Voyage au Sud de l’Islande en 4 jours

il y a 1 mois par Julien Tran
Vik, Islande ©  Andrea Schaffer

Joanna et moi avons décidé il y a un an de parcourir le sud de l’Islande en 4 jours complets au mois d’octobre, nous avons choisi cette période car les premières aurores boréales apparaissent au mois d’octobre et parce qu’il ne fait pas encore trop froid. Nous partons dans l’espoir de passer au moins une nuit à admirer des aurores boréales danser dans le ciel et à avoir une météo assez clémente.

4 jours peuvent paraitre insuffisants pour couvrir tout le sud de l’Islande mais nous avons décidé d’être très dynamique sans pour autant ne pas prendre notre temps sur les lieux que nous préférions, voici donc le récit jour après jour de nos aventures.

Après avoir atterri sur le sol Islandais à Keflavik, unique aéroport d’Islande situé au sud-ouest de l’ile, nous passons notre première nuit à Reykjavik dans une auberge de jeunesse : le Kex hostel. Cette auberge est simplement immense, chaleureuse, accueillante et très vivante, un restaurant/bar se trouve à l’étage d’accueil et d’espace commun, des concerts se produisent fréquemment et beaucoup d’Islandais fréquentent ce lieu le soir, la salle est remplie. Nous dinons face aux fenêtres de la pièce, espérant déjà apercevoir des aurores boréales, en vain. Nous nous couchons tôt car une journée chargée nous attend le lendemain.

Panaorama de Reykjavik, Islande © Marcel S.
Panaorama de Reykjavik, Islande © Marcel S.

Jour 1 : Sud-ouest et Gold Circle

Nous nous réveillons tout excités car nous sommes impatient d’arriver à notre premier stop : le Blue Lagoon (lagon bleu), une station thermale composée d’un lac artificiel de plus de 200 mètres de longueur dans une zone volcanique, au milieu des champs de lave.

45 min de voiture nous séparent du Blue Lagoon depuis la capitale, à quelques minutes de notre arrivée sur place nous apercevons des fumées au loin et nos visages affichent désormais un grand sourire. À peine garés, nous courons à l’accueil de la station, en claquette sous une pluie fine.

Nos sourires s’effacent au moment où nous apprenons qu’il fallait réserver à l’avance avec un créneau horaire précis, nous avons pensé naïvement qu’il suffisait de se pointer pour entrer, comme à la piscine municipale.

Nous nous démontons pas et poursuivons notre route en remettant à plus tard notre passage au Blue Lagoon, nous re-modulerons notre programme en chemin, nous nous sommes laissé des instants libres pour visiter plusieurs fois les lieux qui nous auront vraiment marqués.

Le Blue Lagoon, Islande © Aline Dassel
Le Blue Lagoon, Islande © Aline Dassel

Nous repartons pour Seltún, une zone géothermale particulièrement active située entre Reykjavik et l’aéroport. Sur place on trouve des marres de boue en ébullition, de l’eau chaude et des odeurs de souffre. Une passerelle en bois permet de se déplacer dans ces mares de boue rougeoyantes et fumantes.

Nous repassons par la capitale, déjeunons rapidement avant de nous remettre en route pour le Golden Circle (cercle d’or). Le Golden Circle est une route touristique formant une boucle de 300 km depuis Reykjavik, 3 sites touristiques emblématiques caractérisent cette route : Thingvellir, Gulfoss et Geysir.

Thingvellir (les plaines du parlement) est un parc national situé au bord du plus grand lac d’Islande, le Thingvallavatn, nous pénétrons dans un immense champ de lave recouvert d’une plaine verdoyante, le paysage est saisissant malgré la pluie battante qui s’abat sur nous, nous décidons de repartir vite en espérant que la météo soit plus clémente.

Gulfoss (la chute d’or) est une succession de deux chutes d’eau, son nom provient de l’arc-en-ciel que l’on peut souvent voir au-dessus par temps ensoleillé, malheureusement pour nous la pluie est toujours battante. La cascade est impressionnante par sa taille, le bruit qu’elle génère et l’énorme volume d’eau qui s’écoule dans une crevasse en deux paliers successifs. Malgré la pluie le site est rempli de touristes.

Sources thermales de Geysir, Islande © Jesper Marker
Sources thermales de Geysir, Islande © Jesper Marker

Geysir est un ensemble de sources chaudes, d’un dôme et d’un cône volcanique qui constituent les restes d’un ancien volcan d’Islande, Geysir est un site touristique important notamment grâce à ses geysers comme Geysir et Strokkur.

Strokkur est le seul geyser encore actif des deux et nous avons eu la chance de le voir jaillir 3 fois entre 10 et 25 mètres de haut et à 10-15 min d’intervalle, le geyser est constamment entouré de touristes attendant que lui-ci jaillisse, c’est un peu dommage de ne pas pouvoir immortaliser cet instant sans personne, malgré cela le spectacle demeure impressionnant.

Nous repartons de nuit pour Selfoss ou nous passons la nuit. Nous avons choisi le Guesthouse Garun Skolavellir. Celui-ci dispose d’un jacuzzi extérieur.
Après l’échec de la matinée au Blue Lagoon et avoir passé la journée sous la pluie c’est un réconfort que nous apprécions.

Jour 2 : de Selfoss à Vík

Nous partons de Selfoss très tôt en direction de Seljalandsfoss, l’une des cascades les plus connues d’Islande, par sa taille et sa beauté. Depuis la route on peut l’apercevoir d’assez loin car celle-ci mesure 65 mètres de haut ! Nous marchons en direction de la cascade, les couleurs qui composent ce paysage sont sublimes, même sous la pluie, la roche est très sombre tandis que la verdure qui entoure la cascade est verte et jaune, en contraste parfait avec la roche.

La particularité de cette cascade est qu’il est possible d’entrer dans un renfoncement de la roche et de passer derrière la cascade pour admirer l’eau tomber depuis l’intérieur, la vue est impressionnante.

Seljalandsfoss, Islande © David Mark
Seljalandsfoss, Islande © David Mark

Non loin de là se trouve la cascade de Skogafoss, toute aussi imposante avec ses 62 mètres de haut et ses 25 mètres de large.
Nous reprenons la route en direction de la plage Sólheimasandur, situé à proximité de la cascade Skogafoss. Cette plage est un lieu incontournable parce qu’une carcasse d’avion s’y trouve depuis le 24 novembre 1973, jour où un avion américain de l’U.S. Navy fut en perdition et obligé de se poser d’urgence sur la plage Sólheimasandur, la carcasse fut alors laissé là à l’abandon.

Aucun panneau sur la route ne signale ce site, nous avons noté les coordonnées GPS du site pour nous garer à proximité car le site n’est pas accessible en voiture. Nous démarrons une marche d’une vingtaine de minutes pour atteindre la carcasse, le trajet est stupéfiant et incomparable à ce que nous avons déjà pu voir. Du sable noir et des roches s’étendent tout autour de nous à perte de vue, nous avons l’impression d’être vraiment seul au monde ici, à l’horizon nous pouvons apercevoir les grands glaciers de l’Eyjafjallajökull et de Mýrdalsjökull.

Nous apercevons enfin à l’épave de l’avion, le temps semble s’être arrêté en ce lieu, l’épave est totalement dépourvue de peinture, d’ailes, de son nez et de sa queue, l’épave est rouillée et criblée de trous, elle est vide et l’on peut parcourir l’intérieur, des câbles sont encore présent dans le cockpit. Le paysage autour de l’avion permet de prendre des photos sublimes.

Épave du DC3, Sólheimasandur, Islande ©  Sigurdur Bjarnason
Épave du DC3, Sólheimasandur, Islande © Sigurdur Bjarnason

Dyrholaey est notre prochain arrêt, il s’agit d’une petite péninsule de 120 mètres de haut situé à proximité de la petite ville de Vík, ce lieu est le point le plus au sud de l’Islande. Cette péninsule est caractérisée par la présence d’une arche volcanique de laquelle elle a tiré son nom, qui signifie : l’île haute avec le passage (trou) de porte.

Du haut des falaises, on a une vue panoramique sur les plages de sable noir s’étendant à l’ouest en direction de Selfoss et à l’est sur les aiguilles de lave noire du Reynisdrangar situées à proximité de Vík.
Nous poursuivons notre route jusqu’à la plage de sable noir de Reynisfjara, cette plage de sable noire est unique car elle est surmontée par des colonnes de basalte hexagonales de la montagne Reynisfjall, la formation rocheuse est simplement impressionnante tant elle a l’air d’être façonnée par l’homme. En face de cette formation rocheuse se trouvent des rochers gigantesques debout sur la rive.

Nous passons un long moment ici, marchons le long de la plage, admirons les rochers et la montagne Reynisfjall, nous repartons en fin de soirée pour passer la nuit à Vík, à l’auberge de jeunesse Nordur Vík hostel.

Cette soirée marque ma première tentative d’observation d’aurores boréales, en effet, la petite ville de Vík est assez isolée de la pollution lumineuse pour pouvoir en observer. J'ai consulté la météo des aurores boréales indiquant heure par heure les chances de pouvoir en apercevoir sur une échelle allant de 1 à 8 ainsi que la clarté du ciel, à savoir la présence de nuages ou pas, toutes les conditions semblent réunies (l’échelle indique 5) pour apercevoir mes toutes premières aurores boréales !

Dyrholaey, Islande © Dan
Dyrholaey, Islande © Dan

Le créneau idéal est situé entre 3 et 4 heures du matin, Joanna décide donc de ne pas me rejoindre pour cette observation et préfère se reposer, je partirais donc seul. Je prépare mon matériel photo, de quoi rester au chaud quelques heures dehors et pars me coucher en réglant mon réveil pour 2h45.

Mon réveil sonne, je pars avec mon équipement en direction du nord, j’ai repéré une colline surplombant tout le village de Vík, je monte et n’y vois pas grand-chose avec ma lampe de poche mais je suis trop excité à l’idée de voir des aurores boréales pour m’arrêter. Parvenu en haut je me pose et m’allonge dans l’herbe, le regard fixé vers le ciel.
Les minutes s’écoulent sans que je puisse distinguer des aurores boréales, une première heure s’écoule puis une seconde, je n’en verrais finalement pas ce soir-là mais je ne suis pas déçu d’être resté là, isolé et au milieu de la nature ou le silence règne. Ces moments arrivent rarement dans ma vie alors j’en profite longuement avant de retourner me coucher.

Jour 3 : de Vík à Höfn

Malgré le manque de sommeil nous nous levons tôt et partons pour Fjadrargljufur, un canyon (gljufur) taillé dans la roche et traversé par une rivière (Fjadrar) qui prend source sur la montagne Geirlandshraun, à une dizaine de kilomètres au nord. Le canyon est composé d’une multitude de parois s’élevant peu à peu jusqu’à atteindre une centaine de mètres, de chaque côté du canyon la verdure est resplendissante.

Un chemin nous conduit sur les hauteurs du canyon et sur des terrasses formées par les parois, la vue est sublime et nous profitons pour une fois du soleil qui perce les nuages pour éclairer le canyon.

Canyon de Fjaðrárgljúfur, Islande © Jbdodane
Canyon de Fjaðrárgljúfur, Islande © Jbdodane

Une heure de route nous sépare de notre prochaine destination : la cascade de Svartifoss. Pour atteindre cette cascade il faut effectuer la randonnée des cascades. Celle-ci est privilégiée par les touristes se rendant à Skaftafell car c’est la plus courte. En effet, il faut compter 1h30 (1,5 km) pour faire la boucle entre le parking et la cascade principale.

La renommée de Svartifoss ne s’est pas faite sur son débit mais sur son environnement absolument splendide, la cascade est entourée de colonnes de basalte noires qui semblent tomber depuis le haut de la cascade, ces colonnes semble former un orgue duquel s’écoule la cascade. Le chemin parcouru jusqu’ici en valait la peine.

Nous redescendons et partons en direction du glacier Vatnajökull, le glacier le plus grand d’Europe, nous n’avons pas le temps de nous lancer dans une randonnée pour marcher sur le glacier mais certaines langues glaciaires, qui sont les extrémités de la coulée du glacier, sont accessible de très près.

Le chemin pour accéder au site que nous avons repéré est difficile, la route est parsemée d’énormes trous, une chance que notre véhicule soit adapté à ce type de route. Une fois arrivé sur place nous nous rendons en courant jusqu’au bord du glacier tant nous sommes impatient de le voir de près. Un chemin qui n’en est pas vraiment un sur le flanc de la montagne nous permet de prendre un peu de hauteur pour admirer la vue. Nous restons là un long moment, subjugués par ce que nous voyons.

Grotte dans le glacier Vatnajökull, Islande © Richard Rydge
Grotte dans le glacier Vatnajökull, Islande © Richard Rydge

La langue glaciaire est immense et les pics de glace formant celle-ci font quelques mètres de haut, leur couleur est d’un bleu ciel vif, une couleur que nous avons rarement observé dans la nature.

Un peu plus loin sur la route se trouve un lagon de glace : Jokulsarlon, cet immense lagon de 18 km² est rempli d’icebergs, celui-ci s’est formé à cause du réchauffement climatique faisant fondre les langues glacières et les faisant reculer de 100 mètres chaque année, formant ainsi des lagons de glace, les icebergs flottent alors dans ce lagon en attendant de dériver et mourir dans l’océan car celui-ci est relié à l’océan.

Au bout de cette connexion entre le lagon et l’océan se trouve une plage de sable noir, des morceaux de glace jonchent le sol partout sur la plage, certains sont assez petits pour être soulevé. La glace datant de milliers d’années scintille au soleil comme s’il s’agissait de diamants.

Nous continuons notre route jusqu’à Hofn, nous y passerons la nuit (Hofn HI hostel). Nous profitons de l’isolement de cette ville pour nous lancer dans une chasse aux aurores boréales, les conditions météorologiques sont favorables ce soir-là (8 sur l’échelle de chance d’apparition d’aurores boréales !), nous nous rendons alors hors de la ville et parcourons une cinquantaine de km pour ne vraiment plus apercevoir aucune lumière, nous nous éloignons de la route, nous avançons lentement dans l’obscurité et nous arrêtons au milieu de nulle part entre l’océan et le glacier Vatnajökull.

Aurore boréale, Islande © David Mark
Aurore boréale, Islande © David Mark

Nous passons près d’une heure entière dans la voiture en observant le ciel par les fenêtres, il fait vraiment froid dehors et nous ne voulons pas sortir avant d’être sûr de voir des aurores boréales, soudainement j’aperçois une trainée blanche dans le ciel, nous sortons immédiatement de la voiture en nous demandant s’il s’agit vraiment d’un aurore boréale, nous avions toujours imaginé qu’elles seraient vertes.

Pour être sûr je prends ma première photo avec un temps d’exposition long, le verdict est sans appel, il s’agit bien d’un aurore boréale. Les minutes passent et les aurores boréales deviennent de plus en plus intenses et dynamiques, on les aperçoit danser au-dessus de nous, c’est grandiose et émouvant, nous avons presque oublié que la température était négative à l’extérieur de la voiture.

Nous avons vu ce que nous espérions le plus voir lors de ce voyage, nous sommes comblés et décidons alors de rentrer nous coucher.

Jour 4 : retour et Blue Lagoon

La dernière journée de notre périple est en majeure partie passée dans la voiture à parcourir le long chemin de retour jusqu’à Reykjavik, 450 km soit environ 5h40 de route. Passer une longue partie de la journée à conduire peut paraitre long et ennuyeux mais ici en Islande cela permet d’observer tous les paysages que cette ile à offrir en une journée, se remémorer tous les instants que nous avons vécus ces trois derniers jours, passer de la pluie à la neige et finir sous un ciel radieux, le dépaysement est total.

Le Blue Lagoon, Islande © Veronica Bosley
Le Blue Lagoon, Islande © Veronica Bosley

Pour finir en beauté nous avons décidé que notre dernière étape serait le tant attendu Blue Lagoon ! Nous avons cette fois-ci réservé notre entrée, le soleil brille dans le ciel et il nous reste quelques heures pour nous prélasser dans ce lagon.

Nous passons au vestiaire nous changer et direction le bassin, le moment le plus difficile du voyage se présente alors devant nous : sortir en maillot de bain pour rejoindre le bassin, seulement quelques mètres à parcourir mais nous ressentons un froid glacial pour enfin mettre un pied dans une eau qui nous semble bouillonnante (40 degrés Celcius), une fois le corps entier immergé c’est un réel plaisir, nous parcourons l’ensemble du bassin pour y découvrir les installations, il y a un bar, des saunas et des cascades massantes ! La nature environnant le lagon est magnifique, nous sommes entourées de roches volcaniques.

Après avoir passé deux heures dans le lagon nous décidons de rentrer à la capitale, le soir nous nous promenons une dernière fois dans les rues de Rekjavik avant de devoir prendre l’avion pour Paris le lendemain.

Avec ce voyage nous nous attentions à être émerveillé mais pas à ce point, la nature en Islande offre ce qu’aucun autre pays ne peut offrir : une réelle diversité de paysages uniques en leur genre, passant des paysages lunaires aux lagons de glace. La solitude et le silence nous ont fait sentir libre, nous étions presque seuls sur les routes, le temps s’est arrêté pendant ces 4 jours qui nous ont semblé paraître des mois tellement nous avons vécus et vus des choses merveilleuses.

Nous étions réticents à l’idée de passer des vacances sous la pluie et dans le froid, mais au bout de quelques heures (et un bon équipement) nous nous étions complètement acclimatés à cet environnement. L’Islande est le voyage le plus marquant et dépaysant que nous avons réalisé, nous y retournerons, c’est une certitude.

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