Aux environs de Sofia

 

Pour les Sofiotes, les idées de promenade ne manquent pas. Eglises, monastères et forêts abondent tout près de la capitale, notamment sur les pentes du mont Vitocha.

Boyana
A 8 km du centre-ville de Sofia.
Cette localité correspond à un faubourg de Sofia, situé au sud-est de l’agglomération, juste au pied du mont Vitocha.

Eglise de Boyana 
Ouvert tlj sauf lundi de 9 h 30 à 17 h 30. Entrée payante.
Classé patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, ce monument fait partie des plus anciens lieux de culte du pays. Il s’intégrait à une vaste forteresse, mentionnée dès 969, établie sur les premiers reliefs du mont Vitocha et destinée à protéger Sofia. Avec ses murs de briques et ses petits dômes couverts de tuiles, l’édifice actuel reste de dimensions modestes. Il se compose pourtant de trois parties d’âges différents,disposées d’est en ouest et élevées respectivement aux XIe, XIIIe et XIXe siècles. Ce sont les deux monuments médiévaux qui ont le plus d’intérêt.
La partie la plus ancienne, la première église, correspond à une chapelle dont le plan dessine une croix grecque. Seuls quelques fragments des fresques originales de style byzantin sont visibles. Dans leur ensemble, elles sont malheureusement recouvertes de peintures du milieu du XVIIIe siècle.
Accolée à ce premier sanctuaire, la deuxième église conserve de superbes fresques du XIIIe siècle, bel exemple de l’art du second Empire bulgare. Sur le mur nord apparaissent les portraits du couple donateur, Sébascrotor et Dessislava Kaloyan, seigneurs des lieux. De leur visage émane une troublante présence. Les scènes religieuses surprennent également par leur réalisme. La Crucifixion, la Descente aux Enfers et la Cène en témoignent parfaitement. Ironie de l’histoire, le nom du ou des artistes qui ont exécuté ce chef-d’œuvre de l’art chrétien oriental demeure inconnu. Seule certitude, il(s) appartenai(en)t à l’école de Tarnovo.

Sofia Bulgarie Eglise Saint Georges © DAVID HOLT

Sofia Bulgarie Eglise Saint Georges © DAVID HOLT

Musée national d’Histoire 
16, rue Vitochko Lale. Ouvert tlj de 9 h 30 à 18 h. Entrée payante.
Installé depuis peu dans l’ancienne résidence du secrétaire général du Parti communiste bulgare, le plus grand et le plus beau musée du pays offre une rétrospective complète sur l’histoire de la Bulgarie. Les 5 500 objets d’art y sont agréablement présentés dans un cadre moderne et sur une surface totale de 10 000 m2. Le rez-de-chaussée regroupe les œuvres de la préhistoire au Moyen Age. C’est ici que sont exposées les pièces d’orfèvrerie des Thraces, comme l’extraordinaire trésor de Panaguiourichté, avec notamment une amphore en or dont les anses forment de superbes centaures. Parmi les objets de la période romaine, une tête de bronze, aux yeux très expressifs, date du IIIe siècle. Une amulette, représentant un chaman et un cheval stylisé en mouvement (VIIIe-Xe siècles), permet de mieux connaître les mystérieux Protobulgares.
La visite évoque aussi l’art du premier Empire bulgare (VIIe-XIIe siècles), avec de la vaisselle ou des bijoux, comme ces bracelets de verre torsadé aux couleurs blanche, verte, rouge et bleue.
Pour le second Empire bulgare (XIIe-XIVe siècles), une superbe pièce de bois sculpté provenant de Macédoine (alors bulgare) correspond à la première œuvre du genre dans l’histoire artistique du pays. Les éléments religieux y côtoient les figures fantastiques.
A l’étage, les salles présentent les campagnes bulgares durant l’occupation ottomane (XVe-XVIIIe siècles). De la vaisselle turque, décorée de motifs floraux colorés, accompagne les panneaux décrivant la lutte contre l’occupant. Des broderies des XVIe-XVIIe siècles et une croix, comprenant des scènes miniatures sculptées dans du bois et serties d’or (XVIIe siècle), témoignent de la culture populaire bulgare.
Toujours au premier étage, un vaste espace évoque la période du Réveil national ou Renaissance bulgare(XVIIIe-XIXe siècles). Il regroupe des salles consacrées au renouveau de l’éducation et de la culture, au mouvement de libération, à l’insurrection d’avril et à la guerre de libération. D’innombrables icônes illustrent l’art du Réveil national, avec notamment un majestueux Christ pantocrator se détachant sur fond bleu.
Une exposition sur le folklore permet de découvrir des broderies rouges ayant pour motifs des symboles animaux ou floraux. Quelques costumes traditionnels illustrent la vie quotidienne des campagnes de cette époque. Par-dessus la longue blouse blanche qui faisait office de robe, les femmes portaient une lourde jupe colorée, le tout recouvert d’un long et épais tablier décoré de motifs.

Mont Vitocha
A 22 km du centre-ville de Sofia.
Les sommets du massif montagneux de Vitocha s’élèvent à une altitude de plus de 2 000 m. Le point culminant, Tcherni vrah (le pic Noir), enneigé jusqu’au début de l’été, domine la capitale du haut de ses 2 280 m. Depuis 1936, le mont Vitocha est un parc national s’étendant sur une surface de 26 606 ha. De 1 500 à 1 700 m d’altitude, le massif est recouvert de forêts de feuillus, de 1 700 à 1 900 m poussent les conifères et au-delà de 1 900 m il ne reste que les pelouses d’altitude. Partout, jaillissent d’innombrables sources. En son sein, il existe deux secteurs particulièrement intéressants, bénéficiant d’une protection supplémentaire.
La réserve Bistrichko branichté protège une forêt d’épicéas composée d’arbres centenaires de 35 m de haut.
Située entre le Tcherni vrah et la Tcherna scala (le roc Noir), l’autre réserve (Torfen réservat) correspond à une vaste zone de tourbières vieilles de 1 500 ans et abrite plusieurs centaines d’espèces de mousses, d’algues et de plantes. L’ensemble du parc national accueille 50 % de la flore bulgare. Au début de l’été, les pelouses se couvrent de fleurs. Les crocus jaune d’or succèdent aux perce-neige immaculés, puis viennent les primevères qui étalent leurs fleurs jaunes et les gentianes qui, en s’ouvrant, forment autant de taches d’un bleu très vif. Nombre d’animaux habitent le massif montagneux. Quantité de crustacés, d’arachnides et d’insectes (au total 1 800 invertébrés) se cachent dans le sol et la végétation. Il y a été dénombré 10 espèces d’amphibiens, 12 espèces de reptiles, 200 espèces d’oiseaux et 50 espèces de mammifères.Les cerfs, les renards, les sangliers et même les ours fréquentent la région. Avec un total de 290 km de sentiers, les itinéraires de randonnées y sont nombreux. Ils permettent de découvrir une nature généreuse et sauvage, à deux pas de la capitale.

Suivez le guide ! 

Remontez la rivière et découvrez l’une des merveilles naturelles du mont Vitocha : les chutes d’eau de Boyana dégringolant sur les rochers couverts de mousse.

Monastère de Dragalevtzi 

Une aile récente, bien entretenue, abritant les cellules et, en contrebas, une modeste église de brique avec quelques murs blancs : ainsi se présente l’un des quatorze monastères qui se trouvaient dans le massif de Vitocha au temps du second Empire bulgare. Sa fondation date du XIVe siècle et il devint le centre de l’école littéraire de Sofia. Il existe en fait deux églises accolées : l’église de la Sainte-Vierge de Vitocha (XXe siècle) et l’église de l’Assomption (XVe siècle). Ce vieil édifice abrite des fresques médiévales (1476) de toute beauté : portrait des Prophètes, Jugement dernier et Sacrifice d’Abraham. Dans ce monastère encore très actif aujourd’hui, la fête de Goliama Bogoroditza est célébrée le 15 août avec faste.

Aléko 

Principale station du mont Vitocha (1 780 m d’altitude). En hiver, elle offre sept pistes de ski de difficultés variables (verte, bleue, noire et rouge). En été, c’est le point de départ de nombreuses randonnées et de l’ascension du Tcherni vrah (le pic Noir).

Zlatnité mostové (les Ponts d’or) 

Sur le versant nord-ouest du mont Vitocha, dans la vallée de la rivière Vladaya, les glaciers ont laissé d’énormes blocs rocheux qui façonnent aujourd’hui un paysage impressionnant.

Pernik
A 25 km au sud-est de Sofia.
De la cité industrielle florissante de l’époque stalinienne ne restent aujourd’hui que les ruines d’usines désaffectées. Cette ville sinistrée se réveille pourtant une fois dans l’année, en janvier, offrant alors aux visiteurs un spectacle inoubliable : le Festival Koukéri. La tradition des koukéri concerne toute la Bulgarie, il s’agit de jeunes hommes masqués, vêtus de peaux de bêtes, couverts de plumes d’oiseaux et portant de grosses cloches à la ceinture. Munis de bâtons de bois, ils dansent en une folle et bruyante farandoleafin de chasser l’hiver et les démons de l’année passée. A Pernik, le festival réunit tous les villages et villes des environs. Chaque localité ressort pour l’occasion les vieux costumes et les masques effrayants, soigneusement conservés durant toute l’année. Certains de ces personnages se tiennent sur des échasses,d’autres portent des coiffes d’une hauteur étonnante qui leur donnent des allures de géants. Cette tradition bulgare, sortie du fond des âges, rappelle les carnavals traditionnels des Pyrénées françaises ou des Alpes suisses, les masques ont même un petit air de famille avec ceux des Indiens d’Amérique du Nord. Très intriguant !

Monastère de Krémikovtzi
A 20 km au nord-est du centre-ville de Sofia.
Peu visité par les touristes, ce monastère, maintes fois détruit et reconstruit, offre aujourd’hui un ensemble disparate et incomplet. L’église conventuelle date de 1901-1902 et les bâtiments résidentiels sont plus récents. Au milieu de la cour, ouverte du fait des destructions, se tient également une modeste église dotée d’un simple toit à deux pans dépourvu de coupole. Il s’agit de la vieille église Saint-Georges qui abrite de superbes fresques du xve siècle. Elles font partie des plus belles œuvres de cette époque conservées dans le monde orthodoxe et seraient dues à un moine du nom d’Antoni qui aurait également exécuté celles du monastère de Dragalevtzi. La niche, située au-dessus de l’entrée dans le narthex, accueille un très beau saint Georges vêtu d’une armure et d’une cape rouges, chevauchant son cheval blanc et anéantissant le dragon de sa lance. La représentation de l’archange saint Michel s’avère également bien conservée et les traits de son visage sont d’une grande finesse, presque féminins. Ces réalisations témoignent avec force de la résistance de la foi orthodoxe alors que le pays se trouvait sous le joug ottoman.

Lac Pantcharévo
A 15 km au sud-ouest de Sofia.
Venant du sud-est, la rivière Iskar descend du massif de Rila pour traverser Sofia et se diriger vers le Danube. Peu avant la capitale, un barrage retient un vaste lac fréquenté par les amateurs de randonnées,de pêche ou de canot. Les cafés et les petits restaurants qui se trouvent à proximité permettent aux Sofiotes d’oublier les trépidations de la vie citadine. En amont, le lac d’Iskar est encore bien plus grand.