Informations pratiques

Achats et artisanat

L’artisanat corse traditionnel revit grâce à un regroupement d’artisans qui propose sous le sigle Casa di l’Artigiani (Maison des Artisans), des produits variés fabriqués de façon traditionnelle : meubles, plats et couverts en bois d’olivier ou de châtaignier, couteaux, corbeilles et paniers en paille tressée, couvertures, écharpes en laine, bougies en cire d’abeille, bijoux de corail, poteries, mais aussi charcuterie traditionnelle, miel, fromages de chèvre, gâteaux à base de farine de châtaigne, canistrelli (gâteaux secs), vins, huile d’olive, confitures, etc.

Corse Gastronomie

Corse Gastronomie par: Thomas EstanoCC BY-NC-SA 2.0

Arrivée

Les aéroports corses sont à plusieurs kilomètres des stations de vacances et très mal desservis par les transports publics.
Les aéroports d’Ajaccio et de Bastia sont les seuls à avoir un autocar qui assure une liaison aéroport/ ville, avec des horaires fluctuants. Les taxis coûtent cher. En revanche, tous les loueurs de voitures sont présents dans les aéroports.

Carte

Avant de partir en vacances, pensez à acheter une carte détaillée qui vous sera très utile durant votre voyage. Les cartes que vous trouverez sur place sont rarement en français et pas toujours très précises.
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Chants

La civilisation de l’île est avant tout orale et il n’y a pas eu de littérature écrite pendant très longtemps. La mémoire populaire vibrait au rythme d’une tradition de poésie chantée. Le voceru, chanté par les femmes, préparait le passage du défunt dans l’autre monde.
Les femmes improvisaient en strophes de six vers, dont trois riment ensemble. Les voceri étaient particulièrement sauvages et émouvants lors d’un décès par mort violente.
L’autre expression de la poésie est le chjiam’e rispondi (prononcer « chiamè »), chanté à l’occasion d’une fête.
Deux adversaires s’affrontent lors d’une joute poétique et improvisent. Les règles sont strictes : les strophes sont faites de trois vers rimés de seize syllabes, chacun coupé d’une césure. A paghjella (prononcer « padiella ») réunit trois voix masculines : la segunda donne la mélodie principale, la terza est plus aiguë et le bassu soutient l’ensemble.
Le chant corse a été classé au patrimoine immatériel de l’Humanité par l’Unesco en octobre 2009, avec l’objectif de sauvegarder un art de vivre ancestral.

Cigarettes

Avis aux fumeurs : le tabac est détaxé en Corse et le paquet de cigarettes coûte près de 30 % moins cher que sur le continent.

Cimetières

« Fà a to tomba indé a to terra é anderai in paradisu ». (Fais ta tombe dans ta terre et tu iras au paradis – proverbe du XIXe siècle).
Pour un Corse, il est toujours impensable de ne pas retourner dans son île pour y être enterré.
Les mausolées, souvent luxueux, étaient autrefois plantés dans les propriétés familiales. De nos jours, les cimetières sont de vrais villages miniatures, toujours situés aux meilleurs endroits. La grande préoccupation des Corses de la diaspora est d’y avoir une concession.

Cuisine et boissons

Cuisine de terroir à base de produits naturels, la gastronomie corse s’inspire directement des recettes de nos grands-mères, qui exigeaient du talent, de la patience et du temps : la soupe corse aux légumes, bien épaisse, les aubergines farcies, l’omelette à la menthe, les pâtes…
Dans un pays pauvre, on ne cuisine qu’avec ce que l’on produit.
Le fromage remplace la viande et les herbes du maquis, sarriette, menthe, nepita (une variété de marjolaine), transforment des plats ordinaires en petites merveilles de l’art culinaire. Et que serait la cuisine corse sans l’huile d’olive !

Spécialités culinaires

Mais sa grande spécialité est la charcuterie paysanne, particulièrement goûteuse, car les cochons sont souvent élevés en liberté et se nourrissent de glands et de châtaignes.
La fabrication familiale fait le reste : salés, fumés au fucone (l’âtre), puis séchés, lonzu (filets), prizuttu (jambon cru), coppa (échine), figatellu (saucisse de foie que l’on fait griller l’hiver au feu de bois, car elle ne se conserve pas), salciccia (saucisson sec et épicé)… ont un parfum particulier. A goûter aussi le cabrettu, cabri en sauce ou rôti, que l’on sert à Pâques, le tianu, ragoût à base de veau et de légumes, le civet de sanglier ou les tripettes. Côté poissons, les truites de torrent s’avèrent excellentes.
Grâce à l’absence de pollution et la présence de nombreux étangs, l’élevage de loups, dorades, anguilles et huîtres s’est développé dans les étangs de Diane et d’Urbino sur la côte orientale.

Marché de Porto-Vecchio (Corse du Sud)

Marché de Porto-Vecchio (Corse du Sud) par: PhilippeCC BY-NC-SA 2.0

Fromages

Une autre spécialité de l’île : les fromages, forts et parfumés, notamment ceux de brebis et de chèvre, comme le très réputé brocciu, qui sert à la préparation d’un délicieux gâteau appelé fiadone.
Le brocciu (appelé aussi indifféremment bruccio, ou brucciu) bénéficie d’une appellation d’origine. Le berger collecte le lait tous les jours et confectionne ce fromage avec du petit-lait chauffé auquel il ajoute 10 % de lait cru entier, de chèvre ou de brebis. Le mélange est de nouveau chauffé au feu de bois, puis brassé. Le berger recueille les flocons de pâte blanche avec une passoire et les verse dans des corbeilles de jonc ou des moules en plastique. Le brocciu frais est préparé de décembre à juillet, au-delà il est dégusté semi-sec, salé ou sec.

Desserts

Les desserts sont rustiques :canistrelli (petits gâteaux secs à l’anis ou aux amandes), falcullele (épaisses crêpes au brocciu cuites sur des feuilles de châtaignier) dans la région de Corte, ambrucciate à Ajaccio, ou délicieux fiadone parfumé de citron.
Enfin, la châtaigne est l’une des bases de l’alimentation populaire. Elle se décline en nicci (crêpes cuites sur des feuilles de châtaignier), pulenta (polenta), en gâteaux ou utilisée pour la fabrication d’une délicieuse bière locale : la Pietra.

Boissons

L’île produit des eaux minérales, plates ou gazeuses, de qualité. Goûter les liqueurs locales, la cédratine (à base de cédrats, une sorte de gros citron) ou la myrte. A l’heure de l’apéritif, le Casanis est toujours le pastis préféré. Plus doux, le vin du Cap, les muscats.
La vigne se déploie sur quelque 9 000 hectares dont 1 500 en appellation d’origine contrôlée. Les vins ont du caractère et chaque région cultive ses particularités. La région du Cap donne des muscats et le clos Nicrosi, un blanc fruité; la Balagne également des blancs.
Les crus de la région d’Ajaccio sont les plus anciens. Les rouges capiteux du Sartenais se sont taillé une belle réputation, comme ceux, blancs rouges ou rosés de Patrimonio, près de Saint-Florent, mis au point à partir d’un même cépage, le Nielluccio. Les vignobles de Porto Vecchio et de Figari donnent des vins rouges classés.

Fêtes et festivals

De nombreux festivals et manifestations historiques se déroulent toute l’année. Dans les villages, des foires rurales permettent de renouer avec les traditions: fêtes du brocciu, du cheval, de l’amandier, de la châtaigne, du miel, etc.
Leurs dates sont toujours annoncées dans la presse locale. Bastia perpétue depuis le XVIIe siècle l’insolite « Relève des Gouverneurs », Ajaccio commémore chaque année la naissance de Napoléon Ier
Chaque village honore son saint patron. La fête commence par une cérémonie religieuse, suivie d’une procession. Elle est l’occasion d’organiser un concours de boules, et, le soir, tout le monde se retrouve au bal populaire.
Avril : la semaine sainte à Bonifacio, Sartène, Calvi, Corte, Bastia… Le Tour de Corse automobile.
Mai : régates impériales à Ajaccio.
Début juin : le Corsica raid.
Juin : Calvi se noie dans les rythmes de son festival de jazz, un de rendez-vous français les plus importants du genre.
Première quinzaine de juillet : Festivoce, florilège de polyphonies dans les villages de Balagne.
8 juillet : la « Relève des Gouverneurs » commémore l’occupation génoise dans la citadelle de Bastia.
Fin juillet : « Nuits de la guitare » à Patrimonio, sur tous les rythmes.
Août : Porto Latino à Saint-Florent, toutes les musiques d’inspiration sud-américaines et espagnoles.
Du 13 au 15 août : fêtes napoléoniennes à Ajaccio, sur les traces de l’Empereur.
8 au 10 septembre : foire du Niolo à Casamaccioli, la procession de la Santa di u Niolo et ensuite des paghjelle (joutes chantées) improvisées.
Octobre : Festiventu, tous les fous de vent se retrouvent au festival du vent de Calvi.
Deuxième quinzaine d’octobre : « festival du film des cultures méditerranéennes » à Bastia, pour favoriser les rencontres entre les peuples de la Méditerranée.
Décembre : les Musicales de Bastia, classique, jazz, chanson, danse, théâtre, le mélange des genres est de rigueur.

Hébergement

Le camping sauvage est dorénavant interdit dans l’île. Les campings sont nombreux et bien équipés. En matière d’hébergement, du gîte d’étape en montagne au 4 étoiles les pieds dans l’eau, tout existe. Locations, résidences de vacances et hôtels abondent sur le littoral.
Dans les villages de l’intérieur, on trouve de petits hôtels rustiques. Les gîtes ruraux se développent et sont en général confortables et bien équipés. Les chambres d’hôtes sont encore rares. D’une manière générale, les prix flambent en juillet et août.

Horaires d’ouverture

Les banques et les administrations sont ouvertes du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h. Ces horaires sont également ceux des musées, généralement fermés à l’heure du déjeuner, sauf l’été dans les grandes villes.

Langue

Cela paraît incroyable tant les administrations génoise puis française ont tout fait pour l’éliminer, mais la plupart des Corses continuent à parler corse. Avant d’être reconnu comme une langue (en 1974 seulement) et enseigné à l’école et l’université, le corse était considéré comme un patois.
Chaque vallée a ses particularismes, on ne parle pas le même corse en Balagne et dans la région de Porto-Vecchio, que dire alors de Bonifacio !
D’une manière générale, le vocabulaire comme la syntaxe sont très influencés par le toscan occidental des XIIe et XIIIe siècles, c’est-à-dire celui de Dante ou de Boccace. Certains particularismes ressemblent également à ceux de la Sicile, d’autres mots viennent du génois.
La langue corse a une tradition orale et son écriture est récente. Cela explique les différentes orthographes, toutes acceptées, pour les mêmes noms. Des mots différents signifient la même chose. Ainsi « personne » peut se dire nimu ounizunnu.

Maquis

« Je reconnaîtrais la Corse, les yeux fermés, à son odeur », disait Napoléon. Les essences de cistes, myrtes, bruyères, arbousiers, pistachiers, asphodèles, immortelles, lavandes, composent le parfum enivrant du maquis. Plus de 120 plantes endémiques sauvages poussent sur l’île.
Il y a les bonnes plantes et les mauvaises, celles qui se mangent et parfument, celles qui portent bonheur ou malheur… voici quelques exemples :
– L’arbousier(l’albitru) : les petits animaux se nourrissent de ses baies. Leur feuillage est utilisé comme décoration pour les mariages.
– Le lentisque(u listincu) sert à désinfecter les tonneaux ou à protéger les vaches et les chiens contre les maladies.
– Le myrte(a morta) est un symbole d’abondance et une promesse de longue vie. Mais on l’utilise aussi pour envelopper la charcuterie à sécher.
– La bruyère(a scoppa) sert à allumer le feu ou le four.
– L’ellébore(a nocca) est vénéneux, mais les bergers enveloppent leurs fromages dans ses feuilles pour mieux les conserver.

Médias

Toute la presse nationale est présente dans l’île. Un quotidien régional paraît tous les matins, Corse-Matin (édition corse de Nice-Matin). Plusieurs périodiques nationalistes sont édités dans l’île, écrits en corse et en français.
La radio régionale Radio Corsica Frequenza Mora émet en français et en corse. France 3 édite deux fois par jour un magazine régional.

Météo

La Corse bénéficie d’un ensoleillement exceptionnel. Des précautions s’imposent cependant avant toute promenade en montagne, en raison des changements climatiques qui peuvent intervenir très vite en altitude et des orages, très violents. Pour connaître la météo pour les 7 jours à venir, 08 36 68 08 08.

Naturisme

Toléré sur certaines plages, il est encore très mal accepté par les locaux.

Processions

La foi religieuse est une des valeurs auxquelles les insulaires attachent le plus d’importance.
De nombreuses processions sont organisées dans la plupart des villages. Pendant la semaine de Pâques, la ferveur religieuse se traduit par des célébrations particulièrement émouvantes.
La procession du Catenacciu (l’enchaîné), à Sartène, est l’une des plus impressionnantes : un pénitent anonyme, vêtu d’une robe et d’une capuche écarlate, vient expier ses péchés en traînant au long des ruelles de la cité une croix de plus de 30 kilos, les chevilles entravées par une lourde chaîne. Il est suivi par un autre pénitent qui représente Simon de Cyrène.
La semaine sainte est célébrée avec la même ferveur à Bonifacio. Les cinq confréries de la ville arborant chacune leurs insignes, leurs tenues de cérémonie, et de somptueuses sculptures de bois peint défilent pieusement à travers les rues de la ville.
Pendant la Granitola de Calvi, les confréries de Saint-Antoine et Saint-Erasme effectuent la procession en marchant pieds nus et la tête couverte d’une cagoule. Le village de Cargèse perpétue le rite orthodoxe.

Randonnée

Le GR 20 est sans doute le plus beau des sentiers de grande randonnée, mais aussi un des plus difficiles. Il traverse la Corse du nord au sud sur 220 km, dépasse souvent les 2 000 m d’altitude et n’est donc praticable dans sa totalité que de juin à octobre.
Il faut compter quinze jours pour le parcourir d’un bout à l’autre. Malgré les onze refuges qui sont disséminés sur sa longueur, il est parfois très éloigné de toute zone d’approvisionnement, ce qui… corse la difficulté, car il faut emporter eau et nourriture.
Outre le GR 20 réservé à l’élite des randonneurs, de nombreux sentiers de randonnée ont été ouverts par le parc naturel. Ils sont fléchés et balisés.
Le Mare e monti, qui va de Calenzana à Cargèse, est sportif mais sans difficultés particulières.
Les sentiers Da mare a mare traversent la Corse d’une côte à l’autre par la montagne (itinéraires de 8 à 10 jours). Accessibles à tous, les itinéraires des sentiers de pays sont en boucle ou linéaires et traversent six petites régions originales : Alta-Rocca, Bozio, Taravu, Venachese, Niolu, Fiumorbo.

Sécurité

Les visiteurs n’ont pas à redouter la violence qui secoue ponctuellement l’île. Comme partout, les pickpockets sévissent. Ne tentez pas le diable en laissant appareils photo ou bagages bien en vue dans votre voiture.

Sports

Plusieurs manifestations s’y déroulent toute l’année, parmi lesquelles « le Tour de Corse automobile », « le Corsica Bike (VTT) », « le Tour de Corse en canoë-kayak », « le Corsica Raid Aventure », etc.
Outre la randonnée, on peut y pratiquer tous les sports aquatiques (mer ou rivière), la plongée sous-marine, l’alpinisme, le VTT, le parapente et le vol libre, et même le ski (bien que l’enneigement soit incertain).

Taxe corse

Chaque voyageur au départ ou à destination de Corse doit acquitter une taxe de transport supplémentaire de 4,5 € par passage. C’est d’autant plus injuste que cet impôt est destiné à financer l’aménagement et la réhabilitation de sites menacés par le développement du tourisme !

Transports intérieurs

Voiture

Les routes sont bien entretenues, mais souvent étroites et sinueuses. Les accidents sont, hélas, trop fréquents et meurtriers. Il ne faut pas hésiter à klaxonner dans les virages et se méfier de la conduite trop sportive de certains automobilistes, locaux ou vacanciers.

Train

Le train est idéal pour découvrir la palette des paysages corses. Le réseau emprunte des vallées oubliées, escalade les cols, s’élance à l’assaut de la montagne dans des passages vertigineux.
Le train corse est né en février 1888, après… trente ans de discussions et seize ans de travaux !
Le réseau compte 232 km, et se déploie en trois branches qui relient Ajaccio à Ponte-Leccia, Ponte-Leccia à Bastia et Ponte-Leccia à Calvi. Le tronçon entre Ponte-Leccia et Ajaccio traverse cinq tunnels (comme celui de Vizzavona, long de 4 km) et 18 viaducs, dont celui conçu par Gustave Eiffel, qui enjambe le fleuve Vecchio sur 140 m.
Affectueusement baptisée Trinichellu (Tremblotin) par les locaux, la micheline s’arrête volontiers pour laisser une vache traverser la voie…
Durée des trajets : Ajaccio-Bastia : 3 h 30 ; Ajaccio-Calvi : 4 h 30.

Usages et politesse

Les Corses sont tout à la fois des montagnards et des îliens. D’où leur caractère fort, orgueilleux et fier. Ils ont le culte de la famille, sont fidèles en amitié et à la parole donnée. Les Corses apprécient qu’on aime leur pays et sont particulièrement hospitaliers. A contrario, tout comportement conquérant ou sans-gêne risque de déclencher de violentes réactions d’agressivité.

Combien ça coûte ?
(prix indicatifs)

Un café1 € à 1,70 €
Un repas au restaurant12 à 30 €
Une bouteille d’huile d’olive12 €
Un fromage du pays7 €
Une croisière entre Calvi et la réserve de Scandola   .26 € (4 h), 30 € pour la journée.

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