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4 - Se déplacer d'île en île

La Martinique : la côte caraïbe sud

Anse Trabaud, Sainte-Anne - Martinique

La baie de Fort-de-France est bordée d’une petite route, hélas souvent encombrée, qui rejoint la pointe du Bout, Grande-Anse et la pointe du Diamant, cet étonnant rocher qui semble tout droit tombé du ciel à quelques encablures de la côte.

Pointe du Bout

Il est également possible de traverser ce vaste plan d’eau en bateau - formule de loin la plus rapide (des navettes régulières effectuent la traversée jusqu’à Fort-de-France en 20 min) et la plus agréable quand on veut rejoindre son hôtel de bord de plage après une escapade shopping ou culture dans la capitale martiniquaise. Heureux les résidants des hôtels à l’architecture parfois discutable de la pointe du Bout, puisque la plupart d’entre eux bénéficient depuis leur chambre d’une vue remarquable sur la baie de Fort-de-France. En soirée, lorsque clignotent les lumières de la ville qui répondent alors à celles du ciel, le tableau est saisissant. De nombreuses petites plages ont été aménagées de manière à ce que chaque établissement ait la sienne. Le village se flatte également d’une marina très courue. Seul défaut de l’endroit : sa fréquentation, importante le week-end et pendant les vacances, ainsi que l’ambiance touristique qui efface les couleurs caraïbes de la pointe du Bout.

Route des plages

A partir des Trois-Ilets s’ouvre la route des plages, le long de laquelle sont installés la plupart des grands hôtels de l’île. Ambiance assurée autour des tables posées sur le sable, à proximité des piscines qui ressemblent vite à des salons de mode ou, en soirée, à l’abri des clubs qui font oublier la nuit. Les hauts lieux touristiques de cette région sont la pointe du Bout, Le Diamant, Sainte-Luce, Le Marin et Sainte-Anne. Sans oublier le charmant village des Trois-Ilets, situé à deux pas de la pointe du Bout.

Trois-Ilets

Entre Fort-de-France et Le Diamant, la petite commune des Trois-Ilets passe pour l’une des perles du département. Pour deux raisons : son parcours de golf et Joséphine, la plus illustre de ses enfants.

Pour ce qui concerne le premier, Robert Trent Jones a dessiné ici l’un des plus beaux 18-trous de la planète (par 71). Sur un domaine de 63 ha qui domine la baie de Fort-de-France, vallons aux pentes raides et plaines miniatures font de ce parcours de 6 640 m un délice pour le regard autant que pour le jeu. Depuis quelques années, le golf de la Martinique est doté d’une académie d’enseignement, ouverte sous le label David Leadbetter.

La gloire des Trois-Ilets est tout autant liée à Joséphine, l’épouse de Napoléon. Marie-Josèphe Rose Tascher de La Pagerie est née le 23 juin 1763 sur le domaine de La Petite Guinée, dédié à la canne, au café et au cacao. Une vieille esclave un peu voyante prend la main de la petite fille et lui prédit : « Tu deviendras plus qu’une reine ». Le père de Marie-Josèphe Rose est arrivé ici une quarantaine d’années plus tôt. Grand ami des Beauharnais, il donne sa fille en mariage à leur fils Alexandre. La jeune et belle Créole traverse l’Atlantique, découvre Paris et comprend vite le trésor que constitue son joli sourire. Au cours des réceptions que donne son époux, avec lequel les relations sont devenues plus formelles qu’affectives, Joséphine rencontre Bonaparte, qui tombe aussitôt éperdument amoureux. Il l’épouse et la consacre impératrice des Français en 1804. La prédiction de la vieille négresse est réalisée.

Joséphine, adulée puis abandonnée par l’empereur, n’est pas une figure emblématique de la Martinique. On lui reproche d’être fille de maître et de n’être pas parvenue à convaincre Napoléon d’abolir l’esclavage aux colonies. Elle finit sa vie recluse au château de La Malmaison, en région parisienne. La statue de Joséphine, fruit d’une souscription lancée par Napoléon III, taillée dans le marbre blanc de Carrare puis élevée place de la Savane à Fort-de-France, a même perdu sa tête sans que quiconque se précipite pour lui rendre son port altier… Ce destin d’exception a suscité la savante passion du docteur Rose-Rosette qui a consacré plusieurs décennies de sa vie à restituer à la Martinique une partie de son histoire et à ouvrir, aux Trois-Ilets, un musée consacré à Joséphine.

Musée Joséphine-de-la-Pagerie
Ouvert tlj de 9 h à 17 h 30. Fermé samedi et dimanche de 13 h à 14 h 30. Entrée payante et visites guidées chaque demi-heure.

Il rassemble quelques-uns des souvenirs de l’impératrice : son lit, une correspondance de Napoléon, des objets personnels… et reconstitue le cadre de ses années d’enfance. Ce musée garde son souvenir sur le domaine familial.

Parc des Floralies

Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h, samedi et dimanche de 9 h 30 à 17 h. Entrée payante.

Tout autour de l’habitation qu’occupa Joséphine, l’ancien domaine sucrier de 3 ha a été transformé en parc et représente un concentré de toutes les fleurs qui poussent à la Martinique. Une promenade à la fois joyeuse et colorée.

Maison de la Canne

A 1 km du bourg. Ouvert tlj sauf lundi de 9 h à 17 h 30. Entrée payante.

Un passionnant musée qui retrace avec documents et objets d’époque l’histoire de la canne à sucre. De grands panneaux très pédagogiques racontent les siècles de gloire et de travail, de richesse et de souffrance. Le musée est bien entendu installé dans une ancienne rhumerie, celle de Vatable.

La Poterie

A proximité de Rivière-Salée. Ouvert tlj de 9 h à 11 h 30 et de 14 h à 15 h 30. Entrée libre.

Une petite fabrique toujours en activité ! On y tourne volontiers la glaise des potiers après avoir suggéré d’identifier les différentes terres argileuses. L’intérêt de la visite est de plonger dans un vrai village d’artisans, dont la boutique est une merveille.

Le Diamant

Excursions en bateau organisées au départ du village.

La commune du Diamant offre un cadre magique avec sa plage de sable blanc de 3 km de long et ce rocher qui ravit les photographes. Cet impressionnant bijou de pierre brute de 176 m de hauteur n’est habité que par quelques milliers d’oiseaux de mer. Cela n’a pas toujours été le cas, puisque les Britanniques s’en emparèrent en 1803 et y installèrent une garnison. Le célèbre rocher reçut même le grade officiel de « navire de Sa Gracieuse Majesté ». Il redevint français en 1805, après une âpre bataille navale où triompha la ruse : les Français firent parvenir aux Anglais des barils de rhum avant de donner l’assaut…

Les secrets du rhum

La boisson reine de la Martinique est obtenue par broyage de la canne à sucre. Cette opération est assurée dans les moulins. Le jus de canne ou vesou est filtré, puis distillé. Une première ébauche de rhum, incolore, sort de l’alambic. La manipulation va ensuite distinguer entre le rhum de base (souvent appelé agricole), vendu de suite, et le rhum vieux (au moins six années), conservé en fbts de chêne, où il acquiert ses ambres et ses saveurs boisées. Pour les spécialistes, les meilleurs rhums martiniquais, âgés d’une vingtaine d’années, rivalisent avec le cognac ou l’armagnac.

Suivez le guide !

Au départ de l’anse Cafard, un sentier de randonnée de 3,5 km, à parcourir en 3 h, conduit vers les plus belles vues de l’île sur le rocher du Diamant.

Partez tôt le matin pour mieux en profiter.

Sainte-Luce

Ce village de pêcheurs bataille ferme pour conserver son authenticité. En longeant les criques sablonneuses, la route conduit au Marin, petite ville fameuse pour son église.

Observer la jolie façade et pousser les portes pour admirer son autel polychrome. La légende raconte qu’il était destiné à la cathédrale de Lima mais que, à la suite du naufrage du navire qui le transportait, il échoua sur cette côte, comme un signe du ciel.

Pousser alors quelques kilomètres à l’intérieur des terres pour gagner Rivière-Pilote, village qui semble bien se moquer des modes et de la légèreté des stations balnéaires. Ici, on est campagne et végétation luxuriante. Avec plusieurs centres d’intérêt. D’abord, le pitt, cette esplanade sur laquelle se déroulent les combats de coqs ou de mangoustes ou encore de serpents. Les paris sont officiellement interdits, mais bon… La passion est forte, les cris incessants pour encourager l’un des adversaires et les applaudissements nourris quand l’heure vient d’honorer le vainqueur.

Ensuite, l’une des distilleries les plus célèbres est installée ici : celle du rhum La Mauny.

Ecomusée de la Martinique

Rivière-Pilote. Ouvert tlj sauf lundi de 9 h à 13 h 30 et de 14 h 30 à 16 h 30, vendredi jusqu’à 17 h. Entrée payante.

Retour à la sagesse de la nature avec la visite de ce musée qui raconte la préhistoire amérindienne, la période coloniale, l’économie des plantations, l’histoire de l’esclavage… Un concentré des siècles qui façonnèrent la Martinique. Une ancienne distillerie complète la démonstration.

Sainte-Anne

Pousser jusqu’à Sainte-Anne et la magnifique pointe des Salines. La plage de sable fin s’étend sur plus de 1 km, bordée de cocotiers joliment courbés au passage des baigneurs. A proximité de Sainte-Anne, la savane des Pétrifications est un minidésert qui permet de découvrir la géologie locale et ses morceaux de bois pétrifié.

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