J’ai titré ce récit ainsi car j’ai une histoire particulière avec ce pays. J’ai, sans même m’en rendre compte, vu plus de villes en Italie que n’importe quel autre pays !
Tout a commencé il y a presque 12 ans, c’était mon premier voyage en duo avec une amie. Nous avons fait un circuit passant par Florence, Venise et Padoue.

Un récit de voyage solidaire par Gege Guerreiro

Évidemment, le premier voyage sans les parents ne passe pas inaperçu… J’ai adoré cette sensation d’indépendance et de maturité, nous pouvions voyager seules, nos parents nous accordaient leurs confiances ! Malheureusement, ce voyage n’a pas été de tout repos. Nous avons perdu une demie-journée à Florence alors que nous devions en passer une entière sur place… Résultat, à peine une dizaine de photos devant le fameux pont Vespuci.

Que cela ne tienne, nous continuons vers Padoue où nous sommes presque choquées par la relique du Saint exposé, sa langue. Le pauvre, pensions nous à l’époque! Nous filons vers Venise où nous sommes ébahis par la foule qui se bouscule sur la place st Marc mais profitons d’un vol de pigeons pour nous immortaliser sur la place.

Le départ, plus chaotique vers Paris, nous a longtemps laissé de mauvais souvenirs. Un vieux monsieur de notre groupe s’était perdu en plein Venise et sa recherche pendant plus d’une heure était restée vaine…La guide nous menace alors de partir sans nous si nous insistons pour le chercher encore…Encore mieux, elle fait une crise d’épilepsie en plein parking quand elle remarque que la majorité ne la suit pas.

Étant encore mineures et de peur de se retrouver en plein Venise pour revenir sur Paris, nous le laissons sur place…perdu sans sa femme et sans aucune notion d’italien. Nous apprendrons plus tard qu’il est monté sur Paris par ses propres moyens.

Venise, talie

Venise, talie – Photo par irenne56

Curieuse, j’entreprends un retour vers Venise une bonne dizaine d’années plus tard. Cette fois, ça sera avec ma moitié ! Et quel bonheur ! Nous arpentons les rues sans aucune carte, explorons les moindres recoins de Venise, quitte à se retrouver aux bords du canal à chaque escapade. Et c’est là son charme, charme que je n’avais pas eu le temps de voir au premier regard. Quand on prend le temps de l’explorer dans les moindres recoins, on s’aperçoit que la place St Marc est une infime partie de ses charmes !

Nous allons à Burano, petite île calme et multicolores par ses petites maisons, les habitants cachés derrière leurs rideaux en dentelle et épiant le moindre mouvement des passants. Les vaporettos, quel bonheur ! Pas une voiture, l’impression constante d’être en balade et un côté unique quand on y croise ses ambulances ou ses taxis flottants. Seul bémol, un regard appuyé d’un vieil italien que je n’oublierais jamais, rempli de haine et de mépris, il m’a suivi du regard pendant une dizaine de mètre voire plus, mais mon regard exaspéré a fini par se retourner vers ma direction.

Eh oui, pourtant banal, une personne à la peau noire passe encore difficilement inaperçue en Italie ! Avec deux amis férus de voyages, nous entamons une croisière nous permettant de découvrir, entre autres, Gênes, Naples et Palerme. Première découverte de cette ville de Gênes en mode pédestre car nous n’avons que quelques heures. Nous découvrons les ruelles et tombons vite nez à nez avec un petit groupe d’italiens qui ne trouve rien de mieux que de me dévisager et de se moquer de moi en italien.

Nous passons notre chemin mais mes amis restent outrés par tant de méchanceté gratuite. Ne pouvant faire autrement, je les ignore, je ne veux pas gâcher mon périple ! Continuons sur Naples, mêmes situations… Des regards aussi bien d’hommes que de femmes, jeunes et moins jeunes qui parfois s’immobilisent pour me suivre du regard avec haine et mépris. ça m’arrivera aussi bien en pleine rue qu’en pleine gare ou dans un restaurant…

Arrive alors la Sicile, et Palerme. Je suis étonnée par le peu de vie de cette ville et par la saleté ambiante…Naples m’avait déjà intrigué mais nous passions à un autre niveau. Anecdote amusante au premier abord, une amie, amoureuse des bêtes, se met à caresser un chien à l’entrée d’un tailleur. Ce dernier se laisse caresser sans broncher. Mon second ami suivra. Voyant qu’il y a peu de risque, je me lance. C’est alors que le chien va se mettre à aboyer de toutes ses forces, presque prêt à me mordre si j’insiste. Le propriétaire s’en amuse. Moi pas, quelque chose ne passe vraiment pas et ce malgré moi.

Cathédrale de Palerme, Sicile, Italie

Cathédrale de Palerme, Sicile, Italie par: Eric LaurentCC BY-NC-SA 2.0

Mais nous allons plus tard tomber sur un homme très aimable qui va me redonner un peu de chaleur humaine. Nous nous perdons avec mes amis, cherchant des catacombes et un endroit où acheter des timbres. Un homme va alors nous emmener en voiture chez un ami buraliste puis directement aux catacombes, nous évitant des heures perdues en recherches sur une petite journée sur place. Je retourne pourtant plus tard dans ce pays, car ma moitié rêvait de redécouvrir Pompéi et Herculanum. Chose fait en ce mois de décembre où je lui offre ce voyage.

Moins drôle, la veille, une vague de froid et de chute de neige sans précédent s’abat sur la France. Mon taxi réservé est bloqué et ne peut nous emmener à l’aéroport. PANIQUE!! Je téléphone alors sans conviction à une autre compagnie de taxi…et un véhicule est à à peine 5mn de nous. Il nous emmène à Orly mais nous avoue que nous sommes les premiers…et derniers clients de la journée! La neige, les bouchons…ces quelques heures lui ont suffit !

A l’aéroport, nous restons bloqués plus de 4 heures. Les appareils pour déneiger les pistes sont si peu nombreux qu’il nous faudra autant de temps pour pouvoir partir. La compagnie ne nous propose même pas un verre d’eau ou un thé. Les plus virulents se plaindront aux hôtesses mais auront comme réponse du pilote que toute personne mécontente ou se plaignant…sera descendu de l’avion…

Nous arrivons à Naples en milieu d’après-midi, presque une journée de perdue sur à peine 3 jours. Ayant déjà subi quelques comportements désagréables en Italie, je préviens mon chéri qu’il ne doit pas être étonné de voir certaines réactions des locaux. Et il ne faut que que quelques heures pour qu’il comprenne ce que je voulais dire. je veux acheter un billet de train et me place à un guichet, derrière un autre client, chez un buraliste. Ce dernier va faire passer pas moins de 4 personnes arrivées après moi, m’ignorant totalement et passant de caisse en caisse en ne m’adressant ni un regard ni une parole !

Mon chéri est consterné et énervé, même plus que moi qui finit par être blasée par la situation et cherche un autre vendeur… Encore mieux plus tard, nous nous retrouvons coincés dans un bouchon…piéton! En plein marché, nous avons passé une heure et demie dans la rue avant de pouvoir en sortir. Une rue en longueur, sans aucun croisement. Des personnes allant dans tous les sens et ne se laissant pas passer. ça donne un bouchon piéton! Je n’y croyais pas mais pourtant ça existe !

Cette année, nouvelle opportunité de découvrir l’Italie, Florence et Pise. Je prends le bus pour éviter les galères parisiennes avec valise, ma carte d’embarquement déjà en poche…Malgré une heure de marge, mon bus passe une heure dans les bouchons… Arrivée à Orly, je découvre que ma porte d’embarquement nécessite de prendre un autre car et qu’il ne me reste que 15mn…Enceinte de 4 mois, je crains de ne pas pouvoir y arriver mais malgré plusieurs péripéties, de nombreux obstacles et de mauvaises indications, je parviens à l’avion.

Naples, château, Italie

Naples, château, Italie – Photo par Giuliamar

Arrivée sur place, un conducteur de bus très agréable me descend à l’arrêt de mon hôtel, en veillant bien à ce que je ne me trompe pas de direction. Nous mangeons de sublimes pizzas, un des meilleurs paninis italien mais aussi de délicieuses glaces… Trop beau pour être vrai? Oui…mais pas pour moi. Mon amie ratera le dernier avion à cause…de bouchons en prenant la navette vers l’aéroport. ça me rappelle quelque chose quelques jours avant…150 euros à débourser sans compter l’hôtel à payer car l’aéroport ferme en milieu de nuit…

Bref, une longue histoire mais…c’est pour aussi dire que malgré les comportements désagréables de certains, les galères quasi systématiques dès que je veux ou mets les pieds en Italie et même la haine lue dans certains visages, j’ai cet amour du voyage et cette curiosité de découvrir. L’Italie et son architecture, sa cuisine, ses monuments si uniques, ses paysages… Ces beautés prennent le dessus sur la laideur de certaines âmes et de certains états d’esprit. Pour preuve…je prévois de retourner à Venise avec ma fille voire toute ma petite famille et rien ne m’empêchera de le faire. Pas même des heures de bouchons ou un mauvais accueil. Je suis curieuse, globe-trotteuse et je le resterais! 🙂