Ile de Santiago

Siège de la capitale du Cap-Vert, Praia, Santiago est la plus grande île de l’archipel (991 km2) et regroupe 55 % de la population (236 000 hab.). Elle capitalise la moitié de la surface agraire de l’archipel grâce à la pluviométrie satisfaisante de ses deux massifs montagneux. Ici, la fertilité l’emporte sur l’aridité. Les hommes, infatigables travailleurs, veillent. Grâce à ses ribeiras, l’île de Santiago essentiellement agricole est le véritable jardin du Cap-Vert. Les excursions sont facilitées par un bon réseau de routes pavées et de pistes. Avec ses plages et son relief découpé, l’île offre un condensé des paysages capverdiens. Santiago conserve une africanité marquée qui s’exprime dans la vie quotidienne et la culture : fêtes et danses traditionnelles, styles musicaux tels que le batuque et la funana. Praia n’a pas le charme de Mindelo mais cette ville animée s’impose comme un centre névralgique et un carrefour culturel.

Praia, la capitale du Cap-Vert

Praia est devenue une petite mégalopole puisqu’elle regroupe près du quart de la population du Cap-Vert (105 000 hab.). Son extension relève d’un urbanisme sauvage qui évoque les agglomérations africaines : chantiers, terrains vagues, habitat sommaire en préfabriqué, pâtés d’immeubles flambant neufs, grandes artères embouteillées par un trafic anarchique. Le quartier du Platô (le « plateau ») forme son centre-ville animé. 

La nouvelle capitale 
La capitale du Cap-Vert fut longtemps Ribeira Grande, rebaptisée depuis Cidade Velha (« la vieille ville »). Elle rayonna pendant trois siècles en suscitant bien des convoitises. Maintes fois harcelée, attaquée et pillée, elle a décliné en parvenant pourtant à maintenir sa suprématie. Mais en 1712, un ultime raid de pillards scelle sa chute. Les troupes du pirate Jacques Cassard, à la tête d’une armada de dix navires, anéantissent la ville. Dès 1515, Praia avait accueilli une petite colonie et végétait dans l’ombre de Ribeira Grande. Le coup fatal porté à cette dernière confirme une évidence : son port abrité est mieux protégé. En 1769, le gouverneur quitte Ribeira Grande et s’installe dans la nouvelle capitale, Vila da Praia de Santa Maria. Sa taille est encore modeste mais elle se développe, accueille des docks et accède en 1869 au rang de « Cidade de Praia de Santiago ».

Marché de Sucupira 
Avant de monter vers le plateau, les chineurs, les fashion victims ou les simples curieux pourront déambuler dans une sorte de marché aux puces pittoresque. De nombreuses ethnies africaines sont regroupées à Praia et s’activent dans un commerce tous azimuts. Les marchands rompus au racolage proposent un vaste choix de vêtements, parfois posés à même le sol. Les collectionneurs de tee-shirts seront à la fête en découvrant des modèles inconnus en Europe et les amateurs de pacotilles comblés par la profusion de masques et de statuettes sans grand intérêt mais qui sont l’occasion de savoureux marchandages.

Le Platô 
Surtout actif pendant la journée en semaine (le soir et le dimanche, le quartier est désert et à éviter), il regroupe les bureaux et les banques, de nombreux cafés, ainsi qu’un large éventail de boutiques – dont les fameuses lojas : des épiceries couleur locale où l’on trouve de tout, à boire, à manger et le reste. Peu de demeures coloniales ont résisté au temps mais l’ensemble dégage une grande vitalité grâce à son effervescence : commerçants, lycéens, fonctionnaires, marchands ambulants, femmes en boubous coiffées de cuvettes remplies de légumes ou de poissons se côtoient dans un spectacle vivant, coloré et cosmopolite. 

Place 10 de Maio 
Cette petite place est très fréquentée par la jeunesse de Praia. Des groupes de lycéens s’y retrouvent et l’animation est assurée. Elle donne sur un belvédère qui offre un large panorama sur le port, l’îlot de Santa Maria et le phare D. Maria Pia qui vire au rose au crépuscule.

Place Albuquerque 
La plus grande place de Praia, de dimension modeste, est bordée de belles maisons colorées, d’une grande église aux proportions harmonieuses, la Igeja Matriz, et du palais de justice. En son milieu, un kiosque à musique accueille régulièrement des fanfares et des petites formations philharmoniques. C’est le lieu idéal pour observer, assis sur un banc, le ballet chatoyant de la vie quotidienne.

Palaçio da Cultura 
Place Albuquerque. Ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 14 h 30 à 18 h 30, le samedi de 10 h à 13 h. Entrée gratuite.
L’un des plus beaux édifices restaurés du Platô. Ce palais est représentatif de la modernité de la capitale puisqu’il propose de nombreuses activités : librairie, vidéothèque, café-concert, expositions régulières, conférences.

Centre culturel français 
Rua Andrado Corvo, juste derrière le palais de justice. Ouvert du mardi au vendredi de 9 h à 12 h et de 14 h 30 à 18 h 30, le lundi de 14 h 30 à 18 h 30 et le samedi de 10 h à 13 h. Entrée gratuite.
C’est un endroit convivial très fréquenté par les francophiles, les étudiants et les visiteurs désireux de prendre des nouvelles du pays au travers de la presse et de la télévision française. Le petit bar situé dans le patio intérieur est un sympathique lieu de rendez-vous prisé par les habitants de Praia.

Musée ethnologique
Près de la place 10 de Maio. Ouvert du lundi au vendredi de 8 h à 12 h et de 14 h à 18 h. Entrée payante.
Ce tout petit musée, rénové depuis peu, permet de se familiariser avec l’histoire et la culture du Cap-Vert. Il est passionnant et très bien fait.

Quintal da Música 
Avenue Amilcar Cabral. Ouvert du lundi au samedi de 9 h 30 à minuit. Entrée gratuite, sauf pour les concerts programmés le week-end.
Aménagé dans une grande maison traditionnelle restaurée, ce lieu possède un incomparable cachet. Rendez-vous incontournable des musiciens professionnels et des amateurs, c’est également une scène ouverte à toutes les expériences grâce à un équipement professionnel. On y taquine le rap ou le hip-hop aussi bien que le funana. Un bar propose de délicieux punchs.

Musée archéologique 
Chã d’Areira, rue de CV Telecom. Ouvert du lundi au vendredi de 8 h à 12 h 30 et de 14 h à 18 h. Entrée payante.
Ouvert depuis octobre 2008, ce nouveau musée regroupe tous les vestiges retrouvés sur les épaves ayant fait naufrage dans les eaux de l’archipel. Les explications sont claires et le personnel prêt à répondre aux questions des visiteurs. Idéal pour les chercheurs de trésor en herbe !

Suivez le guide ! 
Une courte marche sur la pointe de Temerosa mène au petit phare qui se visite. On bénéficie d’un point de vue différent sur le port de Praia.

Suivez le guide ! 
La Casa Feba qui donne sur la place Albuquerque, la plus typique des anciennes lojas, conserve une décoration et un mobilier d’un autre âge.

Les quartiers résidentiels et les plages de Praia 
Avec ses quartiers chics, Praia retrouve ses prérogatives de capitale. De belles demeures environnées de végétation forment les quartiers d’Achada do Santo Antonio et de Prainha, occupés par les diplomates, les coopérants et la bourgeoisie de Praia. Plus bas, les plages de sable brun de Quebra Canela et Prainharestent très agréables en dehors des week-ends où elles sont littéralement envahies. Dans ce cas, on pourra tenter sa chance vers le port sur la plage de Gamboa. Enfin, le soir, c’est dans l’Achada do Santo Antonio qu’il fait bon flâner, comme bon nombre d’habitants de Praia, pour prendre un verre ou manger un morceau.

Excursion à Cidade Velha 
Le site historique du Cap-Vert décevra les passionnés d’histoire. Ne subsistent de la florissante Ribeira Grande que des vestiges peu en rapport avec son rayonnement d’antan. La modestie de ce témoignage confère un réel charme au village de Cidade Velha. Les ruines de l’imposante cathédrale donnent une touche romantique au lieu. Malgré l’obtention de crédits alloués par des organismes internationaux, l’ancienne capitale, qui postule à l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco, peine à retrouver son lustre. La forteresse São Filipe, édifiée en 1585, a bénéficié d’une restauration exemplaire. Surplombant la ville, elle offre un beau panorama sur la ribeira encaissée dans un canyon. A gauche de la forteresse, on se promènera dans un petit quartier populaire à flanc de colline. L’accueil est très sympathique.
Au centre de Cidade Velha, le pelourinho (le pilori), seul vestige emblématique de l’époque de l’esclavage, repose modestement. Bordée de vieilles maisons en terre, cette placette se transforme en agora et en terrain de basket. En bord de mer, des femmes accroupies préparent des brochettes de poulet à déguster dans un café-restaurant ou sur la jolie plage de sable noir. Dans ce lieu où l’ambiance est très conviviale, on perçoit nettement la spécificité africaine de l’île de Santiago. Plus loin, des maisons blanches traditionnelles tapissent l’embouchure de la ribeira fertile. On y trouve des chambres chez l’habitant. C’est un lieu fréquenté par les voyageurs au long cours. En suivant la route qui mène vers Porto Mosquito, on trouve quelques sites protégés, entre des rochers, pour la baignade. On peut également remonter la ribeira jusqu’à la source près du couvent de São Francisco.

Aguas Verdes 
A l’ouest de la ville, une route mène vers le village de Salineiro. Un peu plus loin, on découvrira au fond d’un canyon impressionnant une allée de verdure hérissée de grands cocotiers. Agua Verdes est un petit miracle : l’eau s’écoule et l’on observe un joli patchwork de vêtements bariolés qui sèchent au soleil.

La route du Nord

L’île de Santiago est riche en sites d’excursion, notamment ses belles ribeiras. Les aluguers relient la plupart des villages mais ce type de transport nécessite une logistique assez complexe si l’on souhaite faire des haltes prolongées. Il est préférable de louer une voiture à Praia. Une route centrale relie Praia, la capitale, à Tarrafal, à 75 km au nord de l’île. Un bon réseau permet de rayonner à partir de cet axe central vers le littoral. On rejoindra la côte est au départ de Tarrafal en effectuant ainsi un circuit en boucle d’environ 200 km. Si ce circuit est réalisable dans la journée, il serait dommage de s’en tenir à cette formule plutôt expéditive. 

De Praia à Assomada 
Les 10 km qui séparent Praia du village de Variante traversent des zones arides mais, peu à peu, les arbres et les fleurs apparaissent le long du village de São Domingos coiffé de son église et orné de grappes de bougainvillées. A l’entrée du village, un modeste centre artisanal, le Centro de apoio a produção popular,propose quelques créations non dénuées d’intérêt (vannerie, pagnes de coton, poteries). Peu fréquent au Cap-Vert, cet endroit a le mérite d’exister. A la sortie de São Domingos, sur la gauche, une belle excursion le long d’une route pentue mène, via Rui Vaz, vers le Monte Chota (1 050 m). On traverse une zone fertile et boisée, émaillées de très beaux points de vue sur l’île. Acacias, eucalyptus, sisals et bougainvilliers embaument l’air. Cette végétation est le fruit d’une politique exemplaire de reboisement. Les randonneurs pousseront jusqu’à Longueira, point de départ d’une marche vers le point culminant de l’île, le Pico da Antónia (1 394 m). Cette balade tranquille prend de 6 à 7 h (aller-retour). Du sommet, on aperçoit le cône volcanique du Fogo.
A 4 km au nord de São Domingos, une route sommaire part du village de Godim et conduit à l’église de Nossa Senhora da Conceição. Après Godim, on quitte la route principale pour rejoindre, à 24 km de Praia, le village de São Jorge dos Orgãos qui ne dévoile pas tout de suite son plus beau secret : le jardin L. Grandvaux Barbosa.

Jardin botanique 
Première route à gauche après le village (poteau indicateur). Ouvert de 9 h à 18 h. Entrée gratuite.
Grâce à un microclimat, il a été possible de réaliser patiemment cet étonnant jardin botanique pilote. Constitué de 110 essences végétales dont 10 % appartiennent à des espèces rares et menacées, ce havre de paix fait la fierté des insulaires. On observera les essences endémiques de l’archipel.
La route remonte vers le nord en dévoilant sur la droite une belle image : l’église élancée, campée sur deux clochers graciles, du village de Picos accroché sur un éperon rocheux. La rue principale de Picos aligne des maisons pimpantes dans un environnement végétal prodigue : rouge profond des hibiscus, pourpre, rose et violet des bougainvillées, touches délicates d’un blanc cassé des odoriférants frangipaniers. Peu avant d’arriver à Assomada, une route à droite mène au village de Fonte Lima, renommé pour ses poteries. De là, on peut se balader dans la vallée Enghenhos restée très africaine dans ses traditions.

Suivez le guide ! 
La petite église de Nossa Senhora da Conceição, érigée en 1822, n’est ouverte qu’une fois par an, le 22 février. Perdue, elle symbolise l’isolement et la ténacité des insulaires.

D’Assomada à Tarrafal 
La route plonge vers le plateau d’Assomada, la zone la plus fertile de l’île. La ville d’Assomada, en pleine expansion, se présente comme un vaste chantier. Mais elle conserve son âme grâce à son célèbre marché.

Marché d’Assomada 
C’est un vrai marché à l’africaine, la référence incontournable au Cap-Vert. Sur les étals ou à même le sol, on détaille une grande variété de fruits et de légumes d’origine européenne et tropicale. Papayes, mangues, bananes, manioc, taro, igname, patate douce suscitent l’intérêt d’une clientèle venue parfois de loin pour s’approvisionner.
Entre Assomada et Tarrafal, la route monte à travers la montagne jusqu’à la serra Malagueta (1 064 m) et traverse des paysages fantastiques, souvent noyés de brume. Randonnées conseillées dans la montagne avec de bonnes chaussures.

Tarrafal 
Le cadre de ce village de pêcheurs bordé par une belle plage en demi-lune piquetée de cocotiers est plutôt enchanteur. Les bateaux de plaisance fréquentent cet excellent mouillage. Rançon du succès, Tarrafal et ses environs sont soumis à un pilonnage urbanistique sauvage et anarchique. Toutefois, le week-end, le site prend des allures de kermesse balnéaire. L’ambiance est familiale et très sympathique.

Plage de Chao Bom 
A 2 km au sud de Tarrafal, les planchistes apprécieront cette plage. Avec plus de plaisir encore s’ils ont auparavant visité le pénitencier de sinistre mémoire.

Le pénitencier de Chao Bom 
Ce pénitencier fut édifié en 1936 pour recevoir des prisonniers de droit commun rejetés des prisons classiques sur le continent et des prisonniers politiques. Une distinction quelque peu floue pour le dictateur portugais Salazar. Durant 20 ans, 200 opposants seront soumis à des conditions de détention peu enviables. Promiscuité, manque d’hygiène, maladies tropicales décimèrent un grand nombre d’entre eux. En 1956, le pénitencier change de statut : les « politiques » seront désormais transférés en Angola et Chao Bom n’accueillera plus que des « droit commun ». Mais les guerres coloniales d’indépendance issues de la création du PAIGC vont renvoyer de nouveaux opposants sur l’île de Santiago. En 1974, le pénitencier est définitivement fermé. Actuellement à l’abandon, il abrite un tout petit musée.

Ribeira da Prata 
En dépassant la plage de Chao Bom, on arrive à Ribeira da Prata, un joli village de pêcheurs blotti sur une belle étendue de sable basaltique très ventée.

La côte ouest

Très protégée, on y accède à partir de la route reliant Assomada et Tarrafal. Depuis Assomada, on peut se rendre en aluguer ou en 4×4 au village préservé de Porto Rincão. A 7 km d’Assomada, une route pittoresque sur la gauche mène, quant à elle, au village de pêcheurs de Ribeira da Barca, situé au creux d’une vallée où poussent les cocotiers, les manguiers et les orangers. De là, une excursion en barque (30 min) vous mènera à une véritable merveille : la grotte volcanique d’Aguas Belas qui possède une plage à l’intérieur. Un bijou ! 

La côte est

La route est qui mène de Tarrafal à Praia longe la côte sur environ 40 km jusqu’à Pedra Badejo, puis redescend vers Praia. 

De Tarrafal à Pedra Badejo 
Les ribeiras dont l’embouchure croise la route côtière offrent de bien belles promenades à travers des paysages sauvages, amadoués par l’ingéniosité et le travail d’une communauté courageuse et chaleureuse.

Ribeira Principal 
Accessible en voiture, cette ribeira évoque la vie agreste de Santo Antão. Cultures en terrasses, petites oasis, plantations se succèdent jusqu’au pied de la Serra Malagueta.
Une partie de la ribeira dos Flamengos est praticable avec un véhicule classique. Celle de Salto exige un 4×4.
Le village de Calheta possède une petite plage de galet mais c’est Pedra Badejo, la ville principale de la côte est, qui rallie les suffrages des insulaires (festival de musique) et des promoteurs. Malgré les projets immobiliers en cours (un complexe hôtel est en cours de finition et une marina est prévue), la ville est charmante.

Suivez le guide ! 
2 km après Pedra Badejo, une piste mène à la jolie plage de Mangue, ornée d’une autre œuvre d’art conceptuel typiquement capverdienne : une imposante épave.

De Pedra Badejo à Praia 
A 2 km de Pedra Badejo, un embranchement propose deux itinéraires de retour sur Praia. La route pavée qui rejoint le centre de l’île s’ouvre vers la gauche sur une petite route qui s’enfonce dans la ribeira Seca jusqu’à Godim : une belle balade de 10 km. La route directe continue sur Renque Purga puis à 7 km, bifurque vers Praia Baixo, un village de caractère pourvu d’une petite plage. Plutôt que de revenir en arrière, on suivra à la sortie du village une piste qui mène vers Portal et Vale da Custa. On rejoindra à pied les plages de São Francisco et São Tome, les deux perles blanches de Santiago. São Francisco fait le bonheur des planchistes car le vent et les rouleaux sont au rendez-vous. Les vrais mordus pourront planter une tente dans les parages et s’abriter à l’ombre de quelques cocotiers. Ils devront prévoir boisson et nourriture.