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4 - Se déplacer d'île en île

La Désirade

La Désirade -port © cyberdarck wwf.ca*

Toujours plus loin. La logique des coureurs d’îles ne leur laisse aucun répit. Ont-ils quitté un continent pour rejoindre la Guadeloupe et la Martinique que déjà ils ont pris leurs aises sur ces géantes de la région. Voilà une excellente raison pour pousser un peu plus loin et viser des territoires pas moins ensoleillés mais plus paisibles. Donc à l’écart des grands aéroports internationaux et des préfectures qui se poussent du col. Coup de chance, les deux départements français sont entourés de nombreuses autres escales. Et, parmi elles, une poignée qui dépendent administrativement de la Guadeloupe, c’est-àdire sur lesquelles on parle le français, on paie en euros et on décroche son téléphone comme en métropole. Ce sont La Désirade, Marie-Galante et les Saintes. Trois petites merveilles demeurées à l’écart des grandes routes touristiques et parfaitement intactes dans l’hommage qu’elles rendent à la vie des îles.

La Désirade

Services réguliers de bateaux depuis Saint-François (Guadeloupe) en 30 min. Liaisons aériennes régulières au départ de l’aéroport Pôle-Caraïbes en 10 min.

Onze kilomètres de long et deux de large. La Désirade est toute proche de la Guadeloupe : moins d’une dizaine de kilomètres la séparent des falaises de la pointe des Châteaux.

Pourtant, ceux qui y débarquent éprouvent le sentiment d’arriver sur une autre planète. C’est logique. Ici, point de terrasses à la mode ou de stars sur la plage, mais une ambiance nature, simple et sans façon. La Désirade demeure totalement à l’écart du tourisme guadeloupéen. Comme si l’essentiel suffisait au quotidien, sans qu’il soit besoin de lui inventer des habits de pacotille.

Il est vrai que sa géographie agressive, souvent faite de sommets difficiles d’accès et de falaises, ne joue pas en faveur de sa séduction. Ici, on porte les chaussures de bourlingueur avant le string séducteur. On est rude et carré, moins souvent esthète et léger. Pourtant, dans La Désirade, il y a l’invitation au désir. Il est puissant et conquérant.

Rappel historique

L’ histoire commence lorsque Christophe Colomb visite l’île. Nous sommes en 1493. Les membres de l’équipage manquent d’eau. Colomb, qui se désespère de trouver une terre sur cet océan qui n’en finit pas, aperçoit enfin une île. Elle est tellement désirée qu’il la baptise tout simplement Desirada. Désirée, certes, mais uniquement aux yeux de ses visiteurs d’un jour. Car, pour les décennies qui suivent, La Désirade demeure parfaitement déserte, servant tout juste de refuge aux pêcheurs qui se sont laissé surprendre par la tempête, ou bien aux pirates qui préparent leur prochain coup, à moins qu’ils ne se mettent à l’abri après avoir été repérés par les coursiers du roi…

Bref, personne ne revendique vraiment ce caillou désolé, souvent battu par les vents. La preuve encore, ses premiers habitants sont des lépreux. Ils sont débarqués de la Guadeloupe voisine en 1725. Le gouverneur a en effet décidé de combattre par l’exil l’épidémie qui sévit sur son île. Excellent pour la santé publique. Insupportable pour l’image de La Désirade. D’autant que, bientôt, une poignée de déshérités les rejoignent. Ils débarquent les mains vides, sans terre, mais riches de foi et de bonne volonté. La Désirade devient une île ghetto, une terre de réputation douteuse dont on menacerait presque les enfants désobéissants. Quelques siècles plus tard, c’est exactement l’élan inverse qui frappe la belle. La Désirade a regagné le prestige de son joli nom en offrant l’un des plaisirs les plus recherchés des vacanciers du troisième millénaire : le silence, la solitude, les terres vierges, la simplicité.Suivez le guide !Au centre de Baie-Mahault, vous emprunterez le chemin de la montagne qui mène sur les hauteurs du bourg. Vous pourrez contempler à loisir les oiseaux de mer et les iguanes avant de redescendre vous reposer sur la plage.

Les trois villages

Trois villages seulement, Grande-Anse, Le Souffleur et Baie-Mahault, rassemblent l’essentiel d’une population qui ne dépasse pas les 2 000 habitants. La plupart vivent sur la côte sud. De l’autre côté, en effet, ce ne sont que falaises abruptes, rafales frisquettes et pentes raides. Pour distinguer simplement : d’un côté, des plages accueillantes et des eaux paisibles ; de l’autre, une confrontation brutale avec l’Atlantique et des sentiers difficiles à pratiquer. La pêche, quelques élevages modestes et des cultures maraîchères assurent l’économie locale et les maigres revenus des habitants. L’île se visite en quelques heures. Au choix, à bicyclette ou à pied. Il est donc tout à fait possible de se contenter d’une simple excursion d’une journée à l’occasion d’un séjour à la Guadeloupe. La plupart des curieux de La Désirade débarquent à Grande-Anse, petit village d’une parfaite tranquillité blotti autour de son église. Sa plage est accueillante et jamais surpeuplée… Ensuite, le principe de la visite est d’emprunter l’unique route de l’île pour rejoindre, plein est, Baie-Mahault. Le trajet est superbe.

Il passe par le hameau du Souffleur, où résident des familles descendant de marins bretons échoués là par miracle. Puis il gagne le village de Baie-Mahault, installé au creux d’une magnifique baie. Une splendide plage , des points de vue saisissants dès qu’on emprunte les chemins qui escaladent les hauteurs, permettent de combiner découverte active et pauses bienvenues. Ne pas manquer de pousser jusqu’aux ruines de la léproserie. Les bâtiments sont depuis longtemps abandonnés et désormais mangés par la végétation. Le petit cimetière marin qui les jouxte accueille les religieuses de la Charité qui veillaient sur les malades. Enfin, tout au bout du chemin qui conduit jusqu’à l’extrémité de l’île, se trouve la station météo. La promenade est accompagnée par une impressionnante quantité d’oiseaux de mer ! Sans oublier les fameux iguanes, parfaitement inoffensifs, qui font la curiosité de La Désirade, ainsi que les agoutis qu’on baptise ici lièvres dorés.

L’excursion à La Désirade exige au minimum une journée. Deux petits hôtels à Grande-Anse ainsi que des chambres chez l’habitant permettent de prolonger le séjour et de profiter pleinement de l’extraordinaire tranquillité de cette île sereine qui tranche avec les nuits folles du Gosier… !

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