Le massif du Balkan : Tryavna, Col de Chipka, Vallée des Roses, l’Est

 

Tryavna

A 250 km au nord-est de Sofia.
Ville de montagne blottie dans la vallée de la rivière Dryanovska, elle peut s’enorgueillir d’abriter une école artistique (sculpture sur bois et icônes), fondée au XVIIe siècle et toujours en activité aujourd’hui. Dans le vieux quartier, il subsiste de nombreuses maisons blanches aux toits de lauzes, typiques de la région. Sur la vaste place centrale trône la tour de l’Horloge, polygonale et arborant un étonnant campanile. 

Maison Daslakov 
27a, rue Slaveïkov. Ouvert tlj de 8 h à 12 h et de 13 h à 17 h. Entrée payante.
Musée de la sculpture sur bois regroupant aussi bien des réalisations domestiques que religieuses. Au premier étage, les plafonds de bois sculpté sont admirables.

4.4.07 3Tryavna 51 © Donald Judge

4.4.07 3Tryavna 51 © Donald Judge

Musée des Icônes 
1, rue Breza. Ouvert tlj de 8 h à 12 h et de 12 h 30 à 16 h 30. Entrée payante.
L’exposition, présentée dans un cadre épuré, regroupe 160 icônes des plus grands maîtres issus de la prolifique école de Tryavna. Outre les œuvres d’art, on découvre les instruments utilisés par les artistes.

Maison Kalintchev 
45, rue Slaveïkov. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 13 h à 17 h. Entrée payante.
Construit en 1830, ce bel exemple d’architecture de style Renaissance bulgare abrite une exposition regroupant 500 toiles léguées par le collectionneur Totyo Goubenski.

Col de Chipka

A 200 km au nord-est de Sofia.
De lacets en lacets, la route grimpe sur le flanc nord du Balkan pour atteindre, à 1 309 m, le célèbre col de Chipka. Les difficultés de l’ascension laissent imaginer la souffrance des hommes qui ont combattu ici durant la guerre de libération. En août 1877, les troupes russes, épaulées par des volontaires bulgares, résistent sur cette position stratégique et repoussent la contre-offensive ottomane ; cette victoire décisive leur permettra de libérer rapidement le reste du pays. 

Monument commémoratif 
Les 676 marches d’un escalier monumental montent jusqu’à la pyramide tronquée, édifiée en mémoire de la bataille. Par temps clair, son sommet offre l’un des meilleurs points de vue sur le massif du Balkan.

Eglise russe 
En contrebas du col, sur le versant sud, à l’entrée du village de Chipka. Ouvert tlj de 8 h 30 à 19 h 30. Entrée payante.
Massif, coloré et surchargé par les décorations, l’édifice, appuyé sur de larges piliers et de hautes colonnes, supporte un haut clocher et de nombreux bulbes dorés. Bâtie à partir de 1896, sous la direction d’un architecte russe, l’église commémore le sacrifice des combattants morts à Chipka. La richesse de l’intérieur saisit le visiteur, l’iconostase de bois disparaît sous les ors.

Vallée des Roses

Au pied du Balkan, deux bassins irrigués par les rivières Striama et Toundja forment une vallée ensoleillée abritant l’un des trésors du pays. Il s’épanouit entre le 15 mai et le 15 juin, se teinte de rouge, de rose ou de blanc et dispense un parfum entêtant et douceâtre : la rose, c’est un peu de l’âme de la Bulgarie. Dans la fraîcheur de l’aube, évitant les piqûres des épines, les femmes se saisissent délicatement des pétales encore couverts de rosée. Ils iront grossir la récolte et fourniront, après distillation, la précieuse essenceréputée dans le monde entier.

Du pétale à l’essence 
Née près de Kazanlak, la rose oléifère, Rosa damascena, compte de nombreux pétales serrés, comme froissés. Une fois à la distillerie, ils viennent remplir les alambics chauds, dans une odeur enivrante, presque écœurante. Leur essence s’évapore dans le monstre de fer, puis se condense grâce à un circuit de refroidissement. 5 t de pétales donnent 1 kg d’huile essentielle. De grande valeur, du fait de la rareté de la rose et des difficultés de récolte et de préparation, cette essence reste irremplaçable pour les grands parfumeurs. Les Turcs y étaient tellement attachés qu’en quittant la Bulgarie, ils ont emporté des pieds de rosiers, cultivés aujourd’hui en Anatolie. En outre, c’est sans doute la rencontre de la fleur bulgare et du savoir-faire turc qui a donné naissance à l’inimitable loukoum à la rose.

Pavel Bania
 A 180 km à l’est de Sofia.
Cette petite ville de cure offre un bon point de départ pour des randonnées dans la montagne.

Complexe ethnographique Damascena 
Village de Skobélévo. Ouvert tlj de 9 h à 17 h. Entrée payante.
Edifié à l’image des fermes du XIXe siècle, il abrite une exposition d’alambics et d’objets ethnographiques mais aussi une roseraie.

Kazanlak
A 199 km à l’est de Sofia.
La capitale de la rose accueille la plus importante distillerie du pays et toute son activité tourne autour de cette fleur.

Musée de l’Industrie de la rose 
49, bd Osvobojdenié. Ouvert tlj de 9 h à 17 h. Entrée payante.
Pour tout savoir sur l’histoire, la culture et la transformation de cette fleur. Les alambics de cuivrepermettent d’imaginer les conditions de distillation, dans une ambiance étouffante et une capiteuse odeur.

Tombeau thrace 
Parc Tyoulbeto. Ouvert tlj de 8 h 30 à 17 h 30. Entrée payante.
Situé sous un grand tumulus et découvert en 1944, ce vestige est le plus émouvant de tous ceux laissés par ce peuple dans le pays. Pour des raisons de conservation, c’est une copie conforme de l’original qui se visite. Cette sépulture, destinée à un souverain thrace, date du IVe siècle av. J.-C., elle se compose d’un « dromos » (couloir d’accès) menant à une chambre funéraire circulaire coiffée d’un haut dôme. A l’intérieur du monument, les fresques colorées qui couvrent les parois invitent à un formidable voyage dans le temps. Dans le dromos, la frise représente des combattants vêtus de tuniques, protégés par un casque et un bouclier. Dans la chambre mortuaire, une composition exceptionnelle de vitalité couvre le dôme. La frise circulaire se détache sur fond rouge, le chef thrace se tient, accompagné de sa femme, autour d’un festin funéraire. De part et d’autre, des suivants apportent victuailles et richesses, d’autres mènent des chevaux débordant de grâce et de vitalité.

L’est du Balkan

Vers le levant, le massif montagneux perd de l’altitude et ses reliefs s’amenuisent progressivement jusqu’au bord de la mer Noire. 

Kotel
A 350 km à l’est de Sofia.
Au cœur de l’extrémité orientale du Balkan, la ville s’est spécialisée dans l’élevage et le textile (les kilims de Kotel). Le Musée ethnographique, installé dans la maison d’un riche éleveur du nom de Bitov, permet de découvrir des pièces représentatives de cette production locale (Ouvert tlj de 8 h à 12 h et de 14 h à 18 h. Entrée payante). Sur la place centrale, un imposant monument célèbre la mémoire de l’écrivain révolutionnaire Guéorgui Rakovski (1821-1867), enfant du pays. L’église de la Sainte-Trinité surprend par son iconostase de marbre clair et ses murs blancs. De nombreux kilims couvrent le sol.

Jéravna
Au sud de Kotel.
Un rêve de bois et de pierre, des rues pavées, des murs délimitant les jardins et des maisons couvertes de tuiles : le temps semble s’être arrêté. L’odeur du foin se mêle au braiment des ânes, les anciens y coulent des jours paisibles, loin de tout. Ici se trouve la maison natale de Yordan Yovkov (1880-1937), dont les nouvelles célèbrent avec nostalgie et finesse les hommes et les femmes du Balkan.

Choumen
A 381 km au nord-est de Sofia. A 90 km à l’ouest de Varna.
Site essentiel dans le dispositif défensif de l’Empire ottoman, cette grosse ville de province a été remodelée durant la période communiste.

Mosquée Djoumaïa Tomboul 
Ouvert tlj de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h. Entrée libre.
Avec sa volumineuse coupole flanquée d’un haut minaret, la plus grande mosquée du pays, bâtie en 1744, dresse sa silhouette massive. Toujours fréquentée par les fidèles, elle regroupe des salles de prières, une école coranique et une bibliothèque. A l’intérieur, la décoration du XIXe siècle offre une débauche de motifs floraux.

Madara
A 17 km à l’est de Choumen. Ouvert tlj de 8 h à 17 h. Entrée libre.
Dominant la plaine, une falaise verticale, haute d’une centaine de mètres, marque la limite du plateau de Madara.

Cavalier 
Sculpté à 23 m de hauteur dans la paroi rocheuse, le cavalier chevauche une élégante monture. Avec sa lance, il neutralise un lion immobilisé à ses pieds. Derrière, un chien le suit, langue pendante. Cette œuvre d’un genre insolite daterait du tout début du VIIIe siècle et représenterait un « khan » bulgare victorieux de son ennemi. Un échafaudage destiné à la restauration du cavalier dénature actuellement le site.

Grottes 
De nombreuses excavations percent le pied de la falaise. La plus grande d’entre elles (80 m de haut), la grotte des Nymphes, correspondrait à un ancien sanctuaire. A côté subsiste une minuscule chapelletaillée dans la roche. Les croyants viennent y allumer un cierge ou déposer quelques fleurs.