Vietnam ! Terre de mes ancêtres, longtemps je t’ai imaginée, m’évertuant à y voir un pays aux mille et une couleurs et aux senteurs épicées, un climat tropical où la faune et la flore se développent dans la prospérité d’un temple bouddhiste. Je t’ai rêvé tant d’années malgré toutes les souffrances et la tristesse que la bêtise humaine t’a infligée.

Un récit de voyage solidaire par Émilie Dumon

Je songe à notre départ dans le brouhaha des voyageurs qui nous entourent. Je contemple les avions qui vont et viennent. D’où viennent-ils ? Où partent-ils ? Peu m’importe. Les yeux dans le vide je songe au lendemain, lorsque nous serons loin et si près de toi Vietnam.

Nous nous mélangeons aux autres passagers dont quatre vingt pour cent sont vietnamiens (normal, nous voyageons avec Vietnam Airlines). Mon père commence déjà à parler sa langue maternelle. Les hôtes et hôtesses, tous vietnamiens, vêtus pour les femmes de la tenue traditionnelle vietnamienne « Ao Daï » beige et bordeaux et pour les hommes d’un costumes avec chemise col Mao, nous offrent un rafraichissement que nous apprécieront. Ils seront agréables et très professionnels. Un voyage comme tout voyageur peut souhaiter.

Arrivée au Vietnam

Après seize longues heures de vol et une heure d’escale notre avion sort des nuages, nous voilà au dessus du Vietnam ! Vue du dessus, j’avais l’impression de contempler un pays gorgé d’eau d’où sortent des bâtisses par-ci par-là. Les affluents du Mékong sont nombreux, je viens même à me demander où l’avion va pouvoir atterrir.

Saigon - Vietnam

Saigon – Vietnam par : Joseph Hunkins

Nous arrivons sur Hô Chi Minh Ville, l’ancienne Saïgon et je contemple mon père heureux de retrouver son pays. Enfin arrivés ! Nous comptons sur mon père pour qu’il nous guide vers son cousin Than que je ne connais pas. Leurs retrouvailles sont émouvantes. Elles se passent sur le parking de l’aéroport sans aucune pudeur ni honte des larmes et des sentiments. C’est l’amour vietnamien. Et j’aime ça. Nous avons tous le droit à des embrassades et des sourires. Un accueil agréable après un si long voyage.

Nous arrivons chez Than et sa femme Thi Aie dans la banlieue ouest de Hô Chi Minh Ville. Une petite maison bleue toute en hauteur, perdue au milieu de tant d’autres dans un enchevêtrement de ruelles très étroites où aucune voiture ne peut passer. L’atmosphère y est lourde et je me sens comme submergée par le brassage de mille et une senteurs. Le bruit des véhicules et des conversations et cette moiteur m’enveloppent complètement.

Des enfants courent devant nous. Nous passons devant un temple bouddhiste situé à deux pas de chez Than et Thi Aie. Ce sanctuaire est reposant, je me promets de m’y arrêter plus tard (à cette époque j’ignorais totalement que j’y emmènerais les cendres de mon père pour une dernière prière). Afin de visiter au mieux le pays, nous louons un van avec guide et chauffeur.

Un programme de visites

Nous partons donc le lendemain direction Nha Trang (la mini baie d’Ha Long), c’est vraiment magnifique. Puis nous visiterons Quy Nhon et Da Nang avant d’arriver à Hoi An l’ancienne ville chinoise et ses fabriques de soie. Nous ferons une grosse halte sur Hué pour visiter la pagode de la Dame céleste, nous visiterons aussi le tombeau de Khai Dinh avant de retrouver la cité interdite de Hué.

Nous monterons à Dà Lat (les montagnes du centre) il y fait plus frais, mais le Vietnam reste si majestueux que même la pluie de m’arrêtera pas.

Nha Trang - Plage

Nha Trang – Plage

Nous referons le chemin inverse, pour retourner près de ma famille et profiter pleinement du savoir vivre vietnamien. J’aime Ho Chi Minh Ville, je m’y sens un peu comme chez moi. Je me promènerais plusieurs fois au marché Ben Thran afin de m’enivrer de tout ce que le Vietnam peut m’offrir.

Depuis je suis retournée au pays pour y emmener les cendres de mon père et continuer à tisser des liens avec mes paires. Je me suis jurée que je finirai ma vie là bas car bien que je ne sois que Viet Qieu le Vietnam coule dans mes veines et depuis notre première rencontre mon cœur n’a de cesse que de battre pour lui. 

Texte mis à jour le 15 mars 2017.