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4 - Se déplacer d'île en île

La Martinique : la côte caraïbe nord

Montagne Pelée - Martinique © Jean & Nathalie

Au nord de Fort-de-France, la Martinique a tourné les pages les plus marquantes de son histoire. En 1502 d’abord, lorsque Christophe Colomb débarque sur la plage du Carbet. Le mouillage y est profond et bien protégé. Les Français, conduits par Belain d’Esnambuc, débarquent à leur tour au Carbet en 1635 et entament la colonisation des terres au nom du roi de France. Pour achever le tour de la Martinique, et pour explorer la région qui mène de Fort-de-France au Carbet, puis à Saint-Pierre, deux possibilités : suivre la route de bord de mer qui longe la côte caraïbe ; ou bien emprunter la route de l’intérieur.

Route de la côte

Elle traverse d’abord Schœlcher, banlieue plutôt recherchée où s’est installée l’université des Antilles et de la Guyane. Cet ancien village de pêcheurs porte depuis 1888 le nom de celui auquel la France doit l’abolition de l’esclavage. Désormais, sa gloire est également celle d’une belle plage de sable blanc devant laquelle a été construit un grand hôtelclub de renom, La Batelière. La route prend ensuite la direction de Case-Pilote. Ce village, typique de la Martinique, a pour l’heure échappé aux visées des promoteurs. La preuve par sa placette centrale bordée de jolies maisons de bois et par l’église qui sert de repère à ses habitants. Celle-ci date du XVIIe siècle et est agrémentée d’un joli cimetière à l’ancienne. L’édifice, de style jésuite et baroque, passe pour être le plus ancien de l’île. Enfin, le village de Bellefontaine est un petit bourg de pêcheurs posé au pied d’une falaise. La pêche à la senne y est encore pratiquée à bord des traditionnels gommiers qui, au retour de leurs sorties en mer, sont alignés sur le sable noir de la plage. Un chemin de promenade permet à ceux qui veulent jouir d’un joli point de vue d’escalader la falaise. Déjl ils peuvent anticiper l’étape suivante qui mène au Carbet et au souvenir de Gauguin…

L’ascension de la montagne Pelée

Les randonneurs ne peuvent manquer cette course, accessible au plus grand nombre et sans grande difficulté technique à la condition d’être en honnête forme physique. Le chemin le plus souvent emprunté débute après le parking de l’Auberge de la Montagne. Le relais de télévision sert de repère ! La trace, balisée de rouge, escalade d’abord les pentes de l’Aileron (sommet à 1 108 m), avant de suivre le chemin de crête qui grimpe jusqu’au plateau des Palmistes à 1 263 m. Un premier cratère volcanique est alors contourné. Un refuge permet, éventuellement, de faire la pause à l’ombre des façades… Un dernier effort conduit à proximité de la cheminée d’où jaillit l’éruption de 1902. Ce dôme de lave appelé le Chinois culmine à 1 397 m. C’est le point le plus élevé de la Martinique. Compter au moins 5 h de marche, à effectuer de préférence en matinée. Points de vue d’exception et ambiance inoubliable.

Route de la Trace

La route qui relie Fort-de-France à Saint-Pierre par l’intérieur est baptisée route de la Trace. Depuis la capitale, elle longe d’abord les jardins tropicaux de Balata. A travers les plateaux et la forêt qui tapisse le centre de la Martinique, elle prend la direction de Morne-Rouge, via plusieurs sites spectaculaires. Les pitons du Carbet, par exemple, culminent à plus de 1 000 m d’altitude et se découvrent par de charmants sentiers de randonnée. Fond-Saint-Denis, entouré d’une végétation luxuriante, constitue un autre bonheur des amateurs de randonnée, qui peuvent à loisir s’enfoncer dans la forêt tropicale. L’observatoire du morne des Cadets, enfin, d’où les appareils veillent sur les humeurs de la montagne Pelée qui se dresse à portée de regard, presque à portée de main, offre une vue magnifique garantie lorsque le ciel est clément.

La trace des Jésuites

L’intérieur de la Martinique est le rendez-vous des amoureux de la nature, celle, exubérante, qui fait les tropiques flamboyants. Ceux qui souhaitent en approcher les trésors à pied empruntent la trace des Jésuites. Il s’agit d’un chemin de randonnée soigneusement balisé et qui ne présente aucune difficulté technique. Cet itinéraire débute à proximité de Morne-Rouge et s’achève entre Gros-Morne et Deux-Choux. Il exige 3 h de marche et traverse une nature inviolée : passage d’une rivière et panoramas somptueux. A faire de préférence le matin pour éviter les risques de pluie.

Le Carbet

Autre page marquante de l’histoire de la Martinique : 1887. Paul Gauguin s’en revient de Panamá, où il a été embauché comme simple ouvrier pour creuser le canal. Il plante son chevalet au sud de Saint-Pierre : « Nous sommes installés dans une case à Nègres et c’est le paradis. Au-dessous de nous, la mer bordée de cocotiers, au-dessus, des arbres fruitiers de toutes espèces », écrit-il à sa femme qui se languit à Paris. La violence de certains ciels, l’embrasement du crépuscule, les plages de sable noir mangées par les colères de l’océan, sont jetés avec instinct sur une douzaine de toiles.

Musée Paul-Gauguin
Anse Turin, à 2 km au nord du Carbet. Ouvert tlj de 9 h à 17 h 30. Entrée payante.

Ce petit musée restitue cette escale du peintre qui précède ses futurs voyages jusqu’en Polynésie. Il est installé tout près de l’endroit où Gauguin vécut en compagnie de son ami Paul Laval. Il abrite plusieurs reproductions de toiles peintes durant le séjour martiniquais, dont La Cueillette des mangots, La Vie à Saint-Pierre et La Plage des raisiniers.

Galerie d’Histoire de la mer
Place du Marché. Ouvert du lundi au vendredi de 8 h à 14 h, lundi et jeudi jusqu’à 16 h mais fermé de 12 h à 13 h 30. Entrée payante.

Une manière de retracer l’histoire de la Martinique à travers son caractère essentiel, celui d’être une île, donc de s’approcher et de se révéler par la mer.

Saint-Pierre, capitale ensevelie

Gauguin peignit au pied de la montagne Pelée. Le géant de la Martinique culmine à 1 397 m d’altitude et fait aujourd’hui le bonheur des randonneurs. Le 8 mai 1902, l’Eden jette le masque. Depuis plusieurs jours, la montagne gronde et inquiète. Les 30 000 habitants de Saint-Pierre, alors capitale de la Martinique, qu’on appelle le « petit Paris des Antilles » pour saluer son élégance et la bonne fortune que lui procurent les plantations alentour, lisent dans leur journal du 7 mai : « Nous avouons ne rien comprendre à cette panique. Où peut-on être mieux qu’à Saint-Pierre ? La montagne Pelée n’offre pas plus de danger pour les habitants de Saint-Pierre que le Vésuve pour ceux de Naples. »

Le 8 mai à 8 h du matin, le volcan crache brutalement tous les feux de la terre. Des pierres incandescentes, un énorme nuage de cendres et de gaz, des milliers de tonnes de boue chauffées au rouge, s’abattent sur la ville. Deux minutes plus tard, Saint-Pierre n’existe plus. Les cloches de bronze des églises ont fondu. Les maisons calcinées recèlent des milliers de morts. Dix-sept navires ancrés dans la baie ont été coulés. Leurs épaves, accessibles à partir de 40 m de profondeur, feront le bonheur des plongeurs confirmés.

Saint-Pierre garde, pour la mémoire, quelques-unes de ses ruines, dont la vieille prison. D’un des cachots, sortit le seul survivant de la catastrophe. Louis Cyparis avait été condamné la veille pour une bagarre de rue qui puait le rhum. L’épaisseur des murs de sa cellule lui a sauvé la vie ! Libéré puis gracié au nom du miracle, Cyparis fit carrière en France, au cirque Barnum. Il racontait cette matinée d’enfer en montrant ses brblures.

Grande nature à grands pas

La Martinique est relativement bien équipée en sentiers de randonnée. Ces derniers sont attentivement veillés par l’Office national des forêts et soigneusement balisés par ses soins. Au total, l’Office gère 31 sentiers. Qui veut explorer la nature martiniquaise mais également surprendre sa faune et sa flore peut suivre différents chemins. Les plus courus sont évidemment ceux qui escaladent les pentes de la montagne Pelée. La montagne Pelée par La Grande Savane (n° 19), Grand-Rivière (n° 21), L’Aileron avec ses variantes (n° 23, 24 et 25) et le sentier de L’Aileron par Trianon (n° 27) en sont le quatuor gagnant. Le massif du piton Cornil peut aussi être conquis en suivant le sentier qui mène du Prêcheur à Grand-Rivière (n° 20). Sur toutes ces sentes, forêt primaire, fougères arborescentes, orchidées sauvages, iguanes, ibis…, sont au rendez-vous. Ne pas hésiter non plus à suivre les trois itinéraires du morne Jacob, composés par le circuit Sainte-Cécile (n° 12), le sentier de la crête de Courant (n° 13) et, bien sbr, le sentier de la trace des Jésuites (n° 11), autant de promenades toniques au cœur d’un véritable jardin botanique.

Musée vulcanologique
Rue Victor-Hugo. Ouvert tlj de 9 h à 17 h. Entrée payante.

Très émouvant témoignage de la catastrophe : objets, photos, récits… Ce musée a été créé par Frank A. Perret, vulcanologue américain auquel on doit les meilleures analyses de l’éruption du 8 mai 1902.Suivez le guide !Paradis du promeneur, découvrez à pied les marques de l’éruption de 1902, qui parsèment Saint-Pierre : le lycée colonial, l’hôpital, la Maison coloniale de santé… Les ruines du théâtre méritent le détour.

Cathédrale

Son originalité tient à ce qu’elle a été reconstruite après l’éruption, non seulement sur le site de l’ancienne, mais avec ce qui restait du précédent bâtiment, en particulier une partie de la façade.

Théâtre

La catastrophe l’a évidemment balayé. Ses ruines soigneusement conservées, dont l’escalier, permettent d’apprécier la vie telle qu’on la concevait sous les tropiques à l’aube du XXe siècle. Ce bâtiment avait été construit comme une réplique fidèle, en plus petit, du théâtre de Bordeaux et pouvait accueillir 800 spectateurs.

Eglise du Fort

Pour l’émotion que procurent ses ruines calcinées : l’édifice était la première église construite en Martinique (en 1640).

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