Tangka.com : Découvrir le monde et partir

Contactez-nous au 01 45 65 91 92

4 - Se déplacer d'île en île

Saint-Martin

Saint-Martin, Antilles - Lagon © halfninja

Saint-Martin est pour moitié française et pour moitié néerlandaise.

On y parle volontiers l’anglais, et les prix sont généralement affichés en dollars. Escale pour hommes d’affaires français, croisiéristes américains et vacanciers de tous pays, Saint-Martin est un extraordinaire rendez-vous du monde !

Saint-Martin possède une vraie vocation internationale. Les pistes de son aéroport international, Juliana, situé sur la partie néerlandaise de l’île, peuvent accueillir sans problème les Airbus et les Boeing gros porteurs venus d’Amérique ou d’Europe y déposer leurs passagers. Voilà qui assure son succès. L’île est, pour ce qui est de sa moitié française, partie intégrante du département de la Guadeloupe, dont elle est un des arrondissements. Mais Saint-Martin vit surtout à l’heure culturelle de ses voisines, les îles Vierges américaines ou la très british Antigua. Aussi éloignée de Pointe-à-Pitre, sa préfecture, que de Porto Rico, l’hispano-américaine, elle flotte entre la splendide et minuscule Anguilla et l’autre île française, Saint-Barthélemy. Voilà qui explique pourquoi on y parle volontiers l’anglais, assez rarement orthodoxe il est vrai, et qu’on y paie couramment en dollars. Mieux : Saint-Martin est une île double. Deux pays, la France et les Pays-Bas, s’en partagent le modeste territoire.

Rappel historique

Les Indiens saladoïdes et arawaks, venus en pirogue du bassin de l’Orénoque en Amérique du Sud, furent les premiers peuples à faire leur apparition à Saint-Martin, vers 1800 av. J.-C. Découvrant étangs et lagunes dont le produit - le sel - restera l’une des principales ressources de l’île, ils baptisèrent celle-ci Sualouiga (« terre de sel »). Les pacifiques Arawak furent ensuite envahis par d’autres Indiens plus belliqueux, aux mœurs anthropophages, les caraïbes. Vinrent ensuite les Tainos, derniers habitants amérindiens de Saint-Martin, vers 1500 ap. J.-C. A leur tour, ils furent décimés peu après la « découverte » de l’île par les premiers colons européens.

Saint-Martin est le fruit d’une étonnante histoire. Christophe Colomb, qui n’y a en fait jamais posé les pieds, la repère le 11 novembre 1493, jour de la Saint-Martin. Son nom est tout trouvé. L’amiral adresse un savoureux clin d’œil à l’histoire en attribuant à l’île le nom de celui qui est resté dans la légende pour avoir coupé son manteau en deux ! Mais, hommage lui soit rendu, il ne pouvait deviner à quel surprenant destin cette île allait être vouée.

Le 23 mars 1648, les occupants des lieux, des Français et des Hollandais, décident de ne pas livrer une inutile bataille pour s’en assurer la possession. N’est-il pas plus sage d’en partager sereinement la propriété ?

Aussitôt dit, aussitôt fait ! On place deux coureurs, un de chaque nationalité, dos à dos. A vos marques… Partez ! Chacun a mission de courir droit devant en suivant le bord de mer. Leur rencontre déterminera une ligne de séparation, chaque communauté ayant désormais sa part de territoire. Voilà qui explique pourquoi Saint-Martin est plus vaste du côté français, 43 km2 contre 32 km2 là où elle est appelée Sint-Maarten.

Officiellement, le coureur français s’est montré le plus rapide. A moins qu’il n’ait un peu triché… L’affaire est ainsi transcrite : « Que les Français et les Hollandais habitués de Saint-Martin, vivant comme amis et alliés, par ensemble, sans qu’aucun, ni de part ni d’autre, se puisse molester. » Les termes de cet admirable traité qui devrait servir d’exemple aux enfants des écoles dans le monde entier n’ont jamais été révisés depuis !

Paradis fiscal

Saint-Martin est considérée comme un paradis fiscal. Ses résidants sont soumis à l’impôt sur le revenu. En revanche, l’île ignore les droits de douane, la plupart des impôts indirects, ainsi que la TVA. Les prix locaux sont donc très avantageux ! A ce statut s’ajoutent les attraits de la loi française de défiscalisation, qui a dopé les investissements métropolitains, en particulier dans le secteur du tourisme. Saint-Martin en a été l’une des principales bénéficiaires.

France, Pays-Bas et Amérique

Ce destin exemplaire a porté ses fruits puisque Saint-Martin a fait tourner, vite, très vite, la roue de sa fortune. Port franc depuis 1850, l’île n’a jamais cessé d’être une plaque tournante du commerce. Le tourisme, première activité de l’île depuis les années 1970, dopé par les vertus de la loi sur la défiscalisation, a fait exploser les indicateurs de l’économie locale. Cette loi, qui permet, sous conditions, bien entendu, aux contribuables français de déduire leurs investissements dans les DOM de leur feuille d’impôts, a produit des miracles dans l’hôtellerie, l’immobilier ou la location de voiliers.

Trois fois plus vaste (75 km2) que Saint-Barth, sa voisine, mais six fois plus peuplée avec ses 35 000 habitants pour la seule partie française, auxquels il faut ajouter 30 000 Néerlandais, Saint-Martin accueille chaque année plus de 500 000 touristes et enregistre 400 escales de paquebots de croisière ! La partie néerlandaise a répondu en multipliant les salles de jeu, les boutiques et les casinos. Résultat, à Saint-Martin, on paie en euros, en florins et même en dollars, comme on préfère ou comme le chauffeur de taxi l’exige. C’est d’ailleurs la seule partie du territoire français où la monnaie américaine ait valeur légale. Pareillement, la population a triplé en quelques années, attirant massivement les natifs des îles voisines, séduits par ces néons prometteurs. L’anglais est devenu la langue commune à tous ces nouveaux établis, avant de s’imposer à l’ensemble de la population. Ce recoin de la République est donc le seul où l’anglais soit admis comme langue officielle au côté du français.

Le tour de l’île

L’authenticité des Caraïbes semble avoir pourtant disparu depuis bien longtemps de cette île où se mêlent fonctionnaires discrets, vacanciers exubérants, Haïtiens clandestin, commerçants libanais, bijoutiers indiens…

Mais, à voir la mine radieuse de ceux qui regagnent leur lointaine contrée depuis l’aéroport Princess Juliana, à voir également le ravissement avec lequel ils tendent leur carte de paiement dans les boutiques de Philipsburg ou de Marigot, certains d’avoir réalisé l’affaire du siècle, à voir enfin la sincérité des fêtes qui animent chaque soir les hôtels de bord de mer, on ne peut qu’applaudir la réussite de ce paradis des vacances sous le soleil. Saint-Martin ne revendique pas d’autre hommage, fiers que sont ses habitants d’être entrés sans complexe dans le siècle et ses plaisirs.

Qu’on se rassure tout de même : l’accent marseillais demeure une valeur sûre du port de Marigot, capitale de la partie française, à l’heure de l’apéritif anisé ! Pareillement, le hollandais est à l’honneur dans les pubs de Philipsburg, première ville de l’autre partie de l’île. Enfin, il faut savoir que, si Saint-Martin connaît deux souverainetés, la situation n’est guère marquée sur place. On franchit en effet la frontière en toute liberté, avec pour seule signalétique deux petites bornes qui échappent le plus souvent à la vigilance du conducteur. Pourtant, les spécificités nationales ont leur place à Saint-Martin !

Gendarmes à képi et cabines téléphoniques à carte pour la partie française, portraits de la reine des Pays-Bas et parkings à bicyclettes dans les villages néerlandais !

Saint-Martin, outre son bord de mer idyllique tel qu’on en rêve lorsqu’on est au bureau, offre aux vacanciers de beaux sentiers de promenade ou de randonnée. Tous suggèrent d’escalader les hauteurs de l’île, qui culminent en dessous de 500 m d’altitude et n’offrent donc aucune difficulté majeure. Il est simplement indispensable d’être bien chaussé. La récompense est un panorama d’exception.

La carte des traces est disponible à l’office de tourisme de Marigot.

Marigot

La ville, avec ses 10 000 habitants a rang de sous-préfecture. Le bourg s’enorgueillit d’être la représentante de la France sous ces tropiques à vocation internationale. Les cafés veillent à garder leur look de métropole, petit air de vacances en plus. Quant à l’administration, elle joue son rôle, avec bienveillance, mais également avec fierté. Les fonctionnaires ont bien conscience, à la poste comme sur le port, de servir la République sous des cieux particulièrement cléments.

De jolies maisons d’architecture coloniale agrémentent la promenade dans le bourg. De bousculades, ici, on ne connaît que celles que provoquent d’éphémères embouteillages ou celles qui font le bonheur des boutiques de mode et des restaurants réputés !

Pour dominer Marigot, il faut se rendre au fort Saint-Louis, construit en 1789 et dont les canons témoignent de l’époque de Louis XVI. La vue, superbe, permet de constater que l’animation de la bourgade est également concentrée autour du port et de la marina, où de splendides voiliers de toutes nationalités jettent l’ancre. Au loin, l’île d’Anguilla s’étire sur l’horizon. Une superbe excursion en perspective…

La tête dans les étoiles

Parmi les charmes de Saint-Martin, ses hôtels. La plupart des visiteurs optent pour un établissement de bord de plage ou pour une location garantissant des vacances à budget raisonnable. Quelques grands noms de l’hôtellerie internationale permettent également de s’offrir une soirée de folie. Dîner aux chandelles sur une terrasse ouvrant sur les plus beaux panoramas de l’île, gastronomie raffinée, bar élégant ou boîte à la mode pour conclure… Et pourquoi ne pas ajouter à la célébration une nuit de prince ? Au rang de ces adresses exclusives, citons La Samana sur la plage de Baie-Longue, le Méridien à Anse-Marcel, les villas de La Plantation à Baie-Orientale, son voisin le Mont-Vernon… Pour une nuit, difficile de trouver une chambre double à moins de 300 €, et le dîner coûte en moyenne une cinquantaine d’euros. Plaisir de partager un instant de grâce inclus.

Suivez le guide !

Rendez-vous au sommet du pic Paradis (424 m), d’où le panorama permet de profiter de la nature et d’une fraîcheur agréable. Une randonnée à faire par la route de Rambaud ou par l’autre versant, à Quartier-d’Orléans.

Marché
Sur le port. Ouvert mercredi et samedi.

Matinal et coloré ! Ses dimensions modestes concourent à son charme.

Marée du jour, fruits, légumes frais, petit artisanat et, plus que tout, plaisir de papoter entre maraîchers de l’intérieur et pêcheurs ou citadins toujours à l’affût des potins du jour. Epatante leçon de convivialité saint-martinoise.

Musée : sur les traces des Arawak
Route de Sandy Ground. Ouvert tlj de 9 h à 13 h et de 15 h à 19 h. Entrée payante.

Pour tout savoir sur l’histoire de Saint-Martin et sa culture. Un bâtiment abrite une variété d’objets précolombiens, des tumulus vieux de plus de mille cinq cents ans découverts en 1994, des céramiques joliment ornées datant de 550 av. J.-C., etc. Des expositions permanentes sur l’histoire des tribus arawaks, le débarquement des Européens, la période coloniale ou encore les plantations, ainsi que des photographies prises au début du XXe siècle, offrent une vision complète du développement de l’île. Rien ne manque à l’intéressante démonstration.

Musée du Rhum
Ouvert tlj de 9 h à 16 h. Entrée payante.

Dans une ancienne habitation coloniale, la visite permet de voir une de ces maisons d’un autre siècle qui firent la légende du bien-vivre aux îles, puis de tout apprendre sur les techniques de fabrication du rhum, boisson reine des Caraïbes.

Ferme aux papillons
A Orient Bay, sur la route du Galion. Ouvert tlj de 9 h à 16 h. Entrée payante.

Habitée de milliers de papillons des tropiques, certains miniatures, ne vivant que le temps d’une nuit, d’autres aux couleurs impressionnantes et paradant avec lenteur.

Musée des Coquillages
A Concordia.

Agréable moyen de conclure son tour culturel de la ville : la visite de ce petit musée qui renferme plus de 210 espèces de coquillages sur les 570 répertoriés sur terre : coraux, gorgones, crustacés, oursins, éponges, étoiles de mer…

Philipsburg

7 000 habitants, ville phare de la partie néerlandaise, Philipsburg est fameuse pour ses salles de jeu. Invariablement surpeuplée de touristes, frais débarqués des énormes paquebots de croisière qui s’amarrent aux quais du port, elle ne connaît qu’une activité : le commerce.

Front Street, l’artère principale, alterne boutiques franches, bistros et casinos. Le tout, dans une ambiance tee-shirt, casquette, fast-food et accent américain. On connaît plus élégant. Mais admettons la joie des vacanciers lorsqu’ils jurent à un bandit manchot qu’ils vont toucher le jackpot qui remboursera leur voyage ! Malgré sa réputation de ville des bonnes affaires, les achats n’y sont pas forcément plus attrayants qu’ailleurs. Vérifier soigneusement les étiquettes. Et se souvenir qu’il n’est pas toujours facile de voyager avec une chaîne hi-fi. Malgré les prix affichés ou indiqués, le marchandage est de mise. Il en va de la dignité de l’acheteur comme de celle du vendeur.

Population patchwork

Les 35 000 habitants de la partie française de Saint-Martin sont d’origines multiples. La majorité d’entre eux sont étrangers, essentiellement haïtiens, entrés plus ou moins légalement sur l’île. Les voisins de nationalité néerlandaise forment une communauté de près de 6 000 membres. Les Dominicains constituent la troisième population de Saint-Martin. Les natifs des îles voisines, Anguilla, Saba, Saint-Kitts-et-Nevis…, sont également nombreux. La plupart travaillent dans les hôtels et les restaurants. Enfin, les Guadeloupéens, administration départementale oblige, représentent 12 % de la population, tandis que les métropolitains qui séjournent ici pour affaires ou pour raisons administratives constituent 10 % de cette même population.

Musée
Ouvert tlj sauf dimanche. Entrée payante.

Il raconte brièvement l’histoire de l’île.

Parrot Jungle
Cupecoy. Ouvert tlj sauf lundi de 9 h à 16 h. Entrée payante.

Découvrir ce lieu où plus de 80 aras aux multiples couleurs flamboyantes et toutes races de perroquets évoluent reste un moment agréable.

Zoo
A la sortie de Philipsburg, sur Madame Estate. Ouvert tlj de 9 h à 17 h. Entrée payante.

Toujours dans le registre animal, le zoo de la ville ravit ceux qui veulent voir oiseaux, singes, petits crocodiles, serpents et autres bêtes originaires des Caraïbes.

Succession de plages

Une seule route, malicieusement baptisée Nationale 7, puisqu’il n’existe aucune autre des six nationales attendues, fait le tour de l’île, côtes française et néerlandaise confondues. Elle longe une interminable succession de criques et de plages, dont Saint-Martin tire sa flatteuse réputation. Les plus belles se trouvent sur la partie française, mais celles des Pays-Bas justifient sans problème la baignade ! Elles s’appellent Plum Bay, Grand-Case, Orient Bay où les naturistes ont élu domicile, Embouchure Bay, Baie-Rouge, peut-être la plus belle de toutes, Guana Bay, la préférée des surfeurs… Toutes offrent de faire la pause en toute tranquillité ou de pratiquer la voile, la planche ou la plongée. Partout, le visiteur choisit entre une journée de farniente, la fête que programment chaque soir les grands hôtels de la côte ou la terrasse sans façon des gargotes haïtiennes, créoles ou antillaises qui réservent souvent de belles surprises gastronomiques dans une ambiance musicale aussi improvisée que sincère. Quelques tables réputées - certains chefs français n’ont pas résisté à l’appel des îles - font également honneur à la gastronomie locale.

Suivez le guide !

A 1 km au sud de la plage de Baie-Rouge, la baie aux Prunes demeure isolée. Profitez de l’ombre des cèdres blancs qui bordent sa plage pour admirer les oiseaux-mouches voletant aux alentours.

Chapitre précédentChapitre suivant