Au cœur de la vallée sacrée, Pérou

Arrivés à Cuzco après une semaine de douches froides en étant malade, puis deux jours de voyage en bus, se retrouver d’une part sous la chaleur d’un soleil de midi puis dans une chambre chaude avec douche chaude, si chaude, et de la pression…. comment dire ? Ce fut un tel bonheur !

Un récit de voyage au Pérou par Marion Kvaternik

C’est fou comme cette petite chose qu’est l’eau chaude nous manque vite dès qu’on passe sous les 15°. Bref, ce fut merveilleux, et cela a donc orienté la visite de Cuzco sur une note positive. La dernière fois, Cuzco ne m’avait fait que peu d’effets, probablement le froid ambiant… Cette fois, la visite en T-shirt de ses belles places à la fois coloniales et Incas, ses petites rues mixtes qui montent, qui montent, pour déboucher sur des escaliers qui montent encore, pour enfin atterrir à l’endroit qu’on aurait potentiellement pu prévoir de visiter : Saqsaywaman, la forteresse Inca, fut des plus agréable. Afin d’éviter de payer pour visiter cette fameuse forteresse, nous avons profité du fait d’arriver par la colline du Cristo de Oro, idéalement située juste en face, pour en prendre les meilleurs points de vue. Couplée avec la découverte d’une délicieuse petite panaderia (équivalent de la boulangerie), cette visite fut bien douce.

Cuzco, Pérou

Cuzco, Pérou

  Elle précédait notre grande aventure du Pérou. La visite du Machu Picchu. Pour l’instant, au Pérou, il n’existe que deux façons officielles de le visiter :

  • Le train touristique, qui est juste hors de prix, même si, certes, le paysage qu’il nous permet de voir est splendide. Pourquoi est-il si cher ? Bonne question. C’est un simple train, mais aussi le seul accès direct. De plus, il est géré par une compagnie étrangère qui a eu le bon goût de passer un arrangement avec le gouvernement péruvien pour avoir la main mise exclusive sur ce chemin au Machu Picchu pour 30 ans. On ne dira pas qu’ils sont Chiliens, les Chiliens sont suffisamment détestés ici bas….
  • L’agence touristique. Qui propose plusieurs solutions : les fameux treks, dont l’archi connu Inca Trail de 4 jours, mais qu’il faut réserver six mois à l’avance. Ou des combinés, qui à vrai dire avaient l’air assez marrants : trek + descente à vélo, etc…. Pour une somme, relativement raisonnable considérant les activités etc, mais pas pour nous.

  Quelle solution avons-nous donc prise ? Et bien, celle dite « du routard ». Oui parce qu’on n’est pas non plus là pour se la couler douce tout le temps ! Nous nous sommes levés à 6h30, avons savouré notre petit déjeuner puis sommes partis en taxi au Terminal Santiago, qui fait la jonction entre Cuzco et Santa Maria. Déjà, à peine sortis du taxi, nous sommes assaillis par une horde de « Santa Maria ! Santa Maria ! » Tiens, ils disent bonjour bizarrement ici, mais bon, on répond pareil et on se retrouve dans un colectivo pour la bonne direction, accompagnés de moults Péruviens. Le Péruvien se montre donc assez sans gène en voiture, même à l’intérieur. « Bonjour, j’ai 15 sacs avec moi et un gros cul, je pose tout ça sur la banquette pour 3 pendant 4 heures et je t’écrase au passage, c’est OK pour toi ? » Ben heu… On fait avec. On a encore eu droit a de grandes prestations de notre pilote péruvien (oui, je renonce à les appeler conducteurs). On connaissait le « je double dans un virage », « je double en côte », « je double même si j’ai vu la voiture en face, elle se poussera c’est pas grave », et bien là, nous avons eu droit à « je double sur un dos d’âne », même pas peur ! Bon donc, ces 4 h de routes de montagne ont été assez intenses, mais le pilote semblait bien connaître son affaire et être parfaitement éveillé. Nous sommes donc arrivés sans mal à Santa Maria, où là encore, le côté « sortons des sentiers battus » en a pris pour son grade. Pas le temps de dire ouf, qu’on est alpagués par des « Santa Teresa ! Santa Teresa ! », notre donc prochaine destination. Hummm bien, bien, on prend donc un taxi où l’on rencontre deux petites Suisses absolument adorables, et nous survivons tous ensemble à cette route qui, oui, est pire que celle d’avant : en fait, c’est plus une route, c’est de la piste, à flanc de ravin, et avec de temps en temps la rivière qui a débordé, sans que cela gène le moins du monde le chauffeur qui jette son bolide à l’assaut des éléments. Un grand moment, mais je déconseille à ceux qui ont un peu peur en voiture. Arrivés à Santa Teresa, on cherche à 4 une Hospedaje pour la nuit. Etrangement, elles semblent avoir fleuries un peu partout dans ce petit village à 4 rues… Et elles pratiquent toutes le même prix : 10 soles le lit, quel qu’il soit. Il faut être chanceux. On l’est ! Pas d’eau chaude, mais chambre propre. Pendant que les Suisses rejoignent les thermes du coin, nous allons nous remplir la panse. Et là, quand on tombe sur des cartes qui affichent le double des prix de Cuzco, et traduits en anglais, on arrête de douter… On est bien encore sur les sentiers battus…. Nous rejoignons à notre tour les thermes et nos petites Suisses, pour terminer cette malgré tout jolie journée. On a quand même eu des paysages de dingues tout au long du parcours, aucun regret de prendre ce chemin.

Aquas Calientes - Perou

Aquas Calientes – Perou

Le lendemain, direction Aguas Calientes, la ville au pied du Machu Picchu. Pour cela, il faut d’abord prendre un excellent petit déjeuner au marché local, puis monter dans un taxi qui nous arnaquera sur le prix, et nous déposera à Hydoelecrica, la centrale électrique du Machu Picchu (et avec ça, ils n’arrivent pas à avoir de l’eau chaude!). Et de là, c’est une jolie randonnée qui commencent ; le long des rails jusqu’à Aguas Calientes. Et là, c’est juste incroyable ; on est entourés par la jungle et les montagnes du Machu Picchu, les paysages sont splendides, et en plus, il faiit chaud ! Bref, comme en plus ce n’est que du plat, ce n’est que du bonheur. Et on en est tous bien conscients, qu’on a choisi là la meilleure façon d’aborder le Machu Picchu ! Un petit tour au pont de l’Inca, encore une belle création – les rondins de bois étaient enlevés pour empêcher à quiconque de s’approcher de la cité sans connaître le chemin-, un triste au revoir à nos petites Suisses, et nous repartons. Il faut d’abord descendre jusqu’au fleuve, et on refait le chemin à pied jusqu’à Hydorelectrica. C’est toujours aussi beau, on en profite pour faire un petit arrêt baignade, et on rencontre même sur la fin un petit animal étrange ressemblant beaucoup aux Coatis d’Iguaçu, en plus peureux. Ce sera l’occasion de rencontrer un couple de Suisses, et de finir la route avec eux. En ce qui les concerne, on peut parler de vrais « routards » : eux sont venus jusqu’à Santa Terasa en moto ! En moto ! Dans un pays de pilotes agressifs, et sur de la piste ! Vraiment, respect ! On passera une excellente soirée avec eux, à parler Pérou et politique française, le tour arrosé de bières et de vins. Ils sont également en tour du monde, mais différent, ils préfèrent passer plus de temps à chaque endroit, c’est pourquoi en ce moment ils sont logés à Cuzco, pour y peaufiner leur espagnol. Le lendemain matin, Jerry retournera avec eux aux thermes, et nous nous donnerons rendez-vous à Cuzco pour une bonne bouffe. Nous partons sur le chemin retour, qui nous réserve moins de surprises, excepté qu’on s’arrêtera à Ollantaytambo pour parfaire cette découverte de la région. Ollantaytambo est une autre bourgade qui permet de découvrir une cité inca, et qui s’avère charmante, toute en pierre et entourée de belles montagnes. Malgré tout, le cœur n’y est pas. Il est bien plus difficile de quitter la vallée du Machu Picchu que de s’y rendre finalement. On dit que les voyages nous enrichissent mais j’ai plutôt l’impression d’avoir laissé une partir de moi là bas. Son souvenir est trop vivace, il est des souvenirs comme ça, on ne sait plus très bien s’il vaut mieux les laisser où ils sont ou les emporter avec nous tellement ils font mal quand ils resurgissent… Enfin, Ollantaytambo nous réserve quelques bonnes, et pas mal de mauvaises surprises. D’abord, les prix…. Improbables, donc une fois de plus on choisit la solution alternative : on visitera la cité depuis la montagne d’en face, dont l’escalade est certes périlleuse, mais gratuite. Grand bien nous a pris. On bénéficiera de très belles vue sur la cité et la vallée.

Machu Picchu -Pérou

Machu Picchu -Pérou

Puis nous quittons cette ville aux habitants passablement désagréables, pour aller visiter, de façon alternative encore, les salines de Maras. Je ne sais toujours pas comment ils ont du sel à cette altitude, mais c’est à voir. Pour cela, nous prenons un taxi jusqu’à Tarabamba. La taxi nous laisse au milieu de nulle part – il doit y avoir trois maisons en construction autour de nous, et nous indique le « chemin », sans oublier avant de partir de nous avertir que c’est un long chemin, que le soleil tape fort, et que pour 10 fois le prix, il se fait un plaisir de nous y conduire directement. Dommage, l’aventure, on commence à s’y faire. On suit donc ce pseudo chemin, en demandant confirmation dès qu’on croise quelqu’un : « oui, oui, il faut longer la rivière », on le devine parfois au milieu des éboulements, et au bout d’une heure et demi très agréable une fois qu’on a trouvé le vrai chemin, on arrive à un petit village au pied des salines. Une dernière grimpette pour admirer ces salines, et mes jambes commencent à déclarer forfait. Nous rejoignons la route, le temps de trouver une moto taxi qui nous ramènera à la gare routière d’Urubamba, où nous comptons prendre un colectivo pour rentrer à Cuzco (chambre chaude, douche chaude, vous vous souvenez?). Et non, à peine sortis du moto taxi, un monsieur nous aborde pour nous proposer de nous ramener au même prix dans sa voiture. C’est louche au début, mais quand il ramène deux autres touristes, on se rassure. Et nous voilà partis pour un florilège d’habitudes dangereuses au volant. On nous a bien confirmé que les Péruviens étaient nerveux au volant. Là, c’est l’orgie, à chaque dos d’âne, il tente de doubler, mais n’arrive jamais à avoir assez de vitesse, c’est ridicule, mais ça nous fait rire maintenant !

Salines de Maras - Pérou

Salines de Maras – Pérou

Puis nous quittons cette ville aux habitants passablement désagréables, pour aller visiter, de façon alternative encore, les salines de Maras. Je ne sais toujours pas comment ils ont du sel à cette altitude, mais c’est à voir. Pour cela, nous prenons un taxi jusqu’à Tarabamba. La taxi nous laisse au milieu de nulle part – il doit y avoir trois maisons en construction autour de nous, et nous indique le « chemin », sans oublier avant de partir de nous avertir que c’est un long chemin, que le soleil tape fort, et que pour 10 fois le prix, il se fait un plaisir de nous y conduire directement. Dommage, l’aventure, on commence à s’y faire. On suit donc ce pseudo chemin, en demandant confirmation dès qu’on croise quelqu’un : « oui, oui, il faut longer la rivière », on le devine parfois au milieu des éboulements, et au bout d’une heure et demi très agréable une fois qu’on a trouvé le vrai chemin, on arrive à un petit village au pied des salines. Une dernière grimpette pour admirer ces salines, et mes jambes commencent à déclarer forfait. Nous rejoignons la route, le temps de trouver une moto taxi qui nous ramènera à la gare routière d’Urubamba, où nous comptons prendre un colectivo pour rentrer à Cuzco (chambre chaude, douche chaude, vous vous souvenez?). Et non, à peine sortis du moto taxi, un monsieur nous aborde pour nous proposer de nous ramener au même prix dans sa voiture. C’est louche au début, mais quand il ramène deux autres touristes, on se rassure. Et nous voilà partis pour un florilège d’habitudes dangereuses au volant. On nous a bien confirmé que les Péruviens étaient nerveux au volant. Là, c’est l’orgie, à chaque dos d’âne, il tente de doubler, mais n’arrive jamais à avoir assez de vitesse, c’est ridicule, mais ça nous fait rire maintenant !