La carte n’est pas le territoire

PAR NAUDIN CATANEO

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Plutôt que la destination, c’est le chemin qui fait le voyage, en particulier dans cette aventure guatémaltèque !

            Au départ tout est bien ficelé, réglé comme du papier à musique : tu es avec ta camarade du moment, pris en main par les locaux qui captent la manne touristique, direction un van, moyen classique pour joindre deux endroits par la route, pour les occidentaux tout au moins…

Alors que nous arrivons presque au parking, nous croisons la route de deux baroudeurs espagnols. Ils racolent le voyageur un peu aventurier: « Where are you going guys ? – Lanquin. – Same here, let’s hit the road together ! ». Les deux compères sont très sympathiques, nous expliquent qu’ils traversent l’Amérique centrale à bord d’un camping-car Mercedes acheté au Mexique : le deal est de partager les frais d’essence et un bon moment ensemble. En une demi-seconde la décision est prise, Maria est enthousiaste et moi aussi, ça nous changera du sempiternel van, peu confortable qui plus est.

            Nous embarquons après avoir fait le plein de vivres et c’est parti pour un nouveau mode de voyage ! Nous nous dirigeons un peu à l’ancienne, carte en main, comme du temps des Michelin auxquelles se fiaient mes parents pour sillonner la France, ce qui pouvait réserver quelques surprises…

Après environ trois heures au fil d’une route très convenable, un croisement, et un choix s’impose : à gauche le chemin semble plus court, à droite il nous emmènerait aussi à destination mais la distance est plus grande. Nous prenons donc à gauche, confondant la carte et le territoire

Subitement le bitume laisse place à un chemin rocailleux et notre point d’arrivée semble s’éloigner à mesure que nous avançons, à 10km/heure en moyenne ça risque d’être un peu plus long que prévu.  La route étant très mauvaise et ne voulant crever un pneu de nuit au milieu de nulle part, nous voilà contraints de trouver un endroit où stationner pour dormir.

Un terrain adéquat –  type aire de repos –  jouxtant une maison et entouré de collines se présente à nous. Après avoir sollicité les habitants, nous sommes autorisés à prendre nos quartiers pour la nuit.

La famille qui habite l’unique cahute visible nous invite à faire le tour du propriétaire, c’est modeste –  un sol de terre, des planches de bois pour les murs, un toit de tôle –  mais propre. Les femmes de la maison, en tenue traditionnelle,  nous offrent des tortillas. Nous revenons plus tard en acheter.

Puis la nouvelle de notre arrivée se répand et rapidement les quelques familles alentours, très intriguées par la présence de gringos dans cet endroit où seuls vivent les Indiens et dont la route est peu fréquentée, viennent à notre rencontre. D’abord timidement puis avec beaucoup d’enthousiasme. Il y a vite attroupement autour du camping-car qui est une attraction majeure, tout comme les longs cheveux blonds de Maria qui font fureur auprès des demoiselles.

Nous empruntons alors une machette et allons couper du bois avec l’aide des filles, qui nous guident dans la sèche nature environnante. Puis nous allumons un feu de camp, les Espagnols jouent de la musique – ils voyagent avec guitares, harmonicas et autres instruments étranges – et nous faisons griller des tortillas.

Les autochtones partagent notre dîner, nous offrent nourriture et boissons et bavardent avec nous jusque tard dans la nuit, se montrant encore plus curieux que nous à leur endroit ! Ils ont entendu parler de Paris et l’évoquent comme un cliché romantique ; je ne démens pas trop, après tout, à quoi bon casser cette image d’Épinal, flatteuse pour soi et qui représente le plaisir de l’idylle pour eux…

Après une soirée riche en partage, nous nous couchons et sommes réveillés assez tôt par les enfants qui secouent le van : petit-déjeuner sous les yeux intrigués des locaux, sourires, bavardages et rires francs, puis il est temps de partir et à regret nous quittons ce p’tit coin de paradis.

C’est avec une journée de retard que nous atteignons enfin Lanquin, mais personne ne considère avoir perdu du temps. Sans aucun doute l’erreur la plus bénéfique de ce séjour guatémaltèque !

Quel âge avez-vous ? 36 ans – Combien de pays avez-vous visité ? A vrai dire je ne compte plus ! Facilement une quarantaine. – Quelle est votre destination préférée ? Celle que j’ai en point de mire ! – Quel type de voyageur êtes-vous ? Backpacker, je voyage simplement, j’aime les rencontres, la nature (montagne, mer, forêt), faire du sport sur place (randonnées, yoga, beach-volley, surf, etc.). Le plus important est sans aucun doute le contact humain. – Quelle est votre prochaine destination ? L’indonésie cet été. – Qu’est-ce qui fait de vous un passionné du voyage ? Un ami m’a vivement encouragé à voyager seul, ce que j’ai fait il y a des années aux Philippines, depuis j’ai le virus ! Le goût de l’indépendance, de la liberté, des nouveaux horizons, des gens font de moi un éternel voyageur.
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Quel âge avez-vous ? 36 ans – Combien de pays avez-vous visité ? A vrai dire je ne compte plus ! Facilement une quarantaine. – Quelle est votre destination préférée ? Celle que j’ai en point de mire ! – Quel type de voyageur êtes-vous ? Backpacker, je voyage simplement, j’aime les rencontres, la nature (montagne, mer, forêt), faire du sport sur place (randonnées, yoga, beach-volley, surf, etc.). Le plus important est sans aucun doute le contact humain. – Quelle est votre prochaine destination ? L’indonésie cet été. – Qu’est-ce qui fait de vous un passionné du voyage ? Un ami m’a vivement encouragé à voyager seul, ce que j’ai fait il y a des années aux Philippines, depuis j’ai le virus ! Le goût de l’indépendance, de la liberté, des nouveaux horizons, des gens font de moi un éternel voyageur.
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