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La Martinique

Saint-Pierre - Martinique

Prononcer son nom, Martinique, c’est déjà succomber aux senteurs de vanille et de frangipaniers. C’est gobter les fruits juteux du jardin d’Eden, se laisser bercer à la chanson d’une brise légère et succomber à l’appel des vagues claires.

De Fort-de-France à la baie du Robert, des plages du Diamant aux ruines de Saint-Pierre, de Grand-Rivière au Vauclin, dans un panorama de côtes déchiquetées, la Martinique offre la magie d’une terre multiple où les tambours créoles battent le rythme des griots pour chanter les romances d’en France ou le blues des champs de canne. Punchs fruités ou carrés de madras noués pour séduire, la Martinique sait être mutine. Au nom des femmes, au nom des fleurs qui lui donnèrent un nom…

Rappel historique

Elle s’appelle Martinique parce que ses premiers habitants, les Indiens caraïbes, l’avaient baptisée Madinina, l’« île aux fleurs ». Pas du tout ! rétorquent certains lettrés. Son nom lui vient d’un autre mot indien, Matinino, l’« île des femmes ». Une manière de rendre hommage à ses valeureuses guerrières qui n’hésitaient jamais à jouer de la lance et du casse-tête pour défendre le campement ou s’approprier la chasse du village voisin… Et si, tout simplement, Christophe Colomb, la repérant dès novembre 1493, puis y débarquant le 15 juin 1502, avait souhaité s’attirer les bonnes grâces de Saint-Martin, le patron que s’était choisi le célèbre navigateur ? L’amiral rédige son livre de bord : « C’est la meilleure, la plus fertile, la plus douce, la plus égale, la plus charmante contrée qu’il y ait au monde. Aussi ne puis-je fatiguer mes yeux à contempler une telle verdure. » Cinq siècles plus tard, par milliers, les vacanciers succombent à leur tour.

Des atouts incontestables

La Martinique est située au centre de l’arc des Caraïbes. Département français, elle est séparée de la Guadeloupe, l’autre département de la République, par la Dominique. On en parcourt aisément les routes de traverse : cette île de 1 000 km2 ne fait que 80 km dans sa plus grande longueur et 39 km lorsqu’elle est au plus large. Attention, toutefois… Les distances se révèlent vite trompeuses sur ces terres bosselées où le macadam tourbillonne comme une danseuse des îles entre deux haies de cannes à sucre ! Et puis, prendre son temps demeure une des premières vertus martiniquaises.

Le succès touristique de l’île repose sur trois atouts. La mer, d’abord. Omniprésente, elle compose tous les paysages martiniquais. Plein sud, elle vient mourir en douceur sur les plages de sable blanc, révélant toute la magie de la mer des Caraïbes, cet immense bassin qui court depuis la Floride jusqu’au Venezuela. A l’opposé, cap au nord, et la voici qui se coiffe d’écume, se cogne aux falaises en vagues turbulentes, car ici ce sont l’Atlantique et les vents du large qui lui donnent tout son caractère.

Le soleil, ensuite. Il est de toutes les saisons, même si, durant l’été, il partage le ciel avec ces grains qui redonnent couleur et vie à la nature des tropiques. Même si, à l’automne en particulier, la station météo locale détecte parfois quelques cyclones qui, heureusement, ne touchent pas tous terre. Les Martiniquais le confessent volontiers : qu’on supprime « leur » soleil, et c’est tout l’appétit qui s’en va, le bonheur qui bascule ! Heureusement, rares sont les jours de l’année où il ne rayonne pas avec éclat.

Les Martiniquais, enfin. Ils sont 410 000, pratiquement tous métissés. Filles et fils de paysans bretons, marins espagnols, esclaves du Bénin, marchands d’Asie ou fonctionnaires parisiens, ils ont aboli les frontières et appris la hauteur du regard, la grandeur de l’esprit. La générosité n’est pas un vain mot sur cette île qui aime tant les fleurs, les femmes et les nuits de biguine :« Ba moin an ti bo, an ti bo, an ti bo doudou… »

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