversion de la Lituanie (1320), la plus vieille église gothique de Vilnius rendait l’office catholique en latin pendant l’entre-deux-guerres, alors que le polonais dominait partout ailleurs.

Radvilu rumai (musée d’Art lituanien) 
Vilniaus gatve 22. Ouvert tlj sauf lundi de 12 h à 18 h. Entrée payante.
L’ancien hôtel particulier de la famille noble des Radvila, qui laissa de nombreux palais dans la région et dont descendait Jackie Kennedy elle-même, abrite les collections de peinture française, italienne, flamande du XVIIe au XIXe siècle du musée d’Art lituanien. Le dernier étage est entièrement consacré aux Russes du XIXe siècle.

La « Jérusalem du Nord » 
Au nord-ouest de la vieille ville.
Au XIXe siècle, les Juifs (un tiers de la population) élurent domicile dans un labyrinthe de rues et d’arcades situé au nord-ouest de la vieille ville. Coupé par les nazis en deux ghettos de 50 000 personnes, liquidés en 1941 (Petit Ghetto) et en 1943 (Grand Ghetto), le quartier juif est aujourd’hui peuplé de Lituaniens.

Petit Ghetto 
Entre Vokieciu gatve et Rudninku gatve.
De la capitale du Yiddishland, il ne reste plus que quelques rares souvenirs à la mémoire des Juifs exterminés pendant la Seconde Guerre mondiale, disséminés dans le Petit Ghetto. La « rue Allemande » (Vokieciu gatve), jadis bordée d’échoppes aux enseignes en polonais et en yiddish, prolongée par la rue des Bouchers Mesiniu), constituait l’artère principale de ce quartier à dominante juive, mais qui ne forma jamais un ghetto séparé du reste de la ville avant 1940. Un jardin d’enfants occupe aujourd’hui le site de la Grande Synagogue et de la bibliothèque Strashun, merveilles célèbres dans toute l’Europe orientale, rasées par les nazis (žyd u gatve). En face s’élève un buste du Gaon de Vilnius, Elijah ben Solomon (1720-1797), docteur du Talmud dont l’autorité s’exerçait sur toute l’Europe.

Rudninku gatve 
Au n° 18, à l’endroit où se dressait la porte du Petit Ghetto, une plaque murale retrace le plan du quartier tel que les nazis l’avaient organisé. Au &n° 8 se trouvait la Judenrat, (administration du ghetto). Dans la cour, une inscription commémore le départ des Juifs pour le camp de Paneriai.

Lietuvos Valstybinis Žydu Muziejus (Musée national des Juifs de Vilnius) 
Pylimo gatve 4 et Pamenkalnio gatve 12. Ouvert du lundi au jeudi de 9 h à 17 h et le dimanche de 10 h à 16 h. Entrée payante.
Aujourd’hui, les principales institutions juives de la ville, qui tentent de préserver le souvenir de la Jérusalem du Nord, se situent sur la rue Pylimo. L’actuelle synagogue (1903) se trouve au n° 39. Au n° 4, un immeuble labyrinthique héberge, depuis 1925, le YIVO (Institut scientifique des études yiddish), mais surtout le Musée juif d’Etat. Objets rituels, marionnettes de Pourim, photographies de synagogues en bois sont exposés. La galerie des Justes honore les Lituaniens qui sauvèrent des Juifs des camps de la mort. A 2 min de là, rue Pamenkalnio, une annexe, dite « Maison verte », détaille les circonstances de la « Catastrophe ».

Ville nouvelle

Siège de la modernité, la ville nouvelle englobe les principaux quartiers d’affaires et d’habitation de Vilnius. Loin de l’univers étudiant de la vieille ville, elle est traversée toute la journée par les élus, les fonctionnaires et les cadres d’entreprise. 

Suivez le guide ! 
Sur le parking de l’hôpital de Kalinausko, derrière Pylimo, se dresse un buste du musicien américain avant-gardiste Franck Zappa.

Gedimino Prospektas (avenue Gédiminas)

La mairie de Vilnius a quitté la vieille ville en 2002 pour s’installer dans les nouveaux locaux du principal boulevard de la ville nouvelle. Bordée de boutiques et de bureaux, l’avenue Gédiminas commence près de la cathédrale de Vilnius. 

Neringa viešbutis (hôtel « Neringa ») 
Gedimino prospektas 23.
Durant les années 1960, ce fleuron de l’hôtellerie soviétique accueillait le prix Nobel russe Jozef Brodsky et les intellectuels lituaniens amateurs de jazz. Les sbires du KGB fréquentaient également son restaurant, dont les fresques idéalisent les rivages de la péninsule de Courlande, d’où l’hôtel tire son nom.

Seimas (Parlement) 
Gedimino prosperktas.
Siège du Soviet suprême dans les années 1980, le bâtiment soviétique vit la proclamation de l’indépendance de la Lituanie en 1991. Sur la façade nord, des barricades ornées de graffitis antisoviétiques évoquent la mobilisation massive des citoyens contre les chars russes.

Lietuvos genocido auku muziejus (musée des victimes du génocide) 
Entrée sur Auku 2A. Ouvert tlj sauf lundi de 10 h à 17 h et dimanche de 10 h à 16 h. Entrée payante.
L’ancien quartier général du KGB, siège de la Gestapo en 1940, a été transformé en « musée des Victimes du génocide ». Les sous-sols humides, témoins des tortures et de l’emprisonnement de milliers d’opposants, peuvent être visités en compagnie d’anciens prisonniers. La place Lukiški? garda le nom de Lénine jusqu’au déboulonnement de sa statue en 1991.

Colline de Taurakalnis

Au sud de Kalinausko et de Ciurlionio gatve.
Investie par les classes moyennes au XIXe siècle, la « ville nouvelle » de Naujamestis du XIXe siècle grimpe sur la colline Taurakalnis, en haut de laquelle trône le palais des Syndicats, pur produit de ce néoclassicisme qu’affectionnait tant Staline. En hiver, ses pentes forment des descentes idéales pour les enfants amateurs de luge. Détail significatif, les marches qui montent jusqu’à lui sont pavées d’anciennes stèles funéraires juives. 

Suivez le guide ! 
Une statue de Romain Gary non loin de Basanavi?ius gatve 16 évoque l’enfance de l’écrivain à cette adresse, racontée dans La Promesse de l’aube.

Romanova bažnycia (église des Romanov) 
Basanaviciaus gatve.
Ses bulbes verts furent ajoutés en 1913 pour célébrer le tricentenaire de la dynastie Romanov sur le trône de Russie. Cette église est aujourd’hui l’une des principales de la communauté orthodoxe de Vilnius.

Vingio parkas (parc Vingis) 
Geležinio vilko gatve.
Ses allées bordées de pins font le bonheur des coureurs, et sa grande scène accueille en été le Festival lituanien de chant. Ceinturé par la Neris, le plus grand parc de la ville fut aménagé au XVIe siècle.

A l’est de la Vilnia

A l’est de Maironio gatve.
Disséminés sur la rive orientale de la rivière, ces sites font partie intégrante de l’histoire et de la vie contemporaine de Vilnius, mais à moins de parvenir à se procurer un plan des transports urbains, mieux vaut demander à un taxi de vous y conduire pour quelques litas. 

Triju kryžiu kalnas (colline des Trois-Croix) 
A l’est de la vieille ville, sur la rive sud de la Neris.
Visibles de très loin, les trois croix blanches qui se dressent de l’autre côté du parc de Kaln? évoquent la crucifixion de sept moines franciscains. Erigées au XVIIe siècle, détruites par les Soviétiques, elles ont été reconstruites en 1989. A pied, 20 min suffisent pour parvenir au sommet.

La « République » d’Užupis 
Les nouveaux riches, mais aussi toute la bohème de la capitale se sont installés dans les maisons de charme du quartier d’Užupis situé sur la rive est de la Vilna. Auteurs d’une farcesque « déclaration d’Indépendance de la République d’Užupis » le 1er avril 2000, les anticonformistes du quartier ont créé ce jour-là la vie associative et conviviale qui manquait jusque-là à Vilnius. Fédérés autour de défilés, d’expositions d’arts plastiques et de régates sur la Vilnia, ils ont transformé la rue Užupio en temple de la culture alternative. Pour célébrer l’An I de la « République », un ange doré soufflant dans une trompette a été installé sur une colonnette à mi-hauteur de cette longue rue inclinée.

Šv. Apaštalu Petro ir Povilo (église des Saints-Pierre et-Paul) 
Antakalnio gatve 1. Entrée gratuite.
Edifiées sur ordre de Casimir Pac, gouverneur de Vilnius (1675), sur l’emplacement d’un site voué au culte de la déesse de l’amour Milda, les deux tours austères de l’église contrastent avec un intérieur luxuriant. Plus de 2 000 sculptures en stuc évoquent la mythologie et la Bible sous la coupole aérienne des Italiens Pietro Peretti et Giovanni Maria Galli.

Rive nord de la Neris

Le pont Vert (žaliasis tiltas) forme le principal lien entre la rive sud et la rive nord de la Neris. Les usines et les sites industriels qui s’étendent jusqu’aux limites de la ville sont dominés par les colonnes de vapeur d’eau des hautes cheminées. 

Kalvariu Šv. Kryžaus bažnycia (église du Calvaire de la Sainte-Croix) 
Kalvariju gatve.
Disséminées au cœur d’un parc forestier, 19 chapelles du XVIIIe siècle se dissimulent le long des chemins. Au sud, le circuit donne sur l’église baroque de Trinapolis. La vue sur la Neris y est imprenable.

Televizijos bokštas (Tour de la Télévision) 
Sausio 13-Osios gatve. Ouvert tlj de 10 h à 21 h. Entrée payante.
A 3 km du centre, dans le faubourg de Karolinišk?s, cette tour de 326 m fut le théâtre du carnage du 13 janvier 1991. Dans le hall, une exposition de photographies commémore le souvenir des Lituaniens tombés sous les chars soviétiques. Le souvenir de cette journée est encore vif au sein de la population. Au 55e étage, un café-restaurant tournant offre la meilleure vue panoramique de Vilnius.