La côte de la mer Noire : Au nord de Varna

 

Les hommes de l’Antiquité la nommaient Pont-Euxin. Etendue d’eau presque aussi vaste que la France, la mer Noire joue le rôle de carrefour maritime aux portes de l’Europe et de l’Asie centrale. Entre delta du Danube et Bosphore, la Bulgarie dispose de plus de 300 km de côtes aux paysages changeants. Aux falaises sauvages de la Dobroudja succèdent les stations balnéaires du Nord, puis les deux grands ports, Varna et Bourgas. Vers le sud, la nature reprend ses droits, le littoral occupe le pied d’une montagne reculée, la Stranja. Partout, bénéficiant de la douceur du climat et de l’eau des rivières, d’épaisses forêts doublent la côte. En été, le soleil tient toutes ses promesses, chauffant l’eau qui frôle souvent les 25 °C, la foule des vacanciers envahit les plages de sable. Hors saison, la côte se vide, les stations s’endorment et seules les grandes villes ou les villages de pêcheurs restent en activité.

Au nord de Varna

Au sud de la frontière roumaine, la côte reste très peu fréquentée. Plus bas, quand les rochers laissent place au sable fin, les estivants se pressent pour profiter des vastes plages.

Cap Kaliakra
A ce niveau, la côte est sauvage. Les falaises rocheuses, colorées d’ocre, dégringolent jusqu’aux eaux bleues blanchies par l’écume qui se forme au contact des innombrables blocs. L’érosion attaque les parois rocheuses et y creuse quantité de grottes qui ajoutent un peu de mystère au cœur de ce paysage tourmenté par les éléments.

Urlaub Bulgarien 2003 Sonnenstrand © Axel Schwenke

Urlaub Bulgarien 2003 Sonnenstrand © Axel Schwenke

La Dobroudja 
Ainsi se nomme la région, aujourd’hui à cheval sur la Roumanie et la Bulgarie, située en bordure de la mer Noire et limitée à l’ouest par le Danube. Du temps du tsar Siméon (893-927), à l’apogée du premier Empire bulgare, elle fait partie intégrante du pays. Après l’occupation ottomane, les Roumains et les Bulgares se la disputent. En 1913, suite à la deuxième guerre balkanique, elle devient exclusivement roumaine et ce jusqu’en 1940. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Bulgares récupèrent la Dobroudja du Sud, ce plateau couvert de terres fertiles qui s’étend depuis la frontière jusqu’à Baltchik au sud et Silistra à l’ouest.

Suivez le guide ! 
A partir du cap, remontez un peu la côte vers le nord, à la découverte des grottes. Certaines ont été habitées par des ermites qui trouvaient là un cadre grandiose, propice à la méditation.

Musée 
Cap Kaliakra. Ouvert tlj de 10 h 19 h en été. Entrée payante.
Une modeste exposition retrace l’histoire du cap et surtout la défaite navale subie par les Turcs en 1791. A proximité subsistent les ruines des fortifications byzantines. Dans ces lieux chargés d’histoire, la légenderaconte que, pour échapper aux Turcs, 40 jeunes filles ont noué ensemble leurs cheveux et se sont jetées du haut de la falaise.

Baltchik
A 47 km au nord de Varna.
Coincée au pied des falaises, la ville se blottit à mi-hauteur et descend jusqu’à l’eau.

Port 
Les rues pentues mènent au port abritant ces petits bateaux de pêche typiques de la mer Noire : des embarcations de bois aux extrémités relevées, peintes de couleurs pâles et propulsées au moyen d’avirons. Certains pêcheurs utilisent encore l’épervier, un filet circulaire qu’ils lancent, debout dans leur bateau. La plupart des marins vendent leurs prises au retour de la pêche, à la criée. Au sud du port s’étend la plage principale.

Palais de Marie de Roumanie 
Ouvert tlj de 8 h à 20 h en été, de 8 h à 17 h en hiver. Entrée payante.
Dominant la plage, un minaret blanc émerge du vert des feuillages. Il ne s’agit pas d’une mosquée, mais plutôt d’une « folie », intégrée à un vaste palais édifié en 1924 par la reine Marie de Roumanie. En effet, à cette époque, Baltchik, située à l’extrémité sud de la Dobroudja, se trouvait en territoire roumain. Au milieu des fleurs et des arbres, les édifices blancs marient les styles gothique, ottoman et Renaissance bulgare. De larges balcons pour contempler la mer, des façades en encorbellement, une salle de bains façon hammam, tout le confort d’une demeure digne d’un conte de fée. On raconte que la souveraine venait ici pour retrouver son amant turc, un riche commerçant voyageur.

Jardin botanique 
Ouvert tlj de 8 h à 20 h en été, de 8 h à 17 h en hiver. Entrée payante.
Situé au-dessus du palais, cet immense jardin s’étage, de terrasse en terrasse, jusqu’au sommet de la falaise. Son exposition favorable et la douceur prodiguée par la mer Noire conviennent parfaitement aux essences exotiques qui s’y développent. 3 000 espèces y sont représentées avec, notamment, une importante collection de cactées. Fleurs, bassins, cascades et haies soigneusement taillées en font un havre de fraîcheur et de verdure.

Albéna
A 32 km au nord de Varna.
Créée en 1969, avec plus de 6 km de plages s’étirant au nord de la baie de Varna, c’est l’une des plus grandes stations balnéaires de Bulgarie, très prisée des Allemands et des Russes. Elle regroupe quantité de constructions modernes abritant plus de 40 hôtels. Restaurants, bars et boîtes de nuit abondent. Ici, tout est fait pour profiter de l’eau, du soleil et du grand air : plages, sports nautiques, plongée sous-marine, piscines, tennis, golf, équitation. Le soir, en saison, la promenade piétonne est bondée, envahie par les touristes, les dessinateurs, les artistes proposant de courts spectacles ou les vendeurs de souvenirs. La station organise aussi des régates, de nombreux concerts en plein air et le Festival de danses et de chansons folkloriques de Dobroudja (en août).

Suivez le guide ! 
Quittez la plage et les hôtels pour une promenade dans la forêt de Baltata, toute proche.

Zlatni piassatsi (Sables d’or)
A 18 km au nord de Varna.
Une large langue de sable fin s’étendant sur plus de 3 km de long et descendant progressivement vers une mer calme et chaude, tel est l’atout de cette station intensément fréquentée. Développé depuis peu et bénéficiant d’une bonne infrastructure, ce complexe touristique est le plus grand de ceux établis sur la mer Noire. Il regroupe 69 hôtels, d’innombrables bars et discothèques. Outre les plaisirs de la plage et de la mer, de nombreuses activités de loisirs y sont possibles : tennis, piscine, golf ou équitation. Face au port de plaisance, l’amphithéâtre accueille différents spectacles, notamment des concerts de jazz et des danses folkloriques.

Parc naturel 
La station est intégrée à un parc naturel de 1 300 ha préservant un système forestier naturel. Dans les zones les plus élevées et les plus éloignées du complexe, les forêts sont peuplées de chênes, de tilleuls,d’ormes ou de charmes, dont certains dépassent l’âge de 100 ans. Un platane de 4 m de circonférence aurait même 200 ans. Dans la partie sud-est, les plantes grimpantes qui s’accrochent aux frênes, aux aulnes ou aux peupliers créent une ambiance tropicale. De nombreuses espèces d’animaux évoluent dans l’ensemble du parc (tortue terrestre, martre, sanglier…). Les insectes abondent également. Le plus impressionnant d’entre eux, bien que parfaitement inoffensif, est le lucane cerf-volant, gros coléoptère noir et bordeaux arborant d’énormes mandibules. Bien sûr, autour des hôtels, l’écosystème, dégradé par l’activité humaine, n’est pas aussi riche.

Monastère d’Aladja
A 15 km au nord de Varna. A 4 km au sud-ouest de Zlatni piassatsi. Ouvert tlj sauf lundi de 9 h à 18 h en été, du mardi au samedi de 9 h à 16 h en hiver. Entrée payante.
Au cœur d’un agréable bois, un escalier mène au pied d’une falaise de 40 m de haut et percée de plusieurs ouvertures.Aladja est un mot turc qui signifie bigarré. Le nom du site se réfère probablement aux fresques colorées qui couvraient encore les différentes cavités du monastère il y a quelques centaines d’années. Sans doute abandonnées au XIVe siècle, les excavations, rongées par l’érosion, s’ouvrent aujourd’hui dans le vide.

Monastère 
Les échelles permettent d’accéder à des cavités qui correspondraient aux cellules des moines, au réfectoire et à la cuisine. Au-dessus se trouve l’église. Dans les années 1920, quelques fresques y subsistaient encore. L’une d’elles représentait la Vierge et l’Enfant Jésus, assis sur ses genoux. Elles ont aujourd’hui disparu. En revanche, la chapelle qui s’ouvre au niveau supérieur conserve, peintes sur les parois et au plafond, des représentations évoquant le thème de l’Ascension et datées du XIVe siècle. On y distingue toujours les ailes d’un ange.

Catacombes 
Au nord-ouest, à plusieurs centaines de mètres, un autre groupe de cavités se cache au milieu du bois. Ici, un couloir rejoint deux salles ; là, un pilier soutient la voûte ; ailleurs, s’ouvrent des niches sans doute funéraires. Il s’agirait principalement de cellules de moines. Des ermites les auraient occupées dans les premiers siècles du christianisme, alors que le reste du monastère n’existait pas encore.