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La mer Morte

Mer Morte © MaMaVe

Un paysage désertique, une route sinueuse et, brutalement, une masse immobile, presque glauque : c’est la mer Morte, point le plus bas de la surface terrestre avec 395 m sous le niveau de la mer commune. Car cette merci affiche les taux de salinité et les densités les plus élevés du monde. Avec des vertus curatives qu’on ne trouve nulle part ailleurs.

Qoumran

A 40 km de Jérusalem. Ouvert tlj de 8 h à 17 h, 16 h en hiver, 14 h les vendredi et veilles de fêtes. Entrée payante.
Habité par des Israélites dès le VIIIe siècle avant notre ère, refuge d’une communauté essénienne au IIe siècle, Qoumran n’abrite plus qu’un monastère lorsque Titus s’en empare, en 68. L’endroit sombre dans l’oubli jusqu’en 1947, date à laquelle on y découvre les fameux manuscrits de la mer Morte.
Sur le site même, on verra quelques vestiges esséniens : une tour, un réfectoire, le scriptorium, un atelier de poterie et de très nombreuses citernes et mikve (bains rituels). Au sud, un panneau signale la grotte n° 4, où ont été retrouvés la majeure partie des manuscrits, exposés au musée d’Israël et au musée Rockefeller, à Jérusalem.

Les manuscrits de la discorde
En 1947, un bédouin à la recherche d’une brebis égarée dans les grottes de Qoumran trouve des jarres contenant des manuscrits. Examinés par des scientifiques, les écrits révèlent de curieux points communs avec les Evangiles et un vocabulaire similaire. On identifie leur provenance. La chasse aux rouleaux commence ! La guerre israélo-arabe de 1948, qui fait passer le site sous contrôle jordanien, interrompt les fouilles jusqu’en 1951 : le père de Vaux et son équipe de l’Ecole biblique de Jérusalem mettent alors au jour près de mille autres textes, en araméen, hébreu et grec anciens. En 1967, l’Etat d’Israël récupère la majeure partie des documents et en attribue l’origine aux Esséniens. Paternité largement contestée tant par le Vatican que par de nombreux historiens qui soupçonnent les Israéliens de vouloir banaliser le message de Jésus.

Ein Gedi

Ouvert tlj de 8 h à 17 h du samedi au jeudi (16 h en hiver), 15 h le vendredi (14 h en hiver).
Cette réserve naturelle abrite une faune diversifiée et une flore luxuriante qu’arrosent de nombreuses sources. Dans le Cantique des Cantiques, le site est présenté comme le symbole de la beauté terrestre.
Aujourd’hui, c’est un centre d’observation pour les animaux du désert : ibex (cousins de la chèvre), damans (sorte de marmotte) et lézards en tous genres cohabitent avec leurs compères ailés, rossignols, traquets de roche, vautours et aigles. A la chaleur solaire, les prédateurs préfèrent la discrétion de la nuit : il faut être chanceux ou s’armer de patience pour apercevoir renards, hyènes, loups ou léopards. A l’entrée de la réserve se trouvent les vestiges d’une synagogue antique avec une superbe mosaïque (entrée payante).
Les bons randonneurs savourent les multiples balades : deux oueds aux gorges spectaculaires, Nahal David et Nahal Arougot, des cascades en pagaille et des grottes. Un centre de balnéothérapie permet de prendre les eaux sulfureuses.

Massada

Par l’est : à 18 km au sud d’Ein Gedi. Ouvert tlj de 8 h à 16 h (dernier départ du téléphérique, 15 h), de 8 h à 14 h les vendredi et veilles de fêtes. Entrée payante. Par l’ouest : à 22 km d’Arad, on arrive par la rampe romaine. On monte à pied en 1/4 h.
D’abord, on ne voit que l’énorme masse rouge de la montagne. Sitôt arrivé sur le plateau, les sensations affluent. En bas s’étire la mer Morte. Au loin on aperçoit les collines de Judée et les montagnes jordaniennes. C’est peut-être l’un des sites les plus impressionnants du pays.

Petit rappel historique
Cette forteresse (Metsouda en hébreu) est aménagée par Hérode le Grand en 40 avant notre ère. En 66, un groupe d’insurgés zélotes prend possession du lieu et en fait un bastion de la résistance aux Romains. L’épisode le plus célèbre est relaté par l’historien Flavius Josèphe (La Guerre des juifs, livre VII). Il s’agit de la défense héroïque par 967 Zélotes face à 10 000 légionnaires : le nid d’aigle est assiégé par huit camps et le génie construit une rampe d’accès, perçant une brèche dans les fortifications. Selon le chroniqueur antique, les Zélotes acculés auraient décidé un suicide massif : chaque homme aurait été chargé d’occire sa famille, puis dix hommes de tuer les autres, enfin un homme d’éliminer les 9 derniers avant de se suicider. Ce haut fait fut très longtemps considéré par les Israéliens comme un symbole de courage dans l’adversité et les régiments de jeunes appelés venaient y prêter serment. Aujourd’hui, certains historiens envisagent que Josèphe - lui-même tombé entre les mains des Romains après avoir exécuté ses compagnons d’armes, sans avoir le courage de mettre fin à ses jours - aurait pu transposer sa mauvaise conscience… Les Zélotes se seraient rendus, ce que confirme le faible nombre de cadavres trouvés sur place.
Massada reste à l’abandon jusqu’au Ve siècle. Des ermites chrétiens chrétiens y établissent alors leurs quartiers, transformant les caves en cellules et bâtissant une église non loin du palais occidental. Le site est vaguement exploré en 1838, mais il faudra attendre les années 1960 pour mettre au jour l’ensemble des vestiges actuels.

Visite
On arrive par le chemin du Serpent pour découvrir deux palais : celui d’Hérode, situé tout au nord. Sur trois niveaux, il comprend des pièces d’habitation et plusieurs terrasses en surplomb. A l’arrière, on reconnaît les thermes à leur enfilade de salles : apoditerium (vestiaire), tepidarium (salle tiède) et caldarium (salle chaude). Le long des thermes les entrepôts renfermaient les vivres et des armes. Autour s’éparpillent les habitations des officiers.
Le palais occidental, hérodien également, et tout aussi impressionnant, abritait une aile royale avec des salles de bains décorées de mosaïques ainsi que des entrepôts et des ateliers de maintenance. Plus au nord, on observe la chapelle chrétienne. Un rempart à casemates, un columbarium, des bâtiments administratifs, deux grandes citernes et une piscine complètent la visite.
A l’ouest du site, en contrebas, on distingue le camp principal et la rampe d’accès dressée par les Romains.

Hérodion

A 24 km de Jérusalem. L’accès dépend de la situation politique.
Bâti sur un tertre de 30 m au cÅ“ur du désert de Judée, ce palais d’été d’Hérode le Grand est aussi son mausolée. Il n’en reste plus qu’une piscine et des salles ruinées, entourées d’une muraille en forme de trèfle, qui offre des vues imprenables tant sur la mer Morte que sur Jérusalem. Lors des deux révoltes juives contre Rome, l’Hérodion devint une citadelle sur laquelle les légionnaires se cassèrent maintes fois les dents.

Monastère Saint-Georges

L’accès dépend de la situation politique.
Au cÅ“ur du Wadi Qalt, en direction de Jérusalem, on accède, à pied ou en 4 x 4 avec chauffeur, au pied du superbe monastère orthodoxe Saint Georges datant du Ve siècle. On a retrouvé les traces de 90 monastères de l’époque byzantine, Celui-ci, orné de superbes mosaïques et inscriptions grecques n’est malheureusement accessible qu’aux hommes... et dépend de surcroît de l’humeur capricieuse des moines. A voir au moins pour le panorama sur le désert.

Sodome (Sdom)

A 190 km d’Eilat.
C’est le lieu habité le plus bas du monde.
Centres de soins et exploitations de potasse s’y côtoient ; sans faire oublier pour si peu l’image de débauche sexuelle qu’évoque sa légende : Yahvé veut détruire Sodome, mais Loth, fils d’Abraham, le prie de n’en rien faire. Le Très Haut décide alors de donner aux Sodomites une dernière chance, en éprouvant leur sens de l’hospitalité. Il envoie des anges chez Loth. A peine sont-ils entrés, qu’on toque à la porte : une bande lubrique veut goûter à ces beaux garçons tombés du Ciel. C’en est trop. Yahvé commande à Loth de quitter la ville et de ne pas se retourner. Trop curieuse, sa femme désobéit : elle est transformée en statue. C’est ainsi qu’on explique les formes quasi humaines que prennent certaines concrétions de sel, dont la plus fameuse s’appelle précisément la femme de Loth.

Apesanteur marine
Le pourcentage de sel que contient l’eau de la mer Morte - environ 30 % contre 4 % pour les autres étendues marines du globe - augmente tellement la densité que tout corps humain qui tente de s’y plonger… flotte invariablement. Une expérience amusante qui nécessite quelques précautions : ne jamais mettre la tête sous l’eau, éviter tout contact avec les yeux, ne pas courir en entrant à l’eau - afin d’éviter les éclaboussures - couvrir les blessures et bien se rincer après la baignade.

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