PAR MANUELLE


Costa Rica

Costa Rica par prohispano / Pixabay

Le Costa Rica. Son nom même invite déjà au rêve. Une sonorité chantante, une promesse de nature. Ce pays, pas plus grand que la Bretagne et la Normandie réunies, est notre destination d’été 2017. Durant un mois, nous découvrirons sa jungle luxuriante, ses plages bordées de cocotiers, sa forêt primaire, ses animaux multicolores et sa chaleureuse population.

A l’heure du départ, j’imagine ce pays comme un coeur enchevêtré de montagnes sur lesquelles s’étend une jungle dense et où se nichent quelques villes isolées. Je me plais à le rêver comme un lieu où les traditions sont préservées, la nature respectée et où l’on s’aventure à grands coups de coupe-coupe dans la forêt vierge.

Aujourd’hui, c’est la veille du grand jour: j’ai rendu mon appartement à Montréal, cette dernière nuit se fera à l’aéroport avant le départ tôt demain matin.

29 Avril 2017.

Réveil très matinal dans la ville d’Alajuela. Le soleil est déjà brûlant. Les deux heures de décalage avec Montréal se font ressentir et nos dernières nuits sans sommeil également… La ville est sans charme particulier, si ce n’est que son nom
signifie ‘‘le pays des mangues’’.
Nous recevons notre voiture, un 4×4 (indispensable ici, en saison des pluies!): après une prise en main, visite du jardin Lankester et premier bain de nature. Le village d’Orosi, où nous dormirons, organise un loto,: la fête bat son plein lors de notre arrivée!

30 Avril 2017.

Après un petit-déjeuner pantagruélique (pancakes aux bananes et assiette de fruits pour maman et gallo pinto traditionnel pour papa et moi), l’émerveillement commence face aux arbres Cortessa Amarilla : d’énormes boules de fleurs jaune vif.
Nous arrivons dans la zona sur (la zone sud) du pays. La route Panamérica grimpe sur des hauteurs vertigineuses, passe le Cerro de la Muerte, un des plus hauts cols du pays, pour redescendre ensuite vers San Isidro del General, grosse bourgade sans charme.

Eglise - Orosi, Costa Rica

Eglise – Orosi, Costa Rica © Javier ChaconCC BY-NC-SA 2.0

Où devons-nous aller? La page de l’hôtel indiquait qu’il se situait à côté du Centro
Biologico Las Quebradas… Mais celui ci s’étend sur des hectares et des hectares…
La piste que nous suivons me semble bien peu engageante et aucun panneau indicateur… Un homme nous confirme que nous sommes bien sur la route du Centre Biologique mais il ne connaît pas d’Ecolodge dans le coin. Tant pis, nous continuons.

La route se fait de plus en plus difficile, nous devons même traverser une rivière à gué. Cette fois, c’est sûr, on se trompe de route. Aucun moyen de faire demi-tour, il faut continuer pour trouver un endroit plus large.

Nous voilà à un embranchement, instinctivement, nous prenons à gauche. Miracle, des maisons!
Mais aucune ne ressemble à un quelconque lieu touristique… Nous allons demander à un charmant couple qui ne connaît pas de lieu à ce nom mais qui nous conseille de prendre à droite à l’embranchement et de monter, toujours monter: c’est là qu’on atteindra l’accueil du Centre Biologique.
Soudain, une énorme brûlure au pied. J’essaie de ne rien laisser paraître devant ces
gens qui me prendrait pour une folle mais les larmes me montent aux yeux et je dois
me mordre les lèvres pour ne pas crier. Et voilà qu’ils continuent à parler, ils vont
bientôt se taire oui…

Rancho Fallitas, San Isidro, Costa Rica

Rancho Fallitas, San Isidro, Costa Rica © Rancho Fallitas

Je n’ose pas regarder mon pied tandis que les piqûres reprennent de plus belle. Je vais hurler. Enfin, ils disent au revoir, on peut retourner à la voiture. J’y vais en courant et fais valdinguer ma chaussure: 4-5 grosses fourmis en tombent. Les larmes coulent enfin tandis que maman cherche de l’alcool dans les valises.

Je n’ai jamais eu une piqûre aussi douloureuse, et pourtant, j’ai grandi à la campagne! Dire qu’un ami m’avait mise en garde sur les fourmis avant de partir… La douleur ne passe pas, malgré l’alcool. Mon pied gonfle, je ne peux plus le poser. Je n’ai qu’une envie, le passer sous l’eau froide mais il paraît que c’est mauvais. Il va falloir que j’encaisse, on est pas encore prêt d’être arrivé!

Après des kilomètres et des kilomètres de nid-de-poule et de piste poussiéreuse, nous croisons un restaurant et un rancho et enfin, le Centre Biologique!

Un monsieur nous accueille avec stupéfaction, il n’est absolument pas au courant qu’un hôtel se
sert de son lieu de travail comme indication et ne connaît aucun lieu du nom d’Ecolodge Rain… De plus, son accent est différent de tout ce que j’ai pu entendre jusqu’à maintenant et mon espagnol de la péninsule ibérique n’a pas l’air d’être compréhensible…

Avec moults gestes et sourires désolés, il nous explique qu’il n’a pas internet (ah oui, parce que mon téléphone est cassé, sinon ce serait trop simple) mais qu’il peut appeler des gens dans les parages pour voir s’ils connaissent. Mille merci!

Mon pied brûle toujours, je n’ai qu’une envie, c’est me rouler en boule avec de la glace autour…. Enfin, le monsieur revient avec un sourire triomphant: l’Ecolodge Rain s’appelle en fait le Rancho Fallitas et nous sommes passés devant… Pourquoi donner deux noms différents à un même endroit, quelle idée… Bref, le proprio arrive, il va nous guider.

"Los Cusingos" - San Isidro, Costa Rica

« Los Cusingos » – San Isidro, Costa Rica © Jerry OldenettelCC BY-NC-SA 2.0

Gilbert de son prénom nous accueille chaleureusement et nous ouvre la route jusqu’à sa maison. Effectivement, nous revenons sur nos pas et tournons sur une route totalement désolée, jamais nous n’aurions pu imaginer qu’elle menait à un hébergement!
Une fois en haut, nous restons sans mot, quelle vue! Paysages montagneux et luxuriants à perte de vue, bananiers croulant sous les fruits, première pluie -ou plutôt faudrait-il dire averse tropicale-, chiens adorables, une cahutte rustique, du café issu de la plantation locale, oiseaux par centaines, gavage de bananes durant les randonnées, biberon à un petit veau et abondance de verdure…

1er Mai 2017.

Un orage monumental durant la nuit, j’en regretterais presque d’avoir cédé au sommeil! Si les photos sont mauvaises, l’expérience, elle, était magique.

Nous voulions partir à la recherche du fameux quetzal, oiseau emblématique de la région mais notre logement étant beaucoup trop reculé par rapport aux points de départ des randonnées, on privilégiera quelques heures de sommeil en plus. Nous ferons donc plutôt une rapide promenade dans le Centro Biologico Las Quebradas avant le petit-déjeuner (où j’obtiendrai d’ailleurs sans rien demander une proposition de stage pour l’été prochain!) et une observation des oiseaux aux multiples couleurs.
Nous prenons ensuite la route de la côte Pacifique. Sur le chemin, des eucalyptus aux troncs colorés, un Liceo UNESCO , des arbres ployants sous le poids de grosses fleurs violettes, des maisons bariolées mais étonnamment protégées par d’épaisses grilles, etc.

Puis soudain, le paysage change: d’un relief vallonné, on aperçoit maintenant l’océan, l’atmosphère devient lourde et l’air salé. La pointe sud-est du Costa Rica est relativement épargnée par le tourisme de masse et est peu peuplée. La nature y règne en maître grâce au climat chaud et humide.

Playa Dominicalito, Dominical, Costa Rica

Playa Dominicalito, Dominical, Costa Rica © Travicted PhotographyCC BY-NC-SA 2.0

Nous voilà donc à Dominical. Dans la voiture, on se change rapidement et on court vers l’eau chaude. La puissance des vagues nous surprend, on apprendra plus tard qu’elles se font parfois meurtrières pour les surfeurs inexpérimentés. La jungle borde la plage, des sons qui nous paraissent étranges et inquiétants nous en parviennent.

Sans nous en rendre compte, nous voilà déjà arrivées aux rochers maman et moi et, le temps de revenir, nous sommes couvertes de coups de soleil. Le soleil frappe fort, il nous faut y prendre garde car la nuit sera douloureuse…

Nous reprenons la route pour quelques kilomètres, jusqu’à Uvita. Nous y sommes accueillis par une charmante Américaine, Pam, expatriée au Costa Rica depuis quelques années. Son chien ‘‘Opale’’ est de la partie également. Nous découvrons alors un véritable bijou. La maison, nichée dans un écrin de verdure nous ravit tous les trois tandis que tous les superlatifs possibles ne décriraient pas la vue qui s’offre à nous.

Surplombant la jungle, le jardin permet une vision panoramique jusqu’à l’océan et plus particulièrement, sur la ‘‘queue de baleine’’ du parc naturel et marin Marino Ballena. Le hamac séduit immédiatement papa tandis que maman découvre avec ravissement la terrasse supérieure.

2 Mai 2017

Après une nuit riche en découvertes animales (je n’aurais jamais soupçonné qu’un gecko puisse crier si fort!), l’émerveillement de la veille continue… Avec le petit-déjeuner pris sur la terrasse vient la découverte de nombreux oiseaux dont un couple de toucans. Une grenouille dendrobate nous rendra également visite.

Par la suite, nous faisons un rapide tour des environs: la région est couverte d’arbres jaunes, certes moins beaux que la Contessa mais tout aussi impressionnants. Un nombre incroyable de manguiers nous offrent leurs fruits à portée de main, on en ramènera des dizaines.

Uvita, Puntarenas, Costa Rica

Uvita, Puntarenas, Costa Rica © Joseph DsilvaCC BY-NC-SA 2.0

3 Mai 2017

Aujourd’hui, papa est parti découvrir le Sud du Costa Rica, particulièrement la région de Golfito et le jardin Wilson. Peu intéressées par cette région vraiment éloignée, maman et moi marchons jusqu’au point de départ d’une randonnée pour voir des cascades avant de se rendre compte que, comme à chaque fois lors d’une activité ‘‘organisée’’, l’entrée est hors de prix, plus de 40$ par personne! Nous passerons donc la journée dans la rivière.
Le soir, une luciole dormira sur ma moustiquaire: on commence à se rendre compte qu’on vit proche de la jungle…

4 Mai 2017

De bon matin, nous partons vers le fameux parc Marino Ballena pour voir la queue de baleine depuis la plage. Quelle beauté! Malgré la présence de nombreux panneaux nous avertissant de la présence de crocodiles, nous n’en verrons aucun.
Par contre, pour ce qui est des lézards, des cocotiers, du sable fin et des vagues puissantes, là, il y en a à profusion! Papa gardant nos affaires à l’abri des ladrones (les voleurs) sévissant dans les parages, maman et moi franchissons courageusement (!) le kilomètre qui sépare la queue de baleine de la plage. Quelle vue!

Ce parc national protège les fonds sous-marins de ce coin du Pacifique, considérés comme parmi les plus riches du pays. Nous sommes hors saison mais des centaines de baleines à bosse, de dauphins et de tortues viennent annuellement se reproduire sur cette côte. Cette dernière égrène également des kilomètres de plages au sable doré, bordées par la jungle et principalement fréquentées par d’énormes iguanes.
Sur le chemin du retour, nous faisons à nouveau une provision de mangues et
passons la soirée à regarder la pluie tomber…

5 Mai 2017

Dés le réveil, nous filons une heure au nord d’Uvita afin de visiter le fameux parc national Manuel Antonio. Il fait à peine 20km2 mais regroupe plus de 110 espèces de mammifères, 340 espèces d’oiseaux et de plantes ainsi que 240 espèces sous-marines. Une telle diversité induit forcément beaucoup de touristes mais nous comptons sur notre séjour hors saison pour limiter la casse.

Parc Manuel Antonio - Costa Rica

Parc Manuel Antonio – Costa Rica © davebaur / Pixabay

A peine sommes nous entrés sur le Camino Perezoso (le chemin du paresseux) que nous apercevons des singes se balançant de cimes en cimes, un cerf gambadant dans les sous-bois, des oiseaux colorés, etc… C’est l’occasion d’entendre notre premier singe hurleur!

Plus on s’approche de la plage, plus les singes se font nombreux et hardis, n’hésitant même pas à chaparder parmi les affaires des baigneurs installés sur le sable! Nous continuons la balade vers des sentiers moins fréquentés, à la fois par les touristes et les animaux et nous tombons alors sur des plages dignes de Mahambo, une plage que nous avions découverte à Madagascar, un idéal jamais retrouvé depuis.

Vagues puissantes, arbres morts tombés sur la plage, fleurs éparses, eau chaude et sable fin… Nous y restons un bon deux heures.
Sur le retour, nous rencontrons un jeune paresseux qui ne semble pas dérangé le moins du monde par notre présence. Bref, un émerveillement du début à la fin, nous regrettons de devoir partir!

6 Mai 2017

Après le désormais réglementaire petit-déjeuner en terrasse et la séance de jeux et de caresses avec Opale, nous assistons à un spectacle pluvieux. Peu d’activités aujourd’hui donc si ce n’est lire, faire des photos des fleurs sous la pluie et aller manger dans un superbe restaurant, le Citrus à Ojochal.

7 Mai 2017

Dernier jour à Uvita, nous en profitons pour aller visiter la plage conseillée par Pam, Playa Ventanas. Quelle déception! Nous qui nous attendions à des gouffres de pierre, nous voilà face à deux minuscules »fenêtres » dans lesquelles l’eau s’infiltre à peine. La plage est sale et surfréquentée, on ne peut même pas se baigner. Hormis le ceviche ramené par papa (est-ce utile de le mentionner?), nous n’y trouvons aucun intérêt.

8 Mai 2017

Montezuma - Costa Rica

Montezuma – Costa Rica © SoCali / Pixabay

Aujourd’hui, on remonte vers la Péninsule de Nicoya. Après trois heures de route vers le Nord et une traversée en ferry de Puntarenas à Paquera, nous arrivons dans le sud de la péninsule. Le paysage est totalement différent: de la jungle, nous sommes maintenant face à une nature plus douce, moins sauvage.

Le temps semble s’être arrêté dans les années 60 dans le petit village de Montezuma: aucun
tourisme de masse, un développement urbain raisonnable, une ambiance très décontractée (on ne l’appelle Montefuma pour rien!)… Des collines couvertes de jungle dévalent jusqu’à la plage tandis que des palmiers bordent cette dernière.

Dans un glacier à Montezuma, nous rencontrons Mireille, une gestionnaire française expatriée ici qui nous accueille avec une extrême gentillesse. La maison qu’elle nous propose et ses fleurs me plaisent tout particulièrement. Le soir, un concert de singes hurleurs et un ballet de lucioles m’émeuvent aux larmes.

9 Mai 2017

Au menu de la journée, remonter les plages de Montezuma jusqu’à Cabuya. Les mauvaises routes nous empêchent de mener notre programme à bien et nous prenons donc plutôt la direction de Malpais, le mauvais pays.
Jusque dans les années 80, Malpais faisait partie des bouts du monde où personne n’avait l’idée de se rendre, la région étant trop sauvage et reculée. Aujourd’hui encore, la route pour s’y rendre est cahoteuse, pleine de poussière avec beaucoup de passages à gué. Sur le chemin, on croise un ficus géant, classé arbol exceptional depuis 2009.

Une fois la côte atteinte, la forêt tropicale se clairsème un petit peu pour laisser place à des plages splendides s’étalant sur des kilomètres, comme la plage de Santa Teresa où on passera un bon moment dans les piscines naturelles créées par la marée basse.

10 Mai 2017

Balade le long des plages jusqu’à Playa Grande, quel beau programme! Malgré un début d’insolation pour moi, le ravissement est au rendez-vous. Les plages s’égrènent le long de l’océan, pas un chat, des milliers de coquillages, des crabes rouges-violets, des vagues extraordinaires.

Mal País, Puntarenas, Costa Rica

Mal País, Puntarenas, Costa Rica © EMS Shane in PortlandCC BY-NC-SA 2.0

11 Mai 2017

Nous prenons la route tôt le matin vers Tamarindo, au nord de la Péninsule: on arrive dans le Guanacaste. Sur le trajet, on croise des panneaux »attention à la faune », des chevaux, des manguiers, des vaches et des enfants, le tout dans un joyeux mélange de parfums fleuris.

Tamarindo est la plus grande station balnéaire de la côte nord ouest: si papa ne souhaitait pas y passer, maman et moi avons insisté jusqu’à avoir gain de cause. Si c’est si fréquenté, c’est sans doute qu’il y a une raison, non?

Une fois dans les environs de Tamarindo, à Canafistula exactement, on retrouve Jordan, le fils de Nora, la propriétaire, qui nous guide jusqu’à notre logement pour les deux jours à venir. Nous passons la fin d’après-midi sur Playa Tamarindo.

12 Mai 2017

Tôt en matinée, direction Playa Conchal, réputée pour son sol jonché de milliers de coquillages. Une fois sur place, quelle déception! Si la route pour y arriver est assez folklorique (on doit rouler sur la plage), aucun coquillage à l’horizon, c’en est à se demander si on ne se trompe pas de lieu!Heureusement, après quelques minutes de marche, la beauté générale du site l’emporte sur la déception.

Nous continuons avec Playa Grande, située elle, dans le parc national Las Baulas. Nous sommes encore une fois hors saison mais il s’agit d’un des plus grands lieux de ponte pour les tortues luths: à ce titre, la plage est hyper protégée et vierge de toute infrastructure humaine. Une beauté!

Sur le retour, nous nous arrêtons à Tamarindo pour prendre une glace et flâner quelque peu dans les premiers magasins que nous voyons depuis le début du voyage! Une fois de retour à la maison, une petite grenouille nous attendait, perchée sur l’escalier de la cuisine.

Avellanas Beach club house - Hacienda Pinilla, Tamarindo, Guanacaste - Costa Rica

Avellanas Beach club house – Hacienda Pinilla, Tamarindo, Guanacaste – Costa Rica © Sergio QuesadaCC BY-NC-SA 2.0

13 Mai 2017

Quelle tristesse la météo aujourd’hui! Bravant les éléments et reniant tout sens esthétique, nous sortons les horribles ponchos en plastique que j’espérais ne jamais avoir à porter et partons en balade dans la propriété. Le temps se calmant quelque peu en après-midi, nous visitons Playa Avellanas où nous trouvons énormément de jolis coquillages et de nacres. En soirée, je m’amuse à faire des photos de nuit, le ciel étant étonnamment rempli d’étoiles.

14 Mai 2017

Nous voilà en route vers Aguas Claras, petit village situé entre les volcans Santa Maria, Rincon de la Vieja et Miravalles, tout au nord du Costa Rica: la frontière avec le Nicaragua n’est qu’à une vingtaine de kilomètres. Ce soir, nous dormons dans un charmant logement niché dans un très beau jardin mais loin de tout…

Règle numéro une au Costa Rica, ne jamais se fier aux distances estimées et au nombre de kilomètres, ce qui compte ici, c’est l’état des routes! Nos deux heures et demie pour faire 35 kilomètres le confirment tristement.

15 Mai 2017

Au programme de la journée, le Rio Celeste! Très difficile d’accès, il nous a fallu rouler deux bonnes heures avant d’arriver dans le parc national du volcan Tenorio, sous la pluie bien sûr, sinon ce n’est pas drôle.

La route valait cependant largement le détour car cette rivière, d’un bleu laiteux est considérée selon la légende comme l’endroit où Dieu rinça ses pinceaux après avoir peint le ciel en bleu. Que de poésie! Cela dit, ces considérations spirituelles ne nous touchant guère, nous étions beaucoup plus intéressés par les raisons scientifiques derrière cette couleur irréelle, à savoir, le chevauchement de deux rivières, les Tenidores (les teinturiers).

Volcans Arenal, Tenorio et Miravalles - Costa Rica

Volcans Arenal, Tenorio et Miravalles – Costa Rica © Jose Gregorio SoroCC BY-NC-SA 2.0

16 Mai 2017

A regret, nous quittons aujourd’hui les volcans pour rejoindre Monteverde. Sur la route, nous nous arrêtons aux chutes Llanos de Cortes, les plus grandes du pays: 15 mètres de haut sur 12 mètres de large.
Nous y croisons des singes hurleurs et de façon moins exotique, des Canadiens qui descendent toute l’Amérique en vélo.
Après cette pause rafraîchissante, une route horrible nous attend: 20km heure comme vitesse de pointe à cause des nids de poule. Monteverde signifie montagne verte, on ne pouvait pas trouver un meilleur nom pour le lieu puisqu’il pleut tout le temps! Cela dit, les paysages magnifiques valent bien toutes ces difficultés.

Une fois à Santa Elena, la petite ville juste à côté, nous visitons la coopérative CASEM, un regroupement de femmes locales qui vendent diverses pièces artisanales. Nous continuons ensuite sur notre lancée en faisant le tour des quelques magasins du coin et on tombe en admiration devant un petit magasin situé juste devant la Art Gallery: une cabane ronde toute en bois avec des ornements sculptés, une merveille tant à l’extérieur qu’à l’intérieur! 
Le soir, nous logeons à la Casa Mariposa, située dans une plantation de café.

17 Mai 2017

Ce matin, Freddy (le propriétaire) nous guide à travers les deux hectares de plantation et nous fait goûter de la canne à sucre pure ainsi que des maracujas. Suite à l’enthousiasme de maman, il pousse même jusqu’à nous faire visiter les réserves où il sèche le café et à nous faire une démonstration de la torréfaction!

A tout seigneur tout honneur, le café costaricain est un des meilleurs du monde (maman approuve fortement!). Les autorités ont tout misé sur les petites exploitations locales, privilégiant la qualité à la quantité et si Freddy s’excuse de la rusticité de son équipement, nous sommes mille fois plus contents de visiter une exploitation familiale qu’une monstrueuse comme on peut trouver dans d’autres pays…

Nous ramènerons d’ailleurs deux paquets à la maison (finalement trois puisque le proprio nous en offrira un), juste pour le plaisir de se souvenir de ce moment. Cependant, pour moi qui ne supporte pas le café, ça doit être le dixième que je me force à boire avec un grand sourire depuis notre arrivée, JE N’EN PEUX PLUS!

Durant l’après-midi, nous visitons Selvatura Park sous la pluie: le jardin des colibris est une véritable merveille qui nous permet d’observer de près ces bolides pouvant battre des ailes jusqu’à 200 fois à la seconde et voler en marche arrière!
Nous suivons ensuite un guide au coeur de la forêt pluviale pour explorer la plus grande exposition entomologique du Costa Rica (et la 3ème plus grande du monde!): celle de l’entomologiste Witthen. Nous terminons par un circuit de 9 ponts suspendus au dessus de la canopée, heureusement que nous n’avons pas le vertige car se promener sur des ponts bringuebalants à 20 ou 30 mètres du sol a de quoi terrifier.
Nous en garderons un souvenir ébloui, malgré la pluie.

Santa Elena – Hotel Vista al Golfo, Costa Rica © dianeCC BY-NC-SA 2.0

18 Mai 2017

Grosse pluie aujourd’hui encore, nous nous baladons donc dans les quelques magasins de Santa Elena et goûtons une glace au macadamia, noix qui doit sans doute être produite dans les parages car on en voit partout!

19 Mai 2017

Nous quittons la zone nord ouest pour nous diriger vers l’est, plus précisément à Aguas Zarcas. Si cette ville n’a aucun intérêt touristique, elle sera notre hôte pour une semaine: nous souhaitions séjourner dans un Costa Rica plus rural, plus authentique. Après notre installation dans une finca non loin de là, nous faisons quelques courses.

20 Mai 2017

Promenade dans la propriété aujourd’hui: des kilomètres et des kilomètres de nature, dédiés à la reforestation du coin avec des espèces natives, un chien adorable, Canela, comme guide et deux rivières pour nous encadrer. De nombreuses espèces endémiques sont ici présentes comme la poisonous frog dont je ne connais pas le nom savant, le sun bittern , un oiseau rare, des paresseux, etc…
Nous passerons la journée entre la boue des sentiers et l’eau des rivières, l’occasion
de recharger les batteries.

21 Mai 2017

Ce matin, direction le nord du Costa Rica, plus précisément à La Virgen et Puerto Viejo de Sarapiqui pour une découverte d’un des rares sites précolombiens conservés du pays. On y apprend une multitude de choses sur l’architecture traditionnelle ainsi que les us et coutumes des populations d’alors.
En après midi, grosse pluie, on reste donc à jouer avec le chien à la maison et à planifier les prochains jours…

22 Mai 2017

Quelle découverte ce matin! Juste en face des célèbres sources thermales du Tabacon se trouve, cachée par les arbres, une rivière en accès libre. Les grosses roches forment des bassins naturels et l’eau y est bouillonnante et chaude, nichée au milieu de la jungle. Nous passerons la matinée dans ce lieu enchanteur avant d’aller manger une pizza près de La Fortuna. Le riz et les haricots, ça commence à peser! 
L’après midi étant pluvieuse, nous la passerons avec Cannelle, à lire dehors et observer les oiseaux.

Tabacon - Costa Rica

Tabacon – Costa Rica © Sergio QuesadaCC BY-NC-SA 2.0

23 Mai 2017

Réveil aux aurores ce matin et petite balade avec papa à la recherche d’une minuscule grenouille rouge et noire tandis que maman dort encore.
Après le petit déjeuner, nous partons en balade près de la finca sur une route que nous avions découverte le jour de notre arrivée à Aguas Zarcas. Le soleil tape fort mais Cannelle nous accompagne bravement.

Les paysages se succèdent, parfois montagneux, parfois campagnards. On observe pendant 10 bonnes minutes le travail méticuleux et courageux des petites fourmis rouges qui découpent avec
précision une feuille pour porter les bouts sur leur dos et les mener à la fourmilière.

De retour à la maison, nous nous installons en terrasse pour manger tandis qu’Ingrid, la proprio nous apporte du mollido et des chocolats faits maison. Délicate attention si elle ne surveillait pas H24 nos faits et gestes et ne passait pas sa vie à la maison.

En après-midi, grosse averse comme nous n’avions encore jamais expérimentée: nous ferons quelques courses (d’ailleurs, ici, lorsqu’il pleut fort et que tu n’as rien pour te couvrir, un employé du supermarché vient à ta rencontre avec un parapluie et un grand sourire…) et nous jouerons avec Cannelle qui sait donner sa patte et ce, qu’on lui demande dans n’importe quelle langue!

24 Mai 2017

Au programme de la journée, balade au Lago del Cuarto. Ce lieu, pas touristique du tout, n’est accessible qu’après une longue route sur une piste (et encore, le terme de piste me semble un peu trop moderne!). Nous passerons une heure à nous balader et prendre le soleil sur le bord de l’eau (on craint toujours la présence de crocodiles ici!)

En après-midi, nous prenons la direction de Paraiso de Manantiales, un village perdu de chez perdu, au coeur d’une belle vallée. Il paraît que 8 cascades s’enchaînent, toutes aussi grandioses les unes que les autres. La responsable, charmante, n’accepte pas les cartes et il ne nous reste que des dollars US. Elle nous fera entrer pour un prix bien inférieur que la normale et veillera sur nous comme une
véritable maman!

Le chemin commence sec, la descente est boueuse, on doit s’accrocher à des tubes en plastique pour ne pas glisser. Très vite, la première cascade se montre et nous arrivons à un pont digne des films se déroulant en plein coeur de la forêt amazonienne, hors de question que je passe là dessus!!

Il est bringuebalant, il y a d’énormes trous au milieu, il est fait de PLASTIQUE (sérieusement?!), on ne peut pas être à plus d’une personne dessus et la cascade le rend terriblement glissant.
Papa est déjà dix kilomètres devant, il faut se résoudre à traverser… Arrive alors un gamin de 10 ans, pas effrayé pour un sou, qui traverse le pont presque en courant et nous fait des grands signes de la main une fois de l’autre côté. Ma fierté va prendre le dessus, je n’en mène pas large, maman non plus, mais nous passons, l’une après l’autre. Je ne veux pas imaginer le retour.

Quelques centaines de mètres plus loin, nous arrivons à une très large rivière et nous ne trouvons plus le sentier. On aperçoit alors papa, de l’autre côté. Faut-il vraiment passer ça?? A ses exclamations, on se doute que le paysage doit être bien beau de l’autre côté mais ce chemin commence sérieusement à jouer avec mon coeur.

Pas de pont, que des pierres glissantes à souhait et une eau gelée. Effectivement, une fois de l’autre côté, la vue est à couper le souffle! 6 cascades en enfilade, le long du cours d’eau. Une odeur de souffre flotte dans les airs, les pierres sont jaunes-rouges et la jungle descend en cascade jusqu’au bord de l’eau… C’est magnifique.

25 Mai 2017

Costa Rica - Sarchi - Boutique de souvenirs

Costa Rica – Sarchi – Boutique de souvenirs © Ted McGrathCC BY-NC-SA 2.0

Aujourd’hui, direction le centre artisanal le plus connu du pays. La spécialité locale est surtout les charrettes peintes, utilisées par les ouvriers, mais on trouve toutes sortes de souvenirs. Sur la route, on fait un arrêt au jardin topiaire de Zarcero, drôle de curiosité.

Une fois à Sarchi, maman craque sur une multitude de choses, on en profite pour lui acheter en douce un plateau de bois peint, on lui servira le petit-déj’ de fête des mères dedans.

Le retour se fera sur une autre route que celle de l’aller, nous y étions restés bloqués plus d’une heure à cause de travaux. La piste que nous empruntons donc est couverte de brume et de végétaux étranges, entre autres des Gunnera, un genre d’immenses rhubarbes.

26 Mai 2017

Nous prenons aujourd’hui la route d’une source thermale, conseillée par nos hôtes. Il s’agirait d’une rivière facilement accessible par un sentier dans la jungle (déjà, on aurait dû se méfier…). Une fois sur place, nous déchantons bien vite.
La facile petite balade a des allures d’enfer: chemin presque vertical couvert de boue, aucune accroche possible aux arbres recouverts d’épines, une rivière glacée à traverser, etc. Tout ça pendant une heure. Une fois à l’eau, une de mes chaussures a déjà rendu l’âme, j’imagine avec angoisse le retour pieds nus… L’eau n’est même pas chaude!
Papa vagabonde déjà dans l’eau, quand tout à coup, badaboum, dans l’eau! Evidemment, il avait son appareil photo autour du cou ainsi que nos vêtements et les chaussures de maman. Ces dernières seront prises dans le courant, aucun moyen de les rattraper à temps et l’appareil photo ne s’allumera plus, le souffre ne pardonnant pas. Autant dire que l’ambiance est à l’orage sachant que maman et moi ne voulions pas venir ici.

Le retour se fera difficilement, pieds nus pour maman et moi (dans la boue et dans la jungle je rappelle), de nombreuses coupures en résulteront. Bref, une balade à plus de 300 euros, tout ça pour économiser 6$ d’entrée dans des sources plus conventionnelles: on s’en souviendra!!

En après-midi, nous partons à la recherche du Sun Bittern, un oiseau rare présent dans la finca où nous logeons. Coup de chance, il est présent et très proche de nous.

27 Mai 2017

Notre séjour touche à sa fin, nous partons maintenant pour San José où nous passerons nos derniers jours. On retrouve les nombreuses maisons grillagées, le traffic et la pollution… Dur dur de passer de la verdure à la ville!

28 Mai 2017

Fête des mères aujourd’hui! Papa est investi d’une dure mission tôt ce matin: trouver des patisseries et des viennoiseries dignes de ce nom pour le petit déj’! Autant dire mission impossible, pourtant, il ramènera quelques simulacres de tartes aux fruits.
Nous sommes dimanche, la ville est en sommeil, nous passerons donc la journée au parc, histoire de découvrir une autre facette de la vie costaricaine. Ma dernière paire de chaussures d’été rend l’âme et les finances commencent à se faire douloureuses, il est bientôt temps de rentrer.

San Jose, Costa Rica

San Jose, Costa Rica © Geoff BakerCC BY-NC-SA 2.0

29 Mai 2017

Aujourd’hui, balade dans le centre ville de San José. De nombreux magasins, des échoppes aux odeurs délicieuses et des musées bordent l’Avenida Central. Après un petit tour au marché d’artisanat et au Mercado Central, maman et moi visitons le Musée de Jade, racontant l’histoire précolombienne du pays via les artefacts de jade retrouvés lors de fouilles archéologiques.

30 Mai 2017

Journée magasins pour maman et moi tandis que papa visite un quartier réputé pour ses restaurants (est-ce vraiment étonnant de sa part??). Le soir, tour dans la piscine et le jacuzzi de l’hôtel.

31 Mai 2017

Dernier jour à San José, dernier jour au Costa Rica. On en profite pour aller visiter le Museo Nacional qui retrace toute l’histoire de la région depuis la Préhistoire jusqu’au XXIème siècle mais en passant sous silence la colonisation… On y trouve aussi de grosses boules sphériques, d’origine inconnue mais qui ont été retrouvées dans la Péninsule d’Osa, dans le sud.

1er Juin 2017

Avec regret, nous quittons le pays.
Alors, le Costa Rica? De la végétation luxuriante, le soleil, les averses tropicales, les animaux incroyables, un nombre incalculable de chiens dans les rues, le gallo pinto , le casado (de la nourriture toujours!), le café, les fruits exotiques (les mangues…), le sourire de la population, les plantations d’ananas, la jungle, les ponts suspendus, les Guanacaste (arbre local), les insectes piquants, les scorpions (bon ok, un seul mais dans la cuisine quand même!!!), les routes cahoteuses, la diversité géographique, le hurlement des singes, les lucioles, les toucans, les volcans, les coquillages, les vagues puissantes, les plages immenses bordées de jungle, les formes généreuses
des Costaricaines (même les mannequins dans les magasins ont des fesses énormes!!), les batidos (jus de fruits frais), les couleurs vives, les maisons grillagées, les forêts de nuages, le Rio Celeste, les passages à gué…

Bref, une promesse de retour!


PURA VIDA!