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La Guadeloupe : le nord-ouest de Grande-Terre

Anse-Bertrand - Guadeloupe © cyberdarck wwf.ca*

En redescendant sur Pointe-à-Pitre par la route qui longe la côte ouest, en bordure de la mer des Caraïbes, on entre dans la partie la moins spectaculaire de Grande-Terre. Certes, mais c’est la plus « nature ». Quelques plages accueillantes séparent de vastes étendues, royaumes des palétuviers et des oiseaux (hérons, pélicans, aigrettes…), qui nichent ici à l’abri du tumulte. Les villages traversés, Anse-Bertrand, Port-Louis ou Vieux-Bourg, sont typiques de la Guadeloupe. Le sucre fit un temps leur élégance. Désormais reconverties à la culture maraîchère ou fruitière, ou ayant retrouvé leurs champions de pêche, ces bourgades ont échappé aux modes et offrent les images de la Guadeloupe telles qu’on en rêve sur les bancs de l’école.

Les plantations de Grande-Terre

Grande-Terre est sillonnée par de nombreuses petites routes qui traversent ses champs de cannes à sucre. Etroites et souvent tortueuses, elles obligent à une conduite attentive. Mais ici se dévoilent certaines des plus belles images de la Guadeloupe. En particulier lorsqu’un beau portail signale l’entrée d’une de ces plantations qui firent l’histoire sucrière et la fortune de l’île. Vastes domaines bien ordonnés, dominés par une maison de maître à l’architecture coloniale inspirée… On imagine le propriétaire en costume blanc et panama, avec sa dame tout habillée de dentelles. Arrive alors un héritier, formé à Boston ou à Jouy-en-Josas, qui explique comment la production de sucre a peu à peu cédé la place à celle des ananas, des pamplemousses ou des fleurs… La plupart de ces plantations accueillent aimablement les visiteurs.

Anse-Bertrand

Ce paisible bourg de 5 000 habitants se singularise par un usage d’un autre temps : celui de la carriole tirée par un attelage de bœufs. Pas d’inquiétude, la voiture est quand même arrivée jusqu’ici. Mais le village tient à cette mémoire de son passé agricole, lorsque les belles dames descendaient de la plantation pour assister à la messe dominicale, robe blanche empesée et bourse de dentelle destinée à soulager quelque misère du jour. Désormais, l’attelage fait partie du folklore, mais certains n’hésitent pas à traverser les ruelles du village en pareil équipage. Pour mémoire, Anse-Bertrand est le dernier site sur lequel vécurent d’authentiques Indiens caraïbes, avant que les plantations ne prennent possession de leur ultime territoire. Les nombreux moulins en ruines témoignent des années d’abondance. Elles ont aujourd’hui filé, happées par le temps, et laissent la place au tourisme qui vient, encore timidement, s’imprégner des couleurs authentiques de la Guadeloupe. Le cimetière du bourg, proche de l’église, possède des tombes parmi les plus anciennes de Guadeloupe. Enfin, et plus réjouissant, plages tranquilles, cases de bois et convivialité de tous les instants…

Port-Louis

Le bourg ne dépareille pas dans ce portrait nature de l’île papillon. Ce modeste village de pêcheurs est justement réputé pour sa plage, celle du Souffleur, que les flamboyants habillent d’un rouge éclatant. La photo s’impose. Caméra toujours en bandoulière pour visiter la charmante petite église dominée par un clocher de bois. Elle jouxte un émouvant cimetière marin dont les sépultures jouent de la pierre et du coquillage.

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