Regards actuels

 

Cette jeune démocratie en perpétuelle évolution puise dans son histoire, ses traditions et ses richesses naturelles pour se tourner résolument vers l’avenir et s’ouvrir au reste de l’Europe.

Economie

Après le chaos des années 1990, le fonctionnement de l’économie se rapproche de celui des autres pays européens. Cependant, après une forte inflation suite à l’entrée dans l’Union européenne, depuis 2008, avec la crise internationale, la Bulgarie doit de nouveau faire face à un déficit budgétaire élevé. L’industrialisation forcenée de l’ère soviétique a laissé des usines peu compétitives qui fonctionnent surtout pour le marché intérieur. Néanmoins, le textile, les produits agroalimentaires ou l’essence de rose s’exportent avec succès. 

Generations, Pirin, Bulgarie, June 2006 © Donald Judge

Generations, Pirin, Bulgarie, June 2006 © Donald Judge

Le tourisme 
Première ressource du pays avec les services, le tourisme est en plein essor. Bénéficiant de plages ensoleillées, la côte reste la région la plus fréquentée. La thalassothérapie s’y développe (Albéna, Varna, Zlatni piassatsi). L’hiver, avec plusieurs stations de ski (Bansko, Pamporovo, Borovets, Aléko), les massifs de Rila, du Pirin, du Rhodope, de Vitocha et du Balkan offrent un enneigement moyen de 190 jours et 80 km de pistes pour un dénivelé de 1 500 m. En été, ces mêmes reliefs accueillent les randonneurs et les alpinistes. Le tourisme vert ne se limite pas aux montagnes et des voyages ornithologiques sont organisés dans différentes régions (lac Srébarna, baie de Bourgas). Né récemment dans les Rhodopes, le Balkan et près de la mer Noire, le tourisme rural propose aux visiteurs de partager la vie des campagnards.
Bien sûr, les innombrables monastères, les villages-musées et les sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO se prêtent au tourisme culturel classique. Il existe aujourd’hui sept sites inscrits au patrimoine de l’humanité : le tombeau thrace de Kazanlak (IVe siècle av. J.-C.), le tombeau thrace de Svechtari près de Razgrad (IIIe siècle av. J.-C.), le cavalier de Madara (VIIIe siècle), l’église de Boyana (fresques de 1259), les églises rupestres d’Ivanovo (XIe-XIVe siècles), le monastère de Rila (XIVe-XIXe siècles) et la vieille ville de Nessébar (IXe-XVIe siècles).

La bière et le vin 
Il y a des champs de houblon en Bulgarie et la bière y est de qualité. Des brasseurs belges développent cette industrie à destination du marché intérieur et de l’export. Les vins connaissent également un bel essor. Les étés ensoleillés conviennent particulièrement à la vigne et donnent des vins puissants appréciés par bon nombre d’Européens. Les étrangers investissent et le secteur se développe rapidement.

Institutions politiques et administratives

Depuis les premières élections législatives libres, en 1990, la Bulgarie est une démocratie. Elu au suffrage universel pour cinq ans, le président de la République est le chef de l’Etat. L’Assemblée nationale, qui détient le pouvoir législatif, regroupe 240 députés, élus à la proportionnelle et pour quatre ans. Issu de la majorité parlementaire, le Premier ministre est à la tête de l’exécutif. Le pouvoir judiciaire est indépendant et la Cour constitutionnelle veille à la bonne application de la Constitution. Du fait des différents modes et dates de scrutins, le président de la République et le Premier ministre n’appartiennent pas nécessairement à la même tendance politique et le pays a déjà connu plusieurs cohabitations. Dans ce cas, le rôle du chef de l’Etat reste très limité. 

Population

Avec moins de 7,7 millions d’habitants en 2006, pour un territoire équivalant au cinquième de la France, la Bulgarie connaît une densité de population relativement faible (69 habitants au km2), inférieure à celle du voisin grec. Depuis 1990, la population ne cesse de baisser du fait d’une forte émigration (650 000 personnes). Le taux d’accroissement est donc négatif et le taux de natalité atteint les plus bas niveaux d’Europe (9 pour mille). L’âge moyen se situe autour de 40 ans et l’espérance de vie est de 69 ans pour les hommes et 76 ans pour les femmes. La grande majorité des Bulgares habite les villes (70 %) et, à elle seule, Sofia accueille plus d’un million de personnes. Héritage de son histoire complexe, de nombreux groupes ethniques se partagent le territoire. Outre la majorité d’origine slave et parlant bulgare, il existe deux fortes minorités : les Turcs (environ 800 000 personnes) et les Tsiganes (environ 300 000 personnes). 

Religion

La communauté orthodoxe comprend l’écrasante majorité de la population slave. L’Eglise orthodoxe de Bulgarie entretient d’étroites relations avec les orthodoxes grecs, serbes et russes, mais elle est autonome et dispose de son propre patriarche. Un petit nombre de Bulgares sont de confession catholique, il existe des églises catholiques dans les plus grandes villes. Les Turcs, descendant des colons établis sur le territoire lors de l’occupation ottomane, sont musulmans et conservent leur langue maternelle. Une autre minorité, d’origine slave et de langue bulgare, pratique la religion islamique. Ce sont les Pomaks (environ 300 000 personnes). Ces paysans des Rhodopes se sont convertis sous la pression des Turcs qui en contrepartie leur accordaient certains privilèges. 

Vie sociale

La famille 
La cellule familiale occupe une place centrale dans la société, et les personnes âgées sont très respectées. Tout en s’investissant dans leur vie professionnelle, les femmes tiennent un rôle prépondérant dans l’éducation des enfants. Ce qui ne les empêche pas d’être toujours très élégantes et de participer pleinement à la vie sociale.

Les sorties 
Au cœur des villes, il existe de vastes espaces livrés aux piétons constituant autant de buts de promenade et de rencontres. A tous les âges, les Bulgares aiment aussi régulièrement se retrouver au café : il s’agit d’une véritable institution. Sans oublier un des plaisirs de la matinée : manger une « banitza »(feuilleté fourré à la feta) et boire du « boza » (boisson légèrement fermentée).

L’humour 
Tout en gardant leur fierté slave, les Bulgares cultivent une certaine forme d’humour. Ils peuvent parfois paraître quelque peu taciturnes à celui qui ne comprend pas leur langue ou qui ne les côtoie que dans la rue. C’est autour d’un bon repas et de quelques verres qu’ils se révèlent. La discussion s’anime très vite, les convives refont le monde et se plaisent à se moquer d’eux-mêmes. Ils savent à merveille tourner les situations les plus difficiles en dérision et terminer sur un grand éclat de rire. Ils excellent aussi dans l’art de créer, avec un vocabulaire imagé, leurs propres expressions pour décrire les petites habitudes de la vie quotidienne.

Fêtes et coutumes

Comme tous les pays longtemps occupés par une puissance étrangère, la Bulgarie a développé une puissante tradition orale garante de la conservation de la culture nationale. Aujourd’hui encore, fêtes et coutumes tiennent une place considérable dans la vie quotidienne et font partie des grandes richesses du pays. Comme ailleurs dans les Balkans, certains rites représentent des survivances de traditions très anciennes d’origine indo-européenne. Ce sont les événements religieux qui ponctuent les festivités tout au long de l’année. Néanmoins, rites païens et rites chrétiens s’entremêlent constamment. 

La pâque orthodoxe 
Cette fête majeure se trouve décalée d’une ou deux semaines par rapport au calendrier catholique. La semaine précédant Pâques donne lieu à différents rituels. Tout d’abord la maîtresse de maison achète suffisamment d’œufs pour les cuire et les colorer. Certains sont seulement teints de façon uniforme, d’autres sont soigneusement ornés de motifs floraux ou géométriques dessinés sur fond rouge. Le jeudi, c’est la préparation de la brioche traditionnelle (kozounak). Dès le vendredi, les fidèles se rendent à l’église pour passer, en présence du pope, sous une table décorée. Le samedi soir, c’est la messe de Pâques. A minuit, les cloches sonnent et le pope annonce : « Le Christ est ressuscité. » La foule répond : « C’est la vérité, il est ressuscité. » Rentré chez lui, chacun se munit d’un œuf et frappe celui du voisin. Le repas traditionnel autour d’un agneau a lieu le dimanche midi. Les hôtes et leurs invités échangent alors des œufs peints.

Les derniers montreurs d’ours 
Il y a peu, les metchkari exerçaient encore en Bulgarie. Tout en jouant d’une gadoul ka (instrument à cordes traditionnel) ou d’un accordéon, ils faisaient danser leur ours, dressé sur ses pattes arrière. Pour forcer l’animal, l’homme tirait sur une chaîne reliée à un anneau perçant son nez. Enchaîné ainsi à son maître depuis son plus jeune âge, l’ours était souvent acheté à des braconniers. On était metchkar de père en fils et depuis plusieurs générations. Le métier convenait parfaitement aux Tsiganes : pas besoin d’études, une vie passée sur les routes avec famille et roulotte. Après la chute du communisme et avec la crise, de nouveaux venus alimentaient le trafic en s’improvisant metchkari pour faire vivre leur famille. Désormais, afin d’empêcher tout prélèvement dans la nature, les montreurs d’ours sont interdits.

Noël 
Le soir du 24 (Badni vetcher), la famille se réunit autour d’un repas exclusivement végétarien composé d’un pain spécial maison, de feuilles de choux et de vigne fourrées, de gros haricots, de poivrons et de fruits secs. Le nombre de mets doit être impair. La tradition veut que personne ne se lève durant le repas et que la table reste dressée jusqu’au lendemain. A minuit, c’est la distribution des cadeaux et, le lendemain midi, la viande revient au menu.

Agenda festif, sportif et culturel

1er janvier :Sourvakari. Tôt le matin, les enfants entrent dans les maisons et frappent symboliquement les hôtes avec une branche de cornouiller décoré, en souhaitant bonne année, bonne santé et prospérité. En remerciement, ils reçoivent quelques pièces ou des gâteaux. Grande fête à Solnik, tous les ans.
6 janvier : fête de Saint-Jordan. A Koprivchtitsa, la croix est jetée dans la rivière et les jeunes hommes sautent dans l’eau gelée pour l’attraper. Réussir apportera une bonne santé durant l’année.
Du 1er au 14 février : fête de Trifon-Zarézan. Fête de la Vigne et du Vignoble, gardés par saint Trifon.
Février : carnaval Koukéri. Durant la dernière semaine précédant le carême de Pâques, de jeunes hommes célibataires déguisés en animaux dansent et rient pour chasser les mauvais esprits. Grands rassemblements à Pernik, Petritch et Sandanski.
Sirni zagovezni : 7 semaines avant Pâques, début de la période de jeûne : on se réunit en famille et on demande pardon aux anciens.
1er mars :Baba Marta.
3 mars : Fête nationale (la libération de 1878).
1er avril : Journée internationale de l’humour à Gabrovo.
6 avril : Journée internationale des Roms ; Pâques orthodoxe.
1er mai : fête du Travail.
2 mai : fête de Saint-Georges. A Etara, reconstitution du rite traditionnel, jeux, repas (courbane).
24 mai : Journée nationale de la culture et de l’écriture slave.
Juin :Varnensko liato. A Varna, Festival international du spectacle, de la musique, du folklore et du jazz.
20 juin : fête de Sain Enio. A Etara, concours de bouquets et de couronnes de fleurs, feu de joie.
6 septembre : anniversaire de la réunification bulgare de 1885
22 septembre : fête de l’Indépendance.
24 et 25 décembre : Noël. 

Baba Marta 
Au 1er mars, à l’occasion de l’arrivée du printemps, les Bulgares offrent une martenitza pour porter bonheur à leurs proches. Toujours faite de coton rouge et blanc, la martenitza traditionnelle se compose de deux petits personnages. Ils s’appellent Pijo et Penda, sont frère et sœur et ont pour grand-mère le printemps (Baba Marta). Celle-ci, selon son humeur, fait la pluie ou le beau temps provoquant les giboulées de mars. Il faut porter la martenitza jusqu’à la vue de la première cigogne ou hirondelle. Alors, on la met sous une pierre en faisant un vœu. Lorsque les petits enfants la cachent ainsi, ils font une lettre pour Baba Marta dans laquelle ils demandent un cadeau. Si l’enfant est sage, il trouvera un paquet à côté de la pierre et s’entendra dire : « Tu vois, tu as été sage et Baba Marta t’a écouté. »

Art et culture

Folklore 
Les costumes traditionnels font partie de ces éléments de culture nationale qui ont survécu même durant les longs siècles de l’occupation turque. Dans ce petit pays montagneux, chaque ville, chaque vallée dispose d’une tenue propre témoignant de son identité. Ces costumes ne se portent plus véritablement, mais ils ressortent régulièrement lors des nombreux festivals folkloriques qui se tiennent tout au long de l’année. Ils sont indissociables des instruments traditionnels, tels que la cornemuse adoptée par les habitants des Rhodopes. Les chants véhiculent également cette tradition orale si chère à un peuple qui ne pouvait écrire son histoire. Les célèbres voix bulgares se reconnaissent entre toutes. Ces mélodies cristallines si spécifiques ont fait le tour de la Terre et sont parties dans l’espace, parmi les éléments représentatifs de notre humanité, envoyées à l’attention de civilisations extraterrestres.

Littérature 
Durant le Moyen Age, les premières œuvres de langue bulgare émanent des prêtres. Avec la Renaissance nationale, les écrivains laïques entrent en scène. Après les révolutionnaires viennent les premiers auteurs de la Bulgarie indépendante. Ils ont pour chef de file l’incontournable Ivan Vazov (1850-1921). Très vite, de jeunes écrivains se démarquent de cette littérature patriotique tournée vers le passé. Aléko Konstantinov(1863-1897) en fait partie. Pendant la période communiste, quelques auteurs classiques dont Vazov, un temps interdits, sont finalement réhabilités. Parmi les écrivains contemporains, Yordan Raditchkov (né en 1929) se distingue par ses récits d’inspiration folklorique. Angel Wagenstein (né en 1922) fait partie de ces auteurs exilés qui usent toujours du bulgare. D’autres s’expriment dans une langue différente : Elias Canetti(1905-1994), Prix Nobel de littérature, mais aussi les essayistes parisiens Julia Kristeva (née en 1941) et Tzvetan Todorov (né en 1939).

Peinture 
Peu connue, la peinture bulgare peut s’enorgueillir de compter des artistes exceptionnels. Dans la première moitié du XXe siècle, nombre d’entre eux séjournent à Paris, Rome ou Vienne, participant à l’activité artistique de l’Europe. Avec la Seconde Guerre mondiale, certains quittent le pays, mais d’autres restent et développent leur art à l’abri des nouvelles influences occidentales. Vladimir Dimitrov dit le Maître (1882-1960) laisse des toiles puissantes et colorées, Stoyan Vénev (1904-1989) peint des scènes paysannes et réalise d’innombrables caricatures politiques, Zlatyou Boyadjiev (1903-1976) élabore des huiles d’une finesse et d’une poésie extrêmes. Aujourd’hui, les artistes contemporains, exposés dans les nombreuses galeries des grandes villes, offrent une production riche et variée.

 

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