Recette pour des vacances de rêve

Aujourd’hui, surprise, je vous donne la recette pour des vacances que vous n’oublierez pas ! Que vous soyez sportifs, relax, amateurs de belles villes et de paysages, votre destination de rêve existe !

un récit de voyage par Marion Kvaternik

Quoi ? Comment ? C’est vraiment possible ??? Et oui, et même sans trop d’argent, vous pouvez y accéder !!! Comment faire ? C’est très simple : prenez de quoi faire 10 jours sur place, et partez à Rio. Pour vous mettre un peu dans l’ambiance, ressassez-vous avant d’arriver tous les grands films qui y ont été en partie tournés : James Bond, le grandiose OSS 117, et bien sûr, le Pixar du même nom.

Rio ne faillira pas, vous y verrez ce que vous voulez y voir : Copacabana, Corcovado, pain de sucre…. Et y ferez la fête comme un vrai brésilien dans les rues de Lapa. 5 jours sur place puis partez à Ilha Grande, grande île (étonnant…) un peu plus au Sud, où vous vivrez 5 jours au Paradis, entre plages de rêves et randonnées dans la forêt tropicales qui y conduisent, avec en fond les singes hurleurs au coucher du soleil. Vous voulez du dépaysement ? C’est ici !

Pain de Sucre, Rio de Janeiro - Brésil

Pain de Sucre, Rio de Janeiro – Brésil – © Marion Kvaternik

Je vous raconte.
Nous avons donc quitté la pluie, le froid relatif pour retrouver les douceurs climatiques du bord de mer. Une vraie réussite. Seul bémol ; ici, nous sommes en hiver, le soleil se couche vers 17h, il vaut donc mieux se lever tôt. Mais là, il faut encore réussir à se coucher tôt, une vraie prouesse à Rio… Enfin, nous avons escaladé le Morro de Urca le premier jour, soit la petite montagne en face du Pao de Azucar, qui offre de ci de là de jolies vues sur les plages proches, et de gentilles rencontres avec les macaquitos (attention, évitez de les toucher, ça les rend nerveux et ils se mettent à faire le bruit d’un chat qui a vu un pigeon).

Arrivés au sommet, nous avons déjà un bel aperçu de la ville et de la baie. Malheureusement ce jour là, le soleil n’a pas été notre grand ami, il a souvent fait cache-cache avec les nuages, enfin, ça donnait une ambiance années 50, et puis, on serait bien mal avisé de se plaindre en étant à Rio non? Puis nous nous sommes laissés tenter à aller au sommet du Pao de Azucar, qui permet d’avoir une vue plus globale de cette belle ville.

Fin de journée sur au bord de Copacabana, à siroter une caipirinha en regardant le soir arriver.
Le lendemain, direction le jardin botanique, particulièrement plaisant à Rio. Il y a évidemment de beaux arbres et de jolies plantes mais, chose intéressante, il est situé au pied de la Mara Atlantica, la forêt qui entoure Rio. Donc on y croise aussi toutes sortes de singes, qui volent d’arbres en arbres au dessus de nous.

Mara Atlantica, Rio de Janeiro - Brésil

Mara Atlantica, Rio de Janeiro – Brésil – © Marion Kvaternik

Puis nous avons rejoint Leblon, plage la plus au Sud et sommes remontés vers Ipanema, avec étrangement une chanson dans la tête : Garota de Ipanema. Ça reste des plages de ville, mais en sacrément jolies. Ensuite la partie loose : Jerry voulait absolument remonter le Pain de sucre pour y faire la photo du crépuscule. Mais à Rio, tout à l’air proche et rien ne l’est. Et à partir de 16h, les bouchons sont déjà là. Echec donc, on se fait abandonner à Copacabana, pour siroter des caipi bien chargées, sur fond de Garota de Ipanema…. On réussira à rentrer passablement bourrés jusqu’à l’auberge.

Enfin, c’est le grand jour : nous montons au Corcovado ! D’abord on va se promener dans Santa Teresa, petit quartier bohème adorable, où se trouve le Bonde. Le bonde étant le tram très ancien de la ville qui relie Lapa à Santa Teresa. Pardon, était. Evidemment, l’année dernière, il a déraillé : 5 morts et deux fois plus de blessés, donc depuis, carotte : on monte à pied. Ou en bus. Etant donné la gueule de bois, on a pris le bus. Mais à mon avis, c’est mille fois mieux à pieds. On y est resté assez peu et on n’en a pas bien pris la température de mon point de vue… Tant pis…

Mais enfin le temps passe et il est l’heure de rejoindre ce fameux Christ. Pour ça, on peut faire la route à pied depuis Santa Teresa ou galérer un certain temps à trouver le bon bus qui nous y conduit. Oui, ici non plus ils n’aiment pas l’anglais, et considèrent que le Brésilien devrait être notre première langue. Enfin, bon gré, mal gré, on y parvient. On prend le petit train qui nous y monte, comme de vrais touristes. Soit dit en passant, ce petit train en lui-même est déjà une aventure ; tout est bon pour amuser le touriste. Entre les klaxons dès qu’une vue dégagée se présente, les changements de voie qui donnent l’impression que le train redescend sans contrôle, qu’est-ce qu’on s’amuse !

Quartier Santa Teresa, Rio de Janeiro - Brésil

Quartier Santa Teresa, Rio de Janeiro – Brésil – © Marion Kvaternik

Mais d’en haut la vue est en effet prenante, toutefois moins incroyable que du pain de sucre. Comme tout le monde, on prend 300 fois la même photo… Par contre, on évite de faire THE photo, qui semble pourtant indispensable à tout le monde : et je me mets sur les escaliers sous le Christ, et j’écarte les bras comme ça t’as vu je fais trop bien le Christ (les commentaires sont véridiques, les touristes étaient quasiment tous Français), et je bloque le passage à tout le monde, en n’oubliant pas de râler bien fort quand quelqu’un insiste quand même et force le passage (exemple : moi)….

Enfin mis à part cet endroit, les touristes sont loin d’être les plus poseurs dans ce pays. C’est juste hallucinant cette propension qu’ont les Brésiliens à se prendre en photo en posant, peu importe l’endroit (dans le train, le ferry ou même dans la rue ça marche aussi). Et ce sont des Dieux de la pose, même les moches en rajoutent autant qu’ils peuvent. Oui, on constate bien un culte de l’image ici, ce n’est pas un mythe. Et pourtant, c’est pas facile pour tout le monde (mais que je suis méchante, gnark, gnark, gnark).

Suite à la nouvelle obsession de Jerry, nous y restons quand même jusqu’à la nuit tombée. Un autre truc de l’hiver aussi ; à la nuit tombée, il fait presque froid. Enfin surtout en hauteur.
Petite soirée avec la Colombienne Hollandaise avec qui nous décidons de faire les plages le lendemain. Colombienne Hollandaise parce que Jerry a d’abord compris qu’elle était colombienne. On s’étonnait quand même de son accent anglais parfait, quand je lui ai redemandé (non mon chéri, ce n’est pas que je mets ta parole en doute, mais bon, comme tout le monde peut se tromper), elle a bien confirmé qu’elle était Hollandaise… Voilà…

Plage, Rio de Janeiro - Brésil

Plage, Rio de Janeiro – Brésil – © Marion Kvaternik

Grâce à ça, nous ne lui avons jamais demandé son nom… Et donc nous avons fait une petite après-midi plage, c’est aussi chiant qu’aller à la plage en France donc n’insistons pas. Jerry aura même le temps de remonter au pain de sucre pour avoir ces photos tant désirées !

Et enfin arrive le départ pour Ilha Grande. Oui, Rio est une belle ville, avec plein de choses à voir, et d’endroits où sortir. Mais ça reste une ville, et probablement bien plus fun à faire entre amis qu’en couple. Donc on est bien contents de rejoindre notre île. Un bus, un ferry, le temps se dégage encore, le soleil tape fort et nous arrivons en fin de journée sur une petite plage. Abraao, la ville principale de l’île, est réputée très touristique.

En effet, il y du touriste partout, des boutiques, des agences de voyage, des restaurants MAIS le chemin est en sable. Et comme on est très malin, on a pris une auberge excentrée. C’est chiant d’y trimballer son sac à dos, mais alors quel bonheur de ne plus voir la foule des touristes les jours qui suivent. Et on y retrouve Charlène et Max déjà bien installés dans le petit dortoir que nous allons partager. Premier soir, petite folie : on va au restaurant. Et on s’étonne de trouver les prix relativement honnêtes.

Premier jour sur l’île, direction la plage la plus prisée de l’île : Lopes Mendez. On se lève tôt, on remet les chaussures de rando et on part à l’aventure. Ils nous donnent 3h pour faire l’aller, entre chemins dans la forêt tropicale, avec points de vue sur l’île, passage par des plages déjà paradisiaques. Au bout de trois à se ronger le frein en se disant : « non, on se baigne pas là sinon on n’aura pas le temps de profiter de l’autre », on commence à se dire qu’elle a intérêt à envoyer cette plage.

Et ben on ne sera pas déçu : plage immense de sable fin blanc, eau turquoise. Rhaaaa, on est en sueurs, on n’hésite pas deux secondes, on s’y jette. Enfin un pied, puis deux… Et là, on réalise : personne ne s’y baigne parce qu’elle est glaciale. Et je ne plaisante pas, nous sommes accompagnés de bretons, c’est dire ! Donc bon ben, dommage. On y reste un peu parce qu’elle envoie vraiment du pâté, puis on décide de s’en retourner vers la première plage croisée, où un ponton nous avait fait de l’œil, en espérant que la température y sera plus clémente.

Ilha Grande, plage - Brésil

Ilha Grande, plage – Brésil – © Marion Kvaternik

Ouf, elle l’est, on peut enfin se rafraîchir. Non parce que la randonnée dans la jungle, c’est pas une blague, on est obligés de grimper trois montagnes avant d’y arriver, c’est du sport ! On créera une nouvelle habitude le soir : caipirinha sur la plage à côté de l’auberge, et impossibilité de préparer à manger ensuite….

Deuxième jour, on laisse les jambes se reposer, on s’attaque aux bras ; c’est journée kayak. A côté de notre gargote, on trouve un loueur, qui nous passe même le matos pour faire du snorkeling, à prix acceptable. Et donc nous rejoignons cette fois les plages qui nous avait parues si belles vues d’en haut. La première, petite, isolée, et paradisiaque, où nous serons seuls au monde. Probablement privée aussi, mais les propriétaires ne semblaient être là. Puis une autre, et une autre, chacune moins jolies, mais peut-on vraiment se plaindre? Encore une très belle journée au paradis !

Hier, reprise de la randonnée. Cette fois, on doit grimper une grosse montagne pour aller à la plage derrière. Mais le chemin est tranquille et monte doucement. Nous arriverons donc encore frais à la plage de Dois Rios. Que l’on pensait plage un peu inaccessible. Tu parles. On y trouve une université et une prison (l’association des deux laisse à penser d’ailleurs). Enfin, ça me donne enfin un argument de plus à reprendre les études, quelles qu’elles soient, et à apprendre le portugais.

Plage sympathique, et évidemment eau glaciale mais qui offre l’intérêt d’avoir une rivière d’eau douce derrière où là, on peut se baigner. Et après deux heures à dormir au soleil, c’est pas du luxe ! Enfin, retour, c’est long, le chemin est quand même vraiment monotone, et on prend la décision d’être sages ce soir : on ne prend qu’une caipirinha et on fait les courses pour se faire à manger. Malheureusement, ce soir, l’auberge prépare le dîner. C’est pas cher et de toutes manières, ils bloquent la cuisine, donc…

Ilha Grande - Brési

Ilha Grande – Brésil – © Marion Kvaternik

On fait les feignasses et on en profite. On a bien fait. Un autre groupe de Français sont dans l’auberge, ils ont essayé de cuisiner eux : ils se sont fait jeter trois fois de la cuisine, ont enfin réussi à s’y installer mais attention : ne prenez pas trop de place et attachez-vous les cheveux. Quant au liquide vaisselle, ne rêvez pas, c’est pas inclus.

Donc aujourd’hui, c’est repos : pour certains plages, cartes postales, snorkeling, pour moi (qui fait bien attention au cancer de la peau) c’est juste squattage de l’auberge (les proprio sont ravis) en me battant contre les moustiques. Pour ça, nous avons racheté de l’anti-moustique local, très efficace ; quand on en met on a les yeux qui pleurent pendant une demi-heure et on tousse la moitié de la nuit, mais comme on ne se fait pas piquer (note : même si tu n’en mets pas et que la personne à côté en a mis, tu as beau entendre les moustiques, tu ne seras pas piqué) on se dit que c’est normal…. Et comme cette atmosphère de paradis nous enchante, on y rajoute une nuit. Encore de beaux paysages à venir !