Aventures au Sud Maroc

PAR RAPHAËL PROTIÈRE

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Pendant les vacances de Pâques de l’année dernière, avec la petite famille, nous avons parcouru le Maroc pendant dix jours.
Je connaissais déjà les villes impériales du nord. Nous avons donc décidé de parcourir le sud. Nous avons volé jusqu’à Casablanca, loué un 4x4 pour faire les aventuriers, et nous voilà partis à travers la campagne marocaine.

Je me souviens avoir plaisanté avec un ami avant le départ : « Là où nous allons, au moins, nous ne risquons pas de trouver la pluie ! Ah ! Ah ! » Aussi, quand un orage invraisemblable a éclaté, que des trombes d’eau se sont abattues sur l’auto, après moins d’une heure de route, nous avons été un peu refroidis. Heureusement, notre voiture toute neuve (d’après le loueur) est tombée en panne un peu plus loin, ce qui fait que nous avons vite oublié la météo.

Le moteur s’arrêtait, brutalement, après chaque accélération franche. Ça s’est amélioré un peu par la suite, mais il a fallu rouler doucement, avec beaucoup de concentration. J’ai tout de même appelé l’agence de location. Ils m’ont assuré de leur soutien et m’ont bien remonté le moral par leurs encouragements. Puis, pour toute aide, ils m’ont fait promettre de ne fréquenter que les petits garagistes bon marché et d’éviter absolument les concessionnaires.

Première partie : les cascades d’Ouzoud.

D’abord, ce sont de chouettes chutes d’eau spectaculaires. Et puis, c’est un des endroits du Maroc où l’on peut observer les singes magots. Pour les enfants, c’est vraiment sympa (moi-même, en vacances, je suis très singe).

Vu le temps, nous n’avons pas osé planter la tente, mais nous avons trouvé un hôtel agréable et bon marché où nous avons mangé un très bon couscous. Au petit matin, j’ai emmené tout le monde faire une jolie balade le long de la rivière, à la recherche des primates. Au bout d’une heure de marche, nous avons réussi à en apercevoir quelques-uns de loin.

Nous étions tout excités. Nous avons escaladé des tas de cailloux pour essayer de nous approcher, mais un type juché sur les rochers, un peu imbibé de bière berbère (et grand admirateur de Jacques Chirac, d’après ce que nous avons pu comprendre), s’est mis à parler très fort. Nous avons perdu de vue la horde et nous sommes rentrés à l’hôtel fatigués. Là, pendant notre absence, des dizaines de singes avaient envahi les boutiques à touristes. Un des vacanciers locaux s’est même fait chiper son journal. Les enfants m’ont regardé de travers.

Deuxième partie : Ouarzazate et la vallée du Draa.

Pour aller dans la vallée du Draa, il faut traverser l’Atlas, ses superbes paysages sauvages et ses magnifiques sommets enneigés (enfin, c’est ce que nous avons imaginé parce qu’il y avait pas mal de brouillard). Puis, en redescendant, coté sud, le temps change, il fait enfin beau et sec.

Après une étape à Ouarzazate (visite de la très jolie kasbah fortifiée en pisé), la vallée du Draa est une superbe oasis longue de deux cent kilomètres, bordée par d’imposants ksours.

Sur une partie du trajet, nous quitté la route pour emprunter la piste. La piste, c’est l’aventure et la liberté : pas de publicités Coca Cola, pas de camions, peu d’autos. Et pas de panneaux indicateurs. Bref, il faut tout le temps chercher son chemin. Les ânes, poules, enfants, chèvres traversent n’importe comment, bien-sûr, mais à l’allure ou l’on roule, on n’écrase pas grand-chose. Par la piste, on est plus proche de l’oasis, on traverse des villages plus isolés. Et puis, surtout, il faut bien rentabiliser le 4x4.

Nous avons voulu faire du camping sauvage, discrètement, au milieu des palmiers. Mais, à chaque arrêt, des tas d’enfant vous jaillissent de partout pour vous demander « des crayons, des bonbons ou des cigarettes pour mon papa ». Nous avons finalement planté la tente dans la cour d’une auberge (ce qui n’est pas très bucolique, mais les enfants voulaient vraiment camper). Et nous avons encore mangé du couscous.

La conduite sur piste, c’est palpitant. On se croit dans le Paris-Dakar. Pour le passager avant, c’est plaisant aussi, mais il faut bien s’accrocher. Pour les passagers arrière, dont le séant n’est que rarement en contact avec la banquette, le plaisir est un peu moins évident. Au bout d’un moment, il a bien fallu, à la demande générale, rejoindre la route.

Au bout de la vallée, vers M’Hamid, nous avons séjourné dans un camping équipé d’un cube de béton rempli d’eau boueuse localement appelé piscine. Au moins, pas de chlore pour vous piquer les yeux, l’eau était tellement sombre que, debout dans un mètre d’eau, nous ne pouvions voir nos pieds. Le soir, au menu, nous avons eu du couscous.