Voyage au Mexique, Rio Lagartos, par Christelle

Lorsque que je suis partie au Mexique, l’année dernière, je voulais m’imprégner de cette civilisation si riche, de ses paysages à couper le souffle, de ses coutumes et de sa cuisine piquante. Pendant un mois, j’ai parcouru le pays entre jungle luxuriante et eau turquoise.

Je recherchais l’authenticité et voulais fuir le tourisme de masse qu’il est possible d’apercevoir à Cancun. Mais ce que je ne savais pas, c’est que j’allais trouver mon bonheur à seulement quatre heures de cette ville.

Hotel - Rio Lagartos, Mexique

Hotel – Rio Lagartos, Mexique par: Ricardo LoríaCC BY-NC-SA 2.0

À mon arrivée à Rio Lagartos, la plupart des habitants du village ont revêtu leur costume traditionnel brodé. Les femmes sont à cheval, à la tête du cortège, et longent en chantant le front de mer. J’ai dû prendre deux bus pour rejoindre le petit port de pêcheur. Il fait très chaud et une forte odeur de poisson recouvre tout le petit pueblo.

Je demande à quelqu’un de me renseigner sur l’évènement. Le village est en fête pour quatre jours me dit-on. Les habitants regardent toujours les touristes avec curiosité. Ils n’en voient pas si souvent. Un homme passe en scooter et s’arrête pour me parler. Il me montre un petit calepin dans lequel, des personnes du monde entier lui écrivent un petit mot aimable. Je vois dans son livre d’or beaucoup de remerciements en français. Adrian est un guide de la réserve écologique à ses heures perdues. Il me dit que si je veux faire un tour de la lagune, je le retrouverai à coup sûr.

Quelques heures plus tard, je commence ma quête : retrouver Adrian. Je parcoure le pueblo de long en large et demande un peu partout, où je peux trouver l’homme. Un mexicain me dit qu’il est de sa famille, un autre qu’il faut attendre le long de la route…

Puis, des habitants m’informent qu’il s’arrête toujours dans une taverne le long de la baie. Je rentre dans la taverne en question, et commande une bière. Le serveur me la ramène bien fraîche et accompagnée de petites mises en bouche succulentes. Poulpe mariné, crudités piquantes, et de la ceviche, un plat mexicain extraordinaire composé de poisson mariné.

Il est 14 heures, tout le monde chante dans le bar, le cortège aperçu le matin passe devant, et Adrian pointe le bout de son nez. Il me demande si je suis prête à aller pêcher. Je monte dans sa petite barque pendant qu’il y ajoute de l’essence, et le tour peut commencer.

Rio Lagartos - Mexique

Rio Lagartos – Mexiquepar: dolanhCC BY-NC-SA 2.0

La réserve possède une faune unique. On se balade silencieusement sur des rivières bordées de mangroves. Adrian me montre des cormorans, des aigrettes, des hérons, des ibis, et d’autres espèces dont je ne connais pas le nom. Je photographie maladroitement chaque moment, chaque battement d’aile.

Puis nous quittons la rivière et découvrons un lac salé où une colonie de flamants rose s’y repose. Il arrête le moteur et commence à pagayer, car les herbes hautes pourraient endommager son bateau, et les flamants roses aspirent à la tranquillité. Majestueusement, ils avancent en groupe pour picorer dans l’eau chaude.

Puis, nous rebroussons chemin. Adrian aperçoit un aigle pêcheur. Il me dit en riant qu’ils portent mal leur nom, parce qu’ils sont paresseux. Pour preuve, il lance l’épervier, saisit un poisson, et lui fait du bouche à bouche. Je ne comprend le but de l’opération, que lorsqu’il le remet à l’eau. Le poisson flotte, bien en évidence, à portée de tous les prédateurs. L’aigle attend quelques secondes, puis le fauche avec ses griffes.

Après ce spectacle étonnant, il m’emmène un peu plus loin afin d’essayer le « bain maya ». Il faut creuser assez profond pour recueillir de l’argile blanche, censée protéger des insectes. Je confirme. Après quelques minutes à me faire piquer par ce qu’il appelle les « moustiques », mais qui ressemble plus à des taons pour moi, je me vois enfin tranquille pour profiter de la beauté du paysage.

Nous pêchons, je me baigne dans une eau rose saturée en sel, je flotte, je contemple le coucher du soleil. Enfin, nous rentrons et il me donne rendez-vous chez lui, deux heures plus tard. Lorsque j’arrive, les poissons pêchés sont en train de cuire devant sa petite maison rose. Nous mangeons en regardant le port, il me parle de sa fille, de ses femmes, il pousse la chansonnette… Nous nous quittons et pleurons ensemble d’émotions, avant que je ne reprenne la route.

Le Mexique est un diorama de paysages et de changements de décor étourdissants. Les gens sont à l’image du pays, à la fois chaleureux, mélancoliques et durs. Partir au Mexique, c’est promettre de revenir pour récupérer la partie de son coeur qu’on a laissé.