Fàilte !

Soulevez une pierre, une légende en surgit, dit-on volontiers en Ecosse. Le pays collectionne, sous le vol majestueux de ses aigles royaux, les ruines somptueuses, les horizons grandioses, les châteaux les plus fous d’Europe et les meilleurs whiskies du monde. Mais c’est peut-être pour sa culture du surnaturel qu’on l’aime d’abord. Le monstre du loch Ness, Docteur Jekyll et Mister Hyde ou le fantôme de Marie King’s Close, à Edimbourg, n’appartiennent qu’à lui.

Est-ce à cause de son passé sanglant, de ses lacs sans fond, de son relatif isolement, de ses brumes épaisses ou de son incorrigible romantisme que l’Ecosse affiche, envers et contre tout, une telle propension au mystère ? Un tel souci du magiquement correct ? Une telle richesse en poussière d’étoiles ?

Dans le château de Glamis, à la grande ombre de Macbeth, les lords jouèrent longtemps aux cartes avec le diable. En Ecosse, on devise naturellement et depuis toujours avec l’au-delà. Le troisième millénaire ne devrait rien changer à cette saine habitude. Ni le triomphe du microprocesseur empêcher des gaillards à barbe rousse et à jupon à carreaux de souffler, à pleins poumons, dans des cornemuses.

Des Lowlands aux Highlands, l’irrationnel appartient au quotidien. Et le passé au futur. Fouetté par son récent statut d’autonomie, arraché à Londres de haute lutte, le pays, dynamisé et rajeuni, se garde de renier ses particularités, ni d’oublier ses traditions. Mais, tout en préservant l’esprit du clan et du tartan, tout en choyant son théâtre d’ombres, il se montre plus accueillant que jamais, entre cités de culture vivante et paysages naturels qui gardent des fraîcheurs et des pudeurs de matin du monde.

Glamis Castle, comté d'Angus, Ecosse,Grande-Bretagne, Royaume-Uni.

Glamis Castle, comté d’Angus, Ecosse By: Bernard BlancCC BY-NC-SA 2.0

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