La plaine du Danube

 

Les Bulgares le nomment Dounav et il dessine la frontière nord du pays. Deuxième fleuve d’Europe après la Volga, il s’étire sur près de 3 000 km, depuis ses sources allemandes jusqu’à la mer Noire. Lorsqu’il entre en Bulgarie et qu’il passe au pied de la forteresse de Vidine, il quitte tout juste les Carpates et serpente encore. Puis ses eaux s’étalent majestueusement dans la plaine, s’égarant par endroits jusqu’à délimiter des îles boisées. A Roussé, ce fleuve mythique paresse et atteint sa pleine maturité ; peu après, à Silistra, il quitte le pays, terminant sa course en un vaste delta recouvrant la Dobroudja roumaine.

Roussé

A 320 km au nord-ouest de Sofia.
La plus grande ville riveraine du Danube a toujours été et reste aujourd’hui un lieu stratégique. Reliée à l’Europe centrale par l’artère fluviale, elle a connu une grande prospérité et a bénéficié de l’influence de cette région d’Europe. Aujourd’hui, le Most na droujbata (pont de l’Amitié) qui enjambe le fleuve constitue un des principaux points de passage vers la Roumanie. Presque entièrement détruite lors de la guerre de libération, cette cité commerçante a été reconstruite au début du XXe siècle sous la direction d’architectes de toute l’Europe (Russie, Autriche, France). Elle offre le visage d’une ville riche, à l’ambiance Mitteleuropa,avec un centre piétonnier qui invite à la flânerie. 

Place Svoboda 
Au cœur du centre-ville, cette place recouverte de verdure donne sur les nombreuses rues piétonnes. Elle accueille le théâtre Sava Ognianov, de style baroque, et la cathédrale Svéta Troïtsa, maintes fois reconstruite depuis 1632. La nef abrite des fresques du XVIIe siècle et de belles icônes. Le clocher a été ajouté à la fin du XIXe siècle, après le départ des Turcs qui en interdisaient l’édification (Ouvert tlj de 7 h à 18 h. Entrée libre).

Boulevard Aleksandrovski 
Cette longue artère bordée de terrasses de cafés permet de découvrir les nombreuses maisons édifiées dans le style néobaroque viennois. Les façades de couleurs vives sont surchargées de sculptures et autres décorations qui leur donnent ce cachet si particulier.

Maison d’Elias Canetti (1905-1994) 
12, rue Slavianska. Ouvert sur demande. Entrée payante.
C’est ici qu’est né le célèbre écrivain, Prix Nobel de littérature. A cette époque, la ville, particulièrement cosmopolite, portait alors le nom turc de Roustchouk. Elias Canetti la quitte à l’âge de 6 ans, mais ne l’oublie pas et l’évoque bien plus tard dans Histoire d’une jeunesse, la Langue sauvée.

Musée Zacharie Stoyanov 
14, bd Pridounavski. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h. Entrée payante.
Dans cette jolie maison, l’exposition évoque la vie de Zacharie Stoyanov, à la fois journaliste, écrivain et politicien, mais aussi l’histoire plus générale du mouvement de libération. Ce musée rappelle que Roussé a tenu un grand rôle dans la quête de l’indépendance. La ville disposait de deux atouts : proximité de la Roumanie et bourgeoisie puissante.

Musée de la Vie quotidienne (maison de Kaliopa) 
19, rue Tsar Ferdinand. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h. Entrée payante.
En 1866, le gouverneur turc aurait offert cette maison à sa maîtresse, Maria Kalich, de nationalité grecque et femme de l’ambassadeur de Prusse. On la surnommait Kaliopa en référence à la plus éminente des neuf muses de la mythologie (Calliope). Dans un intérieur riche, l’exposition se consacre à la vie citadine du début du XXe siècle.

2009-01-09_28_DSC_0250.JPG © Nedko Ivanov

Bulgaria © Nedko Ivanov

Musée des Transports 
5, rue des Frères Obréténov. Ouvert tlj de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h 30. Entrée payante.
Situé au bord du Danube, en périphérie du parc Mladechta, il est installé dans la première gare de chemin de fer ouverte en Bulgarie. Ce musée présente des locomotives à vapeur ainsi que de vieux wagons. Parmi eux, la voiture du tsar Boris III et le wagon-lit « Sultanie », utilisé en 1869 par l’impératrice française Eugénie, lors de son voyage pour l’inauguration du canal de Suez.

Vallon d’Ivanovo

A 20 km au sud de Roussé.
Classé patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, ce site exceptionnel, occupant une boucle de la rivière Roussenski Lom, accueille le plus vaste ensemble monastique troglodytique du pays. Il aurait été fondé dès le VIe siècle et a atteint son apogée au XIVe siècle. 

« Tcherkvata » (l’église) 
Vallon d’Ivanovo. Ouvert de 9 h à 17 h en fonction de la présence du gardien. Demande préalable à l’office de tourisme de Roussé préférable. Entrée payante.
Perché dans la falaise abrupte, ce sanctuaire témoigne du goût particulier des moines pour des sites offrant une tranquillité parfaite. Il faut monter 140 marches pour atteindre l’église, creusée à même la roche et dédiée à la Sainte Vierge. A l’intérieur, les parois sont couvertes de fresques épousant les contours rocheux. Des ouvertures décorées offrent une vue plongeante sur le vallon. Ces peintures datées de la seconde moitié du XIVe siècle ont conservé tout leur éclat. Le plafond du narthex est recouvert de scènes réalistes évoquant la vie du Christ, comme la Trahison et la Pendaison de Judas.

Autres cavités 
Du même côté de la rivière se trouvent d’autres sites creusés, en plus ou moins bon état. L’église de Gospodev Dol conserve des fresques de la fin du XIIIe siècle. L’église « enterrée » abrite des restes de fresques du XIIIe siècle avec notamment des représentations des archanges. Peu avant l’église principale (tcherkvata), un petit pont franchissant la rivière mène vers la falaise opposée. Cette promenade dans un décor sauvage permet de découvrir la faune et la flore des lieux, mais aussi les innombrables escaliers, cellules ou chapelles, taillés dans la roche. C’est à ce niveau que se trouve l’église « effondrée » dans laquelle subsistent des fragments de fresques.

Coups d’ailes dans le vallon 
Entre les parois verticales, les chemins se faufilent au milieu des champs et de vastes étendues recouvertes d’une végétation dense. L’été, la chaleur écrasante installe des conditions méditerranéennes. De nombreux oiseaux hivernant en Afrique nichent ici. Deux d’entre eux, le rollier d’Europe et le guêpier d’Europe, ont un petit air de famille : un plumage aux couleurs vives, teinté de bleu, d’ocre et d’orangé. Néanmoins, le premier a la tête entièrement bleue, alors que le second, plus fin, est coloré de jaune. L’hirondelle rousseline occupe également les lieux, construisant son nid dans les anfractuosités. La huppe fasciée se reconnaît facilement à la huppe rousse qu’elle déploie comme un éventail. Les éclairs jaunes, volant d’un arbre à l’autre, trahissent la présence du loriot.

Plévène

A 174 km au nord-est de Sofia.
Les Turcs considéraient cette ville comme leur position la mieux fortifiée dans le nord de la Bulgarie. Aussi, après un siège long et meurtrier, sa prise par les Russes et les Roumains, en 1877, correspond à une étape décisive dans la guerre de libération. Aujourd’hui, les principaux monuments de la cité évoquent cette page de l’histoire bulgare. 

Eglise Svéti Nikolaï 
Place Svéti Nikolaï. Ouvert tlj de 8 h à 19 h. Entrée libre.
A demi souterraine, comme l’imposaient les Turcs, cette église abrite de délicates icônes avec, entre autres, des œuvres de Zacharie Zograph.

Musée de la Libération 
Boulevard Osvobojdénie. Ouvert du mardi au samedi de 9 h à 12 h et de 13 h à 18 h. Entrée payante.
C’est ici que, le 10 septembre 1877, Osman Pacha, commandant l’armée turque, capitula face au général russe Skobélév. Le musée retrace le déroulement du siège de Plévène et le replace dans le contexte général de la guerre de libération.

Parc Skobélév 
Rue Skobélév. Ouvert tlj. Entrée libre.
Portant désormais le nom du général victorieux, ce vallon correspond au théâtre de la bataille la plus sanglante. Des canons rappellent ce lourd passé et, sur une colline, un bâtiment cylindrique abrite le panorama, une reconstitution monumentale des trois assauts menés contre le bastion turc.

Lovetch

A 30 km au sud de Plévène.
Les Thraces s’étaient déjà établis dans cette petite ville chargée d’histoire, adossée aux contreforts du massif du Balkan, en bordure de la plaine du Danube. 

Varocha 
Dans ce quartier, de charmantes maisons blanches, préservées par le temps, s’accrochent à la pente. Un étage en encorbellement repose sur un solide soubassement. Les fenêtres, avec leur entourage de bois, se détachent de la façade. Une couverture de lauzes coiffe le tout.

Musée Vassil Levski (1837-1873) 
Ouvert du lundi au vendredi de 8 h à 12 h et de 14 h à 18 h. Entrée payante.
Dans le bâtiment moderne, une exposition retrace la vie de ce héros national qui a fondé à Lovetch le comité central révolutionnaire.

Musée ethnographique 
Ouvert tlj de 8 h à 12 h et de 14 h à 18 h en été, de 8 h à 12 h et de 13 h à 17 h en hiver. Entrée payante.
Dans ces deux maisons de bois, l’exposition évoque la vie quotidienne aux XIXe et XXe siècles. Au début du XIXe siècle, les pièces avec kilims et mobilier bas imposaient une vie près du sol. Avec l’arrivée de meubles importés de Vienne, les habitudes changent radicalement.

Pont couvert 
Principale curiosité des lieux, un pont entièrement couvert par une construction de bois enjambe la rivière Ossam. Restauré dans les années 1980, l’édifice actuel correspond au pont reconstruit en 1932, réplique fidèle du monument bâti, en 1874, par Kolio Fitchéto. Il accueille de nombreuses boutiques et bénéficie la nuit d’une belle mise en lumière.

Bélogradtchik

A 200 km au nord-ouest de Sofia.
Entre Sofia et Vidine, la nature construit d’étonnants paysages dominés par un relief karstique. Les grottespercent les falaises calcaires, ne laissant parfois que d’imposants ponts rocheux. A Bélogradtchik, la nature réserve encore une nouvelle curiosité : un site dantesque et coloré, comme sculpté par la main d’un géant inconnu. C’est en fait l’érosion qui, patiemment, a attaqué un massif de grès rouge et a laissé d’innombrables pitons rocheux aux contours tourmentés se dressant au milieu de la végétation. Leurs formes singulières leur ont d’ailleurs valu quelques surnoms : Adam et Eve, le Sphinx, les singes… Un spectacle à nul autre pareil. 

Suivez le guide ! 
Montez les ruelles pentues en direction de la statue de Vassil Levski pour atteindre les ruines de la citadelle et bénéficier du point de vue sur la ville et le Balkan.

Citadelle Kaléto 
Ouvert tlj de 8 h à 11 h 30 et de 13 h 30 à 17 h. Entrée payante.
Au cœur des formations ruiniformes, la main de l’homme a ajouté des murailles et des portes, construisant ainsi une forteresse bien défendue. L’ensemble a été bâti par les Turcs du XIVe au XIXe siècle. Dans une ambiance insolite, la visite permet d’approcher les colosses de pierre, de découvrir les marches et les bassins taillés dans le grès et d’admirer ainsi la formidable adaptation de l’homme à son milieu.

Vidine

A 240 km au nord-ouest de Sofia.
La cité occupe un point stratégique, véritable poste de surveillance contrôlant l’arrivée du Danube, à la croisée de la Serbie, de la Roumanie et de la Bulgarie. Conquise et fortifiée par les Romains, elle résiste jusqu’au bout aux Ottomans. Capitale du royaume du même nom, Vidine ne tombe qu’en 1396, trois ans après Tarnovo. La vieille ville, située au bord du fleuve, conserve maisons anciennes, églises et mosquées, sans oublier la citadelle. 

Musée ethnoraphique 
Rue Knyaz Boris Ier. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h. Entrée payante.
Le musée est installé dans une étrange construction aux murs blancs, avec un toit disposé en gradins et, au centre, comme un clocher carré. Il s’agit en fait de la résidence du pacha Osman Pazvantoglu, chef de brigands, qui occupait Vidine à la fin du XVIIIe siècle, tout en échappant au pouvoir central turc. A l’intérieur, l’exposition retrace l’histoire de la ville et de ses habitants.

Forteresse de Baba Vida 
Rue Baba Vida. Ouvert tlj de 8 h 30 à 17 h en été, de 10 h à 17 h en hiver. Entrée payante.
L’édifice ne peut passer inaperçu avec ses hautes murailles crénelées percées de meurtrières et de bouches à canon, rejoignant ses tours carrées dotées d’échauguettes. Fondée aux VIIe-VIIIe siècles, plusieurs fois détruite et reconstruite, dans sa forme actuelle la forteresse date de la période ottomane (XVIIe-XVIIIe siècles). Du fait de son rôle de surveillance, depuis le sommet des remparts, elle offre une vue imprenable, à la fois sur le Danube et sur la ville roumaine de Calafat.

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