L’aventure débute à Kathmandou

PAR SAMIA PIETRYGA

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Nous sommes partis en 2014 au Népal, quelques jours après les avalanches qui ont coûté la vie à de nombreux touristes et sherpas dans l’Himalaya. Malgré les avertissements de notre entourage, nous ne voulons pas abandonner notre projet de voyage. Nous partons, sans trop savoir ce que nous ferons sur place, mais avec l’envie d’explorer la mythique chaine himalayenne, aussi appelée « le toit du monde ».

Sur place, on nous informe qu’il n’est pas possible de réaliser le célèbre trek des Annapurnas par mesure de sécurité. Alors nous nous rabattons sur un autre trek : le Tamang Heritage Trail.

L’aventure débute à Kathmandou. L’aéroport minimaliste en briques rouges et l’attente interminable de nos bagages nous rappellent que nous sommes là dans un des pays les plus pauvres du monde. Mais la pauvreté économique n’a pas retiré au Népal ses richesses : sa nature époustouflante, ses villages authentiques mais surtout le sourire légendaire de ses habitants.

Quelques jours au cœur de la capitale nous permettent de savourer le fameux dal bath (plat à base d’épices, de lentilles et de riz, mangé à toute heure et tous les jours par les Népalais), de découvrir la vieille ville, les Ghats, ces lieux de crémation qui ne laissent personne indifférent et la grande stupa de Bodnath avec son regard mystique.
Nous dormons chez Sophie et Vishnou. Un couple franco-népalais rencontré sur Internet quelques jours avant notre départ. Ils ont le sens de l’accueil. On aime passer du temps avec eux.

Un soir, en balade avec Sophie, nous remarquons que les immeubles arborent des guirlandes. Elle nous explique que c’est la grande fête de Divali qui se déroule sur plusieurs jours.

Les enfants dessinent des mandalas sur le sol, la jeunesse népalaise joue de la musique et chante les grands classiques de la pop américaine. On s’offre des cadeaux et les temples reçoivent les fidèles qui y déposent des offrandes pour les divinités.
Nous faisons de même chez Sophie et Vishnou. Un espace pour les offrandes est dédié. On y dépose quelques douceurs. Ce soir-là, Vishnou nous dessine le tilak sur le front entre les yeux, une marque rouge, symbole d’appartenance à l’hindouisme.

Notre hôte nous conseille un trek : le Tamang Heritage Trek. Une amie à lui, Pema, guide de montagne, nous accompagnera. C’est un trek peu connu et donc très peu fréquenté. Cela nous attire donc, forcément !

 

Notre guide a pour tout équipement un sac à dos, une paire de baskets dont les semelles semblent lisses, une simple parka rose et une casquette rouge. Bref, un équipement à des années lumières de notre matériel technique de randonneur chevronné.

La route est longue. Il faut 8 heures en Jeep pour rejoindre le lieu de départ du trek. Les routes sont vertigineuses, très dégradées et scabreuses. Les secousses sont intenses et la musique népalaise bat son plein. 8 heures éprouvantes mais avec des paysages à couper le souffle !

Après une nuit reposante dans une guest house, c’est le départ. Ça commence fort, une jolie et longue montée à travers champs. Pema grimpe vite. Pour elle, ce n’est qu’une mise en jambes facile. Heureusement, le reste est un peu moins rude. Nous arrivons dans un village isolé, sans route carrossable ni électricité ni eau courante. Mais comme toujours, avec le sens de l’accueil, le sourire et les regards curieux des enfants. On passe la soirée chez l’habitant. La cuisinière prépare le dal bath au feu de bois juste à côté de nous. Pas d’eau chaude ni chauffage non plus. Mais qu’importe. Si loin de tout mais si proche des Népalais.

Les journées de trek s’enchainent à flanc de montagne, sur des chemins parfois escarpés. Pema parle très peu l’anglais. Elle tente en chemin de nous donner quelques explications sur la faune et la flore.
Un soir, nous dormons dans un village, toujours très isolé et sans confort, avec des sources d’eau chaude. Quelques aménagements sommaires permettent aux touristes et aux locaux de profiter des lieux. L’eau est très argileuse, quasiment orange. On s’y baigne presque tout habillés comme les Népalais. De l’eau chaude enfin ! Ca fait du bien!

On prend de l’altitude. Notre nuit à 3000 m est un magnifique souvenir passé au dessus des nuages. Le froid devient pénétrant. Et toujours pas de chauffage, ni d’eau chaude. La nuit, il ne vaut mieux pas laisser un orteil en dehors de la couette.
On grimpe à 4000m le lendemain. Vue sur le Tibet. C’est juste magique. Les drapeaux de prière colorés flottent au gré du vent et la neige devient plus présente. Nous n’irons pas plus haut.

Deux jours après, nous redescendons vers notre point de départ. Pema galope à travers les champs. Nous, on essaie de garder le rythme.

C’est la fin du trek. Déjà. Cette immersion dans les villages reculés était un moment de pur bonheur. Un retour aux sources, aux valeurs essentielles. L’Himalaya nous reverra. C’est sûr!