La plaine de Thrace

 

Principale dépression au cœur de ce pays de montagnes, la plaine de Thrace s’étire de Pazardjik à la mer Noire ; Plovdiv en est le centre historique. Des champs de blés et de hauts rangs de vigne soigneusement alignés occupent cette vaste étendue fréquentée par les cigognes. Çà et là, dans ce paysage dégagé, se dressent des tumuli. Ces sépultures ont fourni des trésors d’orfèvrerie, œuvres des lointains et mystérieux Thraces. Au sud, le massif du Rhodope est tout proche, il offre un autre visage de la Bulgarie méridionale avec de vertes et profondes forêts, des villes d’eaux, une population pétrie de traditions et un art de vivre exceptionnel.

Plovdiv

A 157 km de Sofia.
La deuxième ville du pays, avec ses 375 000 habitants, est sans doute la plus belle cité de Bulgarie. Fondée par Philippe de Macédoine, elle s’étend aujourd’hui sur cinq collines, alors qu’au milieu coule la Maritza. Si Sofia est bien le centre politique du pays, Plovdiv en demeure la capitale artistique et culturelle. De vieilles rues pavées se faufilent entre les maisons colorées accrochées aux collines. De vastes jardins publics et d’agréables fontaines apportent tranquillité et fraîcheur. Les clochers des églises y côtoient les minarets des mosquées. Carrefour historique et culturel, cette ville, à la fois méridionale et orientale, offre mille visages au visiteur qui accepte d’y flâner un peu.

Plovdiv, Bulgaria © Nigel's Europe

Plovdiv, Bulgaria © Nigel’s Europe

Rappel historique 
Les Thraces sont les premiers à donner un nom à la ville : Eumolpia. Puis, en 342 av. J.-C., Philippe de Macédoine la fortifie et la nomme tout simplement Philippopolis. Plus tard, elle passe sous la protection de l’Empire romain d’Orient qui la baptise Trimontium (la ville aux trois collines). A cette époque, la cité connaît un véritable essor économique et culturel. Plus tard, les Slaves l’appellent Poulpoudéva, Paldin et Ploudin, d’où son actuel nom de Plovdiv. Durant les cinq siècles d’occupation turque, elle change une nouvelle fois de nom pour devenir Philibé et se métamorphose en ville orientale hérissée de nombreuses mosquées. Après le départ des Turcs, elle se tourne à nouveau vers l’Europe centrale.

Vieille ville 
Aux XVIIIe et XIXe siècles, période de la Renaissance nationale qui marque une première émancipation des Bulgares face à l’occupant, de riches commerçants, profitant des échanges avec les Turcs, bâtissent de luxueuses maisons de bois aux façades colorées et financent l’édification d’églises. Ainsi naît la vieille ville, occupant les pentes des trois collines délimitant depuis l’Antiquité le centre de la cité : Nébét tépé, Djambaz tépé, Taksim tépé.

Mosquée Djoumaïa Djamia 
Place Djoumaïa. Ouvert tlj en dehors des heures de prière. Entrée libre.
Edifiée au XIVe siècle et restaurée en 2008, la mosquée du Vendredi se repère facilement grâce à son minaret blanc décoré par un maillage de briques.  Le sanctuaire lumineux est coloré de rouge et de vert. Derrière la mosquée, la rue Saborna conduit dans la vieille ville. Sur la droite, il faut longer l’église Svéta Bogoroditza pour monter jusqu’à la rue Samodoumov.

Eglise Svéti Martyr Dimitar 
Rue Todor Samodoumov. Ouvert tlj de 8 h 30 à 19 h. Entrée libre.
Restaurée en 2007, cette église du début du XIXe siècle se distingue des autres édifices orthodoxes par sa grande luminosité. 12 colonnes de granit occupent la nef tout habillée de marbres gris, blanc et rose. Cas unique dans l’art du Réveil national, l’iconostase est aussi en marbre.

Théâtre antique 
Ouvert tlj sauf dimanche de 10 h à 17 h. Entrée payante.
Après l’église Svéti Dimitar, la première rue à droite mène au sommet de la colline. Construit au IIe siècle apr. J.-C., l’amphithéâtre pouvait contenir plus de 3 000 spectateurs. Depuis les gradins, la vue sur la ville et les contreforts du Rhodope est imprenable. En été, des spectacles d’opéra, des concerts et des rencontres folkloriques y sont organisés. Non loin du théâtre, une maison peinte en rose accueillit Lamartine en 1833, lors de son voyage en Orient. Une plaque rappelle la visite historique de François Mitterrand en 1989.

Ville d’art et de culture 
A Plovdiv, l’art marque le quotidien. La ville ne se contente pas d’avoir fourni dans le passé quelques-uns des meilleurs peintres du pays. Aujourd’hui encore, nombre d’artistes y vivent, exposant leurs œuvres dans les diverses galeries privées. L’Ecole des beaux-arts perpétue également la tradition, tout comme l’Ecole de musique. Les multiples concerts trouvent un cadre idéal au cœur de la vieille ville. Parmi les nombreuses manifestations artistiques, en avril se déroulent les Journées de la musique symphonique bulgare et en été se tient le Festival folklorique.

Musée et galerie Philippopolis 
29, rue Saborna. Ouvert tlj de 10 h à 17 h. Entrée payante.
Dans cette vaste demeure édifiée autour de 1865, plafonds peints ou sculptés et meubles de style Renaissance bulgare composent un cadre somptueux accueillant œuvres d’artistes contemporains et toiles de maîtres. 

Maison de Lamartine 

19, rue Knyaz Tzeremenlev. Ouvert lundi, mardi et dimanche de 9 h à 12 h. Entrée libre.
Toute proche du théâtre, cette maison peinte en rose se reconnaît immédiatement. Lors de son voyage en Orient, en 1833, le poète y passa quelques jours. Une plaque apposée par l’Alliance française rappelle ce court séjour. Depuis la maison de Lamartine, on peut descendre la rue Todor Samodounov et se diriger vers la rue Saborna, principale artère touristique de la vieille ville bordée d’antiquaires et d’étals de souvenirs.

Galerie d’art 

14A, rue Saborna. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 12 h 30 et de 13 h à 17 h 30, le samedi de 10 h à 17 h 30. Entrée payante.
Cette exposition permanente regroupe plus de 200 œuvres. Elle permet d’admirer les toiles des grands noms de la peinture bulgare du XXe siècle comme Vladimir Dimitrov dit le Maître, Tzanko Lavrenov ou encore Stoyan Venev, mais aussi le travail de plusieurs artistes contemporains vivant dans la région de Plovdiv comme Angel Vassilev.

Maison du peintre Zlatyou Boyadjiev 

18, rue Saborna. Ouvert tlj de 9 h à 12 h et de 13 h à 17 h. Entrée payante.
Ayant vécu à Plovdiv, Zlatyou Boyadjiev (1903-1976) fait incontestablement partie des plus grands maîtres de la peinture bulgare. Ses toiles vivantes et colorées évoquent la Bulgarie traditionnelle : la campagne et ses paysans, les vieilles villes et leurs habitants avec une place de choix pour Plovdiv. 71 toiles du peintre sont exposées.

Galerie des icônes 

22, rue Saborna. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 12 h 30 et de 13 h à 17 h 30, le samedi de 10 h à 17 h 30. Entrée payante.
Cette collection retrace rapidement l’évolution de l’art des icônes. Datant du XVIe siècle et provenant de l’église voisine, l’icône de Saints Constantin et Hélène fait partie des œuvres les plus anciennes. Plus tard, le style exceptionnel de Zacharie Zograph – finesse des traits et réalisme des personnages – se reconnaît immédiatement dans la Vierge source de vie peinte en 1838.

Eglise Svéti Konstantine i Eléna (Saints-Constantin-et-Hélène) 

22, rue Saborna. Ouvert tlj de 8 h à 12 h et de 13 h 30 à 18 h. Entrée payante.
Les marchands de souvenirs se concentrent autour de cette église datant de 1832. Depuis l’extérieur, seul le clocher est vraiment visible, le reste du monument demeure très discret. En effet, durant la période turque, les Bulgares pouvaient bâtir des églises, mais l’occupant leur imposait de les enterrer en partie. Ornée de fresques extérieures, l’église possède également une riche iconostase avec notamment l’icône de saints Constantin et Hélène, œuvre de Zacharie Zograph.

Musée ethnographique 

2, rue Dr. Stoian Tchomakov. Ouvert du mardi au jeudi, samedi et dimanche de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h, le vendredi de 14 h à 17 h. Entrée payante.
Après l’église, sur la droite, une étroite rue passe sous une grande porte et descend vers une autre partie de la vieille ville abritant plusieurs maisons anciennes récemment restaurées. Juste après cette ruelle, se dresse un chef-d’œuvre du style Renaissance bulgare, une élégante maison construite en 1847 pour un riche commerçant. Depuis la rue, la porte donne sur un jardinet aux haies soigneusement taillées. Les branches basses des arbres masquent en partie la façade sombre décorée d’innombrables motifs floraux couleur or. Pour pénétrer dans l’édifice, il faut franchir les colonnes soutenant avec élégance l’encorbellement du premier étage. Comme dans toutes les maisons de cette époque, le bois est omniprésent et les plafonds sont délicatement sculptés. Ce musée présente une exposition sur la vie rurale du XIXe siècle et une reconstitution d’intérieurs traditionnels bulgares.

Maison Balabanov 

51, rue Stamat Mamanov. Ouvert tlj sauf dimanche de 9 h à 17 h 30. Entrée payante.
L’accès se fait en descendant la rue qui prolonge la place située face à l’église. Occupant l’angle de deux rues, cet édifice symétrique arbore une élégante façade marron. Les fenêtres surmontées de décors floraux, tout comme l’intérieur richement aménagé, offrent un bel exemple de style Renaissance bulgare. Elle accueille en outre des expositions de peintures contemporaines.

Suivez le guide ! 
Depuis le boulevard Rouski, montez sur la colline Bounarjik jusqu’à l’imposante statue du soldat russe Alyocha pour admirer la ville.

Centre-ville 
Au pied de la mosquée du Vendredi, sur la place Djoumaïa, dominée par le bronze de Philippe de Macédoine, se tient un petit marché des arts proposant peintures, bijoux artisanaux et reproductions d’icônes. Cette place se trouve sur l’axe piétonnier qui traverse le centre-ville depuis la Maritza jusqu’au jardin public.

Rue piétonne Knyaz Aleksandar Battenberg 

Au sud de la place Djoumaïa.
Déambuler avec nonchalance dans cette rue spacieuse est un plaisir. Les magasins les plus modernes y côtoient les façades colorées de style néobaroque construites par des architectes bulgares au début du XXe siècle. Ces belles maisons témoignent de la prospérité de la ville jusque dans les années 1930. A mi-parcours, jeunes et moins jeunes se retrouvent sur une agréable place occupée par une vaste fontaine ceinte de nombreuses terrasses.

Eglise Svéta Marina (Sainte-Marina) 

Rue Gavril Guenov. Ouvert tlj de 8 h à 18 h. Entrée libre.
Il s’agit d’une des plus anciennes églises de Plovdiv, elle possède un clocher de bois, unique en Bulgarie. A l’intérieur, les fidèles viennent se recueillir en silence, embrassant les icônes et allumant quelques cierges. L’iconostase, réalisée en 1856, est un chef-d’œuvre de sculpture sur bois de la période de la Renaissance bulgare. Une foule de personnages, de chérubins, d’animaux et de dragons se cachent au cœur d’un enchevêtrement de motifs floraux.

Jardin public 

A l’extrémité de la rue Knyaz Aleksandar Battenberg, face à la poste. Ouvert tlj, 24 h/24. Entrée libre.
Durant les mois d’été, lorsque la chaleur écrase la ville, ce vaste jardin planté d’arbres centenaires se révèle un refuge des plus agréables. Il fait bon se promener dans les longues et larges allées, s’asseoir sur un banc, se rafraîchir auprès d’une fontaine. C’est aussi le rendez-vous des amoureux et des retraités qui se regroupent pour palabrer. Un beau buste de bronze honore le concepteur de ce havre de verdure : Lucien Chevallaz. Après avoir parcouru le monde, ce paysagiste suisse s’installa définitivement à Plovdiv en 1879 et créa de nombreux parcs et jardins dans le pays.

Suivez le guide ! 

Tout près du boulevard 6 Septemvri et de la place Saédinénié, découvrez les pastèques, le miel et les épices du marché quotidien.

Quartier Kapana 

Au nord de place Djoumaïa et jusqu’à la Maritza.
Kapane signifie piège. Comme son nom l’indique, ce quartier est un enchevêtrement de ruelles étroites,dans lesquelles il est facile de se perdre. De petites boutiques de serrurerie, d’autres proposant vanneries ou encore banitza (feuilletés au fromage) animent aujourd’hui cette partie de la ville.

Assenovgrad

A 19 km au sud de Plovdiv.
L’agglomération se trouve juste au pied du Rhodope. La vieille ville renferme plusieurs églises, dont la plus ancienne, Svéta Bogoroditza, date du XIIIe siècle. A la sortie de la cité, la route menant à Batchkovo emprunte la vallée de la rivière Tchepelarska. Très vite, le relief s’accentue. 

Assénova Krépost (forteresse d’Assen) 
Perchée sur un éperon rocheux, cette fortification verrouillant la vallée marque l’entrée dans le Rhodope. Depuis les ruines restaurées, la vue imprenable sur la plaine de Thrace et la montagne atteste la position stratégique du lieu. Près des restes du mur d’enceinte se dresse l’église fortifiée Notre-Dame-Pétrichka. De pur style byzantin, avec ses lits de briques au sein des murs et sa coupole centrale couverte de tuiles, elle date du XIIe siècle. L’intérieur ne se visite pas, mais l’intégration parfaite de ce bâtiment austère et ramassé à un paysage minéral vertigineux mérite le détour.

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