Côte de la Mer Noire : Varna, entre Varna et Bourgas

 

Varna

A 469 km au nord-est de Sofia.
Troisième ville du pays, la plus importante cité de la côte abrite le principal port de Bulgarie. Les Thraces et les Grecs y commerçaient déjà. Première station balnéaire à voir le jour, elle représente, aujourd’hui encore, le cœur économique, culturel et touristique de la côte. Très animée en été, elle attire aussi bien les vacanciers bulgares que les touristes étrangers. 

Rappel historique 
Durant l’Antiquité, elle se nomme Odessos, « la ville sur l’eau ». Les Grecs s’y installent au VIe siècle av. J.-C. Plus tard, durant le Ier siècle, les Romains l’occupent, puis elle est intégrée à l’Empire byzantin. Son port prospère en fait une place convoitée que se disputent les Bulgares et les Byzantins. Au XIe siècle, elle prend le nom de Varna qui, en vieux bulgare, signifie noir. Les Ottomans la conquièrent en 1391 et y restent jusqu’en 1878, le commerce y demeure alors très actif. Dans les années 1920, elle prend un nouvel essor et se transforme en station balnéaire.

Musée archéologique 
41, bd Maria-Louisa. Ouvert tlj sauf lundi de 10 h à 17 h. Entrée payante.Ancien lycée de jeunes filles, construit à la fin du XIXe siècle par un architecte bulgare dans un style baroque tardif, il présente une silhouette massive et symétrique avec avancée, cour intérieure et peintures murales.

Premier niveau 
Cet étage regroupe les vestiges de la préhistoire et de l’Antiquité. Les fouilles de villages engloutis, dans la région des lacs de Varna, ont livré de belles pièces, parmi lesquelles la « Déesse du lac » : une tête de couleur claire au visage rond (5 000 à 4 000 av. J.-C.). Les vestiges découverts dans la nécropole de Varna(4 600 à 4 200 av. J.-C.) sont également particulièrement intéressants, notamment une curieuse céramique anthropomorphe avec des yeux et un nez. Un des tombeaux contenait les restes d’un homme de haut rang. 1,5 kg d’objets en or, 990 outils et plats l’accompagnaient. La salle 13 abrite les trésors antiques d’Odessos, avec d’élégantes boucles d’oreille en or, décorées d’une représentation ailée de la déesse de la Victoire d’une grande finesse (fin du IVe – début du IIIe siècle av. J.-C.). Figure aussi, à ce niveau, un petit reliquaire en or décoré de pierres précieuses (IVe-Ve siècle apr. J.-C.). Dans la salle consacrée à l’art antique (du Ve siècle av. J.-C. au IIIe siècle apr. J.-C.) se trouve, entre autres, une tête de Dionysos au regard pénétrant.

Nessebar Bulgaria © Eoghan OLionnain

Nessebar Bulgaria © Eoghan OLionnain

Deuxième niveau 
L’exposition se consacre d’abord au premier et au second Empire bulgare. Les bijoux d’or et d’argent du trésor de Dolichté (XIIIe-XIVe siècles) comprennent des boucles d’oreille, des bagues et une icône pendentif, ornée d’un saint Georges accompagné d’inscriptions en grec. Une ceinture rouge, dotée d’une boucle ouvragée, arbore une décoration mêlant motifs floraux et animaux fantastiques. Des faïences turques, comme ce vase aux fleurs rouges et bleues et cette assiette délicatement décorée, illustrent la période ottomane. Une collection d’icônes évoque la Renaissance bulgare.

Cathédrale de l’Assomption 
Place Mitropolite Siméon. Ouvert tlj de 8 h 30 à 20 h. Entrée libre.
Des bulbes dorés surmontés de croix ajoutent à la hauteur de cet imposant édifice. Il a été bâti en 1886, sur le modèle des églises russes de Saint-Pétersbourg, et domine encore la plupart des constructions de la ville. A l’intérieur, l’iconostase et le maître-autel ont été sculptés par des artistes de l’école de Débar. En face se trouve la tour de la Vieille-Horloge, édifiée en 1880.

Opéra 
Place Nézavisimost.
Avec sa façade rouge, ornée de colonnes et de balcons blancs, décorée d’un fronton et coiffée d’un toit ouvragé, ce monument se détache de la verdure environnante. L’intérieur rénové ne manque pas de cachet. Il accueille des concerts symphoniques (en juin), un festival de jazz (en juillet) et un festival du film (en août). De nombreuses terrasses de cafés ceinturent la place Nézavisimost, située au cœur du centre piétonnier. Deux longues artères, les rues Preslav et Knyaz Boris Ier, en partent. Tout aussi animées,elles sont bordées de hauts immeubles du début du XXe siècle, facilement reconnaissables à leurs façades ornées de corniches et de sculptures blanches.

Musée ethnographique 
22, rue Panaguiourichté. Ouvert tlj sauf lundi de 10 h à 17 h en été, du lundi au vendredi de 10 h à 17 h en hiver. Entrée payante.
Dotée d’une sobre façade de bois, symétrique et anguleuse, avec une avancée reposant sur quatre colonnes, cette maison date de la Renaissance bulgare (1860). Tout aussi simple, l’intérieur accueille une exposition consacrée à la vie quotidienne durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe siècle. On y découvre notamment la tenue des bergers : le yamourlouk, épais vêtement protecteur, la oulya, robuste sac de cuir, la guégua, gros bâton se terminant par un pommeau orné d’un serpent sculpté. Les reconstitutions des traditions liées aux fêtes de Noël, Pâques ou Saint-Georges présentent, par exemple, les différents pains fabriqués à ces occasions.

Musée de la Renaissance bulgare 
9, rue 27 Youli. Ouvert tlj sauf lundi de 10 h à 17 h en été, du mardi au vendredi de 10 h à 17 h en hiver. Entrée payante.
Entouré d’un agréable jardin, il est installé dans une maison bâtie en 1861-1862 et ayant accueilli la première école bulgare de la ville. Au rez-de-chaussée se tient la salle de classe. Les vieux pupitres disposent d’un bac rempli de sable dans lequel les élèves écrivaient à l’aide d’une pointe. Près de cette salle se cache une chapelle dédiée à l’archange saint Michel. Elle recèle, entre autres, une très belle icônepeinte en 1866 et représentant les saints Cyrille et Méthode avec leurs cinq disciples. A l’étage, une exposition évoque la période du Réveil national à Varna et regroupe des livres religieux et scolaires, parmi lesquels L’Abécédaire au poisson, premier ouvrage consacré à l’enseignement laïque, écrit par Pétar Beronen 1824.

Jardin maritime et plage 
Les rues piétonnes conduisent à un grand jardin (30 ha) établi, dès 1862, en bordure de mer. Les arbres centenaires apportent ombre et fraîcheur et les grandes allées offrent de vastes promenades très fréquentées. Au sein de cet espace vert se trouvent le théâtre d’Eté et le musée de la Marine. A proximité de l’eau s’étend une jolie plage. Elle est très appréciée pour sa situation au cœur de la ville, dont elle est simplement séparée par cet écran de verdure.

Thermes romains 
A l’angle des rues San Stéfane et Khan Kroum. Ouvert tlj sauf lundi de 10 h à 17 h. Entrée payante.
De ce bel ensemble thermal romain daté du IIe siècle et s’étendant sur 7 000 m2 subsistent aujourd’hui d’épais murs avec appareil de pierre et rangs de briques. En fait, seule une partie a été dégagée et, sous les maisons alentour, il reste encore d’autres bâtiments. L’établissement comprenait des bassins, des vestiaires mais aussi des magasins et des salles de sports. Parmi les découvertes faites sur le site : de nombreuses conduites, une grande citerne, ainsi que d’émouvants graffitis représentant entre autres des bateaux.

Entre Varna et Bourgas

Curiosités naturelles, sanctuaire sauvage et cité pittoresque se succèdent sur cette partie du littoral, située entre les deux principaux ports. 

Pobiti kamani
A 18 km à l’ouest de Varna. A 3 km à l’est de Devnya.
En bulgare, ce nom signifie « pierres dressées ». Au lieu-dit Dikilitach, la route traverse en effet une étendue d’herbe rase hérissée de colonnes calcaires atteignant près de 6 m de haut. Ce paysage insolite, qui semble construit de main de géant, résulte d’un processus géologique complexe, initié il y a 50 millions d’années. Longtemps après sa formation, l’érosion a attaqué la strate rocheuse. Mais pourquoi a-t-elle préservé ces gigantesques colonnes ? Les géologues se perdent en conjectures.

Réserve naturelle de Kamtchia
A 20 km au sud de Varna.
La rivière Kamtchia se jette dans la mer Noire, elle fait partie des quelques fleuves côtiers qui se localisent au sud de Varna. Ce cours d’eau sauvage se fraye un passage au milieu d’une végétation dense. Les branches des frênes, des saules ou des aulnes descendent jusqu’à l’eau, alors que les troncs d’arbres morts restent échoués près des rives. Nombre d’animaux se plaisent dans cet univers aquatique. Les cistudes, des tortues d’eau, se dorent au soleil, prêtes à plonger à la moindre alerte. Des couleuvresnagent dans la rivière. Les cigognes noires, les hérons ou autres échassiers viennent y pêcher des grenouilles. Du fait de sa richesse, ce sanctuaire dont l’atmosphère rappelle la jungle tropicale est classé en réserve naturelle.

Suivez le guide ! 
A l’aide d’un bateau de promenade ou même d’un pédalo, remontez la rivière Kamtchia. C’est le meilleur moyen d’approcher ce sanctuaire sauvage.

Nessébar
A 99 km au sud de Varna.
Inscrite au patrimoine mondial de l’humanité, la vieille cité occupe une petite péninsule, reliée par une étroite levée au reste du pays. Avec le moulin de bois juste au bord de la route, la silhouette des antiques murailles, les innombrables églises et les maisons de pêcheurs, Nessébar ne manque pas de pittoresque. Pour profiter pleinement de ce site extrêmement fréquenté, il faut déambuler dans les rues étroites et découvrir ses multiples trésors architecturaux.

Rappel historique 
Fondée par les Thraces à la fin du IIe millénaire av. J.-C., elle devient la cité grecque de Messembria(VIe siècle av. J.-C.). Au VIe siècle, elle se trouve à la frontière de l’Empire byzantin et les premières églises y voient le jour. En 812, le « khan » Kroum prend la cité aux Byzantins. Les Bulgares la perdent à nouveau, puis s’y installent durablement au Xe siècle. En 1366, les croisés la pillent et elle redevient la propriété de Byzance jusqu’à son passage sous domination ottomane, en 1453. Durant toute cette période, la cité profite de sa situation stratégique et ne cesse de commercer avec ses voisins. Aux XIIIe et XIVe siècles, avec l’aide du tsar Ivan Aleksandar, elle connaît une grande prospérité, et devient un centre religieux, culturel et artistique rayonnant dans toute la région. Lors de la Renaissance bulgare (XVIIIe siècle), elle prend un nouvel essor.

Porte fortifiée 
L’accès se fait toujours par l’ancienne porte fortifiée. Comme en témoignent leurs gros blocs de pierre séparés par plusieurs couches de briques, les tours et les murailles datent de la période byzantine(Ve siècle). Néanmoins, elles ont subi quelques modifications au XVe siècle. Par endroits, les murs atteignent 4 m d’épaisseur.

Eglise du Christ Pantocrator 
Rue Messémbriya. Ouvert tlj de 9 h à 13 h et de 14 h à 18 h en été. Entrée payante.
Des pierres, des briques et des céramiques vernissées : la décoration des façades est typique des églises médiévales de Nessébar. Côté est, les absides sont ornées de niches, d’arcs et de nombreux motifs dessinés par les briques et les céramiques. Daté du milieu du XIVe siècle, cet édifice abrite aujourd’hui une galerie d’art.

Eglise Saint-Jean-Baptiste 
Rue Mitropoliska. Ouvert tlj de 9 h à 13 h et de 14 h à 18 h en été. Entrée payante.
Ce monument date probablement du Xe siècle. La décoration extérieure reste modeste, mis à part quelques briques disposées en zigzag. Haute et de plan cruciforme, elle possède un curieux dôme avec six merlons reposant sur des arcs aveugles. A l’intérieur, il existe de belles fresques du XVIIe siècle.

Eglise Starata Mitropolya (Vieille Métropole) 
Place centrale, rue Mitropolska.
Edifiée à l’emplacement de l’antique agora, elle a été fondée aux Ve-VIe siècles et remaniée au IXe siècle. Il ne reste que l’imposante silhouette des murs de la nef centrale et des bas-côtés.
Eglise Svéti Stéfane (Saint-Etienne ou Nouvelle Métropole) 
Rue Ribarska. Ouvert tlj de 9 h à 13 h et de 14 h à 18 h. Entrée payante.
La petite basilique, tout en hauteur, comportant trois absides décorées d’arcs de briques et de céramiques, date des Xe et XIe siècles. L’intérieur bénéficie d’une riche décoration. Des milliers de personnages regroupés en 258 compositions couvrent les murs. Ces fresques du XVIe siècle sont bien conservées, tout comme le trône, la chaire et l’iconostase, soigneusement sculptés et décorés.

Suivez le guide ! 

Allez jusqu’au port et assistez au déchargement de la pêche, un bon moyen de mieux connaître les poissons de la mer Noire.