Road trip en Afrique, la suite. De la Namibie à la Zambie en passant par le Botswana

Deuxième partie

PAR HUGO LAUVERGEAT

« Rundu

Après Etosha, longue route pour Rundu, nous arrivons à notre lodge situé au bord de l’Okavango. Le soir nous faisons une petite croisière sur le fleuve pour voir le coucher de soleil, pas de crocodile ni d’hippopotame, mais un paysage superbe et une atmosphère si calme.

Divundu

Départ ensuite pour Divundu, nous arrivons au Ngépi camp, situé toujours au bord de l’Okavango. Pour y arriver il faut rouler plusieurs kms sur une piste de sable. Sur cette piste, nous rencontrons deux français en camping-car enlisés dans le sable. Nous attachons notre 4×4 à leur camping-car et réussissons à les sortir de là.

Le Ngépi camp et un éco-camp autosuffisant. Energie solaire, récupération des eaux usées, chauffage des ballons d’eau chaude au feu de bois, messages humoristiques affichés un peu partout, cadre très vert et très confortable, nous sommes sous le charme. Il y a même une cage qui permet de se baigner dans le fleuve, protégé ainsi des éventuels crocodiles et hippos.

L’après-midi nous allons visiter le parc de Mahango. Le parc est beaucoup plus petit qu’Etosha. Nous y passons trois heures et croisons éléphants, girafes, hippopotames, antilopes, kudus,… mais toujours pas de félins. Nous guettons un point d’eau pendant près de 40mn dans l’espoir d’en voir venir s’abreuver mais nada.

Nous décidons de rentrer et faisons le chemin pour sortir du parc mais arrivés devant les grilles nous les trouvons… fermées. La dame de l’accueil nous avait dit 18h30 mais ici, dans la bande de Caprivi on n’utilise pas l’heure namibienne mais l’heure sud-africaine ! Il fallait en fait sortir à 17h30 heure namibienne ! Heureusement elle est revenue pour ouvrir à un collègue rangers. On se fait engueuler mais bon, au moins on ne passera pas la nuit dans le parc…

Le lendemain matin nous partons avec des guides faire un tour de Makoro, la pirogue traditionnelle. Nous croisons des hippopotames et des buffles, et le guide nous explique toutes sortes de choses sur l’Okavango, les hippos et les crocodiles. En quitant le Ngépi camp nous tombons de nouveau sur un groupe de touriste enlisé au même endroit que les français de la veille ! Pas de problème, nous avons le coup de main, nous sortons notre corde, et tractons leur voiture, puis reprenons la route.

Nous partons ensuite pour Le camp Chobé situé cette fois au bord de la rivière Chobe. Nous dormons sur des chalets en toile de tente construit sur pilotis avec vue sur la rivière, c’est somptueux. En fin d’après-midi, nous effectuons un Safari Boat et croisons toutes sortes d’oiseaux ainsi que des éléphants, des girafes, des antilopes, kudus, et zèbres.

Kasane

Aujourd’hui nous passons la frontière pour passer au Botswana. Nous payons le visa, faisons tamponner nos passeports et partons directement visiter le parc national de Chobé. Pour visiter ce parc en self drive, un 4×4 est indispensable, j’ai l’impression de faire un rallye. Il ne faut surtout pas s’arrêter sur le sable sous peine de s’enliser et la conduite est très fatigante.

Soudain, au milieu de la forêt nous tombons par hasard sur un point d’eau ou s’abreuvent… un groupe d’une cinquantaine d’éléphants. Le spectacle est impressionnant et parfois un peu inquiétant car ils jouent ensemble et partent parfois en courant dans notre direction. La faune de Chobé est abondante, au bord de la rivière nous croisons beaucoup d’animaux, des groupes de 50 éléphants des girafes et des hippopotames…

Contrairement à Etosha, il n’y a presque pas besoin de chercher, tous les animaux sont près de la rivière. Le soir nous arrivons à Kasane où nous disons au revoir au 4×4 dans lequel nous avons passé tant de temps et vu tant de paysages.

Livingstone

Le lendemain, nous prenons un taxi qui nous amène au ferry pour passer la frontière entre le Botswana et la Zambie.  Sur la route, une queue de plus de 2km de camions attend de passer la frontière. On comprend mieux pourquoi arrivé au ferry. Il y a peut-être 2-3 ferrys mais un seul camion peut y embarquer par voyage. Le taxi nous laisse et nous montons à pied sur le ferry.

A cet endroit précis, se situe la frontière entre 4 pays, la Zambie, le Botswana, la Namibie et le Zimbabwe. Nous arrivons au poste frontière et là problème : ils n’acceptent pas les euros pour payer le visa contrairement à ce qu’on nous avait dit. Ils n’acceptent pas non plus la carte bleue. Seuls les dollars américains et les Kwatchas sont acceptés. Il y a bien un ATM mais celui-ci est hors service. Le bureau de change n’est pas ouvert. Je discute avec un monsieur qui fait la queue. Le bureau est censé ouvrir à 8h et il est 10h30… Pas rassuré, je suis obligé de changer mes euros en Kwatchas à un des nombreux « changeurs à la sauvette » qui se baladent près de la frontière en me faisant un peu arnaquer sur le taux au passage. Bon au moins j’ai mes Kwatchas et nous pouvons passer en Zambie.

Nous arrivons à notre lodge à Livingstone près des chutes. Nous posons nos bagages, récoltons des informations sur la visite des chutes et les différentes activités proposées. L’après-midi, nous partons donc pour les chutes.  Elles se visitent depuis le coté zambien ou depuis le côté zimbabwéen. Ce sont deux entrées différentes et pour passer du coté zimbabwéen vous devrez vous acquittez d’un visa (30$ us). Le billet d’entrée coûte une vingtaine d’euros (en Zambie, plus cher au Zimbabwe) et plusieurs sentiers permettent une approche différente des chutes.

Le spectacle est splendide. Les chutes s’étendent à perte de vue. Faisant 1800m de long il est impossible de les voir dans leur totalité, des millions de litres d’eau se déversent par minutes. Par moment des embruns remontent tellement qu’on se croirait sous une petite pluie. Nous prenons les différents sentiers, croisons des babouins, prenons beaucoup de photos, regardons les gens qui font du saut à l’élastique depuis le pont des chutes Victoria qui relie la Zambie et le Zimbabwe, puis rentrons.

Le lendemain matin, nous retournons aux chutes mais cette fois-ci nous décidons d’aller nous promener SUR les chutes et s’y baigner.  Cependant il est interdit d’y aller sans guide. Nous négocions alors avec l’un d’entre eux pour nous y rendre. Après d’âpres négociations nous partons pour 150 kwatchas par tête, environ 15 euros, au lieu des 300 demandés.

Nous marchons dans l’eau du fleuve avant que celle-ci ne se jette dans les chutes, nous sommes à une vingtaine de mètres de la falaise et nous approchons parfois afin de voir les chutes. Les pierres sont très glissantes et l’on comprend pourquoi il est interdit d’y aller sans guide.

Nous arrivons devant une piscine naturelle, la « angel’s pool » et piquons une tête. Nous sommes au bord de la falaise et entendons le grondement de l’eau qui tombe une centaine de mètres plus bas. Nous sommes seuls à nous baigner à cette endroit contrairement à la célèbre Devil’s pool située plus loin. Cette dernière est plus célèbre et plus chère: les tours operators font payer plus de 100 euros pour aller s’y baigner.

Nous rentrons au lodge car l’après-midi nous avons prévu de faire un tour d’hélicoptère pour admirer les chutes. Je ne vous cache pas que c’est une activité qui coûte très chère (157 euros les 15mn), mais nous n’en avions jamais fait et nous pensons que c’est le meilleur endroit pour en faire. Après tout, nous ne reviendrons probablement jamais à cet endroit. De plus, les chutes sont tellement grandes qu’il est impossible de se rendre compte de leur taille depuis le sol.

On vient donc nous chercher au lodge pour nous amener au site d’où décolle les hélicos. Nous sommes 4 dans l’hélico en plus du pilote. Après les consignes de sécurité, nous embarquons, mettons les casques, nous attachons et en quelques secondes nous voici à près de 400m au-dessus du sol. La vue est incroyable! On voit le fleuve disparaître dans une immense faille. La largeur du fleuve juste avant de tomber avoisine les 2km. La terre semble avoir été fendue en deux et le fleuve disparaît dans ce trou béant. Les chutes d’eau font remonter des embruns, le panorama est grandiose. L’eau, après les chutes semble s’écouler par un impressionnant canyon qui serpentent jusqu’à l’horizon.

Après 4 tours au-dessus des chutes, nous passons au-dessus du parc national tout proche et pouvons voir quelques éléphants. Après 15mn de vol nous atterrissons puis rentrons au lodge.
Le lendemain nous partons pour l’aéroport. Je ne sais plus si c’est par inattention  ou car les billets étaient beaucoup moins chers, mais notre vol partait de l’aéroport Vic Falls situé au Zimbabwe et non depuis celui situé côté Zambie. Nous avons dû obtenir un visa zimbabwéen à 30 $ US à la frontière, ce qui nous a pris une bonne heure. Prévoyez du temps pour passer les frontières.

Conclusion sur ce voyage.
Je ne dirai pas que c’est la plus belle destination que nous avons visité (trop dur de faire un choix), mais c’est sans conteste la destination où nous avons vu le plus de paysages différents, plus impressionnants les uns que les autres. De plus, rencontrer des animaux sauvages en liberté et pouvoir les approcher d’aussi près a quelque chose de vraiment magique.

Combiner le camping et les lodges permet d’allier le confort et la proximité de la nature. Même si la tente au-dessus de la voiture était très confortable et que les camps ne manquaient de rien, se reposer en lodge est toujours agréable.  C’est un voyage qui est certes cher mais qui en vaut le coût et je suis content d’avoir pu le faire une fois dans ma vie.

Enfin, je vous conseille de faire le circuit dans ce sens. En effet nous avons croisé des groupes qui faisaient un circuit « des Chutes Victoria au cap » (Afrique du sud) et qui faisaient à peu près les mêmes étapes que nous, mais dans le sens inverse. Commencer par le désert permet de rencontrer progressivement les animaux. Si vous commencez par Chobé ou Etosha vous aurez vu tous les animaux dès le début de votre voyage, alors que dans le sens où nous l’avons fait, nous avons rencontré progressivement la faune africaine. Ainsi, cela nous a permis d’apprécier même les premières rencontres avec les antilopes. Les personnes venant d’Etosha avaient vu tellement d’animaux qu’ils ne s’arrêtaient même plus pour ceux qu’ils croisaient dans le désert. De plus, finir par un lieu aussi féerique que les Chutes Victoria est une fin grandiose pour votre voyage.