Perth-Darwin, trois semaines, trois aventuriers, un camper van et plus de 4000 kilomètres !

PAR DELPHINE LAHARY

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Volume 1 : Perth – Exmouth

Il s’agit de mon deuxième voyage en Australie, après l’itinéraire plus classique Sydney, Brisbane et le « Red center », effectué deux années auparavant. Cette fois, il s’agit de relier Perth, au sud-ouest de l’Australie, la ville la plus isolée du monde (perdue entre désert et océan Indien) à Darwin, dans le Territoire du Nord. Des contrées sans koalas mais qui sont réputées beaucoup plus sauvages, avec des paysages incroyables. C’est aussi l’occasion de retrouver mon frère et ma belle-sœur qui vivent en Nouvelle-Calédonie, et de partager une belle aventure.

Arrivée à Perth très tôt ce 26 juillet, après des retrouvailles et une douche express, la visite de la prison de Fremantle nous plonge tout de suite dans l’ambiance de colonie pénitentiaire qu’était l’Australie au 19ème siècle. L’audio-guide en français, très bien fait, nous fait revivre les conditions de vie des prisonniers, nous pénétrons dans des cellules spartiates et très étroites ; le moment le plus glaçant est l’entrée dans la salle des exécutions par pendaison. Je n’y traîne pas et même plus tard, Alcatraz ne me semblera pas aussi terrible que ce bagne de Fremantle.

Heureusement, il est temps d’aller récupérer notre van, afin de prendre la route le lendemain. Il s’agit d’un Apollo Cheapa Campa, et les échanges lors de la prise en main et état des lieux donnent lieu à une vraie scène de comédie : il faut dire qu’il y a beaucoup d’options, à prendre ou pas en fonction de notre périple : irons-nous ou pas sur de la piste ? dans ce cas, nous ne sommes pas assurés ; briserons-nous ou pas notre pare-brise ? on se dit qu’il vaut mieux prendre l’option ! Essence ou gazole ? il ne s’agit pas de se tromper ! Une fois que tout est réglé, c’est parti, la route est à nous !

Où l’on commence par un détour de plus de 300 kilomètres…

Après un temps d’hésitation, nous prenons la route pour Wave Rock, malgré les tentatives de dissuasion d’une amie de ma belle-sœur (« it’s just a rock ! »). Ce n’est pas tous les jours qu’on est dans ce coin du monde, alors que sont trois cents kilomètres au regard des quatre mille que nous aurons à parcourir ?

Il n’est pas recommandé de conduire la nuit à cause des kangourous et nous le comprenons très vite. A part quelques yeux rouges, nous les voyons bondir au dernier moment sur le bas côté ou devant le van sans crier gare. Nous décidons de nous arrêter dans un chemin pour passer la nuit (qui sera très froide !).

Le lendemain, levés 5h, départ 6h, et nous arrivons sur les lieux quand que le jour se lève : alors oui, just a rock mais « amazing » quand même ! C’est une formation rocheuse, formée par l’érosion liée au vent, qui a, comme son nom l’indique, la forme d’une gigantesque vague ! La place est à nous pour une série de photos où nous surfons sur la roche, puis, après une petite balade sur les hauteurs, nous reprenons la route pour nous approcher du désert des Pinnacles. Le compteur affiche déjà 832 kilomètres…

Désert des Pinnacles – parc national de Kalbarri

Encore une fois, après une grasse matinée (levés à 6h !), nous arrivons sur le coup de 8h au parc national de Nambung qui abrite le désert des Pinnacles. Le site est magique, époustouflant ! sur du sable jaune, ocre, qui contraste d’autant plus avec le ciel bleu qui se charge de nuages gris, se dressent des formations calcaires aux formes les plus variées, qui permettent de laisser vagabonder notre imagination. C’est ici que nous voyons nos premiers kangourous de jour, bondissant dans la rare végétation qui pousse dans cet endroit lunaire. Nous faisons la balade à pied puis celle prévue pour les véhicules, avec un long moment de poses photos dans cette vaste cour de récréation.

 

 

 

Les nuages qui se formaient n’ont pas tardé à libérer des trombes d’eau et c’est sous une pluie battante que nous arrivons au Murchison caravan park dans le parc de Kalbarri. Les falaises donnant sur l’océan Indien ont l’air grandiose mais vu le temps, c’est le moment d’une bonne douche et d’un repas chauds.

Heureusement, le déluge ne se prolonge pas au-delà de la nuit et nous pouvons nous lancer dès le matin sur les sentiers du parc. Moi qui n’étais pas encore allée aux Etats-Unis, ces paysages me faisaient penser aux images des grands parcs, avec des ponts naturels, des gorges striées de rouge, un vrai décor de western !

Kalbarri – Monkey Mia – route pour Carnarvon

Nous arrivons en soirée à Monkey Mia, nous dormirons dans le van sur le parking. Il s’agit d’être sur la plage dès 7 heures pour voir les dauphins arriver tout près : un park ranger demande aux visiteurs de se mettre en ligne et la famille de dauphins vient nous saluer et se faire nourrir (pas fous, ils savent qu’il y aura une distribution de poissons !) C’est vraiment magique de les voir si près, en liberté !

Route encore pour petit-déjeuner au soleil dans le parc de Shark bay ; nous prenons le temps d’une balade sur Shell beach la bien-nommée, avec ses minuscules coquillages d’une blancheur éclatante qui font ici office de sable fin et immaculé. Le grand jeu : en lancer une poignée en l’air et prendre un cliché sur le vif !

C’est à Carnarvon, petite ville où se fait la culture fruitière notamment de bananes et de mangues, que nous faisons halte. Nous repérons une ferme devant laquelle est un écriteau proposant des fruits et légumes. Avec ma belle-sœur, nous suivons le fermier et entrons avec lui dans la salle où se trouvent les congélateurs où sont conservés les fruits… une fois servies et ressorties, mon frère qui nous attendait dans l’encoignure de la porte nous fait part de son délire imaginatif : « vous vous rendez compte, et s’il vous avait enfermées dans la chambre froide ! il avait vraiment une drôle de mine ! » Il faut dire que nous avons tous lu « Cul de sac » de Douglas Kennedy… et qu’après coup, nous apprendrons que Carnarvon n’a pas bonne réputation !

La route se poursuit vers le nord, direction Coral Bay mais il y a trop de kangourous sur la route (autre interdit : ne jamais conduire la nuit !), il fait nuit, et même si la pleine lune nous accompagne, nous décidons de nous arrêter sur une aire avec d’autres vans.

Coral Bay – Exmouth/Cape Range National park

Déjà le 3 août… A Coral Bay, nous prenons le petit-déjeuner dans un cadre idyllique, sur la plage. C’est vraiment l’invitation au voyage de Baudelaire : « tout n’est que (…) calme et volupté » ! Mais il est déjà temps de se mettre en route car mon frère voudrait nager avec les requins-baleines sur Ningaloo Reef, le paradis des plongeurs. Ce sont des poissons gigantesques, mais hélas, la saison est déjà finie, nous les manquons à deux semaines près… il y a encore espoir de les trouver un peu plus haut, à Exmouth.

Plus nous montons, plus l’essence est chère, les paysages défilent, nous voyons beaucoup de kangourous morts sur le bord des routes, des vaches, des chèvres, des moutons, des termitières, une chèvre sur une termitière ! A Exmouth, nous apprenons que la prochaine sortie requins-baleines sera pour le lundi, sans garantie d’en voir à cette période. Nous renonçons, direction Cape Range national park, mais le moindre détour s’évalue à 70 km depuis la sortie de la Highway… sans compter que tout tremble dans le van car ces chemins sont essentiellement de la piste et que l’on croise les doigts pour qu’il n’y ait pas de casse ! Petite rando dans Yardi Creek, avec des paysages de gorges et de canyons.

Pour rejoindre Karijini, un parc que je classe parmi mes préférés, il nous faudra encore 7h de route et plus de six cents kilomètres. Pour l’heure, nous déplions à nouveau les lits et nous passons la nuit sur une aire, en direction de la New Coastal Highway, que nous n’atteindront pas à cause de la nuit. Il est temps de recharger les batteries ! Déjà une semaine et pas loin de 1800 kilomètres au compteur… nous ne sommes pas à la moitié du voyage !

La suite au prochain épisode, de Karjini à Darwin.

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Une passionnée du voyage ? le plaisir de préparer, prospecter avant de partir, aller acheter le guide adéquat ! et pendant et au retour, le traditionnel carnet de voyage qui vient doubler l’album photo. Au retour aussi, se demander quelle sera la prochaine destination. Peu importe la destination, pourvu que je parte ! Marseille et les Calanques, Cadaquès et le sentier littoral de Cerbère, Lyon bientôt, l’idée étant de toujours découvrir, rencontrer et apprendre.

J’ai 39 ans, et j’ai visité pas mal de pays d’Europe, surtout des capitales européennes (Vienne, Prague, Rome, Londres, Athènes…) avec un rapport privilégié à l’Italie‌ car j’y ai de la famille. Côté horizons lointains, les parcs américains, Los Angeles et San Francisco, l’Australie (périple Perth-Darwin, Sydney, Brisbane, le Red Center d’Uluru à Alice Springs), et la Nouvelle Calédonie où vit mon frère. Je ne connais pas l’Asie, j’adorerais voir Angkor, mais je n’ai pas gagné le voyage, hélas !
Prochaine destination, une semaine à Palerme en avril, pour pratiquer l’italien et découvrir une nouvelle facette de l’Italie. Donc pour ma destination préférée, incontestablement l’Italie, pour la gastronomie, la culture, la beauté à l’état pur… il y a là une lumière qu’il n’y a pas ailleurs. Et puis, je suis passionnée de culture antique.

Quel type de voyageuse ? plutôt organisée en amont, j’aime esquisser un programme qui laissera place malgré tout aux imprévus. En périple campervan pour l’Australie, ou appartement dans les villes. Rarement des hôtels. J’aime l’impression de « rentrer chez moi » quand je circule dans une rue de Florence. J’aime les rencontres, les échanges qui peuvent se créer dans les transports en commun, les conseils donnés pour un site à visiter (c’est parce que je parle italien que j’apprécie autant d’y aller). J’aime aussi alterner les voyages plutôt culture et ceux qui permettent de découvrir des paysages à couper le souffle, de se dire qu’il y a vraiment des choses sublimes sur la terre.

Une passionnée du voyage ? le plaisir de préparer, prospecter avant de partir, aller acheter le guide adéquat ! et pendant et au retour, le traditionnel carnet de voyage qui vient doubler l’album photo. Au retour aussi, se demander quelle sera la prochaine destination. Peu importe la destination, pourvu que je parte ! Marseille et les Calanques, Cadaquès et le sentier littoral de Cerbère, Lyon bientôt, l’idée étant de toujours découvrir, rencontrer et apprendre.

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Une passionnée du voyage ? le plaisir de préparer, prospecter avant de partir, aller acheter le guide adéquat ! et pendant et au retour, le traditionnel carnet de voyage qui vient doubler l’album photo. Au retour aussi, se demander quelle sera la prochaine destination. Peu importe la destination, pourvu que je parte ! Marseille et les Calanques, Cadaquès et le sentier littoral de Cerbère, Lyon bientôt, l’idée étant de toujours découvrir, rencontrer et apprendre.
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