Druskininkai, Šiauliai & environs, côte baltique

Druskininkai et ses environs

Le sud du pays est couvert d’une zone forestière dense où les traditions villageoises se sont mieux conservées qu’ailleurs. Ici, l’art populaire n’est pas relégué au musée, mais décore encore les fenêtres des maisons de bois ou les lieux de culte, en haut desquels trône parfois le symbole païen du soleil.

Suivez le guide ! 
Le Christ pleurant est une figure privilégiée de l’iconographie populaire lituanienne, dont le musée du Démon et l’église Saint-Michel-Archange abritent des exemples magistraux. 

Druskininkai 
A 150 km au sud-ouest de Vilnius.
Au milieu des pins, cette station thermale a fondé sa prospérité sur la richesse minérale des sources environnantes. Après la construction du premier sanatorium (1838), Druskininkai devient la coqueluche de la noblesse. A l’époque soviétique de la gratuité des soins, la ville accueillait 100 000 curistes par an.

Žako Lipšico muziejus (musée Jacques-Lipchitz) 
Šv. Jokubo gatve 17. Ouvert du mardi au vendredi de 12 h à 17 h. Entrée payante.
Fierté de la communauté juive de Druskininkai, le sculpteur Lipchitz (1891-1973) côtoya Soutine et Chagalldans la « Ruche », le célèbre collectif d’artistes de Montparnasse. Son nom apparut dans les années 1910 grâce à une série de « sculptures architecturales abstraites ».

Villa Linksma (Villa heureuse) 
Ciurlionio gatve 78. Ouvert tlj sauf lundi de 11 h à 17 h. Entrée payante.
Cette délicieuse maison Belle Epoque retrace la vie de la station thermale au XIXe siècle, à travers une série de gravures et de cartes postales. Les fenêtres de la villa offrent un panorama enchanteur sur le lac Druskonis, où barques et pédalos n’attendent que vous.

Klaipeda Lithuania © percivalsmithers

Klaipeda Lithuania © percivalsmithers

M.K. Ciurlionis memorialininis muziejus (musée M.K.-Ciurlionis) 
Ciurlionio gatve 35. Ouvert tlj sauf lundi de 11 h à 17 h. Entrée payante.
Le compositeur et peintre, qui passa une partie de son enfance dans cette maison, y revenait chaque été. L’exposition retrace son histoire familiale et artistique. Son studio de travail est intact.

Gruto parkas (parc Grutas) 
A 3 km de Druskininkai sur la route de Vilnius. Ouvert tlj en été de 9 h à 20 h et tlj en hiver de 9 h à 17 h. Entrée payante. Ce parc est un musée de statues soviétiques à ciel ouvert. Il a été conçu par le grand industriel du champignon Viliumas Malinauskas qui se prit de passion pour les statues soviétiques déboulonnées dans les années 1990. Cette vaste collection polémique est aujourd’hui la première attraction visitée dans la région.

Dzukijos nacionalnis parkas (parc national de Dzukija) 
A 10 km au nord-est de Druskininkai. Information au centre des visiteurs du parc national de Merkine.
A l’est de la Nemunas, cette réserve de 56 000 ha de pins, de ruchers, de baies et de champignons est aussi loin de la vie citadine qu’on peut le désirer. Les centres d’information de Merkin? et de Marcinkonys rendent compte de ses activités.

Liškiava 
A 10 km au nord-est de Druskininkai.
Le château de Liškiava (XIVe siècle) est évoqué dans plusieurs contes lituaniens. L’église du village, qui appartenait jadis au monastère dominicain (1704-1720), est connue pour ses sept autels rococo.

Merkine et ses environs 
A 30 km de Druskininkai sur la route de Varena. Centre d’information du parc national, Vilniaus gatve 3, tel : (310) 572 45. 
La région de Merkin? (XIVe siècle) est le royaume des potiers. La céramique noire, typique de la région,est cuite dans un four creusé dans la terre. A 5 km au nord, le village de Subartonys abrite la maison natale de l’écrivain Vincas Kr?v? Mickevi?ius (1882-1954), Premier ministre de Lituanie au début de l’occupation soviétique (Vinco Kr?v? Mickevi?iaus muziejus. Ouvert tlj sauf lundi et mardi de 10 h à 17 h. Entrée payante.)

Mikalojus Konstantinis Ciurlionis (1875-1911) 
Né à Varena, le plus célèbre peintre et compositeur de Lituanie découvrit la musique avec son père, organiste à l’église de Liškiava. Diplômé du conservatoire de Varsovie, il compose ses premières pièces symphoniques à Leipzig (La Mer, 1907) et rejoint les Beaux-Arts de Varsovie en 1904. Sa peinture et sa musique expriment une spiritualité contemplative. Pour lui, les Lituaniens forment une nation spirituelle que la profondeur des origines indo-européennes rapproche du mysticisme oriental. Miné par les soucis financiers, la dépression et la folie, il succombe à une pneumonie à l’âge de 36 ans. Acclamé par la critique russe et les symbolistes français comme un des leurs, Ciurlionis est considéré comme le porte-parole de l’identité lituanienne du XXe siècle.

Vallée de l’Ula 
A 55 km de Druskininkai sur la route de Var?na.
La rivière ?la traverse un écrin de verdure avant de se jeter dans la Merkys.
A 6 km de là, au départ de Man?iagire, l’Œil de l’?la(?los akis) est un petit lac alimenté par des sources d’eau chaude.

Šiauliai et ses environs

Quatrième ville du pays et capitale administrative du nord-ouest, Šiauliai tirerait son nom de la « bataille du soleil » (Saul?), lors de laquelle, en 1236, les Lituaniens infligèrent aux Teutoniques une cuisante défaite. Malgré les déprédations de l’Armée rouge, la région demeure un important centre de la culture lituanienne. 

Šiauliai 
A 220 km au nord-ouest de Vilnius et à 140 km au nord-ouest de Kaunas.
Le 750e anniversaire de la bataille de Sauli (1986) a gratifié la ville de la statue de l’Archer, installée en haut d’une colonne de 22 m (Aušros takas). L’Archer est en réalité l’aiguille d’un énorme cadran solaire dont les heures sont inscrites sur le pavé alentour.

Šv. Petro ir Povilo bažnycia (cathédrale des Saints-Pierre-et-Paul) 
Pergales aiške.
La construction de la cathédrale (1595-1625) fut financée par la vente de jeunes taureaux offerts par les paysans de Šiauliai. Son clocher blanc (75 m de haut), qui domine le centre-ville, est l’un des plus hauts de Lituanie.

Dviraciu muziejus (musée de la Bicyclette) 
Vilniaus gatve 139. De juillet à septembre, ouvert de mercredi à vendredi de 10 h à 18 h et le samedi et dimanche de 11 h à 17 h. D’octobre à juin, ouvert du mardi au vendredi de 10 h à 18 h et le samedi de 11 h à 17 h. Entrée payante.
Dans la rue la plus en vue de la ville, ce musée réunit des vélos du monde entier mais surtout les modèles produits par l’usine lituanienne Vairas, premier fabricant d’URSS à partir de 1948 et principal exportateur du pays aujourd’hui.

Fotografijos muziejus (musée de la Photographie) 
Vilniaus gatve 140. De juillet à septembre, ouvert de mercredi à vendredi de 10 h à 18 h et le samedi et dimanche de 11 h à 17 h. D’octobre à juin, ouvert du mardi au vendredi de 10 h à 18 h et le samedi de 11 h à 17 h. Entrée payante.
Des dizaines d’appareils de toutes les époques, des œuvres de photographes lituaniens et des expositions temporaires de très grande qualité ont fait la réputation de ce lieu.

Château d’eau 
Vytauto gatve 103. Ouvert tlj sauf samedi et dimanche de 8 h à 12 h et de 13 h à 17 h. Entrée payante.
Au-dessus des rues en direction du sud-ouest s’élève le cylindre rouge d’un château d’eau du début du XXe siècle. L’édifice contient aujourd’hui des photographies anciennes et contemporaines de Šiauliai.

Kryžiu kalnas (colline des Croix) 
A 10 km au nord de Šiauliai par la route de Riga.
Depuis la visite de Jean-Paul II en 1993 et la construction d’un monastère franciscain en 2001, le site est devenu le premier lieu de pèlerinage du pays.
Aux abords du village de Joniškis, cette colline couverte de modestes croix de bois et de métal tantôt simples, tantôt finement ouvragées, baigne dans une atmosphère pieuse et mystérieuse. Les victimes des révoltes antitsaristes de 1831 et 1863 ont été inhumées dans ce site, jadis utilisé par les tribus baltes pour célébrer les dieux païens. Les bulldozers soviétiques n’eurent pas raison des croix, sans cesse replantées par les pèlerins.

Côte baltique

Bordée de dunes blondes aux pins odorants, la côte lituanienne s’étire le long de la péninsule de Courlande. C’est vers les longues plages et les villages de pêcheurs paisibles de ce fragile doigt de terre, également appelé « Neringa », que bascule en été le centre de gravité du pays. 

Klaipeda 
A 310 km à l’ouest de Vilnius.
Plébiscitée par les touristes, Klaip?da accueille toute l’année des milliers de visiteurs en quête de la dolce vita de la côte, où les hivers sont les plus cléments de la Baltique. Première station balnéaire et troisième ville du pays (plus de 200 000 habitants), la vieille cité germanique, fondée en 1252 autour de la citadelle de Memelbourg, contrôle l’accès de la péninsule de Courlande. Son port, libre de glaces en hiver, en fait rapidement le fief des marchands allemands. Le nom lituanien de « Klaip?da » apparaît au XVe siècle, mais c’est sous le nom allemand de Memel que la ville passe, du XIIIe au XXe siècle, sous domination russe, prussienne, française, allemande et suédoise. Détruite par les guerres, Memel devient « territoire international » en 1918, prend son nom lituanien en 1925 et se vide de ses Allemands en 1945. Reconstruite à l’époque soviétique, elle a conservé des activités portuaires très dynamiques (fret, croisières et chantiers navals).

Vieille ville 
Au sud de la Dane
Entre les églises néogothiques cramoisies et les courtaudes maisons à colombages couvertes de tuiles rousses, la Memel allemande perce clairement sous la Klaipeda lituanienne. Grouillant d’animation dès potron-minet, le marché central occupe une halle couverte du XVIIIe siècle.

Les musulmans de Lituanie 
Les 95 Tatars qui vivent aujourd’hui à Keturiasdešimties Totoriu Kaimas, le « village des 40 Tatars » (A 14 km à l’ouest de Vilnius), descendent de la garde personnelle du grand-duc Vytautas. Engagés dans les armées lituaniennes à partir de 1243, leurs ancêtres déferlèrent sur l’Europe de l’Est au XIIIe siècle lors des invasions mongoles. Rattachés par leur langue au monde turc et par l’islam au monde arabe, les Tatars observent les principales fêtes du calendrier musulman selon des traditions originales. Présents sur tout le territoire de l’ex-URSS – région de la Volga, en particulier -, ils sont aujourd’hui un peu plus de 5 000 en Lituanie. En vertu des dispositions prises en faveur des minorités ethniques, leur culture jouit d’une (modeste) visibilité grâce à des programmes de télévision et à des cours spéciaux dans les écoles.

Teatro aikste (place du Théâtre) 
C’est du balcon du théâtre municipal que Hitler proclama l’annexion de Memel au IIIe Reich. Aujourd’hui, les étudiants se retrouvent pour échanger quelques cours sous les cariatides qui le soutiennent. En face, copie récente d’un célèbre monument d’avant-guerre, la fontaine d’Anna évoque un amour malheureux chanté par le poète allemand Simon Dach (1605-1659), originaire de Klaip?da, et, par la suite, par des générations d’Allemands, de Suisses et d’Autrichiens.

Pilies muziejus (musée du Château) 
Pilies gatve 4. Ouvert tlj sauf dimanche et lundi de 10 h à 18 h. Entrée payante. Visites guidées en anglais, en allemand et en russe.
Installés sur une presqu’île logée dans un méandre de la Dane, les souterrains de la vieille forteresse teutonique affirment encore leur vocation militaire à travers une exposition d’armes et d’armures des XVIe et XVIIe siècles. Les plus intéressantes pièces du musée se trouvent parmi les bijoux en or incrustés de pierres précieuses qui datent de la Renaissance.

Mažosios Lietuvos istorijos muziejus (musée d’Histoire de la Petite Lituanie) 
Didžioji vandens 6. Ouvert du lundi au samedi de 10 h à 18 h. Entrée payante.
Des citadelles teutoniques à la Memel allemande autonome, une foule de cartes, de photographies, de costumes, de meubles et de maquettes restituent la chronologie compliquée de la région jusqu’au XXe siècle. Une salle numismatique atteste de l’importance des échanges de la Baltique avec la Méditerranée, dès l’Empire romain, tandis que des rouets de bois destinés au filage du lin et des moules à beurre sculptés évoquent la vie rurale du XIXe siècle jusqu’à 1945. Blagues à tabac, pipes et boîtes d’allumettes rescapées du début du XXe siècle évoquent la vie des marins de Klaipeda.

Mažosios Lietuvos kalvystes muziejus (musée de la Forge) 
Saltakalviu gatve 2. Ouvert du mardi au samedi de 10 h à 18 h. Entrée payante.
Connu dans toute la région de Klaipeda à la fin du XIXe siècle, cet atelier appartenait jadis au forgeron Gustav Katske, passé maître dans l’art des croix, des girouettes et des portails. Ces ouvrages de ferronnerie sont traditionnellement utilisés dans la décoration des maisons et des cimetières de toute la Lituanie.

Ville nouvelle 
Au nord de la Danò, par le pont BirÏos.
Siège de la modernité depuis le XIXe siècle, le quartier fourmille de cafés, de boutiques et de façades aux ornements monumentaux. La rive nord doit notamment son dynamisme aux 8 000 étudiants de l’université,un impressionnant corpus néogothique de bâtiments rouge brique (XIXe siècle), actuellement en cours d’extension. Ses sept facultés et ses deux instituts préparent notamment à des métiers liés aux activités portuaires.

Poste centrale 
Liepu gatve 16. Entrée libre.
L’ensemble néogothique de la poste centrale (1893) se signale par son clocher, dont les 48 carillonssonnent à toute volée le samedi et le dimanche à midi. L’intérieur vaut le coup d’œil. Le plafond et les murs sont décorés de fresques représentant des pigeons voyageurs. En 1915, l’héroïque téléphoniste Erika Rostel s’y distingua en restant courageusement à son poste pour transmettre les informations à sa direction allemande en pleine invasion russe.

Petite Lituanie : un destin en marge de la nation 
Les Curoniens, sur la côte, et les Prussiens, sur les rives de la Nemunas, sont les premières tribus de la région. Assimilés aux Lituaniens par des Teutoniques, ils forment la Petite Lituanie ou Lituanie Mineure, par opposition au reste du pays, contrôlé par la dynastie des Gédymin. Incluant Königsberg (Kaliningrad), elle est absorbée par la Prusse en 1525. Mais les traditions restent vivaces, en dépit des progrès du protestantisme. Sous le régime tsariste, la Petite Lituanie conserve une liberté culturelle exceptionnelle. Mais alors que le reste du pays prend son indépendance, le Sud retombe dans le giron prussien. Memel – la Klaip?da allemande – est récupérée in extremis par la Lituanie en 1923. Incorporée à la province soviétique de Kaliningrad, la Petite Lituanie rejoint la nation en 1991.

Laikrodžiu muziejus (musée de l’Horlogerie) 
Liepu gatve 12. De mars à octobre, ouvert du mardi au samedi de 12 h à 18 h. De novembre à février, ouvert du mardi au samedi de 11 h à 17 h.
La collection illustre toute la précision de l’horlogerie allemande, des horloges à combustion à celles de l’Art nouveau, en passant par les pendules de précision des XVIIe et XVIIIe siècles.

Martyno Mažvydo skulpturu parkas (parc de sculptures Martynas-Mažvydas) 
Priestoties ou S. Daukanto gatve. Entrée libre.
Ce parc de sculptures en plein air, aussi bien fréquenté par les mères de famille que par les étudiants, porte le nom de l’auteur des Catéchismes, premier livre en lituanien imprimé à Königsberg en 1547.