Bien, les derniers jours à Ilha Grande ne furent pas aussi paradisiaques qu’espérés. Le mauvais temps, une fois de plus, nous a rattrapé. Nous avons donc terminé notre exploration rapidement et attendu le bateau qui nous emmènerait loin de là.

Un récit de voyage au Brésil par Marion Kvaternik

Oui, pour quitter l’île, on s’est rêvé un transfert en bateau jusqu’à Paraty. Sous la pluie certes, mais dépaysant tout de même. Echec! Le bateau n’aura pas duré longtemps, nous aura éloigné de Paraty et aura en grande partie été réalisé en minibus. Tant pis pour le dépaysement… Ceci étant, il est bien confortable d’être au chaud et à l’abri quand les éléments se déchaînent au dehors.

L’arrivée à Paraty, jolie petite ville coloniale au sud de Rio se fera donc sous un temps de m…. Et nous nous installons dans une auberge où quasiment tout se situe… dehors… Auberge qui doit être bien agréable quand il fait très beau d’ailleurs. Un propriétaire adorable – et charmant (note: on apprendra en partant qu’il est en fait argentin, tout s’explique) – la plage à proximité… Mais le cœur n’y est pas vraiment.

On choisit de réduire notre séjour ici, où les prévisions ne sont pas au beau, et n’y passons qu’une journée. Mes compagnons choisissent d’aller voir les cascades à la sortie de la ville… Bon, quand on sait qu’on va voir Iguazu après, la motivation n’est pas forcément grande d’aller voir une “chute d’eau”, donc je choisis de passer la journée, plutôt ensoleillée d’ailleurs, dans ce joli centre historique.

Rue à Paraty, Brésil

Rue à Paraty, Brésil – © Marion Kvaternik

La ville en effet mérite le détour; il s’en dégage une ambiance de vacances à la plage, dans une ville pourtant sans plage et dans une atmosphère de village de campagne, le tout très reposant et charmant. On s’y sent également vraiment en sécurité; le sud du Brésil n’a vraiment rien à voir avec le nord! Enfin, de douces promenades en jolis détours, je finis ma journée à l’auberge en attendant les explorateurs.

Nous partons le lendemain pour un nouveau road trip de 24h. D’abord un bus pour Sao Paulo, où nous avons annulé notre séjour. Le bus supposé le plus rapide des deux à prendre, il fallait donc que quelque chose arrive. Oui, parce que le coup de la panne, on ne l’a toujours pas eu, c’est louche. Cette fois non plus, mais presque. Le bus s’arrête au milieu de la route. Au bout de 5 mn, le chauffeur ouvre la porte de la cabine de pilotage et nous invite à attendre tranquillement dans le bus, ou dehors si on veut. Tiens, un problème?

Rapidement, l’équipe de reporters se mobilise pour savoir ce qui se trame en ce lieu… Et voici ce qu’ils découvrirent: Rien. Rien vraiment, pas d’accident, pas de flics ou d’ouvriers qui bloquent la route, rien. Les gens sont arrêtés en longue file derrière ce qui semble être une délimitation pour des travaux… Mais pas d’ouvriers. Nous trouvons une explication qui nous semble tout à fait tenir; nous sommes au Brésil rappelons nous: c’est l’heure de la pause dej, les ouvriers sont donc partis. Et le trou? Ah ben tant pis, c’est l’heure de la pause dej…

Heureusement, ils sont revenus bien vite, on a pu enchaîner avec notre bus pour Foz de Iguaçu. Nous avons les dernières places donc, pas vraiment les meilleures. Nous nous retrouvons tout au fond avec Jerry, à côté des toilettes, ce qui s’avère être un moindre mal comparé à ce qui nous attend. Alors non, je ne suis pas pour le luxe partout, mais un minimum de confort, quand même en Bolivie ils y arrivent, je n’estime pas ça trop demander. Mais là, premier point: la clim est sur nous. Concrètement sur nous. C’est à dire que la bouche est en face de mon siège, orientée droit sur ma tête… je pense que tout le monde sait déjà à quel point j’aime la clim, donc imaginez ma tête. Comme on ne peut rien régler, on prend la solution bis: on démonte tout. Et on change la grille de sens. C’est mieux, ça passe au dessus de la tête. Ensuite, pour une raison encore mal comprise; nos sièges se baissent à peine. Ça promet… Et ça a donné: 2 heures de sommeil, un peu d’énervement, et un lendemain tout mou.

Coati et touriste, Foz do Iguaçu - Brésil

Coati et touriste, Foz do Iguaçu – Brésil – © Marion Kvaternik

Foz do Iguaçu est une ville pas bien jolie et assez immense, on se trouve donc bien dans le refuge de notre hostel ce premier jour, à profiter de la piscine et de la quiétude du lieu. Le lendemain, nous commençons l’exploration du Paradis. Je n’avais encore jamais fait les chutes du côté brésilien, c’est donc une belle découverte. L’Argentine s’y taille peut-être la part du lion, elle n’offre pas les mêmes points de vue saisissant. C’est magnifique. On court sur les passerelles pour découvrir chaque fois une vue plus belle. Le tout animé par les petits coatis.

Le coati est la sâle bête qui peuplait auparavant les forêts autour du parc, et qui, depuis l’ouverture au public, squatte le parc lui même, alimentés qu’ils sont par les touristes. Ils sont très organisés et travaillent en bande: l’un détourne l’attention du touriste pendant que l’autre essaye d’ouvrir son sac, très habiles également: le touriste voudra prendre une jolie photo de lui dressé sur ses pattes arrière, en lui faisant rêver le paquet de gateau dans sa main… Résultat: pas de photos, et plus de gâteau….Sans compter le talent mélodramatique de ces petites bêtes…. Nous sommes également accompagnés de nuées de papillons, de toutes formes et couleurs, c’est vraiment enchanteur!

Papillon,  Foz do Iguaçu - Brésil

Papillon, Foz do Iguaçu – Brésil – © Marion Kvaternik

Enfin vient le temps de passer à nouveau la frontière… A vrai dire, sans toutes ces formalités administratives, on s’en rendrait à peine compte. Mais ça prend son temps: un bus nous amène à la frontière brésilienne d’abord, où l’on récupère le droit de sortir, puis il faut prendre un autre bus jusqu’à la frontière argentine, qui n’est pas vraiment proche, où là, le gentil bus attend. Une fois qu’il pense que tout le monde est dedans, il repart. Et là; c’est la panique: Jerry est encore en train de papoter avec les taxis pour trouver une solution plus rapide. On arrête le bus, et on descend et on saute dans le taxi, pour arriver dans l’auberge resort du côté argentin.

La visite du côté argentin n’est pas une grande surprise pour moi, mais toujours un délice. C’est amusant, à parcourir tous ces chemins, ce ne sont pas les moucherons qui nous harcèlent mais les papillons, ça change. L’arrivée sur la Garganta del Diablo est une fois encore un grand moment, on se trouve nez à nez avec les chutes. Il ne manquait qu’un peu plus de vapeurs d’eau pour s’y sentir vraiment. Mais le site est toujours aussi bien préservé et magnifique. C’est même presque trop facile d’y circuler tellement tout y est aménagé, sans pour autant déranger l’environnement naturel…

Seule différence notable par rapport à la dernière fois: les poubelles sont fermées, suite à l’appétit et la témérité de nos amis coatis, et les panneaux se sont multipliés pour nous enjoindre de ne plus les nourrir: ça les rend agressifs… Pour autant, on se rendra compte lors de notre deuxième visite, qu’ils ne font pas grand chose pour empêcher ça: tout est facilement accessible et les snacks /restaurants sont devenus un lieu de villégiature pour eux. Parfois, un employé arrive et les fait fuir avec des castagnettes… Le reste du temps, c’est au touriste de se battre pour sauver son repas. Et pas que! Ces sales petites bêtes ont tous les vices: elles s’attaquent même au portefeuille des pauvres petits enfants innocents et isolés.

Chutes,  Foz do Iguaçu - Brésil

Chutes, Foz do Iguaçu – Brésil – © Marion Kvaternik

Heureusement, notre duo de choc Jérémy et Charlène, en faisant intelligemment équipe: et je détourne l’attention des coatis avec des gâteaux pendant que tu fonces récupérer le portefeuille, sauveront le pauvre petit. Et cela donnera lieu à une réflexion: il y en a combien des portefeuilles dans la forêt là? On serait bien aller voir, mais croiser un serpent pour la journée, ça nous a suffit. Ils me font rire avec leur panneau: ne sortez pas du sentier, des animaux dangereux se trouvent autour de vous. Le sentier, c’est des plaques de béton qui traversent la forêt, il est absolument évident qu’un serpent, reconnaissant le chemin des êtres humains, prendra grand soin de le contourner pour continuer sa route… Enfin malgré tout, on est resté sur le chemin.

Et avons terminé la visite avec la Isla San martin, au milieu du site, et qui offre de merveilleux points de vue, dont un au plus près des chutes. Un dernier petit tour sur le sentier supérieur et là… Le miracle! Enfin miracle, ne négligeons pas la formation reçue en Amazonie, qui fait que Jerry repère les toucans à l’oeil nu sans difficulté et que notre imitation de son cri l’attire encore plus près! Car oui, c’est le toucan! Le toucan à 6m de nous, qui nous regarde quand on l’appelle…

Aaaah, mais quel délice de finir de cette façon la visite de ce parc magique. Oui, c’était bien trois jours au paradis; il fait beau et chaud, on peut se baigner un peu partout, la forêt est magnifique, les animaux nous entourent sans crainte, et ces chutes d’eau. Elles sont incomparables… Tant qu’on aimerait être une goutte d’eau. Si un jour vous allez au Brésil ou en Argentine, ne négligez surtout pas ces chutes!

Isla San Martin, Iguaçu - Argentine

Isla San Martin, Iguaçu – Argentine – © Marion Kvaternik

Ce matin, nous avons quitté les Bretons, qui sont repartis pour 24h de bus. Nous avons patienté tranquillement toute la journée, entre Internet et piscine le bus qui nous conduit dans cette merveilleuse ville qu’est Buenos Aires, où nous resterons une petite semaine dans le charmant quartier de San Telmo. L’argentine pour l’instant s’annonce hors de prix; le prix des transports a en effet triplé, mais fort douce à vivre. Nous avons le temps, puisque nous avons quitté le Brésil plus tôt que prévu, et surtout, avec la tête de Jerry, les prix étudiants ont tendance à pleuvoir sur nous! Pourvu que ça dure, sans quoi, on sera bientôt obligés d’arrêter de manger!