Le massif du Balkan : Véliko Tarnovo et ses environs

 

Véliko Tarnovo et ses environs

A 241 km au nord-est de Sofia.
Au cœur du Balkan, la capitale du second Empire bulgare se niche à l’intérieur d’une profonde boucle de la rivière Yantra qui délimite quatre collines : Orlovets, Tsarévets, Trapezitsa et Svéta gora. Une citadelle entourée de longues murailles rappelle son passé médiéval. Ses maisons blanches dotées de larges balcons s’accrochent aux falaises calcaires. Basses côté ville et très hautes côté rivière, elles épousent parfaitement le relief. 

Rappel historique 
C’est ici qu’en 1185, les deux boïars Pierre et Assen déclenchent l’insurrection libérant le pays de la domination byzantine. Le second Empire bulgare voit le jour et Véliko Tarnovo en devient la capitale. A son apogée, la ville connaît un grand rayonnement, à la fois intellectuel, religieux et artistique. Elle accueille même le siège du patriarcat bulgare, alors très influent dans le monde orthodoxe. Après deux siècles prestigieux, la cité tombe aux mains des Turcs qui la pillent. En pleine période du Réveil national, de nombreux soulèvements l’agitent, mais ce n’est que le 7 juillet 1877 que les Russes la libèrent. Elle retrouve un rôle de premier plan, devenant la capitale de la Bulgarie indépendante. Deux ans plus tard, elle laisse la place à Sofia.

Vieille ville (colline Orlovets) 
Chaque maison, chaque monument considéré isolément peut sembler assez banal, mais c’est la juxtaposition des bâtisses, les ruelles en escalier qui se faufilent entre elles et les différents points de vues offerts par le relief qui constituent le principal intérêt de Véliko Tarnovo.

Suivez le guide ! 
Entrez dans l’une des nombreuses boutiques d’antiquités pour découvrir les ceintures d’argent portées avec le costume traditionnel du XIXe siècle ou les moulins à épices turcs.

Que le spectacle commence ! © Klearchos Kapoutsis

Que le spectacle commence ! © Klearchos Kapoutsis

Maison au Singe 
A l’angle de la place Slaveïkov et de la rue Vastanitcheska.
Comme de nombreuses maisons de la cité, elle a été bâtie au milieu du XIXe siècle par l’architecte Kolio Fitchéto (1800-1881), et ses deux étages, disposés en encorbellement, présentent une façade typique, constituée de briques rouges séparées par un maillage blanc. La particularité qui lui a valu ce nom est une sculpture représentant un homme assis au visage grimaçant. Autre œuvre du même architecte, l’auberge de Hadji Nikoli, édifiée sur trois niveaux, montre la même interprétation du style de la Renaissance bulgare (17, rue Rakovski).

Musée de la Renaissance nationale et de l’Assemblée constituante 
Rue Ivan Vazov. Ouvert tlj sauf mardi de 8 h à 12 h et de 13 h à 18 h. Entrée payante.
Maison bleue et blanche construite en 1872, elle a accueilli l’Assemblée qui a élaboré et adopté, en 1879, la Constitution de la Bulgarie libérée. La visite permet de découvrir la grande salle de l’Assemblée, mais aussi une exposition consacrée à la lutte contre l’occupation ottomane.

Colline Tsarévets 
Place du Tsar Assen. Ouvert tlj de 8 h à 19 h. Entrée payante.
La colline boisée est soigneusement entourée d’une longue muraille et surmontée d’un édifice aux allures mauresques. Cette citadelle médiévale correspond au cœur de la capitale du second Empire bulgare. Le visage actuel de cet ensemble provient des restaurations des années 1980. Seules les fondations sont médiévales. La visite permet d’imaginer l’ampleur de la forteresse édifiée du temps de la grandeur de Véliko Tarnovo. Au sud, se dresse la tour de Baudouin, du nom de l’empereur de Constantinople qui y aurait été retenu prisonnier. A la pointe nord se trouve le rocher des Exécutions qui permettait de jeter les condamnés dans le précipice. Au sommet s’élève l’imposante église Svéti Spass (Saint-Sauveur), fondée en 1235, avec son campanile carré et crénelé, lui aussi entièrement reconstruit. A l’intérieur, des fresques modernes aux personnages tourmentés évoquent l’histoire douloureuse du pays. En saison touristique, un spectacle son et lumière illumine la citadelle.

Arbanassi
A 4 km au nord-est de Véliko Tarnovo.
La fondation de ce village, par des réfugiés albanais, daterait du XVe siècle. Habité par de prospères marchands, il a subi les attaques de pillards qui l’ont détruit vers la fin du XVIIIe siècle. Aujourd’hui, dans cette ville-musée pleine de charme, tout évoque encore les préoccupations défensives, murs hauts et épais, fenêtres étroites protégées par des grilles et églises enterrées dépourvues de dômes et de clochers. Pourtant, l’élégance est aussi au rendez-vous.

Maison Konstantsaliev 
Ouvert tlj de 9 h à 18 h en été, de 9 h à 17 h en hiver. Entrée payante.
Cachée depuis la rue par ses murs de pierre, elle se dresse au milieu d’un jardin verdoyant. Reposant sur un soubassement en dur, l’étage est habillé de bois. Des plafonds sculptés et des corniches ornées de motifs géométriques décorent les pièces équipées de cheminées, de lits et de placards.

Eglise de la Nativité 
Ouvert tlj de 9 h à 18 h en été, de 9 h à 17 h en hiver. Entrée payante.
Il s’agit d’un simple bâtiment de pierre, tout en longueur et couvert d’un toit à deux pans. Pourtant, une fois entré, c’est l’émerveillement : de place en place, les poutres soutiennent une voûte couverte de fresques colorées du XVIIe siècle. Parmi la multitude de représentations qui s’entremêlent, on peut distinguer les saints guerriers, la Création du monde ou encore les portraits des philosophes antiques.

Monastère Préobrajenski
A 4 km à l’ouest de Véliko Tarnovo. Ouvert tlj de 7 h à 20 h. Entrée libre.
Cet ensemble étendu se niche au creux de la vallée de la rivière Yantra, au pied de hautes falaises rocheuses. Au centre, l’église de la Transfiguration, achevée par Kolio Fitchéto, a conservé ses fresques extérieures colorées, œuvre de l’incontournable Zacharie Zograph. Sur le mur sud, la Roue de la vierésume en quelques tableaux l’existence humaine, de la naissance à la mort.