Où les nuits sont si longues qu’on en oublie le temps.

PAR SOLENE DUCLOS

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Il s’en passe des choses sous le vent et ce n’est pas Céline et Garou qui diront le contraire. Au fil des siècles, les bourrasques boliviennes ont façonné les pierres pour en faire de véritables oeuvres d’art, à l’image du célèbre Arbre de Pierre. Plus petit en vrai que sur les clichés que j’avais pu admirer, le gai luron vole tout de même la vedette aux autres sculptures posées à proximité.

La virée débute par des kilomètres dans un désert multicolore. Volcans, montagnes aux 1001 couleurs, étendues d’eau…  C’est un festival de couleurs et de lagons dont nous essayons de retenir les noms et de capturer le moindre recoin de beauté : Ramaditas, Honda, Chiarcota, Hedionda et Canapa.

A chaque arrêt, nous faisons connaissance (de loin) avec leurs habitants à longues pattes. Dans la région, les flamands des Andes se délectent des micro-algues diatomée qui leur donnent leur jolie couleur rose rose bonbon. Un spectacle à voir en prenant garde à ne pas effrayer les oiseaux (toute ressemblance avec des touristes n’est malheureusement pas purement fortuite).

Autre merveille de la nature : le salar de Chiguana. Moins connu que son petit frère Uyuni, cette étendue salée déploie ses 50 nuances de blanc à la frontière chilienne. Entourée de volcans, elle cohabite avec les neiges éternelles du célèbre Ollagüe. Toujours active, la bête culmine à plus de 5 865 mètres.

Des images plein la tête et la carte mémoire, nous terminons la journée dans l’un des nombreux hôtels de sel qui borde le salar d’Uyuni. Sols, murs, mobilier… Tout a été officiellement modelés en sel. Tout, sauf la douche dont nous nous délectons après plusieurs jours sans eau chaude.

Le repos sera de courte durée. Pour pénétrer dans le désert, il faut en effet montrer patte blanche aka se lever à 4h du matin. Arrachés aux bras de Morphée, nous partons saluer les premiers rayons du soleil au sommet de l’île Incahuasi. Plantée au coeur du salar, cette montagne plantée de cactus promet un moment magique à tous ceux qui auront le courage d’escalader ses nombreux escaliers au saut du lit.

Le soleil est déjà haut lorsque nous reprenons la route à travers le désert pour trouver le spot où réaliser nos clichés. Avec l’effet de perspective, les possibilités de photos ludiques sont infinies. Un conseil : penser à emmener des objets insolites et piocher quelques idées au préalable sur le web.

L’heure passée à faire des visuels rigolos à même le sel/sol passe à vitesse grand V. Il est déjà temps de dire « adios » au plus beau désert du monde. Heureusement, il reste le cimetière de train pour revenir dans la civilisation en douceur. Installé à deux pas d’Uyuni, le site accueille d’anciennes locomotives dans lesquelles on peut crapahuter voire même grimper.

Ainsi s’achève le voyage dans le paradis blanc bolivien. Où les nuits sont si longues qu’on en oublie le temps. Tout seul avec le vent. Comme dans mes rêves d’enfant. Un joli songe dont je me souviendrai longtemps.