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3 - Des îles, une histoire, des hommes

Regards actuels sur les Antilles françaises

Antilles - Pêche

Au carrefour des mondes, fortes de leur « population plurielle », les Antilles françaises entendent montrer l’étendue de leurs talents. Oubliée, l’ère sucrière ! Le tourisme a pris la relève. Mais pas question de sacrifier les richesses sociales, humaines et culturelles de l’archipel, forgées à la rencontre de tous les peuples de la terre !

Economie

Le tourisme assure actuellement l’essentiel des revenus des Antilles françaises. Traditionnellement, l’agriculture était la base de l’économie locale. Grâce au sucre en particulier mais aussi, depuis les années 1950, à la banane, à l’ananas et, dans une moindre mesure, au coton, au tabac et au café. Avec l’effondrement des industries sucrières, victimes de la concurrence de la betterave métropolitaine et des sucres de synthèse, l’économie antillaise a db se recomposer, même si les modestes activités traditionnelles (cultures alimentaires, pêche, bois) se maintiennent.

L’aide de la métropole demeure un appoint conséquent, sous forme d’assistances directes, de dérogations fiscales, de prestations (les allocations familiales ou le RMI, entre autres) ou de revenus versés aux fonctionnaires. Par ailleurs, Saint-Martin joue sur le registre d’une fiscalité particulièrement attrayante. Enfin, les bananes cultivées aux Antilles françaises bénéficient d’un traitement de faveur à l’égard des pays de l’Union européenne. Il est vrai que, avec près de 1 500 petites plantations, Guadeloupe et Martinique ont besoin du maintien de ce tissu agricole et social. La problématique économique actuelle est donc de maintenir une économie de base tout en tirant le meilleur parti du lien privilégié avec la métropole.

En suivant une logique géographique, les Etats des Caraïbes ont tendance à se rapprocher des Etats-Unis. De leur côté, ces derniers revendiquent une responsabilité politique sur la région. Leur intervention militaire à Saint-Domingue, Haïti ou Grenade en témoigne. Le schéma vaut aussi pour les deux départements français. Le soutien aux cultures agricoles périclitantes (sucre, banane) aura son temps. A l’inverse, Paris ne peut se désintéresser du sort des milliers d’Antillais qui vivent en métropole. D’où ce choix déterminé pour le développement des infra-structures touristiques qui pourraient prendre efficacement le relais des activités agricoles. En clair, le maintien d’une économie viable empêche l’exode massif de ceux qui n’ont plus grand-chose vers les banlieues de Pointe-à-Pitre ou Fort-de-France, voire de Paris, Lyon ou Marseille. Une manière de juguler la montée du chômage, de la délinquance et, au bout du compte, de la revendication indépendantiste dont tout le monde sait bien qu’elle conduit droit à la paupérisation durable ou à l’américanisation brutale.

L’explosion du tourisme dans les années 1970 a constitué le tournant économique fondamental des Caraïbes. Aucune île, les Antilles françaises pas plus que leurs voisines, ne pourrait aujourd’hui se passer de l’or bleu. Il représente la moitié de leurs ressources. Cette richesse est fondée sur l’exploitation d’un parc hôtelier de qualité, ainsi que sur toutes les activités de prestations de services qui y sont rattachées (locations, boutiques, golfs, aéroports…). Elle est consolidée par l’importante activité des paquebots de croisière. Toutefois, elle bute sur des écueils structurels. Le prix, d’abord, bien plus élevé aux Antilles françaises que sur les îles voisines, à cause d’une législation sociale comparable à celle appliquée en métropole, garantissant - c’est un exemple - un salaire minimum aux employés de l’hôtellerie au moins trois fois supérieur à celui appliqué en République dominicaine. Cette même législation privilégie aussi les importations de métropole plutôt que celles du continent américain pourtant plus proche. La qualité du service, ensuite, souvent moins soigné ici qu’à Cuba ou à Antigua, sans parler des Bahamas ou de la Barbade, comme si le travail demeurait une servitude dont il faut se libérer plutôt qu’un choix d’existence qu’il faut en permanence bonifier. Ajoutons un parc hôtelier vieillissant, et c’est tout un capital qui s’étiole devant certaines des plus belles plages de la région… Les grèves, enfin, qui paralysent fréquemment les infrastructures touristiques : un jour l’électricité, demain les dockers, puis le personnel de tel hôtel… Autant d’éléments qui découragent peu à peu les visiteurs et provoquent d’importantes chutes de fréquentation.

Heureusement, la marge de manœuvre reste importante. Les Antilles françaises accueillent chaque année plus de 1 million de visiteurs, essentiellement des Français qui bénéficient de liaisons aériennes soutenues entre la métropole et la Martinique, la Guadeloupe et Saint-Martin, avec des tarifs attrayants, comme le sont ceux des hôtels et villages de vacances. Il n’empêche, la concurrence des destinations hispaniques, Cuba, la République dominicaine ou le Mexique, pour ne citer que les exemples les plus frappants, est rude. Il convient donc de restaurer la confiance des deux côtés de l’Atlantique. Vite, à l’aide de gestes forts.

Institutions politiques et administratives

La France a accordé le statut de département à la Guadeloupe (l’archipel comptait les îles de la Guadeloupe, la Désirade, les Saintes, Saint-Bartélemy et Saint-Martin avant que ces deux dernières n’obtiennent leur autonomie en 2007) et à la Martinique en 1946. Chaque département est donc partie intégrante de la République et élit ses députés et sénateurs. Par ailleurs, une région correspond à chaque département, et les institutions (préfet, directions administratives) sont toutes représentées, à la Guadeloupe comme à la Martinique

Population

Aujourd’hui, une trentaine de millions de personnes peuplent l’arc caraïbe. En ajoutant les 411 000 habitants de la Martinique aux 453 000 de la Guadeloupe, les Antilles françaises sont peuplées de 864 000 habitants. Pratiquement tous revendiquent de subtils métissages. L’histoire locale, tumultueuse, a en effet permis la rencontre de toutes les races humaines aux Caraïbes ! Colons européens, esclaves africains, coolies d’Asie, tous réunis ici, au carrefour des mondes. Au point de figurer ce que les Martiniquais appellent la « population plurielle ».

Avant que Christophe Colomb ne débarque dans l’archipel (1492), les îles étaient habitées par deux tribus, les Arawak et les Caraïbes. Un siècle plus tard, ceux qu’on appelait désormais les « Indiens » (le terme « Amérindiens » s’est révélé mieux adapté) avaient été exterminés. Quelques descendants de ces premiers habitants se croisent encore sur les chemins de Saint-Vincent ou de la Dominique. Rares sont ceux qui, toutefois, n’ont pas subi ce métissage qui fait la richesse des îles.

L’essentiel de la population (plus de 90 %) des îles Caraïbes est noire. Ou, plus exactement, de type noir, puisqu’elle offre toutes les nuances des couleurs de peau, depuis l’abricot clair jusqu’à l’ébène profond. Cette palette résulte de multiples métissages. Cette population descend des millions d’esclaves débarqués ici par les puissances coloniales. Sa lointaine origine est donc africaine, plus précisément du centre du continent, entre Sénégal et Tanzanie. Les tribus dominantes correspondaient alors aux colonies conquises par les Anglais, les Espagnols et les Français. Il est vrai que, outre les razzias opérées par les armées coloniales pour alimenter les plantations américaines, les négriers disposaient des prisonniers de guerre, tribut des multiples conflits ethniques qui ravageaient l’Afrique équatoriale. Le vainqueur trouvait alors la récompense de son triomphe en vendant ses prises aux Européens. Enfin, certains négriers menaient eux-mêmes des razzias en brousse, afin de ramener fer aux pieds les esclaves promis aux plantations.

L’autre source de peuplement des îles est blanche. Minoritaire, cette population est d’origines très diverses : paysans vendéens, catholiques anglais, réfugiés irlandais, soldats de France, cadets espagnols, marchands hollandais, marins de tous bords, etc. Chacun a choisi de tourner ici une page de son existence et de faire souche. Les guerres autant que les épidémies ont vaincu les premiers colons. D’autres vagues ont suivi, inlassablement, jusqu’au XIXe siècle. Encore aujourd’hui, qui ne rêve pas d’un exil à la Robinson aux îles de l’éternel été ? Les descendants des premiers planteurs, ceux qu’aux Antilles françaises on baptise les « békés », ont souvent reconverti leur fortune dans le rhum, le commerce ou le tourisme. La population blanche est également composée des enfants de paysans qui, démunis de tout, vinrent trouver du travail sur les petites îles (Saint-Barth, par exemple), où l’exiguïté des exploitations ne permettait pas l’emploi d’esclaves. Ils forment toujours l’essentiel de la population de ces îles, ayant souvent refusé le métissage. Le statut social de ces « petits Blancs » est souvent d’une extrême simplicité. Les Blancs nés aux îles reçoivent l’appellation de Créoles.

Une troisième population est arrivée à la suite de l’abolition de l’esclavage (1848) : les Asiatiques. D’origine indienne ou chinoise, ils forment des communautés importantes à la Martinique, à la Guadeloupe et à Saint-Martin. Les premières générations fournissaient une main-d’œuvre volontaire bon marché. Désormais, Indiens et Chinois sont commerçants, fonctionnaires ou médecins. Enfin, une immigration récente a fait venir dans l’archipel des natifs du Proche-Orient : Libanais, Syriens, Jordaniens…, qui excellent dans le petit commerce et l’import-export.

Ces apports ethniques si différents auraient pu générer des oppositions définitives. Il n’en est rien. Certes, les communautés gardent leurs spécificités. Mais elles ignorent globalement l’exclusion des autres. Les mariages interethniques sont nombreux, encore plus fréquents depuis que le métissage a gagné toutes les populations et l’ensemble des classes sociales. Les Antillais y ont puisé les arguments d’une véritable « créolité ». Ce sentiment est illustré par la pratique de la langue créole, qui réunit une grande partie de la population. Il est également soutenu par la volonté claire de partager le destin d’une région à forte personnalité et de la doter d’un véritable avenir.

Le créole

Le créole est la langue commune à toutes les îles sur lesquelles s’exerça la souveraineté française. Ce vocable savoureux utilise de nombreux mots français tels qu’ils avaient cours entre le XVIe et le XVIIIe siècle dans les régions qui fournirent le gros des migrants : Normandie, Bretagne, Vendée. Le créole s’est enrichi au fil des siècles de mots et tournures puisés aux dialectes africains, à l’anglais et à l’espagnol. D’une certaine manière, il préfigure cette langue du monde que recherchent humanistes et poètes. Le créole s’est inventé au gré des besoins de communication entre populations parfaitement étrangères les unes aux autres. Son efficacité est totale. Chaque communauté se retrouve en lui et, par lui, s’enrichit des autres.

Religion

La conquête espagnole a débarqué aux îles Caraïbes soldats, colons et missionnaires. Ces derniers avaient la charge de convertir les Indiens et de conforter la foi de leurs compagnons de voyage. L’extermination des populations locales fit qu’ils se concentrèrent rapidement sur la sauvegarde de l’âme des aventuriers européens, puis sur la conversion des esclaves débarqués d’Afrique. Leur ouvrage fut solide, puisque aujourd’hui le catholicisme est la principale religion des Antilles. Ainsi, la plupart des habitants des Antilles françaises sont chrétiens (95 %), essentiellement catholiques.

La pratique religieuse fait l’objet d’une impressionnante ferveur. L’office dominical est suivi par la plus grande partie de la population, qui, pour la circonstance, revêt ses plus beaux habits. Les grandes fêtes religieuses, Nobl, Pâques, Toussaint, donnent lieu à de superbes cérémonies. Et aucun village ne manquerait la célébration musicale et colorée de son saint patron !

Les Antillais réservent aussi un étonnant succès aux chapelles minoritaires et autres sectes religieuses que sont les témoins de Jéhovah, les adventistes, les scientologues, les évangélistes, les mormons…

Quelques rites d’origine indienne subsistent malgré l’intégration religieuse des anciens coolies, en particulier la fête du Mouton, à la Martinique comme à la Guadeloupe.

En revanche, juifs et musulmans demeurent très minoritaires.

Toutefois, les religions « officielles » cohabitent joyeusement avec d’autres croyances, pour la plupart héritées des ancêtres africains. La plus célèbre de toutes est le vaudou, définitivement lié à Haïti et à Trinité, mais également régulièrement célébré aux Antilles, de manière très discrète il est vrai. Actuellement cohabitent un vaudou officiel, aussi sage qu’aseptisé, et un vaudou populaire, hélas souvent très dégénéré par rapport à l’essence de cette mystique qui, en imposant le respect des anciens et le culte des forces naturelles, était un vrai vecteur de cohésion sociale.

Le vaudou

Originaire du Bénin et du Dahomey, cette pratique religieuse privilégie le contact avec le monde des esprits. L’officiant conduit ses fidèles vers l’état de transe, qui permet de communiquer avec l’au-delà. Le vaudou a sans doute perdu, avec les siècles et la distance, beaucoup de ses vertus. Il inspire aujourd’hui autant de respect que de crainte. Ses adeptes n’hésitent pas en effet à invoquer les esprits maléfiques aussi souvent que les forces du bien. Les potions chargées de malheurs, les poupées piquées d’aiguilles les noires invocations, font désormais partie de l’attirail vaudou. Les apôtres d’une religion révèlent leur faiblesse lorsqu’ils doivent effrayer pour convaincre. Il n’empêche. La croyance dans les esprits, donc les fantômes ou les objets et lieux hantés, appartient au quotidien des Caraïbes. Tout comme les pratiques de magie, blanche ou noire. Plus sagement, mais la ligne est la même, on trouvera sur les marchés de la région les miracles de la pharmacopée locale : poudres à révéler les numéros de loterie, infusions qui réveillent les passions, décoctions pour guérir n’importe quelle peine.

Vie sociale

Le quotidien des Antilles est marqué par une grande décontraction. Certes, les relations professionnelles sont toujours très respectueuses, un rien guindées, héritières sans doute d’un temps pas si lointain où le maître avait tous les droits sur ceux qui le servaient. Selon le même schéma, les élus bénéficient d’un incontestable prestige. Heureusement, les relations sociales adoptent la légèreté qui sied aux tropiques et aux îles ensoleillées ! Sourire d’abord et joie de vivre obligée ! Hormis quelques hommes d’affaires, rares sont ceux qui portent la cravate. Le vêtement est plus porté pour séduire que pour paraître !

Cette approche informelle adopte volontiers le tutoiement. Un vacancier blanc s’abstiendra toutefois d’engager la conversation sur ce mode et attendra qu’on le tutoie pour le faire à son tour. Les susceptibilités locales peuvent être vives Pareillement, il y a peu de barrières entre Créoles de différentes couleurs de peau. Les mariages associent sans problème tous les métissages. Les grandes fortunes locales sont de moins en moins établies dans le secteur agricole (sucre, rhum, ananas, banane). Elles sont le fait de commerçants ou de groupes contrôlant les activités du tourisme.

En toutes circonstances, le visiteur doit se rappeler que les habitants des îles sont fiers de leur identité. A l’ancien colon, ils souhaitent ne rien devoir. Depuis plusieurs décennies d’intégration, ils ont montré leur capacité à développer des institutions démocratiques et des économies, si ce n’est prospères, du moins capables d’assurer le quotidien de leurs enfants. Cette légitime fierté n’exclut pas la fascination qu’exerce parfois le modèle américain à travers ses voitures tout-terrain, ses paraboles, ses modes vestimentaires ou ses styles de consommation.

En matière de comportement, une des caractéristiques majeures des îles est… l’amour ! Non que la séduction soit une obsession. Elle est à coup sbr un mode de vie, une manière d’être le cœur en fête. Voilà qui explique, en partie du moins, l’école de charme que constituent les Antilles : beautés métisses, danses torrides, regards langoureux, vêtements ravageurs, après-midi paresseuses… Peu d’atouts font défaut à l’argumentaire amoureux de la région !

Une autre tradition tenace est celle de la fête. Elle réunit de vastes tablées comprenant la famille, les amis, les amis des amis… Il est vrai que le cadre des îles et leur perpétuelle douceur se prêtent aux assemblées joyeuses. Il n’est pas rare que les vacanciers de passage soient admis à ces rencontres sans façon, qui se terminent tard et, invariablement, en musique !

Enfin, il faut savoir que le visiteur a tout à gagner à susciter la rencontre avec ses hôtes antillais. Conseillons aux vacanciers d’accepter de faire le premier pas : nombreux sont les îliens qui avouent une franche timidité, ne serait-ce que pour maîtriser une langue qui n’est pas forcément la leur au quotidien. Une fois les premières paroles échangées, la simplicité et la générosité locales opèrent - invariablement devant un punch coloré !

Le carnaval

La fête la plus célèbre des îles antillaises est le carnaval. Surnommé Vaval, il se déroule généralement autour de Mardi gras, comme l’exige la tradition, et s’achève le mercredi des Cendres. Cette fête populaire, tombée dans l’oubli sur de nombreuses îles, retrouve aujourd’hui toute sa vitalité. Selon les îles, les festivités durent une journée ou presque toute la semaine ! Le carnaval est une fête populaire. Tous les habitants y sont conviés. Ils se costument et descendent dans la rue pour défiler et danser au son des steel bands et des orchestres de zouk. L’occasion est propice pour élire les reines de beauté, les meilleurs orchestres, les danseurs émérites, le plus beau costume, la chanson de l’année, etc. Tous les lauréats seront les héros de leur île durant une année entière.

Fêtes et coutumes

Les îles inspirent la fête. Heureuses Antilles françaises, qui cumulent celles que leur a léguées une histoire tourmentée, celles que les habitants imposent à leur mémoire, celles qui rappellent les événements locaux et celles enfin que dicte la République. Autant de raisons de célébrer le ciel et les bonheurs de la vie, le plaisir de la musique autant que celui de la danse ou de la gastronomie, la beauté de la mer, des pêcheurs et de leurs bateaux, sans oublier le juste hommage db aux saints du calendrier. Très classiquement, Martinique et archipel guadeloupéen font donc la pause les 1er janvier et 14 juillet, 11 novembre et 1er ou 8 mai, 15 août, lundi de Pâques, Pentecôte, Ascension, etc. L’histoire locale ajoute ses commémorations, en particulier l’abolition de l’esclavage ( le 27 mai), le carnaval (Mardi Gras) et toutes les fêtes patronales qui, chaque semaine, égaient un ou plusieurs villages de l’un ou l’autre des départements français. Il convient d’ajouter les journées réservées aux pêcheurs, aux musiciens, aux cuisinières…, qui d’un village à l’autre composent une suite de festivités rarement interrompues tout au long de l’année. Pour être complet, il faut encore signaler courses de yoles, compétitions cyclistes, semi-marathons, régates et autres combats de coqs, qui constituent autant de rendez-vous réguliers dans telle ou telle communauté.

Toutefois, le grand événement de l’année reste, bien entendu, le carnaval. Si ses manifestations les plus spectaculaires (défilés de chars, concerts, spectacles, etc.) se déroulent entre Mardi gras et mercredi des Cendres (fin février-début mars, selon les années), la population de la Martinique, comme celle de la Guadeloupe, vit avec cette perspective dès les premiers jours de janvier. Plusieurs semaines de répétition ne sont pas de trop pour décrocher les titres qui feront la fierté d’un quartier, d’un village, d’une famille, d’une école ou d’un groupe d’amis durant toute l’année.

Art et culture

Musique et danse
Biguine, calypso, valse lente, zouk, reggae, mambo, salsa, rumba, merengue… A l’évidence, les Caraïbes en général, les Antilles en particulier, sont le pays de la musique. Chaque île a ses groupes vedettes et rivalise de talent avec ses voisines pour imposer les tubes de l’année. La musique locale est à base de percussions - tambours ou batteries. Le jazz puis le reggae (né à la Jamaïque) lui ont donné ses lettres de noblesse et sa renommée internationale. Zouk Machine, Malavoi, Tonton David Kassav ou Bamboolaz, groupes originaires des Antilles françaises, ont depuis longtemps conquis l’Europe et l’Amérique.

Outre les danses, généralement d’une grande sensualité, qui accompagnent chaque musique, noter le limbo, spectacle régulièrement offert sur les sites touristiques. Il s’agit de passer en dansant sous une barre posée de plus en plus près du sol. Cette pratique exige une souplesse rarement accessible aux danseurs blancs… Prière de se méfier des invitations à rejoindre la vedette du spectacle pour se mesurer à elle…

Peinture
La peinture tient une place essentielle aux Caraïbes. De nombreux artistes viennent aux îles, comme le fit Gauguin, trouver lumière et inspiration. Les peintres haïtiens ont inventé la naïveté tropicale, toute de couleurs vives et de scènes du quotidien. Leur école a essaimé, avec plus ou moins de bonheur, sur toutes les îles de la région. Les Antilles françaises ne font pas exception à la règle, même si le talent de certains peintres se confond parfois avec de simples visées mercantiles destinées à séduire le touriste. C’est de bonne guerre.

Littérature
La littérature des Caraïbes s’est longtemps heurtée au problème de la langue. Les auteurs de l’archipel devaient-ils écrire en français ? On leur reprochait alors de n’être que de pâles copistes à la solde du colonisateur. Rédigeaient-ils en créole ? Leur audience demeurait confidentielle. Depuis quelques décennies, le tabou est tombé. Les Antilles françaises ont été le porte-drapeau d’une littérature caraïbe revendiquée. Avec Aimé Césaire, poète de la négritude, Joseph Zobel, auteur de La Rue Cases-Nègres, Edouard Glissant, dont La Lézarde obtint le prix Renaudot en 1958, Simone Schwarz-Bart, qui signa Pluie et vent sur Télumée Miracle, Saint-John Perse, enfant de Guadeloupe et Nobel de littérature en 1960, et, plus récemment, Raphabl Confiant pour Eau de café ou encore Patrick Chamoiseau, dont Texaco fut couronné par le prix Goncourt en 1992 et auquel on doit également L’Esclave, le Vieil Homme et le Molosse. On citera également Jacques Roumain, pour son livre Gouverneurs de la rosée, une des plus belles plumes d’Haïti, ainsi qu’Emile Roumer ou Roussan Camille, deux auteurs francophones de la République dominicaine.

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