Les clés du passé

L’histoire du Cap-Vert s’inscrit dans le sillage des « Grandes Découvertes » sous l’égide du Portugal et se poursuit par l’âge sombre de l’esclavagisme pour aboutir enfin, en 1975, à une indépendance chèrement gagnée.

L’époque des Grandes Découvertes (XVe et XVIe siècles)

De tout temps les mers ont été sillonnées par des navigateurs hardis. Les Phéniciens, les Arabes et des pêcheurs aventureux en provenance des côtes africaines ont probablement visité l’archipel du Cap-Vert sans s’y établir durablement. Une grande nation d’explorateurs, le Portugal, va bouleverser l’histoire du monde. Sous l’impulsion de l’infant Henrique, les Grandes Découvertes vont remodeler la carte du monde et instaurer un nouvel ordre religieux, politique et économique.
Il est rare que l’attribution de la découverte d’une île suscite le consensus des historiens. Vraisemblablement, le 4 mai 1460, jour de la saint Christophe, Antonio da Noli repère ce qui va devenir l’île de Boa Vista. Trois navigateurs ont pourtant revendiqué la découverte du Cap-Vert – île de Boa Vista (Sam Cristovão), île de Santiago (Sam Jacobo), île de Maio (Las Mayas), île de Sal (Lhana) et île de Fogo (Felipe) – : le Vénitien Alvise Ca’da Mosto, le Génois Antonio da Noli et le Portugais Diogo Gomes. Gomes et Da Noli faisaient partie de la même expédition, à bord de deux vaisseaux distincts. Mais c’est finalement le Génois qui rentra le premier à Lisbonne et obtint du roi Afonso V la première capitainerie de l’archipel : Santiago.

Deux ans plus tard, les autres îles de l’archipel sont visitées par le navigateur de Madère, Diogo Afonso. La colonisation pourra alors commencer sur l’île de Santiago. En 1462, l’île est divisée en deux provinces. Celle du sud, sous l’égide de Da Noli, va monopoliser l’intérêt des Portugais. La création de Ribeira Grande (actuellement Cidade Velha) entérine le processus de colonisation. Cette place forte scelle l’histoire du Cap-Vert. Les colons en provenance du centre et du sud du Portugal s’implantent également sur l’île de Fogo.
A Santiago, les Portugais développent le commerce de pagnes de coton et de bois précieux avec l’Afrique et exploitent la canne à sucre. La seconde phase de colonisation débute au XVIe siècle avec le peuplement des îles de Maio et Boa Vista pourvues d’une richesse naturelle : le sel. L’île de Brava, la plus isolée, accueille les habitants de l’île de Fogo soumise à des éruptions volcaniques. Puis c’est au tour de Santo Antão et de São Nicolau d’abriter une poignée de colons, juste quelques familles. Ainsi, l’île de Boa Vista, qui appartient à la capitainerie de Diogo Afonso, reste déserte et inexplorée jusqu’en 1505. Un observateur note alors : « L’île est plate, sans arbres, inhabitée. L’eau a l’air bonne et l’on y trouve beaucoup de chèvres. » En 1650, Boa Vista ne compte que 150 âmes mais l’exploitation du sel attire les colons. En 1774, la population a décuplé et atteindra 2 200 habitants au début du XIXe siècle. Cette époque verra également la colonisation des îles de Sal et de São Vicente dont le port, Mindelo, deviendra un centre économique florissant. 

Henri le Navigateur 
Grâce à l’infant Henri le Navigateur, le Portugal se dote dès 1419, avec l’école de Sagres, d’un centre de recherches et d’études qui rassemble les connaissances de l’époque en matière d’astronomie, de mathématiques et de cartographie. Sous la houlette de ce prince éclairé, qui n’a jamais lui-même pris la mer, les spécialistes de la navigation synthétisent le savoir issu des Arabes, s’affairent sur les chantiers navals et créent le chef-d’œuvre emblématique des Grandes Découvertes : la caravelle. Des flottilles de navires plus sûrs s’élancent sur les mers à la conquête de la mythique Route des Indes. Le Portugal, qui partagera avec l’Espagne la suprématie des mers, va étendre son influence sur des terres lointaines.

La traite des esclaves (1460-1878)

Dès 1466, une charte royale accorde une mainmise et un monopole portugais à vie sur un vaste territoire qui s’étend du fleuve Sénégal jusqu’à la Serra Leoa (l’actuelle Sierra Leone). Ainsi, sur 1 500 km de littoral africain, les colons vont déplacer et transplanter dans l’archipel les populations africaines d’ethnies très diverses. La traite des esclaves va culminer à la fin du XVIIe siècle et s’étendra sur quatre siècles, créant dans la douleur la véritable identité capverdienne. La traite visera dans un premier temps l’utilisation d’une main-d’œuvre corvéable à merci destinée à travailler dans les plantations de canne à sucre, une tâche harassante qui rebute les colons. Une infime partie des esclaves est assignée aux tâches domestiques. La sphère esclavagiste est régie partout par les mêmes codes mais selon les cultures, les mentalités et les spécificités locales, le modus vivendi entre Blancs et esclaves s’avère très différent : plus ou moins souple, plus ou moins répressif, plus ou moins permissif. Dans l’archipel du Cap-Vert, les colons portugais encourageront une liberté sexuelle qui favorisera un métissage exemplaire. Cette réalité est indissociable de l’histoire capverdienne.
Nettement plus lucratif, le trafic des « spécimens » d’esclaves plus résistants, capables de supporter les affres de traversées épouvantables, est destiné à fournir en main-d’œuvre l’Europe, les Antilles – Cuba, la Barbade, Antigua, Saint-Domingue – et surtout la colonie mère portugaise, l’immense Brésil qui en a un besoin considérable. 

Le traité de Tordesillas 
Signé le 7 juin 1494 à Tordesillas en Vieille-Castille, ce traité marque un moment exceptionnel de l’histoire : deux nations se partagent littéralement le monde en découpant le globe terrestre en deux zones d’influence définies par une ligne imaginaire qui rejoint les deux pôles terrestres. L’archipel du Cap-Vert s’y illustre puisque la position de l’île de Santo Antão servira de référence à cette ligne de partage (370 lieues à l’ouest). Reconnu ultérieurement par le pape Jules II, cet arrangement entre les souverains portugais et espagnols scelle l’hégémonie des deux nations et bouleverse durablement le devenir culturel et politique d’un monde à venir. La géopolitique existait déjà puisque les Portugais réussirent habilement à englober dans leur zone un vaste territoire ignoré des Espagnols : le Brésil.

Le déclin du Portugal

Pendant deux siècles, le Portugal parvient, grâce à sa colonie de Santiago et malgré le harcèlement incessant des pirates, à développer un commerce florissant. Mais ce pays minuscule qui régentait la moitié du globe va subir deux revers qui signifieront son déclin. 

La perte du monopole du trafic d’esclaves 
A partir de 1644, le Portugal perd sa suprématie et toutes les nations négrières, jusqu’alors inféodées au Portugal, créent leurs propres comptoirs : les Anglais utilisent l’île de Gorée au large du Sénégal et les Espagnols organisent des trafics maritimes directs. Cette autonomie sera préjudiciable à l’île de Santiago. Au milieu du XVIIe siècle, le Portugal ne règne plus sur les mers.

Le Siècle des Lumières dénonce l’esclavage 
Les idées du XVIIIe siècle modifient la conception de l’esclavagisme. Les révoltes alimentent les esprits. Des communautés rebelles se créent sporadiquement et encouragent les esclaves « marrons » à fuir leur condition. Les idées abolitionnistes des philosophes du Siècle des Lumières se propagent. Les opinions publiques s’insurgent en dénonçant une réalité inadmissible.

Les bouleversements économiques (XVIIIe-XIXe siècles) 
Les progrès techniques et scientifiques bouleversent l’économie. L’irruption de la betterave à sucre supplante la culture de la canne. L’essor mondial de la chasse à la baleine – l’huile de baleine est une denrée de première nécessité pour l’éclairage – va toucher l’archipel. Les longues campagnes baleinières emploient une main-d’œuvre importante et les compagnies américaines recrutent des équipages autour de l’Atlantique. Le Cap-Vert s’illustrera avec les célèbres harponneurs de Fogo. Les grands centres baleiniers sont regroupés sur la côte est de l’Amérique et les insulaires découvrent de nouvelles terres qui accueillent les premiers émigrants entre New Bedford et Boston. La diaspora capverdienne est née. Ces changements inexorables affectent l’économie de Santiago et de la colonie.

Un long processus d’abolition (1773-1878) 
Il faudra attendre un siècle pour voir la pratique de l’esclavage totalement éradiquée dans la colonie portugaise, longue période de luttes, d’atermoiements, de faux espoirs, de trahisons et de reculades. Des décrets sont publiés en 1854 puis en 1858 l’autorisant pour une période supplémentaire de 20 ans. C’est finalement en 1869 qu’un accord tacite octroie aux esclaves leur liberté. Une liberté relative puisque ceux-ci sont tenus de servir leur maître jusqu’en 1878. Ces décisions sont dénoncées et le 29 avril 1875, le Portugal ratifie l’abolition définitive pour… l’année suivante, et promulgue une période de tutelle supplémentaire de deux ans pendant lesquels les esclaves libérés doivent continuer à servir leurs maîtres. L’esclavage est définitivement aboli en 1878.

Une colonie abandonnée et sinistrée

Le Portugal affaibli se voit imposer des taxes très lourdes sur les produits qu’il importe des colonies : le sel notamment. La concurrence internationale devient très rude. Les premières sociétés capitalistes pratiquent une économie essentiellement basée sur le profit et se soucient fort peu du développement des comptoirs. Les changements incessants du statut des esclaves mettent à bas la production et l’économie. Les disettes fréquentes, se transformant cycliquement en famines, déciment la population insulaire. La sécheresse persistante, l’érosion, la déforestation catastrophique, autant de plaies qui vident peu à peu l’archipel. L’abolition de l’esclavage entraîne des mouvements d’émigration vers les îles de São Tome, le Brésil et l’Amérique et au début du XIXe siècle, la plus grande partie de l’archipel est sinistrée. Le Portugal, qui entretient des relations économiques privilégiées avec l’Angleterre, va permettre à cette dernière de le supplanter dans l’archipel. Les Anglais vont se concentrer sur la capitale de l’île de São Vicente : Mindelo devient à partir de 1840 un port charbonnier actif. Ce centre cosmopolite accueille des délégations diplomatiques. Mais à l’aube du XXe siècle, la colonie sombre progressivement dans l’oubli. Le morcellement des terres et leur répartition injuste et aléatoire provoquent des rébellions. L’archipel est une vaste jachère en voie de désertification. De nouveaux cycles de famines poussent les insulaires à émigrer massivement. L’arrivée au pouvoir du dictateur portugais António Salazar va porter un nouveau coup aux Capverdiens. Peu intéressé par cette colonie pauvre et éloignée, Salazar préfère développer l’Angola et le Mozambique, bien plus rentables. Cette indifférence s’accompagne d’une répression qui provoquera un accroissement de l’émigration. L’Etat portugais oblige les jeunes scolarisés à quitter l’archipel pour rejoindre les « bonnes » colonies afin de créer une élite. Le ressentiment contre le Portugal est renforcé par les agissements de la féroce police militaire de Salazar, la PIDE.
A la fin de la Seconde Guerre mondiale, Salazar, sous la pression internationale, se décide enfin à s’occuper de cette colonie abandonnée qui devient « territoire d’outre-mer ». Il crée quelques infrastructures, plante quelques arbres, creuse quelques puits mais surtout, achète l’aéroport de Sal aux Italiens et entreprend sa modernisation. 

Les spécificités de l’esclavage au Cap-Vert 
L’île de Santiago, réplique de l’île de Zanzibar dans l’océan Indien, devient la plaque tournante du trafic dans l’Atlantique. On estime à 20 millions le nombre d’Africains arrachés à leur terre et asservis. Leur tâche n’est pas exclusivement dévolue aux plantations. Ils effectuent la dangereuse récolte d’un lichen très prisé à l’époque : l’orseille, présente sur les rochers escarpés du bord de mer, et utilisée comme colorant pour les tons bruns et roux. De même que leurs frères américains, les esclaves capverdiens cultivent du coton sur des zones limitées, mais dès le début du XVIe siècle, l’île de Fogo exporte la précieuse fibre. Sur l’île-volcan, les esclaves cultivent la vigne, directement sur la lave. Elle produira un vin unique, étonnant, qui agrémentera les tables portugaises.

La longue marche vers l’indépendance (1956-1975)

Les années 1950 marquent la prise de conscience des intellectuels africains et préfigurent les mouvements indépendantistes. Certains Etats accèdent peu à peu à une autonomie relative puisqu’elle reste sous tutelle internationale. En 1956, Amilcar Cabral, un intellectuel d’origine capverdienne, ingénieur agronome de formation, soutenu par un petit noyau de fidèles dont son frère Luis Cabral et Aristide Pereira – qui deviendra le premier président de la République du Cap-Vert – crée le PAIGC (Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et des îles du Cap-Vert). 

La lutte sur le territoire de Guinée-Bissau 
Les liens entre les deux pays frères sont indéfectibles : une grande partie des esclaves transplantés au Cap-Vert provenait de Guinée-Bissau où les Portugais avaient installé des comptoirs dès le XVIe siècle. Leur histoire est commune et leur libération commune s’impose. Les opposants se regroupent dans la clandestinité, s’organisent, cherchent des appuis et décident de passer à l’action. Ils affrontent directement l’envahisseur portugais. La grève des dockers se termine dramatiquement par le massacre de Pidjiguiti :50 dockers sont fusillés sur les quais, pour l’exemple. La répression est confiée à la sinistre PIDE : enlèvements, interrogatoires, tortures et disparitions sèment la terreur.

La guerre coloniale 
Pourchassés, les membres du PAIGC fuient vers l’ex-Guinée française qui vient d’accéder à l’indépendance. Une armée entraînée et encadrée par des professionnels de la guérilla se met en place et en 1963 commence une guerre coloniale dont l’action sera vivement critiquée par les instances internationales. Une partie du territoire de la Guinée-Bissau passe sous le contrôle de la guérilla mais le Portugal augmente le nombre de soldats et confie le commandement de l’armée au général Antonio de Spinola, « héros » de la guerre africano-portugaise d’Angola. De Spinola jouera sur plusieurs fronts : une répression impitoyable, une politique réformiste d’intégration, « Le meilleur de la Guinée », visant à couper les bases de l’influence de la guérilla, et une tentative de recrutement des milices africaines commandées par des Portugais. Mais les insurgés tiennent bon malgré leur isolement (le Portugal était armé par l’Otan et soutenu par les Etats-Unis ainsi que par les groupes financiers internationaux implantés en Angola).

Le soutien international s’organise 
La résistance héroïque des insurgés provoque bientôt une mobilisation des opinions publiques occidentales, relayée par les médias : les comités de soutien fleurissent. Le conflit inquiète l’ONU. Salazar démissionne en 1968 mais son gouvernement, toujours au pouvoir, rencontre une opposition grandissante. Et en 1972, une mission de l’ONU, envoyée en Guinée-Bissau, constate que le pays est aux mains des insurgés. Il ne reste plus aux Nations unies qu’à reconnaître la victoire et la légitimité du PAIGC, seul garant de l’indépendance des peuples de Guinée-Bissau et du Cap-Vert.

L’émergence de l’indépendance 
Avant la fin de l’année 1972, un système proche de la démocratie s’installe : une Assemblée nationale populaire est constituée de représentants élus. L’enthousiasme du peuple capverdien est de courte durée. Le 20 janvier 1973, Amilcar Cabral, le père fondateur de l’indépendance, est assassiné à Conakry par un membre de son propre parti. Les historiens penchent pour une vengeance ourdie par les Portugais qui auraient monté certains membres guinéens du PAIGC contre Amilcar Cabral, symbole de l’influence des Capverdiens au sein du parti. Cet assassinat se retourna contre ses organisateurs. Une opération de commando, baptisée « Opération A. Cabral », chasse les derniers représentants du colonialisme portugais retranchés dans le sud du pays. Le 2 novembre 1973, le Portugal est sommé par l’ONU de cesser toute activité militaire et de quitter le pays. Le gouvernement fait la sourde oreille et c’est finalement le coup d’Etat du 25 avril 1974, instaurant la « révolution des œillets », qui donnera au Cap-Vert son indépendance, proclamée le 5 juillet 1975 ; une indépendance commune avec l’Etat de Guinée-Bissau. Aristide Pereira, vieux compagnon d’armes, successeur d’Amilcar Cabral, est nommé président de la République et Luis, le frère d’Amilcar Cabral, obtient la même fonction en Guinée-Bissau. Enfin, en 1980, à la suite d’un coup d’Etat en Guinée-Bissau, les deux pays font sécession et le Cap-Vert se dote d’une constitution propre.

L’apprentissage de l’indépendance (1975-1980)

Les premières années d’indépendance qui lient la destinée du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau (de 1975 à 1980) vont cristalliser et amplifier les divergences au sein du PAIGC. La lutte a soudé les membres du parti mais le retour à des réalités moins exaltantes (la situation économique est catastrophique) va raviver les affrontements. Le Cap-Vert et la Guinée-Bissau partagent le même drapeau, le même hymne national, la même idéologie au sein d’un parti unique et ont bel et bien servi la même cause pendant près de 20 ans. Mais les Guinéens accumulent les griefs envers les Capverdiens : n’ont-ils pas tenté de tirer la couverture à eux en restant en marge d’un conflit sanglant qui décima nombre de Guinéens ? On leur reproche également une attitude parfois ambiguë envers les colons portugais et surtout une présence politique trop importante au sein du nouvel Etat de Guinée-Bissau. Le coup d’Etat qui, en 1980, renverse le président guinéen Luis Cabral révélera l’antagonisme entre les « pays frères ». Le PAIGC capverdien devient le PAICV (Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert). Un beau rêve s’achève et les dirigeants capverdiens s’attellent à une tâche difficile : reconstruire le pays.
Le faible poids économique et politique du Cap-Vert, l’état dramatique de l’agriculture, de la pêche, l’absence d’infrastructures, s’avèrent déterminants dans le choix de l’option marxiste léniniste. Elle sous-tendra les options politiques du PAICV, décrété par la Constitution parti unique. Le rapprochement avec les pays du bloc socialiste permettra à l’archipel de recevoir une aide conséquente. Peu à peu, il se développe. Pays non-aligné, le Cap-Vert peut également tabler habilement sur une aide complémentaire de la sphère capitaliste. De profondes réformes agraires, administratives et éducatives sont lancées. Le Cap-Vert bénéficie d’une manne internationale provenant de nombreux organismes d’Etat et privés. En 1990, le pays n’a pas résolu tous ses problèmes mais le PAICV renonce à son pouvoir sans partage en acceptant le multipartisme. 

L’avènement de la démocratie

L’émergence du MPD (Mouvement pour la démocratie) fait naître chez les Capverdiens une promesse de changement après les 15 années d’hégémonie d’un parti unique. Confronté à des scandales et des affaires, pratiquant la censure de la presse et usant de favoritisme, le PAICV est affaibli et, en 1991, après une campagne passionnée, les premières élections réellement démocratiques au Cap-Vert donnent une victoire sans appel au MPD. António Mascarenhas Monteiro, le nouveau président de la République, dote le pays d’une constitution de type parlementaire avec une Assemblée nationale comportant 72 députés élus pour 5 ans. Carlos Veiga est Premier ministre. Les options du MPD sont de type libéral et modifient considérablement la donne économique : de nombreuses entreprises et sociétés d’Etat sont privatisées, le secteur tertiaire se développe, le tourisme et la pêche sont favorisés.
Les élections de 1996 reconduisent les hommes du MPD qui continuent à exercer une politique libérale, mais les élections de 2001 ramènent le PAICV au pouvoir en la personne du président Pedro Pires : les Capverdiens ont en effet le sentiment que leurs richesses ont été bradées à des sociétés étrangères en grande partie portugaises et leur ressentiment n’en est que plus fort. Il a été réélu en février 2006, mais les élections locales de mai 2008 ont vu un retour du MPD, la plus grande force d’opposition, dû aux inquiétudes de la population face à l’augmentation de la criminalité et, surtout, du trafic de drogue dans l’archipel. L’actuel président cap-verdien a annoncé qu’il ne briguerait pas un troisième mandat en 2011, conformément à ce que la Constitution lui impose. Il laisse ainsi la place à José Maria Pereira Neves, confirmé à la tête du Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert (PAICV).

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