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La Martinique : Fort-de-France

Eglise - Fort de France - quartier de Balata, Martinique

L’aéroport du Lamentin, rénové en 1995, est à seulement 7 km des terrasses de Fort-de-France. La capitale du département est peuplée de 160 000 habitants baptisés les Foyalais.

Fort-de-France, capitale administrative de la Martinique, en est le cœur battant. La ville se veut citoyenne du monde. Elle est d’Afrique par ses roulements de hanches, de France par ses boulangeries et ses horaires d’administration, d’Amérique par ses gamins en rollers, casquette de base-ball vissée sur le front. Et, plus que tout, de Martinique lorsqu’elle se revendique fille de marins et de planteurs. Fort-de-France est particulièrement fière de ce qu’ici on appelle la « population plurielle ». L’identité martiniquaise y puise ses richesses et sa légitimité.

Les bâtiments historiques

Le Vieux Carré, cœur historique de Fort-de-France, est dessiné entre le port et la préfecture, entre la place de la Savane et la rivière Madame, c’est-à-dire autour de la cathédrale qui lui sert de repère. Voilà le centre animé de la ville, grâce à une multitude de petites boutiques. L’épicier jouxte le magasin de mode, la marchande de jouets celui des vins ou l’étal de bijoux fantaisie. Et le nouvel expatrié de métropole, la vieille famille noire, ainsi que la tribu d’origine libanaise. Le tout, dans une ambiance invariablement joyeuse et colorée, que souligne la musique qui jaillit de toutes les portes, car sous le soleil on ne saurait vendre et encore moins acheter sans onduler au rythme des derniers refrains à la mode. Mieux : on s’interpelle pour se fixer un prochain rendez-vous, pour prendre des nouvelles de la famille ou pour commenter la pêche du jour. La ville ne parvient pas à se départir de ses habitudes de village, et personne ne trouve à y redire. Tant mieux.

Ce quartier ancien est caractérisé par les balcons de fer forgé qui ornent nombre de ses maisons et racontent la bonne fortune des marchands et des planteurs qui composèrent la première aristocratie de l’île à partir du XVIIe siècle et jusqu’au XIXe. Depuis les terrasses ombragées de ces bâtisses qui, à l’époque, passaient pour très bourgeoises, ils dominaient les passants de la rue et contemplaient à loisir les cargaisons de sucre, de coton, de rhum, de vanille…, issues de leurs domaines, qui embarquaient pour la métropole. C’était le temps où la richesse exigeait qu’on habite en ville plutôt qu’au bord de la mer, dont se contentaient les travailleurs manuels. Aujourd’hui, les temps ont décidément bien changé. N’importe quelle famille un peu aisée vise évidemment la petite maison noyée dans la verdure avec vue sur le large et vent rafraîchissant, plutôt que les immeubles de la ville…

Hommage littéraire

André Breton, visitant Fort-de-France en 1941, s’en revient conquis. Il écrit : « Avec quelle avidité ne m’étais-je pas jeté dans les rues en quête de tout ce qu’elles pouvaient m’offrir de jamais perçu : l’éblouissement des marchés, les colibris dans les voix, les femmes que Paul Eluard m’avait dites plus belles que partout ailleurs. » Le vacancier d’aujourd’hui pourrait rédiger pareil hommage.

Cathédrale Saint-Louis

Rue Schœlcher. Ouvert tlj de 6 h 45 à 17 h 30. Entrée libre.

Entre deux promenades le long des ruelles bordées d’échoppes toujours animées, pousser le portail de la cathédrale : authentique édifice des tropiques, consacré en 1671, sept fois remodelé depuis, après que les caprices de la terre (tremblements de terre, rebonds des éruptions volcaniques de la montagne Pelée) et ceux des hommes (incendies) l’avaient détruit. Chaque dimanche, aux heures des offices (7 h 30 et 10 h 30), le spectacle est dans les travées et sur le parvis : chapeaux finement tressés, robes de dentelle blanche, chœurs limpides de petites filles aux tresses enrubannées, rangs serrés de garçons en costume noir et nœud papillon de travers… La cathédrale actuelle a en fait été reconstruite en 1978, mais en respectant scrupuleusement les plans de 1895, signés de l’architecte Henri Picq, celui-là même auquel on doit également le musée Schœlcher. Désormais, sa structure est capable de résister à d’éventuels tremblements de terre. Sa flèche culmine à plus de 60 m, et ses fondations plongent 40 m sous terre. La cathédrale Saint-Louis, patron de Fort-de-France, est également remarquable pour ses grandes orgues.

Suivez le guide !

Rendez-vous à la cathédrale Saint-Louis un dimanche à l’heure de la messe et, en semaine, parcourez les rues commerçantes qui l’entourent.

Suivez le guide !

Du haut de la rue Schœlcher, vous pourrez immortaliser un paysage de toute beauté : le palais de justice et son parc, le clocher de la cathédrale, avec vue sur la mer.

Bibliothèque Victor-Schœlcher

Rue de la Liberté. Ouvert tlj de 8 h 30 à 17 h 30. Fermé lundi matin, samedi après-midi et dimanche. Entrée libre.

Le même architecte, Henri Picq, a dessiné ce bâtiment. En bordure de la place de la Savane, cette curieuse maison de fer, de brique et de verre rassemble les milliers d’ouvrages (plus de 130 000) que possédait Victor Schœlcher, député de Fort-de-France. C’est lui qui, au prix d’un inflexible combat, fit triompher l’abolition de l’esclavage en 1848 auprès du gouvernement français. Depuis lors, il est un des héros de la Martinique. Le bâtiment de fer forgé à la mode Eiffel qui abrite la bibliothèque n’est autre que le pavillon de la Martinique construit pour l’Exposition universelle de 1889 à Paris. Démonté, puis transporté pièce par pièce avant d’être reconstruit ici, il est maintenant la gloire de Fort-de-France. Il accueille en outre des expositions temporaires qui permettent de saluer le travail des artistes locaux, peintres et sculpteurs en particulier.

Les marchés

Ce même style métallique a inspiré le bâtiment qui abrite le marché aux poissons. Chaque matin, sur les quais de la rivière Madame, où jadis les pêcheurs débarquaient directement leurs prises depuis leur bateau qui revenait du large, c’est la folle animation. Les thons, les barracudas, les espadons, les bonites, les petits requins, les immenses raies et les petits rougets…, tous impressionnants de fraîcheur et alignés sur la glace pilée, racontent les batailles de l’Atlantique qui s’accomplirent dans la nuit. Les marmitons venus composer la carte des hôtels et des restaurants se pressent autour des coquillages et des crustacés. Les cuisinières les plus matinales ont eu beau chiper les plus belles prises, il reste encore mille recettes à concocter jusqu’à midi. Ici aussi, l’ambiance justifie à elle seule la visite. Rendez-vous populaire où la langue créole a tous les droits et où la simplicité impose son devoir pour parler de la lune qui garnit les filets au large de la passe, du bateau qu’il faudra faire réparer, du village où les enfants n’ont plus le gobt à sortir et préfèrent la planche au chalut, des prix qui restent trop bas… La vie, en somme. Changement de décor et de senteurs à deux pas, sur le marché aux viandes et le marché couvert installés au coin des rues Blenac et Isambert. Ici se retrouvent les ménagères qui papotent entre une pyramide de fruits tropicaux, ananas, pamplemousses, avocats, oranges, bananes par dizaines d’espèces différentes, des étals de légumes, salades, haricots, pois, patates douces, des boîtes à épices ou des gerbes de fleurs multicolores. Noter les nombreux étals garnis de fioles magiques qui permettent, c’est l’étiquette ou la vendeuse qui l’assurent, de vaincre les peines de cœur, de guérir les maux d’estomac ou de retrouver un sommeil de plomb…

Plus qu’un spectacle pour le regard, les marchés de Fort-de-France sont un authentique lieu de rencontre entre citadins affairés et petits exploitants venus du village, autant pour vendre leur pêche ou leur récolte que pour donner les nouvelles de la famille et recueillir les derniers potins de la ville ! Cette convivialité inhérente aux tropiques et aux îles fait le grand charme de la capitale martiniquaise.

Place de la Savane

Nul visiteur ne manquerait la flânerie sur la place de la Savane. Ce vaste espace vert de 5 ha donne sur le port et la baie de Fort-de-France. Depuis les quelques bancs installés face aux quais, la mer des Caraïbes est imprenable - inutile de préciser qu’ils sont pris d’assaut dès que le soleil commence à décliner et à incendier le ciel. Sur ses trois autres côtés, la place de la Savane est bordée de terrasses à la mode qui accueillent toutes les beautés de Fort-de-France. L’esplanade est un des rendez-vous les plus appréciés de la ville. Les Foyalais s’y promènent en amoureux, y jouent au football ou à la pétanque, y font la pause entre deux urgences, y révisent leurs leçons ou s’y accordent même une petite sieste. Il est vrai que le cadre justifie ces éloges, tout de bouquets fleuris et de palmiers altiers, de chemins ombragés et de bancs accueillants. L’animation est complétée par les croisiéristes qui débarquent des énormes paquebots blancs amarrés à deux pas. Américains, Français, Italiens, Brésiliens, ils attendent dans un joyeux mélange des langues du monde que la sirène annonce l’heure du départ vers une prochaine escale. Avant de gagner l’échelle de coupée, ils adressent un dernier signe à l’impératrice Joséphine, dont la statue de marbre blanc trône sur la place. Elle n’est pas du gobt de certains Martiniquais qui lui reprochent de symboliser la puissance coloniale, au point qu’elle fut un jour décapitée. Les camelots installés à ses pieds en sourient encore lorsqu’ils éparpillent leurs trésors pour vacanciers en goguette : tee-shirts et casquettes frappés d’une référence martiniquaise, poupées habillées aux couleurs de l’île, colliers de coquillages, sans oublier les petits fagots de « bois-bandé » dont « l’infusion fait des miracles chez les messieurs », promet la vendeuse dans un grand éclat de rire !

Fort Saint-Louis

Ouvert dimanche de 9 h à 11 h.

Ce fort ferme l’entrée du port de Fort-de-France. C’est le plus vieil édifice de la ville, et son style évoque les dessins de Vauban. L’ouvrage militaire, dont les grosses pierres ont été scellées au début du XVIIe siècle, veille sur la baie en gardant son port. Massif, il permit de repousser une attaque néerlandaise en 1674 mais, devenu plus impressionnant qu’efficace, il n’a pas empêché les Anglais de prendre la ville près d’un siècle plus tard, en 1762…

Musée départemental d’Archéologie précolombienne

Rue de la Liberté, près de la place de la Savane. Ouvert tlj de 8 h à 17 h, samedi de 9 h à 12 h. Fermé dimanche. Entrée payante.

Il permet d’apprécier l’histoire et la diversité des peuples qui ont contribué à l’histoire de la Martinique et, au-dell de la région. Depuis 1971, ce musée, installé dans un ancien bâtiment militaire, retrace l’implantation des Arawak et des Caraïbes à la Martinique. Ceux qu’on appelle abusivement des Indiens, alors que le terme Amérindiens est plus correct, constituaient le peuplement originel de l’île avant l’arrivée des Européens. Plus de 2 000 pièces retracent l’implantation de ces habitants, les Arawak d’abord, artistes raffinés, les Caraïbes ensuite, guerriers impitoyables.

Parc floral

Place Clemenceau. Ouvert tlj de 9 h à 17 h 30. Fermé à l’heure du déjeuner. Entrée libre.

Ce parc abrite plusieurs expositions et permet de s’initier à la flore de l’île. Ancien hôpital militaire, cet ensemble mériterait meilleur destin. Il présente l’essentiel de la végétation martiniquaise. Une galerie de géologie ainsi qu’un bel aquarium complètent la leçon. En été, c’est ici que se déroule le festival de Fort-de-France. La ville dispose d’un autre aquarium, nettement plus spectaculaire : 250 espèces de poissons, requins compris, y sont observables. Original : une rivière tropicale en coupe avec sa faune et sa végétation !

Distillerie Dillon

Ouvert du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h. Gratuit.

Une distillerie en pleine ville avec exposition et visite commentée pour tout savoir sur la fabrication du rhum Dillon. La dégustation conclut évidemment la visite. Passage prévu par la boutique.

Jardin de Balata

Route de Balata. Ouvert tlj de 9 h à 17 h. Entrée payante.

Ce jardin est né de la passion et de la… patience de son créateur, Jean-Philippe Thoze. Des milliers d’essences tropicales sont rassemblées autour d’une habitation coloniale. La qualité de l’endroit vaut pour le goût, exquis, avec lequel ont été aménagés massifs, bosquets, forêts, sentiers de promenade… Le tout simplement et savamment expliqué, puisque fleurs et plantes ont été soigneusement étiquetées.

Musée des Transports et du Commerce

53, rue Victor-Hugo. Ouvert de 8 h à 13 h et de 14 h à 17 h. Fermé le week-end. Entrée payante.

Pour faire le point sur l’évolution des modes de transport en Martinique. Le bâtiment abrite également les bureaux de la chambre de commerce et d’industrie du département.

Musée Gens-Lontan

Route de la Folie. Ouvert du mardi au samedi de 9 h à 13 h et de 15 h à 19 h. Entrée payante.

L’histoire des Antilles racontée à travers des collections de costumes d’époque.

Musée du Carnaval et des Traditions populaires

Rue des Gabares, à la pointe Simon. Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h, samedi jusqu’à 12 h. Fermé dimanche. Entrée payante.

Une revue complète d’un des événements majeurs de l’île, le carnaval. Avec des images et des objets de ceux qui se déroulaient dans les temps anciens et une rétrospective colorée des dernières éditions.

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