Tangka.com : Découvrir le monde et partir

Contactez-nous au 01 45 65 91 92

4 - Se déplacer d'île en île

La Guadeloupe : Basse-Terre et Deshaies

Chute du Carbet, Capesterre - Guadeloupe © (-(-Tchi Tcha -)-)

Au sud, la Guadeloupe devient sauvageonne. Depuis Pointe-à-Pitre, il suffit de passer le pont qui enjambe la rivière Salée pour entrer sur le territoire de Basse-Terre, 848 km2 dédiés à la grandiose nature des tropiques. L’« autre aile du papillon » séduit tous ceux qui veulent respirer des parfums d’aube des temps, lorsque la terre naissait du feu et du vent, des chaos de roche noire et des caprices de l’océan. Passer une journée à Basse-Terre, au moins pour en faire le tour en suivant la route sinueuse qui longe le bord de mer, étonnera, puis ravira. C’est en outre approcher une version inédite de la Guadeloupe. Celle des villages qui vivent encore au rythme des pêcheurs et des couchers de soleil, de la messe et de la prochaine fête patronale…

Passé la rivière Salée, il suffit de suivre plein sud la… Nationale 1, en direction de Petit-Bourg, Goyave, Capesterre-Belle-Eau, Trois-Rivières, de la ville de Basse-Terre, puis de Vieux-Habitants, Bouillante, Pointe-Noire, Deshaies, Sainte-Rose, Lamentin et Baie-Mahault. L’appellation est un rien pompeuse pour ce ruban de macadam tortueux, encombré de camions, d’autocars et de conducteurs toujours plus attentifs aux cousins croisés sur le bord de la route qu’aux aléas de la circulation ! La prestigieuse borne traverse également des bourgades plus modestes comme Versailles, Montebello ou Sainte-Marie, pas peu fière du buste de Christophe Colomb qui témoigne de ce 4 novembre 1493, lorsque les voiles frappées de la croix surgirent de la ligne d’horizon. C’étaient celles des temps nouveaux.

Petit-Bourg

Excellente introduction à cet itinéraire de pleine nature, la route gagne le village de Petit-Bourg, qui offre une belle vue sur Pointe-à-Pitre au-delà de sa baie, joliment nommée Petit-Cul-de-Sac-Marin, semée d’îlots miniatures. L’agréable plage conduit en douceur vers Montebello, où la distillerie du même nom attend les visiteurs.

Parc floral de Valombreuse
A l’entrée de Petit-Bourg. Ouvert tlj de 9 h à 17 h. Entrée payante.

Plantes et fleurs de toutes sortes sont soigneusement étiquetées, parfait exemple de ce qu’on peut revoir partout ailleurs en Guadeloupe. De nombreux oiseaux ont aussi élu domicile dans le parc : colibris, gros-becs, tourterelles, merles, pigeons ramiers…

Ferme Ti’Bou
Ouvert tlj de 10 h à 17 h. Entrée payante.

Entièrement conçue et aménagée pour les enfants, avec des dizaines d’animaux : ânes, autruches, mangoustes…

Goyave
Un village dont Saint-John Perse, qui appréciait particulièrement la région, fut l’un des habitués.

Jardin d’Eau
Ouvert du mercredi au dimanche de 10 h à 17 h. Entrée payante.

Astucieuse réalisation, qui présente l’eau dans son décor le plus naturel, avec poissons et crustacés.

Sainte-Marie
Fameuse pour sa distillerie, frappée de l’enseigne Longueteau, ainsi que pour le joli temple hindou de Changy, témoignage de ferveur des populations qui firent ce long voyage au début du siècle afin de travailler la canne, puis choisirent de s’implanter en conservant leurs coutumes et croyances. Ce temple, très actif les jours de fêtes religieuses, est le plus important de la Guadeloupe. Surtout, à la sortie du village, ne pas manquer la statue de Christophe Colomb. Elle mérite une halte, au moins pour prendre la mesure de ce premier regard européen porté sur la terre américaine et des conséquences qu’il généra.

Capesterre-Belle-Eau et Saint-Sauveur

Voici le royaume de la banane et des flamboyants qui, à la saison, lancent leurs flammes vermillon. Spectacle inoubliable pour les photographes. A la sortie du village, un chemin s’enfonce dans la forêt, depuis le bourg de Saint-Sauveur. Il conduit jusqu’aux chutes du Carbet, accessibles au bout d’une randonnée digne d’Indiana Jones, qui n’évite ni les gués, ni les ponts suspendus, encore moins les chemins fraîchement taillés parmi les fougères arborescentes ! L’agrément de la promenade est enrichi du talent de la nature, qui a jeté ici trois chutes successives, c’est-à -dire trois superbes tableaux de cristal et d’émeraude. Les chutes dégringolent d’une centaine de mètres, dans un vacarme d’enfer, au milieu d’une végétation dense qui leur sert d’écrin. Cette promenade est accessible à tout marcheur en correcte condition physique et ne doit absolument pas être évitée. D’autant que les plages des environs commencent à trahir la présence de la Soufrière voisine : elles sont noir d’encre, toutes de cendre et de poussière de lave, seulement fréquentées par les pêcheurs du village. Ambiance authentique garantie.

Trois-Rivières

La ville ne dément pas l’impression. Plage noire et promenades en forêt en sont les principales attractions, avec un parc voisin qui permet de voir des roches gravées par les premiers habitants de l’île. Impressionnants pétroglyphes comme semés au hasard en pleine forêt. Trois-Rivières est également l’un des pontons depuis lesquels il est possible d’embarquer sur les navettes qui croisent jusqu’aux Saintes.

Basse-Terre

On traversera Gourbeyre, en y faisant un arrêt aux sources chaudes thermales de Dolé pour leurs bienfaits thérapeutiques, avant de rejoindre Basse-Terre, capitale administrative de la Guadeloupe. Evidemment, par rapport à l’animation de Pointe-à-Pitre, la préfecture du département semble bien paisible. On y remarque simplement la densité de la population blanche, autant de fonctionnaires chargés d’apporter leurs compétences à la bonne tenue de la République en ces terres tropicales. Du coup, Basse-Terre bénéficie de tous les agréments d’une grande ville : la cathédrale, le marché, un centre dont les terrasses jouent volontiers les parisiennes, pendant qu’une poignée de boutiques tentent de suivre l’air du temps du côté de la rue du Champd’Arbaud.

Basse-Terre témoigne de son ancienne richesse agricole. Les maisons de pierre noire invitent déjà à lever les yeux vers la Soufrière. Car, au fond, personne n’est dupe. La vitalité et le tempérament de ce gros village ne sont pas vraiment liés à son titre, mais bien plus à sa position sur la carte de la Guadeloupe. C’est lui qui ouvre les portes du vrai seigneur de l’île, cette montagne qui, régulièrement, menace et rappelle que les feux de la terre sont prêts à rappeler l’éphémère aux hommes qui l’habitent. La menace donne une certaine densité à l’ambiance locale, une forme de drame silencieux qui fait de Basse-Terre une ville discrète et sincère, un rien morose mais toujours attachante.

Sur les traces de la Soufrière

Une route tortueuse à souhait conduit jusqu’à Saint-Claude, porte du volcan. Le cœur de la Guadeloupe palpite dans les flancs de la Soufrière, cône brblant qui domine l’île de ses 1 467 m d’altitude. La Soufrière sommeille, mais tout le monde se souvient encore de l’éruption de 1956 qui menaça le village de Saint-Claude, à mi-pente. On se rappelle tout autant les grondements de 1976 qui obligèrent à l’évacuation des habitants des villages environnants, y compris de plusieurs dizaines de familles de Basse-Terre.

Depuis, le domaine de la Soufrière est devenu un vaste parc naturel. Plusieurs chemins de randonnée balisés, des « traces » comme on les appelle ici, permettent de le traverser. La meilleure formule consiste à se faire accompagner d’un guide expérimenté (S’adresser à l’autorité du parc.Tél. : 05 90 80 86 00). Sinon, au minimum, se procurer une carte des traces qui escaladent le volcan et se chausser à la mesure de l’expédition ! Après les premières pentes tapissées d’une épaisse végétation, de spectaculaires cascades jaillissent des terres sulfureuses à la belle couleur d’or et de cuivre. Enfin apparaissent les vastes étendues de cendres noires, égayées ici et là d’une flaque d’herbe rase. Et voici la gueule du cratère. Pour atteindre cet endroit mythique, les randonneurs devront faire preuve d’un mollet actif 3 h durant. Le parcours ne présente pas de difficultés majeures. A son terme, il offre une récompense à la hauteur de l’effort, surtout si l’ascension est faite en matinée, avant que les nuages accrochés au cône ne troublent le panorama. Immense, grandiose, un des plus spectaculaires de la région. Pour l’heure, le volcan reste paisible. Ses colères demeurent toutefois imprévisibles, comme le prouvent ses dernières périodes d’activité. Il n’est donc pas inutile de se renseigner sur l’humeur du monstre avant d’en entreprendre la conquête. En se souvenant que sa puissance ne se domestique pas et que, parfois, il vaut mieux l’admirer à distance plutôt que de vouloir l’affronter au plus près.

Quand la Soufrière fait boum

La Soufrière est un volcan actif. Depuis la « découverte » des Caraïbes, ses éruptions sont soigneusement répertoriées : deux au XVIIe siècle, trois au siècle suivant, six au XXe… Deux éruptions sérieuses se sont produites en 1956 et en 1976. Cette dernière a entraîné l’évacuation des habitants de Saint-Claude et de Basse-Terre. Aussitôt la menace disparue, la plupart ont regagné leur maison. La Soufrière est sous le contrôle permanent de vulcanologues français.

Entre Basse-Terre et Deshaies : on est aussi heureux Nationale 2

En remontant vers le nord de Basse-Terre pour achever le tour de la presqu’île, la route change de code. Elle s’appelle alors Nationale 2 et part à la conquête de charmants villages noyés sous les fleurs : Vieux-Habitants, Bouillante, Deshaies…

Les plages s’éclaircissent au fur et à mesure qu’on s’éloigne des pentes du volcan.

Vieux-Habitants

A 22 km au nord de Basse-Terre, sur la côte caraïbe.

Passé Baillif, l’une des premières implantations des colons au XVIIe siècle, voici le village de Vieux-Habitants, plus ancienne commune de Guadeloupe, fondée en 1636. Elle doit son nom aux anciens colons de la Compagnie des îles de l’Amérique qui s’y retiraient une fois libérés de leur contrat pour continuer à gobter la douceur de vivre. Le village est connu pour son église, dont la première pierre fut posée également au XVIIe siècle, avant d’être incendiée par faits de guerre, détruite pour cause de cyclones, puis reconstruite dix fois avant d’offrir son visage actuel.

La Grivelière (maison du Café)
Ouvert tlj de 9 h à 17 h. Entrée payante.

La commune abrite l’une des dernières plantations de café encore active. Dans cette habitation caféière de 90 ha, fraîchement restaurée, on découvre toutes les techniques de culture des précieuses graines, avant d’en comprendre la torréfaction et la commercialisation.

Plantation Vanibel
Ouvert tlj de 14 h à 16 h. Entrée libre.

Une autre exploitation qui accueille les visiteurs.

Musée du Café
Ouvert tlj de 9 h à 17 h. Entrée libre.

Enfin, pour compléter sa connaissance du café, ce musée retrace l’histoire de cette culture qui fit un temps la fortune de la région. Techniques anciennes et manières modernes y sont expliquées, avant l’inévitable - et bienvenue - dégustation.

Bouillante

Avant d’arriver à Bouillante, la route découvre tout d’abord Marigot, minuscule village de pêcheurs tout de simplicité guadeloupéenne, puis la charmante anse à la Barque, havre de tranquillité posé devant une charmante baie.

Vient ensuite Bouillante, qui doit son nom à ses eaux thermales jaillissant en plusieurs endroits de la commune. Une centrale EDF atteste d’ailleurs de l’intérêt de cette source d’énergie pour la région. C’est ici que la mer devient sanctuaire pour les plongeurs qui découvrent la réserve Cousteau (le célèbre commandant a tourné ici nombre des scènes de son Monde du silence). Les sorties sont agrémentées par les îles Goyave et Pigeon, dont les rivages abritent une importante faune sous-marine que seules les eaux tropicales savent attirer. Plusieurs officines proposent des sorties en mer, autant pour les tenants de la plongée bouteille que pour ceux qui se contentent d’un masque et d’un tuba, avant de faire la pause sur la plage.

Malendure

Tout à côté, la plage de Malendure est le rendez-vous touristique le plus fréquenté de cette région, grâce à un hôtel de grand charme et à d’excellentes infrastructures permettant les sorties en mer, la plongée ou la pêche au gros. Plusieurs professionnels invitent à se mesurer au marlin, au thon, au barracuda ou à l’espadon.

Pointe-Noire

La ville ne présente pas un intérêt majeur et a tendance à être vite passée. Néanmoins, en y regardant de plus près…

Maison du Bois
Les Plaines.Ouvert tlj de 9 h à 16 h 30. Entrée libre.

Excellente introduction au travail des essences locales comme le palmier royal, le mahogany ou l’acajou blanc, la maison du Bois offre un éventail complet du savoir-faire traditionnel des charpentiers antillais, avec la fabrication de barques de pêche, la conception de meubles, l’artisanat…

Maison du Cacao
Grande-Plaine, à quelques kilomètres de Pointe-Noire en venant de Bouillante. Ouvert du lundi au samedi de 9 h à 17 h, dimanche de 9 h à 13 h. Entrée payante.

Culture et récolte du cacao et du café, fermentation, séchage… Une visite qui vous transportera au pays des saveurs, avec dégustation délicieuse et inattendue.

Deshaies

Sa superbe baie impose le silence. Ce petit village de 4 000 habitants est justement réputé pour ses fonds marins, bordés par la plage, splendide elle aussi, de Grande-Anse. Oubliés les sables noirs qu’inflige la Soufrière plus au sud. Ici, le tapis est d’or, face à des eaux turquoise et saphir. Une merveille ! Un bonheur ne venant jamais seul, Deshaies se singularise également par une nature généreuse, qui part à l’assaut de ses collines et offre de superbes promenades sous les flamboyants, les cocotiers et les bouquets d’orchidées sauvages.

Jardin botanique
Ouvert tlj de 10 h à 17 h. Entrée payante.

Aménagé dans une vaste propriété qui fut un temps le refuge guadeloupéen de Coluche, ce magnifique territoire dominant la baie est aujourd’hui tapissé d’essences colorées au milieu desquelles une multitude d’oiseaux ont élu domicile. Au milieu, la villa dans laquelle l’humoriste invitait ses amis, rêve de tout citadin en quête de rupture ou du moins d’un refuge à l’écart des rumeurs du monde.

Sainte-Rose

Ce village de pêcheurs à l’ambiance nature abrite un jardin créole et un musée du Rhum.

Distillerie Reimonenq
Ouvert tlj sauf dimanche de 10 h à 17 h. Entrée payante.

C’est ici qu’est installée une démonstration de fabrication, ainsi qu’une originale collection de maquettes de voiliers, des plus anciens, celui de Christophe Colomb, aux plus récents, le Belem, par exemple.

Chapitre précédentChapitre suivant