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4 - Se déplacer d'île en île

La Martinique version nature

Plage de Grand-Rivière - Martinique © Thomas Faivre-Duboz

Le nord et l’est de la Martinique sont le rendez-vous préféré des amateurs de grande nature. Il est vrai que, moins touristique, cette côte échappe à la foule des visiteurs. Le vent a ici la vigueur qui plaît aux marins. La terre, souvent cabossée, rebondit de champs de cannes en plantations de bananiers jusqu’aux plages de sable noir où sont posés de petits villages de pêcheurs. A Grand-Rivière, Macumba, Basse-Pointe, Sainte-Marie ou Le Lorrain, la Martinique vit dans la simplicité.

Le Nord, l’authentique

Parmi les perles de ce collier, on appréciera tout particulièrement Grand-Rivière, à l’extrême nord de la Martinique. Un vrai village de pêcheurs entouré d’un chaos de falaises. Il compte moins de 1 000 habitants, autant d’artistes de la mer qui lancent leurs gommiers avec dextérité à l’assaut de la barre. L’île qui se profile au loin n’est autre que la Dominique et, si la voisine semble à portée d’une brève navigation, il ne s’agit que d’une illusion. Le chenal qui sépare les deux îles est en effet dangereux, tourmenté par de puissants courants qui ont du reste contribué au talent des pêcheurs locaux.

Un chemin de forêt permet aux bons marcheurs (il faut quand même parcourir près de 20 km) de rejoindre Le Prêcheur.

Un peu plus avant, on réservera une amicale pensée au plus célèbre des enfants de Basse-Pointe, Aimé Césaire. Par ailleurs, Basse-Pointe n’est pas peu fière d’une de ses originalités. Le village a jadis, au début du XXe siècle, accueilli une importante communauté de travailleurs venus d’Inde.

Ils avaient été appelés pour cultiver les champs de cannes, et nombre de leurs enfants se sont finalement installés à la Martinique. Leurs descendants se repèrent facilement à des traits que quelques générations de métissage n’ont guère altérés. Ils perpétuent quelques-unes de leurs traditions, en particulier religieuses, avec de petits autels-temples hindouistes chargés d’offrandes dont les couleurs vives pointent dans la campagne.

Aimé Césaire

Aimé Césaire naît en 1913 dans le petit village de Basse-Pointe, au nord de la Martinique. Il exerce le métier de professeur de lettres jusqu’à ce qu’il entre en politique et décide de se consacrer à la littérature. Maire de Fort-de-France, député du Parti progressiste martiniquais (apparenté socialiste) qu’il a créé, il est par ailleurs l’apôtre des racines africaines des peuples caraïbes. Le concept même de « négritude » a été inventé par Aimé Césaire et son ami franco-sénégalais Léopold Sédar Senghor, alors qu’ils écrivaient ensemble dans leur Revue de l’étudiant noir durant leurs études à Paris. Aimé Césaire est l’auteur de Cahier d’un retour au pays natal, Cadastre, La Tragédie du roi Christophe, etc. Il est mort en avril 2008.

Plantation Leyritz

Dans l’arrière-pays de Basse-Pointe. A une poignée de kilomètres de la maison natale de Césaire, s’ouvrent les portes de la plantation. Le domaine a connu son heure de gloire en décembre 1976, lorsqu’il accueillit un sommet présidentiel francoaméricain entre Valéry Giscard d’Estaing et Gerald Ford. La plantation, créée vers 1700, abrite désormais un hôtel de charme aménagé dans les anciens bâtiments sucriers. C’est à coup sûr une des plus belles terrasses de la Martinique pour savourer un punch au milieu d’une nature généreuse qui restitue au mieux les atmosphères coloniales. Une promenade y a été dessinée, le long d’une charmante petite rivière, entre bananiers, orangers et massifs d’hibiscus.

Au cœur de la plantation Leyritz s’est installé un drôle de petit musée(Ouvert tlj de 8 h à 18 h. Entrée payante), consacré aux figurines végétales. Son originalité est de présenter plusieurs dizaines de poupées habillées en costume traditionnel, comme on aime en fabriquer dans la région, mais entièrement conçues avec des matériaux naturels : feuilles, noix, écorces, pétales séchés, etc.

Ajoupa-Bouillon

Toujours en suivant la côte nord vers sa façade atlantique, les sportifs aimeront les gorges de la Falaise. Une rivière dévale de vastes escaliers à proximité d’Ajoupa-Bouillon. Une bonne condition physique est indispensable pour plonger dans les bassins d’eau claire, avant de suivre un chemin taillé dans la verdure tropicale. Magnifique pour les randonneurs et les adeptes du canyoning !

Trou-Congo
Ajoupa-Bouillon. Ouvert tlj de 9 h à 17 h 30. Entrée payante.

Dans le même esprit que l’excursion précédente, mais en version paisible, suivre le sentier botanique et floral « Les Ombrages ». Une découverte des espèces végétales et florales naturelles ou cultivées de la Martinique, accessible et fleurie en toute saison.

Randonnée sur la montagne Pelée
Plusieurs chemins de randonnée balisés par l’ONF permettent d’accéder au sommet de la montagne Pelée. Une condition physique correcte est nécessaire. Les traces ne sont pas particulièrement difficiles. Mais l’humidité qui les rend glissantes, la chaleur moite, les pentes parfois raides, font qu’on arrive au sommet le souffle court après 4 à 5 h d’effort. A accomplir impérativement le matin ! Dès la mi-journée, en effet, les nuages bas s’accrochent au sommet et confisquent le superbe panorama qui récompense les lève-tôt. La randonnée traverse une épaisse jungle tropicale. Les filaos, les bambous géants, les gommiers, les lianes qui s’enroulent autour des fromagers, les fougères arborescentes, laissent peu à peu la place à une végétation rase qui s’accroche à la terre noir corbeau. Les fumerolles se confondent avec les écharpes de brumes jusqu’aux lèvres du cratère, tapissées de fleurs. La vue porte souvent depuis la mer des Caraïbes jusqu’aux vagues de l’Atlantique.

A l’occasion, la découverte de la montagne passe par Le Morne-Rouge et sa plantation MacIntosh. Fameuse pour ses cultures, celle-ci est surtout réputée pour ses fleurs, en particulier les anthuriums, dont elle a fait son principal revenu. Elle abrite par ailleurs un Musée amérindien(Ouvert tlj de 9 h à 17 h. Entrée payante), riche de 200 pièces originales qui racontent le peuplement de la Martinique par les Arawak, puis par les Caraïbes.

La Martinique verte

La mode des vacances nature est arrivée jusqu’en Martinique. L’île s’y prête : les traces de la montagne Pelée, les gorges de la Falaise ou les sentiers de randonnée de la presqu’île de la Caravelle sont depuis longtemps le rendez-vous des amateurs de vacances actives. Les professionnels martiniquais du tourisme offrent la palette complète des activités de grand air : randonnée pédestre, équestre, VTT, 4 x 4, canyoning, ULM, tour en hélicoptère, sans oublier les amateurs de sports marins qui peuvent pratiquer la planche, le surf, la voile ou la plongée, sous l’égide de professionnels compétents.

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