Kalahari

Immense étendue sauvage et désertique qui reçoit trop de précipitations, le Kalahari n’est pas un vrai désert, mais un dépôt de sédiments sableux. Ce territoire semi-aride, constitué de broussailles, de savane et de forêts, abrite au cœur de ses quatre réserves ou parcs naturels une vie sauvage qui s’est incroyablement adaptée aux conditions extrêmes. C’est aussi le cas des San, ses premiers habitants, qui sont encore présents dans le Kalahari central. Plus au nord, les étonnants déserts salins de Makgadikgadi, bordés d’improbables baobabs, surprennent et fascinent à la fois.
Le Kalahari est un espace infini, grandiose, silencieux, enchanteur… Comme pour la plupart des régions du Botswana, l’hiver austral (d’avril à octobre) est la meilleure période pour le visiter. Les températures y sont supportables, voire froides la nuit, et les animaux sont plus faciles à observer puisque tous rassemblés aux points d’eau. Cependant, l’été (de novembre à mars) n’est pas à négliger si l’on visite le Makgadikgadi. La saison des pluies est en effet idéale et unique pour observer les oiseaux (résidants et migrateurs) et les impressionnantes migrations de zèbres et de gnous.

Kgalagadi Transfrontier Park

Ouvert toute l’année du lever au coucher du soleil. Entrée payante. Côté Botswana, une réservation auprès du Bureau des parcs nationaux (DWNP) à Gaborone est nécessaire.
Autrefois connu sous le nom de Gemsbok National Park, le nouveau parc transfrontalier du Kgalagadi a ouvert ses portes en mai 2000. A cheval entre le Botswana et l’Afrique du Sud, c’est le premier parc transfrontalier d’Afrique. Il est géré conjointement par les deux pays comme un seul et unique territoire et permet à la faune de se mouvoir en toute liberté sur près de 38 000 km2.
Ses paysages spectaculaires de vastes prairies et de dunes de sable rouge accueillent une large faune. Ainsi, les oryx ou gemsboks (emblèmes du parc), les gnous, les élands et les springboks partagent les lieux avec les lions à crinière noire, les guépards, les hyènes, les chacals et plus de 250 espèces d’oiseaux.

Kalahari Gemsbok National Park (côté sud-africain)

Entrée à Twee Rivieren, au sud du parc, à 53 km au nord de Bokspits. 3 restcamps offrent hébergement, camping et ravitaillement en nourriture, eau et essence.
Une carte recensant toutes les pistes et points d’eau où sont concentrés les animaux facilite la découverte du parc sans l’aide d’un guide. L’essentiel de la faune se réunit dans le lit des rivières Nossob et Auob, généralement à sec, où des points d’eau artificiels ont été aménagés.

Mabuasehube Game Reserve

Accessible par le sud via Tshabong (à 85 km), par le nord via Tshane (à 146 km) et par l’est via Werda (à 140 km). Un 4 x 4 est nécessaire. 7 emplacements de camping sommaires.
Cette petite réserve de 1 800 km2, située à la pointe orientale du Kgalagadi Transfrontier Park, est composée de plusieurs pans, chacun entouré de très belles dunes rouges de 30 m de hauteur. Mabuasehube signifie d’ailleurs « sol rouge », comme le sont les sables du Kalahari, imprégnés d’oxyde de fer. Pendant la saison des pluies, de nombreux animaux viennent s’y abreuver (oryx, springboks, élands et gnous, ainsi que lions, léopards et oiseaux de toutes sortes).

Kalahari central

C’est l’Afrique lointaine, reculée et mystérieuse. Vaste étendue de sable, ponctuée de quelques immenses plaines ouvertes, de savanes arbustives ou arborées, de lits fossilisés d’anciennes rivières et d’occasionnels pans salés, le Kalahari central abrite deux grandes réserves naturelles où la faune, bien que moins nombreuse que dans les réserves et parcs botswanais du nord, se concentre autour des pans.

Central Kalahari Game Reserve

Accès à Matswere, au nord-est de la réserve, à 40 km de Rakops. Ouvert toute l’année du lever au coucher du soleil. Entrée payante. Réservation auprès du Bureau des parcs nationaux (DWNP) à Gaborone. Autosuffisance, 4 x 4 et GPS sont nécessaires. Emplacements de camping sans aucune infrastructure.
Au cœur même du Botswana, se trouve l’une des plus grandes réserves du monde, couvrant une superficie de 52 800 km2. Cette terre aride et inhospitalière abrite de nombreuses vallées d’une grande beauté.
Etablie en 1961 pour permettre aux San de perpétuer leur mode de vie ancestral, elle est aujourd’hui principalement utilisée pour la conservation de la vie sauvage. Les parties sud et ouest abritent cependant toujours des populations san dans des petits villages comme Xade. Cette réserve du Kalahari central est encore une terre vierge, sans route, sans infrastructure et sans aucun signe de « civilisation », que le gouvernement tient à maintenir en l’état.

Sites à visiter

Quatre lits de rivières asséchées (Passage, Letiahau ou Deception, Okwa et Quoxo) forment des vallées au relief qui contraste légèrement avec les amples étendues planes de savane et de buissons épineux. Tout autour, les cuvettes argileuses ou pans attirent de nombreux animaux. Au nord essentiellement, ces pans sont alimentés en eau par pompage.
C’est donc près des pans Leopard, Sunday, Passage, Piper et, les plus connus et visités, Letiahau et Deception, que l’on a le plus de chances d’apercevoir les animaux. La plupart des visiteurs établissent leur camp de base autour de Deception Valley, rendue célèbre par « Le Cri du Kalahari »,l’ouvrage de Delia et Mark Owens. C’est ici en effet que les jeunes chercheurs effectuèrent, de 1974 à 1981, leurs études sur la hyène brune. Les lieux sont connus pour leur beauté mystérieuse et fascinante.

La faune

Outre les hyènes brunes et les lions à crinière noire, qui ne sont pas rares à Deception Pan, la faune est quasiment la même que celle du Kgalagadi Transfrontier Park. On observe ainsi une grande concentration d’oryx, vedettes du désert qui arrivent à réguler la température de leur corps, des springboks, des gnous, des suricates, des ratels, des autruches, des chacals, des reptiles, des insectes et bon nombre d’oiseaux.

Khutse Game Reserve

A 226 km de Gaborone. Ouvert toute l’année du lever au coucher du soleil. Entrée payante. Réservation auprès du Bureau des parcs nationaux (DWNP) à Gaborone. Un 4 x 4 est conseillé. 8 emplacements de camping sommaires, dépourvus d’eau courante et de ravitaillement essence.
Cette petite réserve de 2 500 km2, à la lisière sud du Kalahari central, est, du fait de sa proximité avec la capitale, un lieu d’excursion très prisé des habitants de Gaborone. Elle se caractérise par un grand nombre de pans et par une végétation de savane arbustive. Bien que la faune soit peu abondante en raison des fréquentes sécheresses, on observe les mêmes espèces que dans le Kalahari central, notamment le caracal, incarnation pour les San de l’étoile du matin. Une croyance qui s’explique par l’habileté du félin à bondir dans les airs pour attraper les oiseaux  !

Pans de Makgadikgadi

Ce sont des déserts salins, vestiges d’un immense lac, le plus grand d’Afrique, qui recouvrait la région il y a plusieurs dizaines de milliers d’années. On suppose que le lac était alimenté par le Zambèze, l’Okavango et la Chobe, sur 60 000 km2 et 60 m de profondeur. Les mouvements de la surface terrestre et les changements climatiques sont probablement à l’origine de son assèchement. Aujourd’hui, ces grandes étendues salines couvrent 12 000 km2. Elles sont essentiellement composées de deux grands pans ou dépressions, Sowa et Ntwetwe, sûrement les parties les plus profondes de l’ancien lac, qui sont recouvertes par les pluies en début d’année.
Immédiatement après, le désert fleurit et attire des milliers d’oiseaux aquatiques qui viennent se nourrir d’algues et de minuscules crustacés restés en sommeil sous la croûte sodée des pans. Tout autour, de vastes prairies couvertes de palmiers accueillent les animaux des plaines. La beauté mystérieuse des lieux, qu’en plein été les mirages rendent encore plus insaisissables, le silence presque religieux et l’impression d’espace infini suscitent une réelle attraction.

Sowa Pan

C’est l’un des deux grands pans de Makgadikgadi, composé en surface d’une immense couche d’argile incrustée de sel. La plupart des visiteurs se rendent dans la partie nord du pan de Sowa (la plus accessible) et dans le Nata Sanctuary. Kubu Island, au sud, nécessite effectivement un peu plus de temps et d’organisation pour s’y rendre, mais l’endroit réserve de bien belles surprises.

Les San, peuple du Kalahari… Pour combien de temps encore ?

Premiers habitants d’Afrique australe, les San ou Bushmen (« hommes de la brousse ») sont arrivés dans le Kalahari il y a environ trente mille ans. Ces petits hommes à la peau brun clair et au langage à base de clicks ont toujours été parfaitement adaptés aux rudes conditions du désert. Chasseurs-cueilleurs, ils se déplaçaient en petits groupes, suivant les points d’eau, à la recherche de gibier et de plantes comestibles.
En 1997, pour les intégrer à la société botswanaise, le gouvernement les força à quitter la réserve du Kalahari central, créée pourtant au départ pour qu’ils perpétuent leur mode de vie ancestral. Partis travailler dans les fermes, leurs traditions se perdent, et un grand nombre d’entre eux, en proie à l’alcoolisme, dépérissent. Seuls quelques résistants vivent encore dans le désert.

Nata Sanctuary

A 17 km au sud-est de Nata, sur la route de Francistown. Ouvert tlj de 7 h à 19 h. Entrée payante. Un 4 x 4 est nécessaire pendant la saison des pluies. Possibilité de camper sur place.
C’est à l’extrême nord-est du pan de Sowa que se trouve cette petite réserve de 250 km2, souvent nommée à tort Nata Bird Sanctuary. Elle abrite certes plus de 165 espèces d’oiseaux, mais également des antilopes, des zèbres, des chacals, des renards, des singes et des écureuils. A la saison des pluies, elle devient un vrai paradis pour des milliers d’oiseaux migrateurs venus de toute l’Afrique pour se reproduire. Les flamants roses et les pélicans en sont la principale attraction.

Kubu Island

Entre 4 h et 6 h de route depuis Nata ou Rakops. Un 4 x 4 et un GPS ou les services d’un guide sont nécessaires. Possibilité de camper sur place en autosuffisance.
Au sud-ouest du pan de Sowa, comme surgie de nulle part, une lande granitique, couverte d’immenses baobabs, émerge à 20 m au-dessus d’une mer de sel. La vision de cette oasis de poussière est fascinante. Mais c’est à la nuit tombée que le spectacle prend toute sa dimension. Le reflet de la lune sur la surface blanche du pan donne aux lieux une atmosphère surnaturelle.
Le mystère sur les origines des premiers habitants de l’île rend l’ambiance encore plus irréelle : des objets et outils remontant à l’âge de pierre, un enclos de pierre datant de l’âge de fer et un lieu encore sacré pour les tribus voisines qui viennent s’y recueillir.

Ntwetwe Pan

C’est la seconde dépression majeure de Makgadikgadi, plus grande encore que Sowa, mais de forme irrégulière. Toute la partie est du pan est protégée. C’est donc l’ouest que l’on visite, souvent dans le cadre d’un safari organisé ou depuis l’un des trois camps possédant un lodge sur les pans. Les hôtes de ces lieux d’exception proposent des excursions à pied, en 4 x 4 ou en quad vers les paysages désertiques des immensités blanches. Elles permettent de palper de plus près ces couches de surface, sèches et craquelées, composées d’argile salée.

Makgadikgadi Pans et Nxai Pan National Parks

Ouvert toute l’année du lever au coucher du soleil. Entrée payante. Réservation auprès du Bureau des parcs nationaux (DWNP) à Maun. 4 x 4 et autosuffisance sont nécessaires. 6 campings sommaires pour les deux sections.
Depuis 1993, la Makgadikgadi Game Reserve et le Nxai Pan National Park ne forment plus qu’un seul parc, le Makgadikgadi Pans et Nxai Pan National Parks. Traversé par la route reliant Nata à Maun, il couvre au total 7 500 km2.

Section Makgadikgadi Pans National Park

A 141 km de Nata et 164 km de Maun. Entrée à Khumaga, à l’ouest du parc.
Sur 4 900 km2, cette section du parc est composée de différents environnements : des cuvettes argileuses rejoignant au sud la grande dépression de Ntwetwe, de vastes prairies au nord et des savanes à la végétation plus dense à l’ouest. Pendant la saison sèche, les animaux se concentrent autour de la rivière Boteti, pourtant asséchée depuis les années 1990.
Mais, à la saison des pluies, de novembre à mai, les pans se remplissent d’eau et, entre février et avril, d’énormes troupeaux de zèbres et de gnous migrent vers les pans du nord et de l’est. Lorsque les pluies cessent, ils repartent vers l’ouest et la Boteti. Les impalas, oryx, bubales, koudous et leurs prédateurs les lions, les hyènes et les guépards sont également présents. Lors des saisons de pluies exceptionnelles, il est possible d’observer aux abords de la Boteti des populations d’hippopotames, d’éléphants et de buffles, ainsi que de nombreux oiseaux migrateurs.

Section Nxai Pan National Park

A 140 km de Maun et 60 km de Gweta. Entrée à Makolwane, au sud du parc.
C’est dans le sud de cette section, qui couvre 2 600 km2, que l’on trouve les célèbres baobabs de Baines. Les grandes étendues de mopanes et d’acacias, typiques de cette partie, donnent parfois au parc des allures de Serengenti (Tanzanie), surtout lors des grandes migrations de zèbres et de gnous. Les cuvettes argileuses sont, elles, recouvertes d’herbe et attirent de nombreux animaux, les mêmes que ceux de la partie sud, mais également des autruches, des girafes, des léopards, des otocyons et des lycaons.

Des baobabs qui n’ont pas pris une ride !

Séduit par un massif de sept énormes baobabs situés au sud du parc de Nxai Pan, l’artiste, naturaliste, cartographe et explorateur Thomas Baines les immortalisa sur sa toile le 22 mai 1862. Il est vrai que la proximité inhabituelle de ces sept arbres majestueux présente un très joli tableau, surtout lorsque le pan est rempli d’eau. Une comparaison avec la peinture de Baines aurait révélé qu’en cent quarante ans les modèles n’auraient presque pas bougé… Seule une branche se serait cassée !

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