Le Sud-Ouest : Blagoevgrad, Bansko, Sandanski, Melnik

 

Blagoevgrad

A 101 km au sud de Sofia.
Rebaptisée en 1950 en l’honneur de Dimitar Blagoev, fondateur du marxisme bulgare, c’est aujourd’hui, avec ses 78 000 habitants, la plus grande ville de la région. Elle comporte un centre piéton animé et aéré doté de nombreux magasins ainsi qu’un quartier ancien (Varocha).

Richesses de la vie sauvage 
Les mammifères les plus emblématiques du pays, le loup et l’ours, trouvent suffisamment de tranquillité dans ce massif peu accessible. Aux altitudes plus élevées se rencontrent des animaux parfaitement adaptés aux conditions extrêmes comme le chamois, le lièvre variable ou le coq de bruyère. Avec 1 300 espèces de végétaux, le Pirin accueille un tiers de la flore bulgare. A faible altitude, les forêts sont peuplées de pins, de sapins, d’épicéas et de hêtres. Plus haut, l’étage subalpin accueille des genévriers et des graminées. Ensuite, les arbres et les arbustes disparaissent pour laisser place à des plantes rabougries, comme l’oseille alpine ou la rare edelweiss. Plusieurs espèces végétales n’existent que dans le Pirin, ce sont des endémiques. Le thym du Pirin, la fétuque et le poa du Pirin (deux graminées) font ainsi le bonheur des botanistes.

Quartier Varocha 
Rénové il y a peu, cet ensemble architectural se situe à l’est du centre-ville, de l’autre côté de la rivière Bistritsa. De belles maisons de style Renaissance bulgare, entourées d’un mur épais duquel émerge un étage en encorbellement, s’accrochent à la petite colline. Les fenêtres et les larges balcons de bois ressortent sur les façades blanches.

bansko - Bulgarie © ale3andro

bansko – Bulgarie © ale3andro

Eglise de l’Annonciation de la Vierge 
Ouvert tlj de 8 h à 18 h. Entrée libre.
Grâce à une restauration récente, avec son clocher bâti à l’écart et les maisons anciennes en toile de fond, ce sanctuaire édifié en 1844 a retrouvé toute sa splendeur. A l’extérieur, la galerie abrite des fresques des écoles de Samokov et de Bansko. A l’intérieur, le mobilier et l’iconostase bénéficient d’une somptueuse décoration, soulignée par le jaune et l’orange des peintures ainsi que par de généreuses dorures. Les sculptures du trône et de la chaire représentent un bestiaire fantastique entouré de feuillages et de grappes de raisin finement ciselés.

Bansko

A 155 km au sud de Sofia.
Située à une altitude de 1 000 m, la petite ville de montagne s’accroche au flanc septentrional du massif du Pirin sans trop s’éloigner du Rila qui s’étend au nord, de l’autre côté de la vallée. Ici, les maisons de boissont entourées de hauts murs et seule une épaisse porte donne sur la cour intérieure. Ces constructions massives permettaient de se protéger des rigueurs de l’hiver, mais aussi et surtout des ennemis de passage, parmi lesquels les occupants turcs. Bansko, c’est aussi la porte du parc national du Pirin, classé patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

Vieille ville 
Il faut parcourir les rues du centre historique pour comprendre cette architecture montagnarde propre à la région.

Eglise Svéta Troïsta (de la Sainte-Trinité) 

Rue Pirin. Ouvert tlj sauf vendredi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h. Entrée libre.
Bâtie en 1835 à l’abri de hauts murs, cas unique en Bulgarie, elle a la particularité d’arborer, au-dessus du porche de l’entrée, à la fois la croix et la lune accompagnée de l’étoile. Cela semble attester une heureuse cohabitation entre fidèles chrétiens et fidèles musulmans. Tout de bois vêtu, l’intérieur s’avère d’une grande richesse, comme en témoigne la qualité de l’iconostase, des icônes et des fresques.

Musée Néofit Rilski 
Ouvert du mardi au samedi de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h. Entrée payante.
Avec la visite de cette habitation fortifiée, il est possible de comprendre l’agencement des lieux de vie et de découvrir, depuis l’intérieur, l’efficace organisation défensive. L’exposition, consacrée à Néofit Rilski (1793-1881), permet d’apprécier son apport à la construction culturelle du pays. Cet érudit prend part à l’organisation de l’édification du monastère de Rila et il met au point une nouvelle méthode d’enseignement appliquée dans les écoles dépendantes du monastère. Il jette ainsi les bases qui permettront aux premières écoles laïques de voir le jour entre 1800 et 1850.

Velyanova kachta (maison de Velyanov) 
5, rue Velyan Ognev. Ouvert du lundi au vendredi de 10 h à 17 h. Entrée payante.
Ici vivait le peintre Velyan Ognev. Aujourd’hui, l’exposition occupe des pièces restées intactes depuis le XIXe siècle. Elle évoque la vie quotidienne des habitants de la région à cette époque.

Monument commémoratif 
Place Vazrajdané.
En face de l’église, trône la haute statue d’Otets Païssii, auteur de l’Histoire slavo-bulgare, œuvre qui a initié le Réveil national.

Stations de ski 
La ville est entourée de plusieurs stations de ski et les sports d’hiver s’y développent activement.

Chalin Valog 
Elle dessert deux domaines skiables (Chalin Valog et Pioneer) s’étendant de 1 100 m à 1 600 m d’altitude. Sur une longueur totale de 2 500 m et un dénivelé de 320 m, on peut sillonner une piste rouge, deux noires, une bleue et trois vertes.

Chiligarnika 
Plus près des cimes, deux domaines skiables (Balkaniada et Todorka), situés entre 1 700 m et 2 500 m d’altitude, regroupent deux pistes rouges, trois bleues et une verte, soit 5 100 m consacrés aux sports de glisse, pour un dénivelé de 700 m.

Parcourir la montagne 
Dans tout le parc, de nombreux sentiers balisés permettent d’approcher la nature lors de promenades de quelques heures ou de traversées de plusieurs jours. Un itinéraire contourne le pic Vihren par le nord, partant du refuge Banderitza (près de Bansko) et rejoignant Premkata en passant par Kazana (Durée 2 h 30). Depuis le refuge Démianitza, il est possible de rejoindre le refuge Bezbog, via Tiatzite et le lac Popovo (Durée 4 h 30). Depuis l’entrée du parc près de Bansko, une randonnée plus longue traverse le Pirin du nord au sud pour atteindre le refuge Yané Sandanski. Elle passe par le refuge Démianitza, le lac Vasilavchki, le refuge Pirin et le refuge Bégovitza (Durée 11 h).

Parc national du Pirin 
Des pics abrupts et gris mirent leurs sommets rocheux sur la surface tranquille des lacs d’altitude. Les torrents dévalent la montagne courant parmi les rochers, les cascades dégringolent le long des parois verticales, les ruisseaux se perdent dans le réseau de gouffres et de grottes. Au pied des sommets, quand vient le printemps, les pelouses alpines se couvrent de fleurs jaunes, roses ou bleues. Plus bas, à l’ombre de conifères géants dont les branches basses ploient sous les lichens, dans des forêts aussi obscures que silencieuses, se cachent des écureuils presque noirs, des casse-noix, ces oiseaux au plumage brun moucheté, et même des ours. Le Pirin, l’un des massifs les plus élevés du pays, culmine avec le pic Vihren(2 914 m). Ici, bat le cœur de la Bulgarie sauvage. Le parc national, créé en 1976, s’étend sur tout le Pirin du Nord, occupant une surface de 40 000 ha. Le parcourir offre un voyage au cœur de l’un des plus beaux sanctuaires naturels de la péninsule des Balkans, à la découverte de richesses insoupçonnées, d’animaux et de plantes devenus rarissimes ailleurs en Europe, mais aussi d’espèces exclusivement balkaniques.

Réserve Youden 
Sanctuaire à l’intérieur du sanctuaire, cette partie centrale du parc, située à proximité de Bansko, abrite des forêts centenaires. Difficiles à observer du fait de leur méfiance vis-à-vis de l’homme, les loups et les oursoccupent particulièrement ce secteur. Les chamois le fréquentent également, avec une préférence pour les escarpements rocheux peu accessibles.

Baïkouchevata moura (pin de Baïkouchev) 
Sur le flanc est du pic Vihren, non loin du refuge Banderitza, se trouve le plus vieil arbre du Pirin. Ce pin (Pinus heldreichii) aurait 1 300 ans. Il atteint une hauteur de 22 m et sa circonférence est de 8 m.

Sandanski

A 166 km au sud de Sofia.
Portant aujourd’hui le nom du révolutionnaire macédonien Yané Sandanski (1872-1915), cette ville proche de la Grèce aurait vu naître le célèbre Spartacus (mort en 71 av. J.-C.). La cité s’étale au bord de la rivière Sandanska Bistritsa et bénéficie d’un climat méditerranéen : printemps précoces, hivers particulièrement doux. Ces conditions favorables et les nombreuses sources thermales produisant des eaux minéralisées aux vertus médicinales font de Sandanski une ville de cure particulièrement recherchée. Les curistes y viennent notamment pour soigner les maladies respiratoires.

Musée archéologique 
2, bd Makedonia. Ouvert en semaine de 9 h à 12 h et de 13 h à 17 h, le week-end (seulement en été) de 10 h à 12 h 30 et de 16 h à 19 h 30. Entrée payante.
Il regroupe des vestiges de l’Antiquité, avec notamment des mosaïques et les restes d’une basilique (Ve-VIe siècles).

Eglise Svéti Guéorgui (Saint-Georges) 
10, rue Kiril i Metodii. Ouvert tlj de 8 h à 18 h. Entrée libre.
Construit au milieu du XIXe siècle, ce lieu de culte est toujours en activité. Dans l’odeur caractéristique produite par les nombreux cierges allumés par les fidèles, le visiteur peut découvrir des fresques muraleset un imposant lustre.

Parc botanique 
Rue Christo Smirmenski. Ouvert tlj. Entrée libre.
Dans cet espace de 400 ha, parcouru par la rivière et accueillant un plan d’eau, poussent quantité de plantes méditerranéennes. Parmi elles se dressent deux géants : des érables dépassant 20 m de haut et vieux de plus de 500 ans (près du centre-ville et du lac). Dans le parc, il existe plusieurs sources, certaines de ces eaux minérales dépassent 80°C, attestant de l’importance des zones géothermiques dans cette région tectoniquement active.

Melnik et ses environs 

A 183 km au sud de Sofia. A 20 km de la frontière avec la Grèce.
Est-ce encore la Bulgarie ou est-ce déjà la Grèce ? En fait, ici commence la Macédoine. D’ailleurs, jusqu’à la fin de la deuxième guerre balkanique en 1913, les Grecs habitaient majoritairement les lieux. Avec le conflit, ils se sont enfuis et les Bulgares s’y sont à nouveau installés. La cité autrefois très étendue ne compte aujourd’hui que 300 âmes. Mais quel charme ! De vieilles maisons blanches à encorbellements’accrochent au pied de falaises érodées, autour poussent les vignes et dans les caves mûrit un puissant vin rouge. Un passé prestigieux, un cadre naturel grandiose, un climat méditerranéen et un terroir viticole, Melnik bénéficie de l’art de vivre de ces pays au soleil généreux.

Suivez le guide ! 
Laissez-vous entraîner dans la fraîcheur de l’une des nombreuses caves creusées sous les vieilles maisons de la ville et découvrez l’épaisseur légendaire du vin rouge de Melnik.

Vieille ville 
Le centre historique conserve de nombreux témoins de sa splendeur passée, certains en ruine, d’autres restaurés.

Kordopoulova kachta (maison de Kordopoulos) 
A l’est du village. Ouvert tlj de 10 h à 12 h et de 13 h à 17 h. Entrée payante.
Cette demeure construite en 1758, portant le nom du riche marchand grec qui la possédait, est aujourd’hui un musée. Sa visite permet de découvrir un intérieur traditionnel richement aménagé. A l’étage, la chambre des invités possède un plafond de bois peint, arborant des motifs floraux et géométriques. Une belle et étonnante cheminée avec décor sur bois trône dans la chambre à coucher. Au sous-sol, la vaste cave regroupe un ensemble de couloirs et de salles creusés dans la roche qui pouvait accueillir 250 000 litres de vin.

Eglise Svéti Nikolaï Tchoudotvorets 
Ouvert du mercredi au dimanche de 9 h à 17 h. Entrée libre.
Posée au sommet d’une colline, cette église édifiée en 1756 abrite un trône décoré et une iconostasecomprenant un portrait de saint Nicolas. Elle offre un beau point de vue sur la ville.

Pyramides 
La région est célèbre pour ses étonnantes formations géologiques : les cheminées de fées sculptées par l’érosion, connues ici sous le nom de pyramides. Un bloc de roche dure coiffe ces édifices, les préservant de l’action de l’eau et du vent. Avec le temps, le chapeau protecteur finit par tomber, et la colonne disparaît progressivement, s’émoussant sous l’effet de l’érosion. Les pyramides entourent la ville. Pour découvrir les plus impressionnantes et mieux apprécier cet étrange paysage minéral, il faut quitter Melnik en direction de Rojène. Depuis le centre du village, un sentier balisé (blanc-vert-blanc) emprunte d’abord le lit du cours d’eau, puis monte parmi les reliefs érodés pour gagner une crète. Cet endroit offre une vue exceptionnellesur les pyramides et toute la région environnante. Le sentier descend ensuite vers le monastère qu’il atteint après 6 km. Autre itinéraire, la route asphaltée menant à Rojène qui, à la hauteur du village de Karlanovo,permet également d’observer les cheminées de fées.

Monastère de Rojène 
Ouvert tlj de 8 h 30 à 20 h. Entrée libre.
De hauts murs clairs desquels dépasse un campanile et au pied une épaisse porte de bois protégée de fer, tel apparaît ce bel ensemble monastique perdu en pleine campagne. C’est l’un des plus anciens du pays. Au-dessus de la porte figure une fresque évoquant la Nativité de la Vierge, à laquelle est dédié l’établissement. Au milieu de la cour, relativement exiguë, trône l’église conventuelle. Courant le long des ailes, une colonnade de poutres soutient les galeries de bois des étages. L’ensemble reste sobre, peu décoré, mais avec les innombrables balustrades, les balcons surplombant la cour et les vieilles treilles s’accrochant aux constructions de bois, le monastère ne manque pas de charme.

Eglise de la Nativité 

Ce petit édifice apparaît un peu austère, sans doute du fait de son ancienneté : il date du XVe siècle, même s’il a été restauré, aménagé et décoré aux XVIe-XVIIe siècles. A l’extérieur, une fontaine se tient juste devant la façade décorée d’une scène du Jugement dernier (début du XVIIe siècle). A l’intérieur, l’iconostase du XVIIe siècle est une dentelle de bois regroupant des motifs floraux et animaux finement sculptés. Les fresques les plus anciennes, visibles dans le narthex, remontent au XVIe siècle, mais la plupart d’entre elles, de tradition byzantine, datent du XVIIIe siècle.

Galeries 

A l’étage, il est possible de découvrir les cellules des moines, ainsi que le réfectoire et un four à pain.

Tombe de Sandanski 

Durant la seconde moitié du XIXe siècle, le monastère a offert sa protection à de nombreux révolutionnaires agissant dans cette partie de l’Empire ottoman. La tombe du plus célèbre de ces patriotes macédoniens,Yané Sandanski (1872-1915), se trouve à proximité, juste à côté de l’église Svéti Kiril i Metodii.

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