Sofia

 

A l’extrême ouest du pays et toute proche de l’ex-Yougoslavie, la région est marquée par un relief accidenté recouvert d’épaisses forêts desquelles émergent les pics enneigés. Ses habitants, réputés bons vivants, rusés et têtus, se nomment les Chopes.

Sofia

Très excentrée pour mieux se tourner vers l’Europe centrale, cette ville n’a le statut de capitale que depuis 1879. Les montagnes enserrent de toute part l’agglomération construite dans une cuvette, à 550 m d’altitude. L’imposante silhouette du mont Vitocha(2 290 m), enneigé une bonne partie de l’année, domine la cité. Les étés y sont caniculaires et les hivers rudes. Comme dans toute capitale, la circulation y est plus dense, la vie plus trépidante et les étrangers plus nombreux. Depuis les années 1990, le visage de la ville s’est rapidement modernisé, les travaux y sont permanents. Ici bat le cœur économique et politique d’un pays en pleine mutation. Sofia offre également de vastes places, de grands boulevards pavés bordant d’imposants monuments aux allures moscovites et de larges espaces de promenades. 

Rappel historique 
En 29 av. J.-C., séduits par les sources thermales qu’ils y trouvent, les Romains établissent une première cité étendue qu’ils nomment Serdica. Intégrée ensuite à l’Empire romain d’Orient, elle devient bulgare en 809. Les Turcs s’en emparent dès 1382, alors que les royaumes de Tarnovo et de Vidine résistent encore. Les occupants décident d’en faire le centre politique de la Roumélie (partie européenne de l’Empire ottoman) et y installent un gouverneur général. Lorsque les Turcs la quittent, il ne s’agit que d’une modeste ville orientale quelque peu oubliée et regroupant seulement 20 000 habitants. Pourtant, en 1879, juste après l’indépendance, elle devient la capitale de la principauté de Bulgarie. Elle change alors totalement de visage, les vestiges ottomans disparaissent un à un. Après avoir éliminé les traces du passé, les Bulgares édifient la nouvelle capitale d’un pays neuf.

Sofia Bulgarie Theatre National Ivan Vazav © DAVID HOLT

Sofia Bulgarie Theatre National Ivan Vazav © DAVID HOLT

Autour de la cathédrale 
Cet édifice, tout comme les églises et les musées qui l’entourent, compose le centre historique et touristique de la capitale.

Cathédrale Aleksandar Nevski 
1, place Aleksandar Nevski. Ouvert tlj de 8 h 30 à 20 h. Entrée libre.
Le monument le plus célèbre de la ville ne peut passer inaperçu. Sa silhouette blanche, massive, ornée de coupoles dorées, se dresse au milieu d’une vaste place entourée d’espaces verts. Construit par un architecte russe entre 1904 et 1912, cet édifice de style néobyzantin rend hommage aux Russes morts lors de la libération du pays. Sa richesse surprend le visiteur. Le dôme central est recouvert de 8 kg d’or. A l’intérieur, c’est une débauche de marbre, d’albâtre et d’onyx. L’autel et les trônes, destinés au patriarche et au roi, sont recouverts de dorures et surmontés de baldaquins. La crypte de la cathédrale accueille la galerie des icônes(Accès par un escalier à gauche du portail central. Ouvert tlj sauf mardi de 10 h 30 à 12 h 30 et de 14 h à 18 h 30. Entrée payante). Elle regroupe les plus belles icônes du pays,accompagnées de manuscrits enluminés et d’objets liturgiques. Admirablement bien présentées, ces œuvres du XIe au XIXe siècle offrent un exceptionnel voyage dans l’art des Slaves orthodoxes. Une mention particulière pour l’icône processionnelle du monastère de Poganovo, à deux faces, datée du XIVe siècle.

Dans les vitrines des musées 
De nombreux musées sont répartis dans la capitale. Le musée de la Terre et des Hommes, axé sur la géologie, la géographie et son utilisation par les hommes, présente la plus belle collection de pierres précieuses d’Europe de l’Est (4, bd Tcherni vrah. Ouvert du mardi au samedi de 10 h à 18 h. Entrée payante). Le Musée ethnographique permet d’apprécier la richesse des traditions populaires bulgares et de découvrir notamment les différents costumes régionaux (Place Knyaz Aleksandar Battenberg. Ouvert du mercredi au dimanche de 10 h 30 à 17 h 30. Entrée payante). Le musée national d’Histoire naturelle dispose d’une collection regroupant près de 600 000 espèces animales, parmi lesquelles quelques raretés typiques des Balkans (1, bd Tsar Osvoboditel. Ouvert tlj de 10 h à 19 h. Entrée payante).

Suivez le guide ! 
Laissez-vous envoûter par les chœurs orthodoxes en assistant à une messe célébrée dans la cathédrale (Du lundi au vendredi à 8 h 30 et 17 h, samedi à 18 h 30, dimanche à 9 h 30).

Basilique Svéta Sofia (Sainte-Sophie) 
Au nord-ouest de la place Aleksandar Nevski, tout près de la cathédrale.
Fondée au Ve siècle, elle est transformée en mosquée par les Turcs, puis détruite en partie par un tremblement de terre. Il s’agit de l’une des plus anciennes églises disposant d’un plan en croix latine et elle a probablement donné son nom à la ville. Austère et habillé de briques, l’édifice actuel, reconstruit après l’indépendance, permet de se faire une image des premières églises orthodoxes. Au chevet se trouve la modeste tombe d’Ivan Vazov, le Victor Hugo bulgare.

Marché aux puces 

Tous les jours, dans le parc qui entoure la cathédrale, des vendeurs proposent des antiquités, des souvenirs et différentes œuvres d’art. Au milieu des moulins à épices turcs, des boucles de ceinture, des matriochki(poupées gigognes) ou des coffrets en bois pyrogravé, les icônes présentées, des reproductions fidèles d’œuvres originales bulgares, y sont de bonne qualité et les prix restent abordables. En périphérie du parc, un peu plus loin, se dresse l’université Kliment Ohridski ; élevée en 1925, d’après les plans d’un architecte français (Briançon) et d’un architecte bulgare, elle possède une vaste façade de style néobaroque (15, boulevard Osvoboditel).

Eglise russe Svéti Nikolaï (Saint-Nicolas) 

A l’angle du boulevard Tsar Osvoboditel et de la rue Rakovski. Ouvert tlj de 8 h 30 à 20 h. Entrée libre.
Les cinq bulbes dorés et les toits verts de cette charmante église émergent d’un bosquet de bouleaux. Bâti par des émigrants russes entre 1912 et 1914, l’édifice est de petite taille. L’intérieur, sombre et minuscule, abrite des fresques de l’école de Novgorod et de nombreuses icônes dont celle de saint Nikolaï.

Théâtre national Ivan Vazov 

5, rue Vassil Levski. Ouvert tlj. Spectacle à 19 h.
Il se trouve non loin de l’église russe, de l’autre côté du boulevard Tsar Osvoboditel. Après la cathédrale Aleksandar Nevski, c’est le monument le plus célèbre de la capitale. Construit en 1907, dans la tradition du classicisme allemand, il a subi un incendie puis les bombardements de 1944, avant d’être restauré en 1976. Aujourd’hui, il accueille toujours des spectacles. Le fronton blanc rehaussé de dorures et soutenu par des colonnes précède un monument massif de couleur vieux rose, à la décoration chargée et coiffé d’un monumental dôme de cuivre. Face à l’édifice, un vaste bassin, agrémenté de jets d’eau et de sculptures, offre une agréable perspective. Cet endroit calme et aéré est le rendez-vous de joueurs d’échecs. En été, ils s’assoient à l’ombre et au bord de l’eau, attendant qu’un partenaire vienne se mesurer à eux. Derrière le musée s’étend le jardin municipal. Le traverser permet de retrouver le boulevard Tsar Osvoboditel.

Autour de l’église Svéta Nédélya 
Cette partie de la ville accueille la plupart des monuments officiels et correspond au centre politique de la capitale.

Galerie nationale des Beaux-Arts 

Place Knyaz Aleksandar Battenberg. Ouvert tlj sauf lundi de 10 h 30 à 18 h 30. Entrée payante.
Outre les œuvres des trois grandes écoles de peinture d’icônes et de sculpture sur bois (Débar, Samokov et Tryavna), il est possible d’y admirer les dessins, huiles et aquarelles des plus grands artistes de la Bulgarie indépendante. Ces peintres de la fin du XIXe siècle et du XXe siècle, d’abord influencés par les grands mouvements de l’Ouest, développent ensuite leur art à l’abri des influences extérieures. Quelques chefs-d’œuvre parmi d’autres : Automne et Hiver à Plovdiv, de Zlatyou Boyadjiev (1903-1976), Moissonneur, de Vladimir Dimitrov (1882-1960), Nos mères portent toujours du noir, d’Ivan Milev (1897-1927).

Un héros encombrant 

Sur la place du 9-Septembre, date du coup d’Etat qui installa les communistes au pouvoir en 1944, rebaptisée depuis place Knyaz Aleksandar Battenberg, premier souverain de la Bulgarie indépendante, se trouvait le mausolée abritant le corps embaumé de Guéorgui Dimitrov. Secrétaire général du Komintern de 1935 à 1943, il tint, à partir de 1944, un rôle de premier plan dans l’installation de la République populaire de Bulgarie. En 1990, le corps de Dimitrov est retiré de l’édifice de marbre blanc et incinéré. Symbole du pouvoir communiste, recouvert de graffitis, il devient le lieu de rendez-vous des contestataires et des marginaux. Finalement, en 1999, le monument est rasé. De nombreux noms de lieux ont aussi changé : la place Lénine est devenue la place Svéta Nédélya, comme l’église qui s’y trouve.

Rotonde Svéti Guéorgui (Saint-Georges) 

Rue Saborna. Ouvert tlj de 8 h à 18 h. Entrée payante.
Ce monument de brique couvert de tuiles se trouve dans une cour, enserrée dans l’immense et austère édifice occupé par l’hôtel Sheraton et la présidence de la République. Ce sont d’anciens thermes, construits au IIIe siècle, transformés par la suite en église (IVe-Ve siècles), puis en mosquée sous la domination turque. Bien restaurée, cette église primitive possède des fresques (XIe-XVe siècles) représentant les prophètes et un ange à l’expression étonnante. Autour, les ruines romaines laissent apparaître les restes d’une rue et d’une maison.

Eglise Svéta Nédélya 

Place Svéta Nédélya. Ouvert tlj de 8 h 30 à 20 h. Entrée libre.
Occupant le sud de la place, ce monument sombre est coiffé d’une vaste coupole couverte de cuivre. D’origine médiévale, reconstruite en 1863 après un incendie, l’église est détruite par un attentat à la bombe visant le roi Boris III et tuant plus d’une centaine de personnes. Sa physionomie actuelle date de 1930. L’église étant très fréquentée par les Sofiotes, l’intérieur est noirci par la fumée des cierges et envahi par l’odeur de cire. Sur la place, véritable centre névralgique de la ville, viennent parfois quelques joueurs de gadoulka, instrument à cordes traditionnel, ou d’accordéon. Des voyants se proposent aussi de dire l’avenir aux nombreux passants.

Eglise Svéta Petka Samardjiiska 

Boulevard Maria-Louisa, dans le passage souterrain menant au magasin Tzoum. Ouvert tlj sauf dimanche de 9 h à 19 h. Entrée payante.
Une église ou une simple maison ? En fait, l’édifice religieux, de très petite taille, passe facilement inaperçu puisqu’il est en grande partie enterré. Construit au XIVe siècle, le bâtiment répond aux conditions imposées par l’occupant ottoman : rester bien plus bas que le niveau des mosquées. A l’intérieur, les fresquesreprennent des scènes du Nouveau Testament et c’est ici que se trouverait la tombe du célèbre révolutionnaire Vassil Levski (1837-1873).

Maison du Parti 

A l’angle du boulevard Knyaz Al. Dondoukov et du boulevard Osvoboditel.
Edifice imposant de pur style stalinien, il abritait le parti communiste et son accès restait très difficile. Ce monument évoque l’image de ce quartier de Sofia sous l’ancien régime : un lieu froid et désert, réservé aux seuls dirigeants. A l’intérieur, les salles, les escaliers et les lustres, tout est écrasant. Aujourd’hui, les députés y ont leurs bureaux.

Magasin universel « Tzoum »

Boulevard Maria-Louisa. Ouvert du lundi au samedi de 10 h à 21 h et le dimanche de 11 h à 20 h. Entrée libre.
Sous le communisme, c’était le grand magasin de Sofia. Idéalement situé, dans le cœur politique de la ville, réservé aux dirigeants et aux étrangers, il représentait une véritable vitrine du régime. Aujourd’hui refait à neuf, dans un décor moderne et luxueux il accueille quantité de boutiques indépendantes proposant vêtements, bijoux ou chaussures.

Bains publics 

Boulevard Maria-Louisa. Actuellement fermé pour travaux.
D’innombrables sources d’eaux chaudes jaillissent du sous-sol de la ville. Ici, leur température atteint 47 °Cet elles auraient des propriétés curatives, notamment contre les rhumatismes et les maladies cardiovasculaires. Le long du bâtiment érigé en 1913, côté jardin, les habitués viennent aux fontaines pour remplir bouteilles ou bidons de cette eau minérale. Derrière les bains se dresse la mosquée Banya Bachi(mosquée des Bains), qui date du XVIe siècle et arbore un élégant minaret.

Marché couvert 

Boulevard Maria-Louisa. Ouvert tlj de 8 h à 19 h. Entrée libre.
Tout en conservant leur façade style Renaissance bulgare (1911), les halles, récemment restaurées, offrent un cadre moderne et fonctionnel à d’innombrables commerçants proposant des produits frais. On y trouve des pains de toutes sortes, du poisson et un grand choix de charcuteries (saucissons, viande fumée ou séchée…). A l’étage, une cafétéria permet de profiter de l’atmosphère tout en se restaurant.

Synagogue 

16, rue Ekzarh Yossif. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 16 h. Entrée libre.
Situé juste derrière les halles, cet édifice de style mauresque a été achevé en 1910. Une vaste coupole le coiffe et la façade, décorée de rangées de briques, est ornée d’arcs outrepassés. Quelques objets de culte sont exposés à l’intérieur. La synagogue pouvait accueillir un millier de fidèles et témoigne de l’importance de la communauté juive de Sofia.

Autour du boulevard Vitocha 
Naissant place Svéta Nédélya, ce boulevard se dirige vers le sud et dessine une percée offrant un excellent point de vue sur le mont Vitocha. D’innombrables magasins bordent cette longue artère commerçante très fréquentée. Au milieu circulent les tramways jaunes, et les élégantes s’y pressent pour renouveler leur garde-robe. C’est ici et autour de l’hôtel Sheraton que se concentrent les plus prestigieuses enseignes de Sofia.

Bronzes et colonnes 

Différents monuments, élevés à la mémoire de personnages, de peuples ou d’institutions, rappellent quelques pages de l’histoire mouvementée du pays. Une haute colonne honore la mémoire du héros révolutionnaire Vassil Levski (1837-1873) (Au croisement des boulevards Vassil Levski et Yanko Sakouzov).Un gigantesque monument de bronze haut de 34 m et de pur style stalinien rend hommage à l’Armée rouge, au sommet trône un soldat soviétique accompagné d’un ouvrier et d’une femme tenant un enfant (Dans le jardin public occupant l’angle des boulevards Vassil Levski et Tsar Osvoboditel). Devant la Bibliothèque nationale se dressent les statues représentant saint Cyrille et saint Méthode, inventeurs de l’alphabet cyrillique adopté par le vieux bulgare, première langue écrite du monde slave.

Suivez le guide ! 

Place Slaveïkov, admirez l’étonnante statue Père et Fils, œuvre de Rossita Mavzova, représentant le poète Petko Slaveïkov et son fils Pentcho, assis sur un banc.

Marché du livre 

Place Slaveïkov. Ouvert tlj.
Rendez-vous des bouquinistes et des bibliophiles, cette place offre, en plein air, le plus grand choix de livres de la ville. C’est le lieu idéal pour trouver d’anciennes éditions de classiques de la littérature bulgare traduits en français ou des beaux livres sur les merveilles naturelles et historiques du pays.

Les poumons de la ville 

Dans la capitale, il existe de nombreux espaces verts couvrant une surface totale de 760 ha. Avec ses plans d’eau, ses larges allées bordées d’arbres centenaires et ses innombrables statues à la mémoire des héros nationaux, le plus grand d’entre eux, le parc central Borisovata gradina (jardin de Boris), est un paradis pour les promeneurs (Bd Tzarigradsko Chaussée. Ouvert tlj. Entrée libre). Plus excentré, le parc Youjen,fréquenté par les sportifs, dispose d’une piscine et accueille les différentes fêtes organisées par la municipalité (Rue James Baurchier. Ouvert tlj. Entrée libre).

Palais national de la culture 

Angle du boulevard Vitocha et du boulevard Patriarch Evtimiy. Ouvert tlj. Entrée libre.
Une large esplanade agrémentée de bassins s’étend à l’extrémité du boulevard Vitocha. Elle conduit au Palais national de la culture. Ce monument massif et quelque peu sinistre témoigne de l’architecture communiste des années 1980. Edifié lors des fêtes accompagnant la commémoration des 1 300 ans de la Bulgarie, il abrite des salles de concerts et d’exposition, ainsi que des magasins et un restaurant.

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