Je suis enfin là où j’ai toujours voulu être, Shibuya

PAR CORALIE DENAIS

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Il est 20h et je viens d’arriver à Tokyo, je suis dans mon appartement à Shibuya et j’ai faim. C’est les yeux remplis de fatigue après 14h de vol depuis Paris que je me lance à la conquête de ce quartier que je n’avais vu que dans les reportages à la télé.

J’ai toujours voulu voir de mes yeux ce grand carrefour mythique, là où des milliers de personnes se croisent sans se regarder. Je marche un peu au hasard, il faut dire que je suis terriblement excitée à l’idée d’être à Tokyo, il y a du monde et des couleurs partout, tellement que je ne sais même plus où donner de la tête !

Ce fut le cas jusqu’à ce que je vois une tour qui m’était familière, du moins par photo, la Tour 109, le temple de la mode japonaise. Il fait nuit, mais au milieu de tout ce capharnaüm, de ces musiques, de ces voix, la lumière y est si vive que je me sens prise d’une énergie folle, je suis enfin là où j’ai toujours voulu être, Shibuya. Je ris, je pleurs, je ne sais même plus quoi penser, mais une chose est sure, je suis heureuse.

Et là, je suis en face du fameux carrefour, c’est dingue tout ce monde ! Nous sommes un jeudi soir et j’ai cette impression que les tokyoïtes ne veulent pas rester chez eux, et je comprends pourquoi. Plus je déambule dans le quartier et plus je vois des dizaines de restaurants et il y en a pour tous les goûts !

Du typique japonais, au fast food américain en passant par des crêperies, mais évidemment je choisi du japonais avec une brochette de Kobé, – le boeuf le plus cher du monde ! – et des takoyaki, des petites boules de pâtes renfermant de la pieuvre que j’ai toujours eu envie de goûter.

Et ce fut délicieux, je sens que la gastronomie japonaise va beaucoup me plaire !

Je décide d’aller faire un tour dans le temple de la mode, la tour 109, histoire de me mettre dans l’ambiance à la japonaise, même si en moins d’une heure j’ai déjà une idée de comment va se passer mon périple ici.

Je suis en direction de la tour quand je remarque un japonais qui a une pancarte du bout de ses bras « free hugs », je n’ai même pas réfléchi et je suis allée le serrer dans mes bras, comme si je lui montrais toute ma gratitude à être ici. Nous avons un peu discutés et je me suis dit que les japonais, du moins les tokyoïtes étaient adorables et aimait beaucoup voir des étrangers chez eux – surtout les français, à ce que j’ai compris.

Me revoilà en quête d’assouvir mon côté fashionista, et je viens à peine de passer les portes de la tour argentée que j’entends des voix étranges et stridentes.
Irasshaimaseeeeeeeee !! A chacun de mes pas devant une boutique, des vendeurs se mettent à crier ce mot pour m’attirer dans leur antre de la mode, mais en réalité je vais juste m’attirer des acouphènes !

Une heure et 150 irasshaimase plus tard – il y a 10 étages, c’est grand, très grand – je décide de faire un tour dans une autre partie du quartier, la colline des Love Hotels – ou Dogenzaka, qui est juste derrière la tour 109. C’est dans les hauteurs de Shibuya qu’on rencontre de petits hôtels mignons pour passer quelques heures avec son amour ou son amant, et j’ai voulu voir ça de mes propres yeux car c’est plutôt amusant et il y en a des tas entre les bars et boites de nuit !

Mais il est tard, et je rebrousse chemin pour rentrer à mon appartement, lorsque j’aperçois un bar à chat du Bengale, je me dit que ma liste de choses à faire à Tokyo risque d’être très longue, pour mon plus grand bonheur.