Mostar, un voyage en Bosnie

il y a 6 mois par Cindy Trijoulet
Pont Stari Most, Mostar, Bosnie-Herzégovine © Nenad Maric

Clairement, le pays porte les stigmates de son histoire douloureuse. Tout n’est pas propre, à peu près rien n’est rénové, tout semble abimé ou à moitié détruit, et pourtant on sent bien là la richesse d’un pays multiculturel aux paysages sublimes qui ne demandent qu’à être mis en valeur.

Première chose frappante lorsque l’on arrive en Bosnie-Herzégovine, ces panneaux aux noms de villes familiers, entendus dans les journaux télévisés il y a quelques années…
Après deux heures de route, et l’envie malgré tout de pousser plus loin – mais ce sera pour un prochain voyage – nous sommes arrivés à Mostar dans la soirée. Déjà, la ville me faisait sacrément de l’œil et il me tardait de la parcourir en plein jour le lendemain.

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C’est donc enthousiaste, après une bonne nuit de sommeil, que je me suis dirigée le lendemain matin vers le cœur de la ville, son bazar, son fameux Stari Most, « vieux pont », ses ruelles animées et ses multiples mosquées.

Mostar est une ville multiculturelle directement inspirée de la Turquie, puisqu’elle fut gouvernée par les Ottomans. De ce fait, on y trouve principalement des maisons turques, et le bazar ressemble à celui bien typique d’Istanbul.

D’après un habitant avec qui j’ai eu une discussion fort intéressante, la ville est 50% chrétienne et 50% musulmane. Alors qu’elle est dominée par une immense croix située au sommet de la montagne surplombant Mostar, on y trouve une multitude de mosquées dont les minarets embellissent le paysage.

Stari Most, Mostar, Bosnie-Herzégovine © Cindy Trijoulet
Stari Most, Mostar, Bosnie-Herzégovine © Cindy Trijoulet

Ci-dessus, un des quelques fous furieux assez téméraires pour sauter du Stari Most !!!

24 mètres de hauteur quand même ! J’imagine que cela ne les émeut plus beaucoup étant donné qu’ils font ça à longueur de journée pour épater les touristes et récolter de l’argent.

Le suspense est d’ailleurs bien orchestré. En permanence perché sur le bord du pont, le plongeur enjambe tantôt la rambarde, puis se penche vers le vide pour finalement revenir en arrière. Pendant ce temps, son collègue incite les touristes à se cotiser pour atteindre la somme requise et assister au fameux saut.

C’est réellement impressionnant il faut le dire !
La vue d’un côté et de l’autre du Stari Most est superbe !!
La pierre du pont est bien glissante. J’ai dû me tenir malgré mes bonnes chaussures de marche, alors imaginez la troupe de jeunes filles danseuses de claquettes qui a débarqué juste après… glissades en série, j’avoue j’ai rigolé ! XD

Un peu de vocabulaire :
La ville s’appelle Mostar, son pont le Stari Most, et ses habitants les Mostari. Un brin répétitif tout ça. ????

Par la suite, je suis allée visiter la Mosquée Koski Mehmed Pasha. Pour quelques euros de plus, j’ai même pu monter au sommet du minaret par son étroit escalier. Superbe !!! J’ai adoré avoir cette opportunité, et quelle vue de là-haut !

Mosquée de Koski Mehmed-pacha, Mostar, Bosnie-Herzégovine © Tim Bounds
Mosquée de Koski Mehmed-pacha, Mostar, Bosnie-Herzégovine © Tim Bounds

Après être longuement restée perchée là-haut – quel régal vraiment !! – je suis redescendue et ai fait le tour de la mosquée pour profiter d’un autre très beau point de vue.

En marchant seule à travers la ville, je suis tombée sur une deuxième mosquée, la Mosquée Karadjoz-Bey. Encore une fois, pour deux euros de plus je pouvais monter au sommet du minaret. Mais l’ayant déjà fait à la mosquée précédente, et celle-ci étant moins bien placée, j’ai préféré m’en tenir à la visite de la salle principale.

C’est fou comme, lorsqu’on visite seule, on fait facilement des connaissances. Le mostari faisant payer l’entrée m’a alors abordée gentiment en me demandant d’où je venais etc… Je ne sais trop comment, nous en sommes venus à réellement sympathiser, parler de l’histoire de la Bosnie, de sa politique, de sa culture… C’était tellement intéressant !

Il m’a alors proposé de monter en haut du minaret gratuitement, tant qu’il n’y avait pas d’autres touristes dans la mosquée, ce que j’ai accepté avec joie ! ????
Le point de vue n’était pas aussi idéal que précédemment, mais tout de même, WAW ! J’adore me retrouver perchée en hauteur et avoir cette sensation mêlant peur, fragilité et liberté, c’est tellement stimulant !
Je suis ensuite redescendue et nous avons continué à papoter de tout et de rien. Il m’a alors proposé de franchir le cordon pour entrer dans l’espace de prière, m’approcher des murs aux peintures anciennes, m’expliquant quelles parties avaient été restaurées et lesquelles étaient authentiques, l’importance que tout ceci avait pour les pratiquants, etc…

Avant que je ne parte, il m’a offert une carte postale derrière laquelle il m’a écrit son nom, que je serais bien incapable de relire. >_< Une accolade chaleureuse et je repartais explorer la ville, heureuse et honorée de cette rencontre.

J’ai ensuite entrepris d’aller sur les hauteurs de la ville afin d’en voir un autre aspect. En effet, alors que le centre pullule de mosquées, les quelques églises de Mostar sont un peu excentrées. Je suis allée en visiter une bien isolée, me demandant jusqu’au bout si c’était vraiment le bon chemin…
Soudain, une ouverture dans le mur, et là se trouvait la petite chapelle dans son paisible jardin.

Monastère derviche de Blagaj, Bosnie-Herzégovine © Kerim Sarıgül
Monastère derviche de Blagaj, Bosnie-Herzégovine © Kerim Sarıgül

L’église n’était pas ouverte, c’est bien dommage. J’ai profité de nouveau d’un beau point de vue sur la ville lors de ma redescente. Je me suis ensuite baladée au hasard des rues, j’ai pris un bon déjeuner à petit prix dans le bazar, je suis repassée par le Stari Most, pour le plaisir…

J’ai lu dans mon guide qu’il existait un petit pont à Mostar, le Pont en Dos d’Âne, comme une mini-réplique du Stari Most. Je m’y suis donc rendue. Le coin était très sympa, avec un resto et un pub qui donnaient sur la rivière. Très joli.

Pour finir, j’ai évidemment fait quelques emplettes ! :p Lâchez-moi dans un souk ou un bazar et je craque mon porte-feuille, haha !! Pour cette fois, ce fut un foulard négocié auprès d’une commerçante adorable, une petite montre-gousset, des boucles d’oreilles colorées, et évidemment les habituels magnets et autres écussons.

On croise tout de même de drôles d’objets au détour des échoppes : masques à gaz, médailles de guerre, ou encore écussons SS… tout ceci à travers divers objets faits des douilles de balles ramassées à l’après-guerre (même des stylos !).

Voilà, ma visite-guidée de Mostar se termine ici, j’espère que vous l’avez appréciée. J’ai adoré cette petite ville, sa culture, son architecture, ses habitants adorables. J’y ai passé une journée fabuleuse qui reste pour moi un souvenir fort, surtout la rencontre faite à la Mosquée Karadjoz-Bey.

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