Marrakech, Dadès, Essaouira et Casablanca

PAR RAPHAËL PROTIÈRE

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Nous sommes allés passer la nuit aux dunes de Chagaga avec Rachid. Rachid, c’est le guide que nous avons emmené parce que la piste jusqu’aux dunes est difficile à trouver. De plus, comme il y a un long passage sablonneux à franchir, que je ne suis pas un expert en conduite tout terrain, la présence d’un guide nous a semblé une sécurité indispensable pour prendre le volant en cas de difficultés.

Au moment de partir, j’ai eu un pressentiment parce que le patron du camping a absolument voulu me donner des conseils de conduite et tester notre auto dans le sable. Finalement, le 4x4 a avalé le passage délicat sans ralentir et Rachid n’a pas eu à intervenir. Cependant, dans une grande ligne droite sans souci, prétendant que j’étais fatigué, il a insisté pour me relayer.

Une fois au volant, il s’est mis donner de grands coups des deux pieds dans les pédales, en secouant le levier de vitesse dans tous les sens, sans même penser à tourner la clé de contact. Puis il a froncé les sourcils, comme devant un problème insoluble. Pour conclure, nous avons dû donner à notre expert sa toute première leçon de conduite. Au bout d’un moment, il s’en sortait aussi bien qu’Axel, notre petit dernier (sauf qu’Axel, lui, il ne peut pas voir la piste parce qu’il est trop petit, alors il faut choisir un endroit bien dégagé pour limiter les risques).

Nous avons fait une halte à l’Oasis Sacrée, au bord d’un petit cours d’eau, puis nous sommes arrivés aux dunes. Nous étions seuls, le sable à perte de vue. Nous avons planté la tente et fait une magnifique balade dans le soleil couchant. Et au repas, pour la première fois depuis 4 jours, pas de couscous : de la Vache qui Rit avec du pain de mie : savoureux !

Le retour s’est passé sans encombre. Rachid avait passé la nuit à causer avec l’instituteur du coin rencontré en route. Il roupillait tranquille, et n’a pas songé à me relayer, ni même à m’indiquer la route.

Troisième partie : Marrakech.

Nous avons d’abord fait un grand détour pour visiter les gorges du Dadès (très beau). Après avoir perdu un long moment, finalement, à faire réparer la voiture, il nous a fallu accélérer un peu et même conduire de nuit pour arriver à destination. La conduite de nuit, dans les villages peu éclairés de la vallée du Dadès, ressemble un peu à un jeu vidéo : il faut rouler en évitant les obstacles qui tentent de vous surprendre en surgissent d’un peu partout. On se fait quelques frayeurs, mais, en roulant prudemment, c’est finalement amusant.

À Marrakech, il nous a été impossible de trouver un hôtel libre. D’après le guide que nous avions emmené, il ne faut pas penser, quand on est un touriste, s’y loger sans réserver à l’avance. Nous, nous sommes arrivé dans la médina, sans prévenir, à 22h30, alors forcément, c’était un peu juste…

Nous aurions bien dormi sur le toit d’un hôtel (sympa et pas cher), mais, comme nous étions revenus au Nord de l’Atlas, il s’est mis à pleuvoir. Après discussions avec un employé, nous avons finalement déroulé nos sacs de couchage dans le salon bourgeois d’un patron d’hôtel très compréhensif et très accueillant; La famille n’étant pas vraiment francophone, la discussion, au petit déjeuner, a un peu tourné court, mais, les enfants de nos hôtes servant d’interprètes, nous avons réussi à échanger et même à rigoler sincèrement. C’était très sympathique.

Nous avons visité la médina, ses artisans, ses tanneurs. Comme c’est très touristique, nous avons dû dire non à des tas de gens : guides, artisans, commerçants… Au centre de Marrakech, la place Jemaa el Fnaa, le soir, c’est la cour des miracles. Dans la même soirée, vous pouvez, contre votre gré, serrer dans vos bras un singe incontinent, arracher précipitamment un serpent enroulé autour de votre cou et, pire encore, danser la bourrée berbère au milieu de l’orchestre sous les bravos de badauds hilares. Évidemment, à chaque épreuve, on vous débarrasse soigneusement de votre monnaie parce qu’il faut bien faire vivre le petit commerce. Si bien qu’au cours de la soirée, nous étions un peu dévalisés. Mais les enfants se sont bien amusés.

Quatrième partie : Essaouira

Nous avons logé dans un camping luxueux avec même des toilettes propres et une vraie piscine. De plus, il n’a presque pas plu. Essaouira est une jolie ville en bord de mer avec des remparts et de nombreux touristes venant en car. Fait incroyable au pays du marchandage, il est possible de manger du poisson à des prix fixes affichés sur de grands panneaux à l’entrée de la vieille ville.

C’est très bien organisé : une fois que vous avez choisi votre repas, le commerçant fait semblant de peser une ou deux sardines, lance tout le reste en cuisine et vous annonce le prix d’un repas dans un palace monégasque. Nous avons un peu protesté. À côté de nous, un groupe de touristes mangeait du poisson à cent euros le kilo avec un grand sourire… en attendant l’addition.

La vieille ville est très agréable et, sur la route du retour, nous avons fait une halte à El Jadida pour visiter rapidement la ville et son ancienne citerne portugaise.

Épilogue :

Au retour à Casablanca, nous avons rendu visite à une cousine installée, avec sa famille, depuis trois ans, dans une villa pas très loin de l’océan. Nous avons pu entrevoir sa vie d’expatriés. Ce n’est pas toujours facile : en plus de son travail, il lui faut s’occuper du gardien, du jardinier, de la nounou, de la cuisinière, de la femme de ménage… Elle n’a pas une minute à elle.

Pour conclure, ce voyage au Maroc nous a beaucoup plu. Mais le pays est grand, et dix jours, c’est peu. Nous y retournerons, un jour, pour parcourir l’Atlas ou rouler sur les pistes dans le sud, ou alors pour faire une randonnée, à pied, avec Rachid.